15/9/2011
Secrétaire général
SG/SM/13803

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L’ONU PLUS NÉCESSAIRE QUE JAMAIS FACE AUX DÉFIS SANS PRÉCÉDENT AUXQUELS EST CONFRONTÉ LE MONDE,

ESTIME BAN KI-MOON LORS DE SA CONFÉRENCE DE PRESSE MENSUELLE


« Alors que nous sommes confrontés à une palette extraordinaire de défis géopolitiques et humanitaires, à des turbulences sans précédent et à une grande angoisse liée à la crise économique et financière, l’ONU est plus que jamais nécessaire pour répondre aux besoins des populations. »


C’est ce qu’a déclaré, ce matin, le Secrétaire général des Nations Unies, lors de sa conférence de presse mensuelle, au Siège de l’ONU, à New York.  M. Ban Ki-moon a parlé de ce qu’il attend des dirigeants du monde s’agissant de l’aide aux pays en transition démocratique, de la menace terroriste, des maladies non transmissibles, de la lutte contre le terrorisme, des politiques énergétiques, de la sûreté et de la sécurité nucléaires, de la Lybie et de la corne de l’Afrique. 


Le Secrétaire général n’a pas échappé à des questions sur le processus de paix israélo-palestinien et sur la Syrie.  M. Ban, qui intervenait quelques jours à peine avant l’ouverture, le 21 septembre, du débat général de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a précisé que 121 chefs d’État et de gouvernement, dont 12 femmes, participeront à ce Sommet, qui se déroulera jusqu’au 30 septembre.  Il s’est réjoui que pour la première fois en 66 ans, une femme chef d’État, la Présidente du Brésil, Mme Dilma Rousseff, ouvrira le débat général de l’Assemblée. 


La crise économique, a dit le Secrétaire général, continue de faire trembler les banques, les entreprises, les gouvernements et les familles.  Il s’est inquiété de l’ampleur de la famine qui touche 13 millions de personnes dans la corne de l’Afrique, des conflits en cours et des transitions difficiles, à la lumière du « printemps arabe ».


Devant les transformations politiques, économiques et environnementales profondes qui remodèlent le monde, le Secrétaire général a promis de partager avec les États Membres, la semaine prochaine, sa vision des défis et des moyens d’y répondre « à un moment où l’ONU n’a jamais été aussi nécessaire ». 


En cette ère d’angoisse, les populations attendent de l’ONU des réponses et des mesures pour construire un monde plus sûr et plus juste, a insisté le Secrétaire général.  Nous devons déployer de nouveaux efforts pour assister les pays en transition et les faire passer de la guerre à la paix, de l’autocratie à la démocratie, de la pauvreté à la prospérité. 


Le Secrétaire général a estimé que l’ONU avait su répondre de manière efficace aux événements en Libye et en Côte d’Ivoire, au « printemps arabe », aux catastrophes naturelles et à la crise économique en cours, grâce aux partenariats avec des organisations régionales comme l’Union africaine, la Ligue des États arabes, l’Organisation de la Coopération islamique ou encore l’Union européenne. 


Nous continuerons à mettre de l’ordre dans la « Maison ONU », a-t-il dit, en annonçant des efforts de transparence et de reddition des comptes, avant de souligner que ces temps d’austérité nous imposent d’être plus efficaces dans la limite des ressources disponibles. 


Venant aux réunions thématiques importantes prévues en marge du débat général, le Secrétaire général a parlé du Symposium sur la lutte contre le terrorisme, qui se tiendra lundi 19 septembre.  La menace terroriste est toujours aussi présente alors même que nous venons de commémorer le dixième anniversaire de l’attentat du 11 septembre 2001.


Le Secrétaire général a invoqué les dernières attaques terroristes en Afghanistan, en Iraq, au Pakistan et en Inde.  Il a ajouté que l’attentat au Nigéria montre que l’ONU reste une cible du terrorisme.  M. Ban a espéré que les débats permettront de renforcer la réponse mondiale et s’agissant de l’ONU, il a annoncé un réexamen d’ensemble du dispositif de sécurité, tout en prévenant que l’ONU n’avait pas l’intention de se replier dans une forteresse. 


En nous appuyant sur les réunions consacrées au paludisme, nous prendrons d’autres initiatives dans le domaine de la santé publique dont une Réunion de haut niveau, ce même 19 septembre, sur les maladies non transmissibles, une première pour l’Assemblée générale.  Le Secrétaire général a rappelé que 3 morts sur 5 dans le monde sont dus au cancer, au diabète et aux maladies cardio-vasculaires et pulmonaires.  Précisant que 80% de ces décès interviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, il a jugé que cela n’était pas seulement une question de santé publique mais aussi une menace au développement et à la stabilité. 


Citant le modèle de partenariat international qu’a constitué l’initiative « Chaque femme Chaque enfant » lancée l’année dernière et déjà dotée de 40 milliards de dollars, le Secrétaire général a espéré que le nouveau défi mondial « Énergie durable pour tous » qui sera lancé le 20 septembre aura autant de succès. 


M. Ban a aussi espéré que la Réunion de haut niveau, qui se tiendra mercredi 21 septembre, sur la sûreté et la sécurité nucléaires, sera une occasion d’explorer les moyens de promouvoir le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), élément clef pour parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires, mais aussi de renforcer les niveaux de sûreté et de sécurité des installations nucléaires civiles.

Tout en reconnaissant que l’énergie nucléaire représente l’avenir pour de nombreux pays et que les États ont le droit de choisir le type d’énergie qui leur convient le mieux, le Secrétaire général a exhorté ces derniers à tout mettre en œuvre pour doubler leur production d’énergie renouvelable.  Il a espéré que le Premier Ministre du Japon acceptera de présider la Réunion de haut niveau compte tenu de l’expérience tirée de la catastrophe nucléaire de Fukushima. 

S’agissant du Conseil de sécurité, le Secrétaire général s’est attardé sur la session prévue le 20 septembre sur la Libye, en espérant que le Conseil endossera sa proposition de créer une mission de l’ONU, afin d’aider les autorités de transition et le peuple libyen durant cette période postconflit critique.  Il a précisé que son Conseiller spécial, M. Ian Martin, était actuellement en mission en Libye pour mener des consultations axées sur trois priorités à savoir, les élections, la police et la justice transitionnelle. 

Nous avons également lancé un appel spécial pour la corne de l’Afrique, a déclaré le Secrétaire général, où 13,3 millions de personnes sont dans le besoin.  Il a indiqué que seul deux tiers des 2,4 milliards de dollars demandés ont été reçus. 


Le Secrétaire général a aussi parlé du Moyen-Orient et de sa grave préoccupation face à l’insuffisance de progrès.  Après avoir souligné la nécessité pour les parties de reprendre les négociations, il a indiqué que la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien dépend d’un processus intergouvernemental et d’une décision qui doit être prise par deux tiers au moins des 193 Membres de l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité.  Mon rôle, a-t-il répété, n’est que purement technique et consiste à transmettre à l’Assemblée et au Conseil une telle demande, si elle me parvient. 


Quant à la reconnaissance par l’Autorité palestinienne de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), il a indiqué que la CPI est un organe judiciaire indépendant et qu’il appartenait aux États parties au Statut de Rome de se prononcer sur la question.  


Pour ce qui est de la Syrie, qui connait une escalade de violences depuis six mois, le Secrétaire général a confié qu’il s’est entretenu à de nombreuses reprises avec le Président Bashar Al-Assad, qui n’a jamais respecté ses engagements de cesser la violence contre la population.  Il a exhorté le Président syrien à tenir les promesses qu’il a faites aux Ministres des affaires étrangères de la Ligue des États arabes et de mener des réformes conformes aux aspirations de son peuple. 


Sur un autre continent, le Secrétaire général s’est dit très préoccupé par la décision du Kosovo de mettre en place à partir de demain des postes de contrôle douaniers.  Il a exhorté à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales de nature à menacer la paix et la stabilité de la région et à exacerber les tensions. 


Pour ce qui est des problèmes entre le Liban et Israël, liés au projet d’extraction de gaz, M. Ban a exhorté les parties à régler ce différend par des réunions bilatérales qui permettront de définir la zone économique exclusive.


Le Secrétaire général s’est dit très préoccupé par la détérioration des relations entre la Turquie et Israël à cause des avis contradictoires sur l’incident de la flottille turque qui avait été arraisonnée, le 31 mai 2010, par les Forces israéliennes.  


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