03/02/2011
Conseil économique et social
ECOSOC/6459
ONG/713

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité chargé des ONG                                     

Session ordinaire de 2011

7e et 8e séances – matin et après-midi                      


MALGRÉ UNE SÉANCE INTERROMPUE PAR DE NOMBREUX PROBLÈMES TECHNIQUES, LE COMITÉ DES ONG

ACCORDE LE STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL ET GÉNÉRAL À SEPT ORGANISATIONS


Le Comité des ONG a recommandé aujourd’hui au Conseil économique et social (ECOSOC) d’octroyer le statut consultatif général à Hope International (Suisse) et le statut consultatif spécial à six organisations dont l’examen de la demande avait été repoussé.  Dix autres ONG ont de nouveau vu l’examen de leur demande reportée dans l’attente de précisions aux questions soulevées par les délégations qui ont par ailleurs regretté les nombreux problèmes techniques qui n’ont cessé d’entraver leurs travaux aujourd’hui.


Les représentants du Pakistan et de Cuba ont vivement interpelé le Secrétariat pour les problèmes qui n’ont cessé de geler le système informatique « paperless » sur lequel dépend le Comité, contraint aujourd’hui de suspendre sa séance pendant plus d’une heure et demie. 


Le représentant du Pakistan s’est étonné qu’aucun représentant du Bureau des technologies de l’information et des communications ne se soit déplacé pour expliquer les problèmes techniques.  La Cinquième Commission –administrative et budgétaire- ayant voté un nouveau budget, le personnel des technologies d’information est très bien payé, a persiflé le représentant de Cuba.  « Sa seigneurie devrait être moins arrogante et daigner nous adresser la parole », a-t-il ironisé.


En début d’après-midi, répondant à l’appel du Comité, un représentant du Bureau des technologies a assuré que ses collègues faisaient tout leur possible pour identifier les causes du problème.


En début de séance, le représentant de Cuba s’est indigné de la distribution, « avant l’heure », d’un projet de décision présenté par les États-Unis sur le rapport quadriennal d’Amnesty International.  Les rapports quadriennaux ne seront pas examinés avant demain et ce texte illustre une position de force, a-t-il accusé.  Les représentants du Soudan et du Venezuela se sont également dits surpris par cette initiative, avant que le Secrétariat n’explique qu’il est tenu de distribuer tout nouveau document le jour-même de sa publication.


Le Comité a terminé sa séance en dialoguant avec Hope International (Suisse) et Iran Human Rights Documentation Center (États-Unis).   Il poursuivra ses travaux demain, vendredi 4 février, à partir de 10 heures.



EXAMEN DES DEMANDES D’ADMISSION AU STATUT CONSULTATIF QUI AVAIENT ÉTÉ PRÉCÉDEMMENT REPORTÉES


Les six ONG suivantes se sont vues octroyer aujourd’hui le statut consultatif spécial:


-  Association de la jeunesse congolaise pour le développement (République du Congo)

-  Aube Nouvelle pour la Femme et le Développement (République démocratique du Congo)

-  Behnam Daheshpour Charity Organization (Iran)

-  Compassion Africa Aged Foundation (Ghana)

Federacion International Fe y Alegria (République dominicaine)

Foundation for the development of knowledge Suma Veritas (Argentine)


Outre le statut consultatif spécial, le Comité inscrit sur la Liste des ONG qui peuvent contribuer de temps à autres aux travaux de l’ECOSOC, en ne pouvant soumettre à ce dernier que des communications écrites.


Le statut consultatif général est octroyé, quant à lui, aux ONG qui poursuivent des activités couvrant la plupart des domaines d’action du Conseil économique et social.  Ces dernières sont autorisées à proposer l’inscription de points à l’ordre du jour de l’ECOSOC et de ses organes subsidiaires.


DEMANDES D’ADMISSION AU STATUT CONSULTATIF DONT L’EXAMEN A ÉTÉ DE NOUVEAU REPOUSSÉ


Eu égard aux questions soulevées par ses membres, le Comité a décidé de reporter de nouveau l’examen des demandes d’accréditation de 10 organisations dont il avait déjà étudié le dossier lors de ses séances précédentes.


Le représentant du Pakistan a réclamé des précisions sur les critères de sélection des enfants issus des groupes marginalisés ciblés par Anandilal Ganesh Podar Society (Inde).  Il a également demandé aux organisations Asian-Eurasian Human Rights Forum (Inde) et Foundation for Human Horizon (Inde) de préciser la teneur de leurs activités à l’étranger, et à Católicas por el Derecho a Decidir Córdoba (Argentine) d’expliquer la nature de son travail avec des organisations intergouvernementales.


Le représentant pakistanais s’est également attardé sur le processus de nomination des ambassadeurs de la Chamber of Computer Logistics People Worldwide (Inde).  Quelle est cette « ambassade des enfants de la Macédoine en Suisse » dont l’organisation aurait l’un des membres comme conseiller honoraire? a-t-il notamment voulu savoir.


Il s’est aussi interrogé sur le terme « communautés les plus rejetées » employé par Corrections India (Inde) ainsi que sur la nature de l’enseignement donné par celle-ci aux prisonniers.  Enfin, le chef de la délégation pakistanaise a relevé que le complément d’informations apporté par GGS Institute of Information Communication Technology India (Inde) n’avait pas été affiché sur le site Internet du Comité et que la version papier semblait incomplète.


Le représentant du Maroc a pour sa part relevé que le dossier de l’ONG Environmental Management for Livelihood Improvement Bwaise Facility (Ouganda) faisait référence à deux certificats d’enregistrement, établis chacun à une date différente.  Il a également réclamé plus de précisions sur le concept de « résistance culturelle » évoqué par le Centre des Droits des Gens-Maroc (Maroc).


Après avoir entendu le secrétariat expliquer que l’organisation China Youth Development Foundation (Chine) avait elle-même demandé le report de l’examen de sa demande lors d’une séance précédente et qu’elle ne s’était pas manifestée depuis, la représentante de Cuba a estimé qu’il convenait de demander à l’ONG si elle souhaite toujours obtenir une accréditation auprès de l’ONU.


ÉCHANGE AVEC LES ONG


Aujourd’hui le Comité a dialogué avec le représentant de l’ONG Hope International (Suisse), présente à New York.  Celui-ci a expliqué au représentant du Maroc que la date d’établissement et d’enregistrement de l’ONG auprès de la Confédération suisse remontait à 2005.  L’organisation, a-t-il dit, n’a pas pu assister à l’Examen ministériel annuel (EMA) de l’ECOSOC en 2009 parce qu’elle n’a pas de statut consultatif.  En revanche, il lui a été possible de prendre part à d’autres conférences des Nations Unies, a précisé le représentant. 


La délégation de la Bulgarie a estimé qu’au vu de ses activités dans 13 pays, cette ONG mérite le statut consultatif général.  « L’ONG ne fournit pas seulement des services, mais dispense des formations aux destinataires de son aide », a-t-elle souligné, assurant que l’organisation serait en mesure d’apporter une contribution significative aux travaux de l’ECOSOC.  Ces propos ont été repris par les représentants du Pérou, du Maroc, des États-Unis et du Kirghizstan.  Le statut consultatif général a été accordé par le Comité à l’issue de cet échange.


Le Comité a ensuite dialogué avec la représentante de Iran Human Rights Documentation Center (États-Unis), à qui il a été demandé par la Chine en quoi le champ d’activités de l’ONG, qui se limite à la défense des droits de l’homme dans un seul pays, pouvait contribuer aux travaux de l’ECOSOC.  La délégation de Cuba s’est interrogée sur l’indépendance revendiquée par l’organisation, qui reçoit un financement « important » de la part du Gouvernement américain, tandis que celle du Venezuela a demandé des éclaircissements sur le rapport que prépare actuellement l’ONG sur les « supposées » violations des droits de l’homme en Iran. 


L’ONG a assuré qu’un peu moins de 40% de ses fonds provenaient des Gouvernements américain et canadien, qui n’ont aucune part dans la mise en œuvre de ses projets.  Nous pratiquons une analyse rigoureuse des témoignages que nous recueillons, de manière à éliminer les sources non crédibles qui pourraient fausser les conclusions du rapport, a ajouté la représentante. 


Le représentant de Cuba a trouvé curieux que l’ONG dise recevoir 40% des fonds de deux États Membres, une réponse en contradiction avec celle fournie dans la demande d’accréditation où il est spécifié que l’organisation reçoit 85% de ses fonds d’un seul État Membre.  Une disparité également soulevée par la délégation du Venezuela.


« Pour quelle raison avez-vous créé cette ONG?  Pourquoi l’Iran? » se sont demandés les représentants de l’Inde et du Pakistan.  L’ONG, a expliqué sa représentante, a été fondée pour traiter de la question des violations de droits de l’homme dans ce pays en se fondant sur l’idée, défendue par les Nations Unies, que les abus doivent être rendus publics. 


Il est évident que cette ONG est financée à dessein par certains Gouvernements, a commenté la délégation de la République islamique d’Iran, qui n’est pas membre du Comité.  « Pourquoi avoir attendu 26 ou 27 ans pour créer cette ONG? » s’est-elle interrogée.  Dans la logique défendue par votre organisation, n’y avait-il pas urgence à dénoncer les supposées violations des droits de l’homme commises auparavant en Iran? a ironisé le représentant iranien.  La vérité est que la création de l’ONG coïncide avec le début du second mandat de l’Administration Bush, a-t-il tranché.


Pour des informations complémentaires, prière de consulter le site Internet suivant: http://www.un.org/esa/coordination/ngo/.


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