03/08/2012
Assemblée générale
AG/11266

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                        

Soixante-sixième session                                   

124e et 125e séances plénières

Matin et après-midi


Syrie: l’Assemblée générale condamne les violations des droits de l’homme commises

par les autorités syriennes et leur enjoint de cesser d’utiliser des armes lourdes


« N ous avons tous une responsabilité

à assumer face au peuple syrien », rappelle M. Ban Ki-moon


L’Assemblée générale a enjoint, aujourd’hui, aux autorités syriennes d’honorer immédiatement leur engagement de cesser d’utiliser des armes lourdes, en adoptant par 133 voix pour, 12 voix contre -Bélarus, Bolivie, Chine, Cuba, Fédération de Russie, Iran, Myanmar, Nicaragua, République arabe syrienne, République populaire démocratique de Corée, Venezuela et Zimbabwe- et 31 abstentions, une résolution dans laquelle elle condamne également la poursuite des violations « flagrantes, généralisées et systématiques » des droits de l’homme et des libertés fondamentales par « les autorités syriennes et les milices progouvernementales ».


Par cette résolution, dont le texte était présenté par l’Arabie saoudite, au nom du Groupe des États arabes et de nombreux autres coauteurs, l’Assemblée générale condamne le recours accru aux armes lourdes par les autorités syriennes et exige en outre qu’elles s’abstiennent d’utiliser ou de transférer à des acteurs non étatiques toutes armes chimiques ou biologiques.  « Regrettant que le Conseil de sécurité n’ait pu s’accorder sur des mesures qui obligeraient les autorités syriennes à respecter ses décisions », l’Assemblée générale exige par ailleurs que « toutes les parties » appliquent immédiatement et de manière visible les résolutions 2042 (2012) et 2043 (2012) du Conseil de sécurité afin qu’elles cessent toutes de recourir à la violence armée sous toutes ses formes.


Par ce texte, l’Assemblée générale appelle de nouveau à une transition politique sans exclusive conduite par les Syriens et menant à l’instauration d’un « régime politique démocratique et pluraliste ».  Elle exige, à cet égard, que toutes les parties syriennes collaborent avec le Bureau de l’Envoyé spécial conjoint afin de mettre en œuvre rapidement le plan de transition exposé dans le communiqué final publié par le Groupe d’action le 30 juin.  Elle engage en outre les autorités syriennes à mettre en œuvre sans délai et intégralement le plan d’intervention humanitaire convenu.


« L’heure est à l’action.  Il ne suffit pas de faire des déclarations », a rappelé le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, avant l’adoption de ce texte.  L’impasse dans laquelle se trouve actuellement le Conseil de sécurité, a-t-il dit, envoie un signal erroné à toutes les parties au conflit syrien.  « La communauté internationale, a-t-il affirmé, a la responsabilité d’agir sans plus de délai. » 


Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, qui s’était rendu en Bosnie-Herzégovine il y a une semaine, a évoqué le terrible massacre de Srebrenica.  Il a rappelé que Srebrenica représentait l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’Organisation car la communauté internationale, a-t-il précisé, n’avait pas réussi à prévenir le massacre.  C’est en partie en réaction à cette tragédie et au génocide au Rwanda que les chefs d’État et de gouvernement avaient adopté, lors du Sommet mondial de 2005, le principe de la responsabilité de protéger.  « Toutes ces prédictions se sont concrétisées et, aujourd’hui, nous risquons d’assister à une guerre civile à long terme qui détruirait la mosaïque de la société syrienne », a-t-il fait remarquer.  M. Ban a regretté que le Gouvernement et l’opposition syriens continuent de s’appuyer sur les armes plutôt que sur la diplomatie.


« La situation actuelle est un test pour les Nations Unies et je ne veux pas que l’ONU échoue, a insisté le Secrétaire général.  Je veux montrer au peuple syrien et au monde que nous avons appris les leçons du passé ».  « Nous avons tous une responsabilité à assumer face au peuple syrien », a-t-il souligné.


À l’instar du représentant de l’Équateur, plusieurs délégations se sont cependant inquiétées du manque d’équilibre de cette résolution qui, a observé le représentant de la Bolivie, accuse le régime syrien à 14 reprises de crimes multiples, mais n’évoque qu’une fois les violations des droits de l’homme commises par l’opposition.  « Ce texte ne vise pas à apaiser la violence, mais à renverser le régime de Damas », a affirmé ce dernier, tandis que son homologue de Cuba s’est inquiété à la perspective que son adoption n’ouvre la voie à une intervention étrangère dans le pays.


Le représentant de la Fédération de Russie a regretté, pour sa part, l’adoption d’une résolution qui ne contribue qu’« à aggraver la confrontation sur la crise syrienne, sans permettre aux parties de s’engager dans un règlement pacifique ».  « S’appuyant sur des arguments humanitaires, la résolution dissimule un appui aux opposants armés par des pays qui ont été coauteurs du texte », a-t-il dénoncé.  Comme son homologue de la Chine, il a par ailleurs souligné l’importance du plan en six points de Kofi Annan, Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, « l’unique voie de règlement pacifique à la crise ».


« Si nous retardons davantage la mise en œuvre du plan en six points, nous allons nous retrouver face à une situation fatidique où la violence imposera sa solution sanglante », a prévenu, quant à lui, le représentant de la République dominicaine.  Le représentant de Saint-Vincent-et-les Grenadines a fait observer, pour sa part, que la résolution encourage les éléments de l’opposition à faire preuve de cohésion, alors que la communauté internationale ne dispose d’aucune information fiable sur certains d’entre eux.  « Il est irresponsable, a-t-il souligné, de demander à ces groupes de trouver une cause commune avec de extrémistes et terroristes qui peuvent eux aussi brandir la bannière de l’opposition ».


Dans un premier temps, le représentant de la République arabe syrienne a dénoncé un texte qui, a-t-il affirmé, induit en erreur et constitue une violation du principe de la souveraineté internationale, ainsi que du principe de non-ingérence.  Ce texte, a-t-il mis en garde, risque d’aggraver la violence en Syrie et dans la région.  Il a ensuite assuré que la Syrie était favorable à un dialogue inclusif permettant de résoudre la crise conformément au plan en six points, tout en souhaitant que des pressions soient exercées contre les groupes armés qui n’ont pas honoré leurs obligations à cet égard. 


L’annonce faite, hier, de la démission de M. Annan a également été commentée à plusieurs reprises au cours de cette journée.  Le Secrétaire général a indiqué qu’il consultait le Secrétaire général de la Ligue des États arabes sur la désignation de son successeur.  « Mais, a-t-il averti, la médiation ne peut réussir que s’il y a un véritable appui au dialogue ».


Les représentants de Bahreïn, de la République islamique d’Iran et de la République arabe syrienne ont exercé leur droit de réponse.


La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.



PRÉVENTION DES CONFLITS ARMÉS: PROJET DE RÉSOLUTION (A/66/L.57)


La situation en République arabe syrienne


Aux termes de cette résolution (A/66/L.57), adoptée par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions, l’Assemblée générale condamnele recours accru aux armes lourdes par les autorités syriennes, notamment le pilonnage aveugle d’agglomérations à partir de chars et d’hélicoptères et le fait que le retour des troupes dans les casernes, avec leurs armes lourdes, n’a pas été assuré malgré les dispositions du paragraphe 2 de la résolution 2042 (2012) du Conseil de sécurité et du paragraphe 2 de la résolution 2043 (2012) du Conseil.  Elle condamne aussi fermement la poursuite des violations « flagrantes, généralisées et systématiques » des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes et les milices progouvernementales, comme l’emploi de la force contre des civils, les massacres, les exécutions arbitraires, le meurtre et la persécution de manifestants, de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes, les détentions arbitraires, les disparitions forcées, l’entrave à l’accès aux soins médicaux, la torture, les violences sexuelles et les mauvais traitements, y compris contre des enfants ainsi que toute atteinte aux droits de l’homme commise par les groupes d’opposition armés.


Toutes les parties, exige l’Assemblée générale, doivent appliquer immédiatement et de manière visible les résolutions 2042 (2012) et 2043 (2012) du Conseil de sécurité afin qu’elles cessent toutes de recourir à la violence armée sous toutes ses formes, permettant ainsi d’instaurer un climat propice à une cessation durable de la violence et à une transition politique conduite par les Syriens et répondant aux aspirations du peuple syrien.  L’Assemblée souscrit pleinement à la demande impérieuse faite par l’Envoyé spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies et de la Ligue des États arabes tendant à ce que les autorités syriennes fassent le premier pas en ce qui concerne l’arrêt de la violence, et enjoint en conséquence aux autorités syriennes d’honorer immédiatement leur engagement de cesser d’utiliser des armes lourdes et d’assurer le retour de leurs troupes dans les casernes avec leurs armes lourdes.  Les autorités syriennes doivent ainsi respecter strictement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international dans le domaine des armes chimiques et biologiques, s’abstenir d’utiliser ou de transférer à des acteurs non étatiques toutes armes chimiques ou biologique, et faire en sorte que la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne et les personnes travaillant pour elle puissent entrer immédiatement en Syrie.


Par ailleurs, l’Assemblée générale déplore que la situation humanitaire se dégrade et qu’il n’ait pas été fait en sorte que, comme le prévoit le point 3 du plan en six points de l’Envoyé spécial, l’aide humanitaire parvienne en temps voulu et en toute sécurité dans toutes les zones touchées par les combats.  C’est pourquoi, elle engageles autorités syriennes à mettre en œuvre sans délai et intégralement le plan d’intervention humanitaire convenu.  Elle lance de nouveau un appel en faveur d’une transition politique sans exclusive conduite par les Syriens et menant à l’instauration d’un régime politique démocratique et pluraliste, et exige à cet égard que toutes les parties syriennes collaborent avec le Bureau de l’Envoyé spécial conjoint afin de mettre en œuvre rapidement le plan de transition exposé dans le communiqué final publié par le Groupe d’action le 30 juin.  En outre, elle encourage les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à appliquer des sanctions comparables à celles adoptées par la Ligue des États arabes le 27 novembre 2011.


Déclarations liminaires


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de l’Assemblée générale, a dénoncé l’intensification des opérations militaires conduites par les forces gouvernementales syriennes, et s’est dit profondément préoccupé par cette « intensification terrifiante ».  Il a également condamné la poursuite par les autorités syriennes, d’atrocités et de violations du droit international humanitaire commises à grande échelle.  L’heure est à l’action, a martelé M. Al-Nasser.  Les mots à eux seuls ne suffisent pas.  La communauté internationale, a-t-il insisté, a la responsabilité d’agir sans plus de délais.  Le Président de l’Assemblée générale a ensuite déclaré qu’il regrettait profondément que le Conseil de sécurité se soit montré « une fois de plus incapable de faire preuve d’unité et de prendre une action collective pour mettre immédiatement terme à la crise effroyable qui sévit en Syrie ».  L’impasse dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité envoie le mauvais signal à toutes les parties du conflit syrien, s’est-il inquiété.  M. Al-Nasser a ensuite indiqué qu’en période d’impasse, l’Assemblée générale a un rôle à jouer pour maintenir la paix et la sécurité internationales.  Aujourd’hui, a-t-il affirmé, l’Assemblée générale prouve une fois de plus son pouvoir et son autorité.  « Nous devons, a-t-il ajouté, fournir l’appui nécessaire au peuple syrien et trouver une solution inclusive et pacifique à la crise. »


Le Président de l’Assemblée générale a ensuite regretté l’annonce faite hier par l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, de son intention de ne pas renouveler son mandat.  « Cette nouvelle, a-t-il dit, nous oblige plus que jamais à aller de l’avant et prendre de nouvelles mesures pour protéger le peuple syrien des atrocités qu’il continue de subir. »  L’Assemblée générale se réunit aujourd’hui pour faire face à ses responsabilités, a rappelé son Président.  « Nous n’avons pas d’autre choix que de prendre une action crédible et nécessaire.  Il en va de la crédibilité de l’ONU et de la stabilité régionale du Moyen-Orient.  La vie de milliers de personnes dépend de notre action », a-t-il fait remarquer, avant de conclure.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu’il y a huit jours il s’était rendu en Bosnie-Herzégovine où il a effectué une visite à Srebrenica.  Srebrenica, a-t-il dit, représente un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’ONU, car la communauté internationale avait échoué à protéger les civils contre les massacres.  C’est notamment en réaction aux génocides perpétrés à Srebrenica et au Rwanda que les dirigeants mondiaux réunis lors du Sommet mondial de 2005, au Siège de l’ONU, avaient décidé d’appuyer la notion de responsabilité de protéger.  Dénonçant les horreurs qui se produisent actuellement en Syrie, et en particulier à Alep, une des plus anciennes villes du monde classée par l’UNESCO site du patrimoine culturel mondial, M. Ban a averti que les atrocités qui y sont commises pourraient constituer des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre.  Ces actes doivent faire l’objet d’une enquête et leurs auteurs doivent être traduits en justice, a-t-il exigé.  Des milliers de Syriens ont été déplacés en raison du conflit ou risquent de l’être, tandis que beaucoup ont besoin d’aide humanitaire, a-t-il fait remarquer.


M. Ban Ki-moon a regretté que le Gouvernement et l’opposition syriens continuent de s’appuyer sur les armes plutôt que sur la diplomatie.  Mais il n’y a pas de gagnant dans cette escalade, a-t-il dit, en faisant observer que le perdant était le peuple syrien.  Cette catastrophe aurait pu être évitée, a-t-il déclaré, en rappelant ce qui avait été prédit il y a 18 mois par des observateurs avertis.  Toutes ces prédictions se sont concrétisées et nous risquons maintenant d’assister à une guerre civile à long terme qui détruirait la mosaïque de la société syrienne, a-t-il regretté.  « Nous avons tous une responsabilité à assumer face au peuple syrien », a lancé le Secrétaire général.  C’est pourquoi, il faut axer les efforts sur le dialogue et le compromis, a-t-il recommandé, en regrettant les divisions qui ont paralysé l’action du Conseil de sécurité.  M. Ban a aussi rappelé le plan d’action décidé à Genève le 30 juin.


De l’avis du Secrétaire général, les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur toute influence.  Il a mentionné combien l’ONU est active sur le terrain, par le biais du Bureau de coordination des affaires humanitaires et de l’Équipe de pays, qui continuent d’acheminer une aide humanitaire, sans compter le rôle essentiel que joue la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS).  De son côté, l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes espérait impliquer les Syriens et tous ceux qui ont de l’influence en Syrie en faisant usage de la diplomatie, en vue de mettre un terme au bain de sang.  « Après la démission de M. Kofi Annan hier, a indiqué M. Ban, j’ai rendu hommage à sa compétence et aux efforts qu’il avait déployés. »  Le Gouvernement et les forces de l’opposition ont refusé de saisir la main qui leur était tendue et les divisions au sein du Conseil de sécurité, a-t-il regretté, ont rendu la tâche de l’Envoyé encore plus difficile.


Le Secrétaire général a assuré qu’il consultait le Secrétaire général de la Ligue des États arabes sur la désignation de son successeur, mais, a-t-il averti, la médiation ne peut réussir que s’il y a un véritable appui au dialogue.  « La situation actuelle est un test pour les Nations Unies et je ne veux pas que l’ONU échoue, a insisté le Secrétaire général.  Je veux montrer au peuple syrien et au monde que nous avons appris les leçons de Srebrenica. »  Une pression internationale unie peut faire la différence, a-t-il assuré, avant de rappeler les souffrances profondes que subit le peuple syrien.  Avant de conclure, il a exhorté tous les Membres de l’Assemblée générale à faire face à leur responsabilité collective.


Présentation du projet de résolution


Présentant le projet de résolution A/66/L.57 au nom du Groupe des États arabes, M. ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite), a rappelé le plan en six points élaboré par l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan.  L’Envoyé spécial conjoint a déployé des efforts inlassables pour tenter de réaliser ces six objectifs, a-t-il insisté, tout en s’interrogeant sur ce qui a été obtenu en retour.  Pour chacun des six points du plan proposé par M. Annan, six massacres ont été commis à Baba Amr, Al-Rastan, Houla, Traimsah, Foqair et maintenant à Alep, s’est-il indigné.  De plus, aucune solution politique ne semble se dégager.  Le représentant a rappelé le rapport du 11 juillet de M. Annan dans lequel, a-t-il affirmé, ce dernier tient les autorités syriennes pour principaux responsables de la détérioration de la situation.  Il a ensuite regretté le double veto au sein du Conseil de sécurité qui, a-t-il soutenu, a donné l’impression que le Conseil de sécurité fait la sourde oreille à la réalité douloureuse que connait la Syrie.


La résolution A/66/L.57, a précisé M. Al-Mouallimi, a pour but de réaffirmer que la communauté internationale ne tolère pas ce qui se déroule actuellement en Syrie et que l’heure est venue de commencer une transition de pouvoir pacifique afin de répondre aux aspirations du peuple syrien.  Les attaques violentes que les troupes syriennes poursuivent à Alep rendent l’action plus urgente que jamais, a-t-il ajouté.


Explication de vote avant adoption


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a estimé qu’il était paradoxal que l’État Membre, auteur du projet de résolution présenté aujourd’hui devant l’Assemblée générale, joue un rôle important dans la militarisation de la situation en Syrie, en fournissant des armes aux groupes terroristes en Syrie.  « Cela a été reconnu par le Ministre des affaires étrangères de la France, il y a trois jours », a-t-il dit, en citant aussi des médias selon lesquels des missiles américains sont arrivés par la Turquie.  Il a aussi regretté que les coauteurs du projet de résolution mènent une campagne politique contre son pays et appliquent des sanctions unilatérales.  Tout cela a conduit à la détérioration de la situation humanitaire.  Ces pays auraient mieux fait d’utiliser pour l’assistance humanitaire les milliards de dollars consacrés à la fourniture d’armes et de matériel de communication aux groupes rebelle.  En ce qui concerne l’Arabie saoudite, le Qatar et le Bahreïn, il a estimé qu’ils ne peuvent pas être des modèles de démocratie et de respect des droits de l’homme, en soutenant qu’ils sont « gouvernés par des oligarchies despotiques qui n’hésitent pas à réprimer et à abattre les manifestants ».  Il a aussi prévenu contre le risque pour l’ONU de subir la pression internationale et de saper, ainsi, la paix et la sécurité internationales.


Le représentant syrien a attiré l’attention sur les nombreux attentats-suicide commis en Syrie par les terroristes, arabes et non arabes, affiliés à Al-Qaida et autres groupes associés.  Il a observé que le projet de résolution proposé s’abstient de faire référence à ces terroristes.  Selon lui, de nombreux pays qui luttent soi-disant contre le terrorisme soutiennent des cellules dormantes de terroristes en Syrie.  L’instigation au crime doit être punie au même titre que le crime lui-même.  Les conventions des Nations Unies prévoient de punir les groupes qui incitent à la violence, a-t-il rappelé.  M. Jaafari s’est demandé si l’intention du texte est d’appliquer le droit international ou de semer la discorde.  Ce projet de résolution induit en erreur et constitue une violation au principe de souveraineté nationale, ainsi que du principe de non-ingérence.  Ce texte, a-t-il estimé, lancerait un message erroné aux groupes terroristes agissant en Syrie et ailleurs dans le monde.  Il risque aussi d’aggraver la violence dans son pays et dans la région, a-t-il prévenu.  C’est pourquoi, le délégué syrien a demandé la mise aux voix de ce texte, en lançant un appel pour qu’on évite de légitimer les sanctions unilatérales.


« Nous aurions espéré que l’Arabie saoudite présente plutôt un texte sur les îles saoudiennes occupées par Israël dans la mer Rouge, au lieu de se concentrer sur la manipulation de la question syrienne », a déclaré le représentant de la Syrie.  Il a aussi regretté que les médias visent sa famille et cherchent à saper sa réputation, agissant de ce fait contre tout principe déontologique.  « Plusieurs menaces de mort ont été proférées à mon encontre sur des sites Internet en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis », a affirmé le représentant syrien.


Pour M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela), « le projet de résolution qui est devant nous est une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain et indépendant, il manque d’objectivité et ignore les réformes politiques et institutionnelles entamées par le Gouvernement syrien ».  Il a ajouté qu’un État souverain a le droit de défendre sa souveraineté et de protéger les propriétés publiques et privées sur son territoire et que ce droit ne peut pas être restreint ou dénié si l’état de droit et le droit international sont respectés.  M. Valero Briceño a aussi indiqué que le Gouvernement syrien ne fait pas face à une opposition démocratique mais à des groupes qui sont armés et appuyés à partir de l’étranger.  La seule option viable pour mettre un terme à la violence en Syrie reste un dialogue national et inclusif et, qu’à cet égard, un cessez le feu doit être immédiatement établi, a déclaré le représentant. 


En outre, le Venezuela appuie le plan en six points présenté par l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, dont il a regretté la démission.  Il a cependant souligné qu’il était urgent de mettre en œuvre ce plan, quel que soit celui ou celle qui remplacera M. Annan.  Le Venezuela appuie également les efforts diplomatiques de la Fédération de Russie, a indiqué M. Valero Briceño, qui a dénoncé l’ingérence étrangère et les financements étrangers des groupes d’opposition en Syrie.  « Si ces pratiques persistent, la loi de la jungle régira les relations internationales, a-t-il prévenu, tout en demandant l’arrêt des interventions étrangères en Syrie.  C’est pourquoi, le Venezuela votera contre le projet de résolution A/66/L.57.


M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a fait savoir que sa délégation voterait contre le projet de résolution car, a-t-il affirmé, son adoption risque d’ouvrir la voie à une intervention étrangère en Syrie.  Il a condamné les massacres perpétrés en Syrie, et appelé à mettre fin aux transferts d’armes et d’argent aux insurgés.  Le représentant a soutenu que l’objectif des Gouvernements américain et de pays européens est de renverser par la force des régimes souverains.  Le représentant a également lancé un appel pour que cesse la manipulation médiatique par les « empires de presse occidentaux » qui, selon lui, abordent la situation syrienne à des fins politiques.


M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) a déploré la violence et les pertes en vies humaines en Syrie.  L’augmentation du niveau de violence utilisée par les deux parties et l’usage d’armes lourdes doivent, a-t-il dit, être condamnés.  Il a regretté la démission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan.  Son pays, a-t-il assuré, appuie les efforts des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, ainsi que ceux du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).  Le CICR, a-t-il relevé, a qualifié le conflit de guerre civile, de « conflit armé non international », avec des conséquences au niveau du droit international.  Il s’est dit préoccupé par le fait que le Conseil de sécurité n’ait pu exercer une pression sur les deux parties pour qu’elles appliquent le plan en six points présenté par M. Annan.  « Nous appuyons le principe d’une résolution qui s’exprime d’une seule voix », a-t-il déclaré.  Le représentant a cependant estimé que le texte d’aujourd’hui aurait dû être plus équilibré et reconnaître qu’il y a deux parties à la crise syrienne.  Le projet de résolution donne, au contraire, l’impression qu’il n’y a qu’une partie responsable de la violence, a-t-il fait remarquer.  Sa délégation, a-t-il ajouté, estime que le projet de résolution n’est pas suffisamment ferme vis-à-vis de l’opposition.  L’Afrique du Sud est favorable à une action forte des Nations Unies et souhaite qu’elles lancent un message à toutes les parties.


M. RAFAEL ARCHONDO (Bolivie) a indiqué que sa délégation voterait contre le projet de résolution.  L’ONU doit certes agir, mais les limites sont claires et définies par l’Article 2 de la Charte des Nations Unies qui souligne qu’on ne peut intervenir dans les affaires relevant de la compétence d’un État, a-t-il rappelé.  Pour sa délégation, le projet de résolution n’apporte pas de solution et ne contribuera qu’à aggraver la situation sur le terrain.  Ce texte, a affirmé le représentant, ne vise pas à mettre fin à la violence, mais plutôt à renverser les autorités de Damas.  Le Gouvernement syrien est accusé à 14 reprises de crimes multiples, mais le texte n’évoque qu’une seule fois les violations des droits de l’homme commises par l’opposition, a-t-il fait observer.  Le rôle de la CIA et celui d’Al-Qaida ne sont pas non plus évoqués, ni même les risques de guerre civile ou la présence d’éléments qui cherchent à y établir un État islamique.  Le représentant de la Bolivie a également relevé que le projet de résolution donne au peuple syrien la « recette exacte » du type de gouvernement qui doit être instauré à Damas.  Il a également regretté que le texte soit rédigé « à la hâte », sans prendre en compte les différentes positions des États Membres.


M. RI TONG IL(République populaire démocratique de Corée), tout en reconnaissant les risques d’une catastrophe, a réaffirmé l’importance de respecter la souveraineté de la Syrie, conformément à la Charte de l’ONU.  La Syrie est un État Membre de l’ONU, doté d’un Gouvernement démocratiquement élu, a-t-il rappelé.  C’est pourquoi, a-t-il insisté, il faut respecter les principes fondamentaux du droit international, qui sont énoncés par la Charte, en particulier le principe de non-ingérence.  Les interventions militaires dans des pays voisins de la Syrie ont déclenché des violences sectaires, des attaques terroristes et la mort de civils innocents, a-t-il rappelé, en citant les cas de l’Iraq et de l’Afghanistan.  Les États-Unis parlent beaucoup de la protection des civils, a-t-il relevé, en faisant observer, cependant, que leurs intentions sont autres et qu’elles visent plutôt un changement de régime.  Le représentant a noté que le texte de la résolution présenté aujourd’hui à l’Assemblée générale est très proche de celui qui a été rejeté au Conseil de sécurité.  La seule façon de régler le conflit est la voie pacifique, a-t-il affirmé, en soutenant que l’ingérence extérieure n’y contribuera pas.  « Le pays qui parle de la protection des civils fait preuve d’hypocrisie », a-t-il estimé.


Tout en évoquant les aspects positifs du projet de résolution M. CAMILLO GONSALVES (Saint-Vincent-et-les Grenadines) s’est inquiété des « omissions évidentes » dans le texte et de « l’implication troublante » selon laquelle le silence de la communauté internationale qui s’en suit revient à un consentement ou à une approbation de certaines actions et de certains acteurs.  Il a été démontré que des éléments de l’opposition ont choisi d’assassiner des membres du Gouvernement syrien, a-t-il souligné.  La communauté internationale ne peut se permettre de dresser la liste des violations commises par les autorités syriennes, tout en faisant la sourde oreille à cette forme de terrorisme déplorable qui est condamnée dans tous les autres contextes et par l’écrasante majorité des pays.  Il a également estimé qu’il faudrait condamner sans ambigüité la présence d’Al-Qaida dans le conflit.  Au lieu de condamner les « éléments barbares », le projet de résolution encourage les éléments de l’opposition à faire preuve de cohésion, alors que la communauté internationale ne dispose d’aucune information fiable sur eux, a-t-il fait remarquer.  Il est irresponsable, a-t-il souligné, de demander à ces groupes de trouver une cause commune avec des extrémistes et terroristes qui peuvent eux aussi brandir la bannière de l’opposition.


Le représentant a également estimé que le projet de résolution aurait dû reconnaître le rôle joué par de nombreux États Membres pour exacerber et intensifier le conflit par l’intermédiaire de la fourniture d’armes et de munitions.  M. Gonsalves a aussi indiqué que sa délégation était préoccupée par le fait que le texte n’appelle pas à un cessez-le-feu et un retrait des forces à la fois du Gouvernement et de celles de l’opposition.  Cela revient à demander aux autorités de céder le contrôle de Damas et d’Alep comme condition préalable au dialogue politique, a-t-il fait observer.  Une telle position ne rend pas compte de la situation militaire qui prévaut sur le terrain et n’illustre pas non plus une véritable volonté de trouver une solution à cette guerre, a-t-il précisé.


Relevant par ailleurs que le projet de résolution appelle à l’établissement d’un système politique démocratique et pluraliste en Syrie, M. Gonsalves s’est demandé si l’Assemblée générale était réellement investie d’une autorité pour imposer un quelconque système politique aux citoyens d’un autre État.  « À la lumière de toutes ses préoccupation, et malgré son appui sans failles pour les éléments clefs de ce projet de résolution, ma délégation s’abstiendra de voter », a-t-il indiqué.


M. DIEGO MOREJÓN (Équateur) s’est dit préoccupé par la situation qui prévaut actuellement en Syrie, qui est, a-t-il précisé un « pays frère ».  Depuis le début de la crise, l’Équateur avait insisté que les auteurs des atrocités commises soient tenus responsables de leurs actes, a-t-il rappelé.  Il a condamné fermement les violations des droits de l’homme commises en Syrie, quels qu’en soient les auteurs.  Le représentant a aussi déploré la démission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan, et espéré que le plan en six points sera maintenu.  Les parties doivent immédiatement mettre fin à la violence, a-t-il insisté.  De l’avis de sa délégation, le projet de résolution n’est pas équilibré et ne tient pas compte de toutes les parties à la crise.  Le Conseil des droits de l’homme à Genève est l’instance appropriée pour examiner les questions relatives à la situation des droits de l’homme, a-t-il rappelé.  Le projet de résolution présenté à l’Assemblée générale ne fait que contribuer à la politisation de la question, a-t-il estimé, en indiquant que sa délégation s’abstiendra lors du vote sur le projet de texte.


M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a estimé que le projet de résolution détournait tous les efforts déployés jusqu’à présent pour trouver une solution à la crise en Syrie.  Ce projet de résolution se fait l’écho du souhait exprimé par les milices et certains pays de renverser le régime syrien et n’évoque pas les conséquences catastrophiques d’une ingérence étrangère, s’est-il inquiété.  Le représentant a également alerté contre la libre circulation d’armes et de munitions dont bénéficie l’opposition.  En outre, le projet de résolution encourage l’imposition de sanctions au moment même où le peuple syrien a besoin d’aide, a-t-il dit, en faisant remarquer qu’il s’agit là d’une punition collective.


Il faudrait encourager plutôt les parties à s’engager dans un dialogue pour trouver une solution politique à la crise, a préconisé le représentant de l’Iran, en indiquant que son pays était prêt à contribuer à un tel dialogue.  Dénonçant ensuite le fait que le projet de résolution ne soit pas équilibré, le représentant de l’Iran a fait savoir que sa délégation voterait contre ce texte.


Mme PAULETTE A. BETHEL (Bahamas) a déclaré que sa délégation appuyait le projet de résolution, tout en se disant profondément préoccupée par les tueries et les violations flagrantes des droits de l’homme que subit la population civile en Syrie.  Elle a souhaité que soit favorisé un processus pacifique et démocratique, fondé sur le plan d’action en six points de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan, à qui elle a adressé ses remerciements pour les efforts déployés.  Sa mission aurait pu réussir avec un appui plus soutenu de la part de la communauté internationale, a-t-elle estimé, avant de conclure.


Explication de vote après adoption


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a tout d’abord rendu hommage aux « efforts immenses et habiles » déployés par l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan.  Sa délégation, a-t-il ensuite indiqué, a voté en faveur du projet de résolution présenté par le Groupe des États arabes.  L’Assemblée générale a décidé, en adoptant le texte, de condamner de manière vigoureuse les violations massives et systématiques des droits de l’homme en Syrie, après 17 mois de crise politique, s’est-il félicité.  Toutes les parties au conflit doivent cesser la violence et respecter pleinement le droit à la vie des civils ainsi que leur intégrité physique, a-t-il rappelé. 


Le Chili, a indiqué son représentant, condamne la violence et demande à toutes les parties d’y mettre fin immédiatement.  C’est également l’appel que lance la communauté internationale par le texte adopté, a-t-il précisé.  Le représentant a aussi appuyé le plan en six points présenté par L’Envoyé spécial conjoint ainsi que la déclaration du Groupe d’action du 30 juin.  Il a souhaité que les auteurs des graves violations des droits de l’homme soient traduits en justice et demandé qu’un accès soit ouvert pour acheminer l’aide humanitaire.  Avant de conclure, il a souligné l’importance cruciale des efforts de la Ligue des États arabes et des organisations régionales dans le règlement pacifique du conflit.


Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a expliqué que son pays avait voté en faveur du projet de résolution présenté par le Groupe des États arabes parce qu’il envoie un message clair appelant à établir immédiatement un cessez-le-feu urgent, à mettre fin immédiatement à la violence sous toutes ses formes et à mettre pleinement en œuvre les résolutions 2042 (2012) et 2043 (2012) du Conseil de sécurité.  Par ce texte, l’Assemblée générale est appelée à ne pas rester silencieuse face à l’escalade de la violence et à la souffrance du peuple syrien.  En outre, la communauté internationale doit appuyer tous les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la violence et faciliter la transition politique qui sera assurée, a-t-elle précisé, par les Syriens eux-mêmes.  La communauté internationale doit aussi s’abstenir de toute action qui pourrait aggraver davantage le conflit ou le prolonger.  Le Brésil souhaite que le message envoyé par l’Assemblée générale, aujourd’hui, puisse aider toutes les parties en Syrie à relever le défi.


M. EDUARDO ULIBARRI(Costa Rica) a estimé que l’inaction résultant du double veto au Conseil de sécurité et les obstacles énormes qui ont entravé les efforts de médiation conjointe de l’ONU et de la Ligue des États arabes justifient pleinement le choix par l’Assemblée générale de trouver une autre façon de sortir de la crise syrienne de manière pacifique.  L’origine de la tragédie syrienne réside essentiellement dans l’intransigeance du Gouvernement syrien, son utilisation de la violence systématique contre les civils et son attitude négative vis-à-vis de la médiation de l’ONU et de la Ligue des États arabes.  « Nous regrettons la démission de l’Envoyé spécial conjoint de ces deux organisations », a-t-il ajouté, tout en indiquant que sa délégation comprenait sa décision.  Le représentant a aussi jugé intolérable le coût humain du conflit et s’est inquiété du risque de voir celui-ci s’étendre à toute la région.  C’est pourquoi, il a lancé un appel aux autorités syriennes afin qu’elles respectent leurs obligations en vertu du droit international, en particulier le droit international humanitaire, et qu’elles s’abstiennent de toute violation des droits de l’homme.  Si cet appel s’adresse en premier lieu aux autorités syriennes, il s’adresse également à l’opposition armée et à tout autre groupe armé, a-t-il souligné.


M. PHAM VINH QUANG (Viet Nam) a déclaré que son pays suivait avec préoccupation la situation qui prévaut actuellement en Syrie.  Il a demandé au Gouvernement de la Syrie de mettre en œuvre le plan en six points de M. Kofi Annan et regretté que ce dernier ait annoncé hier sa démission.  Sa délégation demande au Gouvernement de la Syrie de respecter pleinement ses engagements internationaux et de s’abstenir de recourir aux armes chimiques comme certaines informations semblent l’indiquer.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a regretté l’adoption d’une résolution qui ne fait qu’aggraver la confrontation sur la crise syrienne, sans permettre aux parties de s’engager dans un règlement pacifique.  Sous couvert d’arguments humanitaires, la résolution dissimule un appui aux opposants armés par des pays qui ont été coauteurs du texte, a affirmé le représentant.  Les affirmations sur l’incapacité du Conseil de sécurité à gérer la situation ne correspondent pas à la réalité, a-t-il aussi estimé, en rappelant l’adoption à l’unanimité des résolutions 2042, 2043 et 2059.  Le représentant a ajouté que, de l’avis de sa délégation, la résolution adoptée aujourd’hui par l’Assemblée générale va à l’encontre du plan en six points présenté par M. Kofi Annan et du communiqué de Genève du 30 juin dernier.  Regrettant profondément la démission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, le représentant de la Fédération de Russie a espéré qu’il sera remplacé par une personne capable d’assumer ce rôle.  Le « plan Annan » et le Communiqué de Genève sont toujours importants et c’est pourquoi, il faut continuer à exiger de toutes les parties le strict respect de ces documents.  Le représentant a aussi souligné l’importance du maintien de la présence de l’ONU en Syrie, la MISNUS étant la seule source d’information objective et indépendante, a-t-il estimé.


M. RON PROSOR (Israël) a dénoncé « le régime Assad », qui a massacré des milliers d’innocents depuis des mois et qui multiplie les mensonges pour justifier son attitude face à un peuple qui ne fait que réclamer la démocratie, la justice et la liberté.  En Syrie, a affirmé le représentant d’Israël, des Iraniens aident le régime syrien.  Par cette aide, l’Iran participe au meurtre du peuple syrien, a-t-il dit.  Le représentant a en outre soutenu que le trio -composé de l’Iran, du Hezbollah et de la Syrie- aide « les meurtriers d’Assad » en fournissant de la logistique, des renseignements et de l’entraînement aux militaires syriens.  La semaine dernière, a-t-il rappelé, des informations ont révélé que le régime syrien détenait des armes chimiques et s’apprêterait à s’en servir.  Fournir des armes chimiques au Hezbollah est une ligne rouge qu’il ne faudra pas franchir, a averti le représentant d’Israël.  En s’adressant « au peuple syrien », il lui a souhaité un avenir meilleur où règneront la paix et la justice.


M. JUSTIN N. SERUHERE (République-Unie de Tanzanie) a apprécié les efforts entrepris sur le plan international pour trouver une solution pacifique à la crise en Syrie, y compris ceux de l’Assemblée générale et de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan.  Il a demandé que l’on applique pleinement les principes de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale d’un pays.  La Tanzanie regrette que la résolution adoptée par l’Assemblée générale s’abstienne de mentionner l’intervention étrangère qui, a-t-il estimé, a largement contribué au chaos en Syrie.  La Tanzanie continuera de défendre les principes de l’Union africaine, a-t-il ajouté.


M. WANG MIN(Chine) a condamné tout acte terrorisme en Syrie et demandé à toutes les parties de cesser les violences.  Le Gouvernement et l’opposition doivent s’engager au dialogue le plus vite possible.  Des pressions exercées sur une seule partie ne contribuent qu’à aggraver la situation, a prévenu le représentant, en soulignant que l’approche militaire n’aura pour effet que d’intensifier le conflit.  Il a regretté la démission de M. Kofi Annan, tout en réaffirmant que le plan en six points restait l’unique voie de règlement pacifique à la crise.  La Chine s’oppose à tout acte visant à changer le régime de l’extérieur, a-t-il averti, en tenant à préciser que la Chine n’avait aucun intérêt national en Syrie.  Il a dit comprendre les préoccupations des pays arabes, en assurant que la Chine était prête à contribuer aux efforts pour trouver une solution politique et préserver les intérêts du peuple syrien et des pays du Moyen-Orient.


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a regretté l’adoption d’une résolution qui, « de toute évidence n’est pas équilibrée » et remercié les pays qui ont voté contre ce texte.  La Syrie est favorable à un dialogue inclusif permettant de résoudre la crise conformément au plan en six points, a-t-il dit, en souhaitant que des pressions soient exercées contre les groupes armés qui n’ont pas honoré leurs obligations à cet égard.  Il a assuré que le Gouvernement syrien s’est engagé à ne pas utiliser d’armes lourdes.  De l’avis du représentant, certains gouvernements veulent couvrir les crimes commis par ces groupes armés contre la population syrienne et des membres du Gouvernement.  Outre les meurtres, il a parlé des enlèvements, du bombardement de centrales électriques et de pipelines, ainsi que du pillage de produits agricoles.  Ces groupes transforment la population civile en réfugiés qui se retrouvent dans des « camps de détention », a-t-il soutenu.  Certains de ces camps, a-t-il précisé, ont d’ailleurs été transformés en camps d’entraînement pour les terroristes.


Le délégué s’est ensuite prévalu de la création d’un Ministère de réconciliation nationale pour démontrer la volonté du Gouvernement de parvenir à un règlement pacifique de la crise actuelle.  Il s’est étonné que l’Union européenne ait imposé au Ministre de la réconciliation nationale des sanctions, quelques jours seulement après qu’il a pris ses fonctions en dépit du fait qu’il appartenait à l’opposition syrienne.  Il a aussi estimé que le délégué saoudien a présenté un tableau erroné de la situation en Syrie.  Il a parlé de la situation des réfugiés palestiniens vivant dans un camp à Damas après avoir été chassés par les autorités israéliennes, et qui aujourd’hui vivent aux côtés des réfugiés syriens.  Le Qatar et d’autres pays financent les groupes terroristes et compromettent la sécurité des réfugiés palestiniens qui vivent en Syrie, a affirmé le délégué, avant de parler des « mesures répressives de l’Arabie saoudite ou de Bahreïn contre leurs propres populations ».


Le projet de résolution n’a pas été présenté au nom du Groupe des États arabes puisque deux pays arabes ne l’ont pas soutenu, a-t-il fait observer.  Le représentant de la Syrie a regretté que M. Kofi Annan ait démissionné, rappelant que son gouvernement avait appuyé son plan en six points et coopéré en faveur de son application.  De l’avis de sa délégation, le terrorisme d’État d’Israël est à l’origine de la culture terroriste qui se manifeste dans le monde entier.  Si les Jeux olympiques étaient organisés pour les terroristes, Israël remporterait le premier prix, a-t-il affirmé.  Il a aussi rappelé qu’Israël n’a pas adhéré à la Convention sur les armes chimiques et n’est pas non plus partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  À ce jour, Israël dispose de 300 têtes nucléaires dans son arsenal, a-t-il ajouté, avant de rappeler que son pays attend avec impatience la libération du Golan occupé par Israël.


M. JOSÉ LUIS CANCELA(Uruguay) a déclaré que sa délégation avait voté en faveur du projet de résolution, convaincue que cette adoption contribuerait à rétablir la paix en Syrie, conformément aux principes du droit international.  Les divers acteurs sur le terrain doivent respecter les principes du droit international et les dispositions de la présente résolution.  Il a réaffirmé l’attachement de sa délégation à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie.


M. MATEO ESTREME (Argentine) a regretté que la structure du Conseil de sécurité comprenant des membres permanents dotés du droit de veto aboutisse à cette situation.  Pour la majorité des pays, les Nations Unies sont une institution nécessaire pour défendre des principes régissant les relations entre les États Membres, a-t-il dit.  Toute déclaration de l’Assemblée générale, a-t-il estimé, devrait promouvoir une solution pacifique et durable.  Le représentant a expliqué que sa délégation avait voté en faveur du projet de la résolution, afin de contribuer à faire cesser la violence en Syrie et à promouvoir le respect des droits de l’homme dans ce pays.  L’Argentine a aussi voulu que toutes les parties soient invitées à respecter les recommandations des différentes instances de l’ONU, notamment le plan en six points, présenté par M. Kofi Annan.  Le représentant a souligné que cet appel s’adressait à toutes les parties et pas seulement au Gouvernement syrien.  L’Argentine apprécie les efforts déployés par la Ligue des États arabes, sans toutefois appuyer toutes les décisions et mesures adoptées sur la base de son initiative, a indiqué le représentant.  En outre, il a précisé que rien dans la résolution ne doit ouvrir la voie à une intervention étrangère armée en Syrie, notamment sous le prétexte d’assurer la protection de la population civile.


M. USMAN SARKI (Nigéria) s’est dit préoccupé à la fois par la situation sur le terrain et par la démission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan.  Il a dénoncé le manque d’appui de la communauté internationale et l’inefficacité des Nations Unies qui, selon lui, brisent le rêve du peuple syrien et anéantissent le travail réalisé par M. Annan.  La résolution que l’Assemblée générale vient d’adopter représente une étape dans la voie d’un règlement pacifique de la crise, a-t-il assuré.  Le Nigéria émet cependant des réserves sur les dispositions de la résolution car, a-t-il fait remarquer, elle ne mentionne qu’une seule des parties et ne parle que des violences commises par une partie, en occultant celles commises par l’autre.  L’appui du Nigéria n’est pas entier parce que l’Assemblée générale n’a pas à appeler à l’union des groupes de l’opposition syrienne pour faire face au Gouvernement, a estimé le représentant.  Il a réaffirmé, à l’instar d’autres délégations, que le plan en six points présenté par M. Annan demeure la seule solution à la crise en Syrie. 


M. MILAN MILANOVIĆ (Serbie) a expliqué avoir voté en faveur du projet de résolution afin d’appuyer l’objectif de mettre fin immédiatement à la violence en Syrie.  Il a souligné la nécessité d’établir un dialogue inclusif entre toutes les parties en vue de parvenir à une solution durable contribuant à la stabilité de la région.


M. HÉCTOR VIRGILIO ALCÁNTARA MEJÍA(République dominicaine) a indiqué que sa délégation avait voté en faveur du projet de résolution, tout en expliquant que le texte ne pouvait pas être parfait.  Il a estimé qu’il y avait une différence entre, d’une part, rester les bras croisés face aux divisions et, d’autre part, montrer que l’ONU n’est pas indifférente aux souffrances du peuple syrien.  « Ma délégation, a-t-il dit, a appuyé ce texte car la situation sur le terrain s’est aggravée. »  « Si nous retardons davantage la mise en œuvre du plan en six points, nous allons nous retrouver face à une situation fatidique où la violence imposera sa solution sanglante », a-t-il prévenu.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a indiqué que depuis la dernière réunion de l’Assemblée générale sur la Syrie, la situation a empiré et les deux parties, au lieu de respecter le plan en six points présenté par l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, se sont plutôt engagées dans des affrontements armés.  Pour faire face à cette situation, a-t-il dit, la communauté internationale doit serrer les rangs.  C’est de cette façon qu’on pourra mettre un terme à la crise, a-t-il estimé.  L’Inde exhorte les parties syriennes à appliquer le plan en six points pour mettre fin à ce conflit.  Les Nations Unies doivent, pour leur part, rester actives auprès des deux parties pour les engager sur la voie du dialogue et faire cesser la violence.  L’Inde encourage les parties à emprunter la voie du dialogue et à rechercher une solution dans l’intérêt du peuple syrien.  C’est pourquoi, l’Inde s’est abstenue lors du vote de la résolution.


M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana) a déclaré que sa délégation s’était abstenue lors du vote sur la résolution que l’Assemblée générale vient d’adopter.  Il s’est dit très préoccupé par l’escalade de la violence en Syrie et a condamné les violations des droits de l’homme et les pertes en vies humaines.  Il s’est aussi inquiété de l’impact humanitaire de la crise sur la population civile.  La responsabilité de protéger la population incombe en premier lieu aux autorités syriennes, a-t-il rappelé.  Le représentant a cependant fait remarquer que la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur les exactions commises par les groupes armés de l’opposition.  Toutes les parties doivent mettre fin à la violence, a-t-il insisté.  De l’avis de sa délégation, la résolution qui vient d’être adoptée présente des lacunes et contient des éléments de partialité relatifs à une opposition qui n’est pas unifiée.  Dans l’intérêt de la Syrie, l’ONU doit poursuivre ses efforts pour mettre un terme aux effusions de sang et contribuer à la recherche d’une solution politique, a-t-il estimé.  À cet égard, il a appuyé le plan en six points et demandé au Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités pour contrer cette menace à la paix et à la sécurité internationales.


Déclarations après adoption


M. IOANNIS VRAILAS, Chef de la délégation l’Union européenne, a déclaré soutenir fermement la résolution sur la situation en Syrie.  L’Union européenne condamne fermement l’utilisation croissante de la force par le régime syrien, notamment par le biais d’une artillerie lourde, de tanks, d’appareils et d’hélicoptères de combat, à l’encontre de zones peuplées, en violation flagrante de ses obligations selon les termes du plan en six points de M. Annan et des résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité.  C’est pourquoi, nous exhortons le régime syrien à cesser immédiatement le massacre de civils et l’utilisation d’armes lourdes, a-t-il dit.  Une transition politique, qui répond aux aspirations du peuple syrien est la seule voie, a-t-il estimé, pour sortir de cette violence.  L’Union européenne reste engagée en faveur de la souveraineté, l’indépendance, l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la Syrie, a-t-il assuré.


L’Union européenne, qui soutient pleinement la mission de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes et son plan en six points, demande qu’il soit mis en œuvre immédiatement, a indiqué son représentant.  L’Union européenne a soutenu sans réserve le travail de M. Annan tout au long de son mandat et continuera à appuyer les efforts de l’ONU et de la Ligue des États arabes.  Le représentant a ensuite demandé que soient exclus ceux dont la présence risque d’ébranler la transition, en estimant que le Président Bashar Al-Assad n’a pas de place dans l’avenir de la Syrie.  L’Union européenne appelle aussi tous les membres du Conseil de sécurité à agir de façon unie afin d’exercer une pression efficace pour s’assurer que le non-respect de ses décisions antérieures entraîne des conséquences sérieuses. 


L’Union européenne reste très préoccupée de la situation en matière de droits de l’homme et des violations du droit international humanitaire en Syrie, a indiqué son représentant.  Elle est aussi préoccupée par les allégations selon lesquelles des armes à sous-munitions seraient utilisées contre les civils, a-t-il ajouté.  Rappelant que la responsabilité principale de la crise incombe aux autorités syriennes, le représentant a averti contre les risques d’une plus grande militarisation du conflit, ce qui aurait des conséquences sur la région.  Il s’est inquiété en particulier de la protection des civils et a demandé à tous les États de s’abstenir de livrer des armes à la Syrie.  L’Union européenne est en outre très inquiète de l’utilisation potentielle d’armes chimiques en Syrie et demande au Gouvernement syrien de respecter strictement ses obligations en vertu du Protocole concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques.


L’Union européenne exhorte aussi les groupes de l’opposition à s’accorder sur une série de principes partagés et à commencer à travailler en vue d’une transition inclusive et pacifique, a souligné son représentant.  Il s’est félicité des efforts démontrés en ce sens par les groupes de l’opposition au cours de réunions récentes.  Par ailleurs, le représentant s’est dit très préoccupé par le risque de débordement de la crise syrienne dans les pays voisins.  Il a appelé toutes les parties à assurer le libre accès aux travailleurs humanitaires.  L’Union européenne est prête à offrir une aide supplémentaire à cet égard, notamment pour assister les pays voisins à accueillir les réfugiés syriens.  Avant de conclure, il a indiqué que, le 23 juillet dernier, l’Union européenne a ajouté à la liste des personnes visées par les sanctions imposées des membres de l’Armée, des services secrets et des services de sécurité impliqués directement dans la répression de la population civile.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) s’est dit préoccupé par l’escalade de la violence qui cause, chaque jour, un nombre considérable de victimes et par le non-respect des engagements pris par le Gouvernement syrien au titre du plan en six points présenté par M. Kofi Annan.  Il a également estimé qu’il faut rappeler à l’opposition que le recours aux actes de terrorisme ne peut être toléré.  Le représentant a espéré que dans deux mois, lorsque l’Assemblée générale se réunira de nouveau sur la question, elle ne se contentera pas de constater l’absence de progrès dans les efforts entrepris pour résoudre la crise.  Cette résolution, qui reste la meilleure option au stade actuel du conflit, doit nous aider à avancer, a-t-il dit.  La Nouvelle-Zélande est terrifiée par les menaces faites par le Gouvernement syrien de recourir aux armes chimiques.  Le représentant de la Nouvelle-Zélande a affirmé que ceux qui ont commis des massacres répondront de leurs actes et ne feront pas partie de l’avenir de la Syrie. 


M. MASUD HUSAIN (Canada) a déploré la situation actuelle en Syrie et s’est inquiété des risques qui pèsent sur les pays voisins.  Il s’est dit déçu par l’incapacité du Conseil de sécurité d’agir pour mettre fin au bain de sang en Syrie.  Il a appuyé la résolution adoptée et demandé à toute la communauté internationale de faire pression sur le régime de Bashar Al-Assad pour faciliter une transition vers une solution pacifique.  Enfin, il a remercié l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, M. Kofi Annan.  Il a cependant émis la crainte que sa démission n’entraîne la dissolution de son plan en six points.


M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a dénoncé l’intransigeance du Gouvernement syrien qui a conduit à la démission de M. Kofi Annan.  L’adoption de cette résolution envoie un message clair au Gouvernement syrien, a-t-il dit.  Elle indique clairement que la communauté internationale n’accepte pas que le régime d’Al-Assad se lance dans une guerre contre son propre peuple.  L’Allemagne a octroyé 11 millions d’euros d’aide humanitaire pour la population civile syrienne.  La Syrie de demain ne verra pas Al-Assad au pouvoir et il y aura bientôt une Syrie libre et démocratique, a avancé le représentant. 


M. IBRAHIM O. A. DABBASHI (Libye) a estimé que la communauté internationale ne peut pas accepter le flot incessant de milliers de personnes déplacées depuis la Syrie qui cherchent refuge en dehors du territoire syrien, ni les violations flagrantes des droits de l’homme commises dans ce pays.  Il a expliqué que les opposants syriens n’avaient pas d’autre choix que de s’armer face à l’attitude des forces gouvernementales.  « Nous regrettons que certains parlent encore de souveraineté ou invoquent des craintes à propos de l’extrémisme pour justifier leur aide au Gouvernement syrien. »  Si l’Assemblée générale a adopté une résolution qui demande au régime syrien de prendre des mesures précises, il ne faut pas se contenter de l’adoption de ce texte, a estimé le représentant.  Le représentant a souhaité que l’Assemblée insiste davantage sur sa mise en œuvre.  Si, dans deux ou trois semaines, le régime syrien ne s’y conforme pas et si le Conseil de sécurité ne fait rien, il faudra que l’Assemblée générale impose des sanctions précises, a-t-il suggéré, citant notamment la suspension de la Syrie dans les organisations internationales.


M. SHEIKH MESHAL HAMAD AL-THANI (Qatar) a affirmé que le monde entier en avait assez des mensonges à répétition et des « insultes à son intelligence ».  Ceux qui fomentent et répandent des histoires fictionnelles sur les évènements qui se déroulent en Syrie doivent garder à l’esprit le fait qu’ils sont du mauvais côté de l’histoire, a-t-il affirmé.  M. Al-Thani a également dénoncé le fait que le Conseil de sécurité se soit montré incapable d’être à la hauteur de ses responsabilités et que la communauté internationale n’avait fourni au peuple syrien rien d’autre que des déclarations et des condamnations.  Chaque jour que nous consacrons à des débats stériles sur les principes et le format à adopter met en péril la vie de centaines de Syriens innocents.  C’est ainsi que la communauté internationale n’a pas été en mesure de faire face aux massacres du Rwanda.  Nous nous sommes pourtant engagés à ne pas répéter cette erreur du passé, a-t-il rappelé.  M. Al-Thani a estimé que face à cette situation, l’Assemblée générale a la responsabilité morale de réagir.  Le projet de résolution présenté par le Groupe des États arabes est une mesure nécessaire qui ne peut être repoussée plus longtemps, compte tenu de l’intensification de la violence par le régime syrien, a-t-il souligné.


Le représentant du Qatar a par ailleurs qualifié d’ironique le fait que le représentant de la Syrie ait formulé des accusations sans fondements à l’encontre d’autres pays et des justifications peu réalistes au sujet de ce qui se produit actuellement en Syrie.  Cela n’est qu’une tentative désespérée pour détourner l’attention de la réalité qui prévaut sur le terrain, a-t-il estimé.


M. ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite), s’exprimant au nom du Groupe des États arabes et des coauteurs de la résolution, a remercié les pays qui ont voté en faveur de la résolution.  Il a ajouté que la résolution adresse de nombreux messages, tout d’abord un message d’encouragement au peuple syrien.  Elle adresse ensuite un message au Gouvernement syrien qui, a-t-il précisé, doit partir et mettre fin aux attaques militaires contre le peuple syrien.  Elle demande en outre aux membres du conseil de sécurité qui ont bloqué les résolutions sur la Syrie de modifier leur position, en tenant compte du vote de l’Assemblée générale.  Enfin, la résolution assure le nouvel envoyé spécial qu’il dispose maintenant d’un cadre clair pour mener son action.


Droits de réponse


Le représentant de la République islamique d’Iran a estimé que « le représentant du régime criminel sioniste » avait utilisé l’Assemblée générale pour prononcer des accusations à l’encontre de son pays.  Il s’est limité, dans sa réponse, à dire que ce régime était « la seule entité déstabilisatrice au Moyen-Orient » et qu’il commettait des « actes barbares ».  Il a soutenu que ce régime fournit des armes et une aide à des groupes terroristes qui agissent contre des institutions gouvernementales.  Il a aussi dénoncé l’occupation par ce pays de territoires d’autres peuples, ainsi que les meurtres de femmes et d’enfants innocents.  Ce pays n’est donc pas en mesure de juger d’autres pays, a-t-il rappelé.


La représentante de Bahreïn, répondant aux allégations de son homologue syrien sur les forces militaires de Bahreïn déployées dans la mer Rouge, a précisé que ce déploiement résultait d’un accord de 2009 visant à prévenir toute menace extérieure.


Le représentant de la Syrie a regretté que l’Assemblée générale soit devenue une tribune pour écouter des contre-vérités.  À l’adresse de l’Union européenne qui a affirmé apporter son appui au peuple syrien, il a demandé si en imposant une interdiction de voyager à un ministre syrien signifie qu’elle entend aider le peuple syrien.  S’agissant des propos du représentant du Qatar, il a fait remarquer que l’on avait l’impression de suivre un show télévisé.  Peut-on lui demander qui finance les groupes terroristes en Syrie, et pourquoi le Qatar décourage les groupes d’opposition à appliquer le plan en six points et à s’engager au dialogue avec le Gouvernement syrien.  Concernant les allégations sur le recours à des armes chimiques, le représentant a affirmé que la Syrie ne respectera pleinement le Protocole concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques que si Israël adhère à ce Protocole.  Il a aussi rappelé que la Syrie avait toujours demandé la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, en précisant que les pays concernés par cette exclusion avaient menacé de recourir à leur droit de veto, et en même temps continuaient à vendre des sous-marins à Israël.  Enfin, s’adressant à la Ligue des États arabes, il a indiquée que si ses États membres étaient préoccupés par la situation en Syrie et au Moyen-Orient, ils auraient dû aussi se préoccuper des arsenaux chimiques et nucléaires d’Israël.


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