26/08/2011
Vice-Secrétaire générale
DSG/SM/568
AFR/2231

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LA VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRALE ÉNONCE LES PRINCIPES RÉGISSANT L’AIDE QUI SERA APPORTÉE À LA LIBYE APRÈS LE CONFLIT

DEVANT LE COMITÉ AD HOC DE HAUT NIVEAU DE L’UNION AFRICAINE SUR LA LIBYE


On trouvera ci-après la déclaration que la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Asha-Rose Migiro, a prononcée devant le Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, le 25 août, à Addis-Abeba:


Je tiens à féliciter le Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye d’avoir montré la voie depuis le début de la crise en Libye.  Votre intention a toujours été claire: trouver une solution pacifique qui permettrait de mettre fin aux souffrances du peuple libyen et rapprocherait toutes les parties.  Je suis ici ce soir pour vous dire en personne combien le Secrétaire général apprécie que nous coopérions pour aider nos frères et nos sœurs libyens à mettre fin au conflit qui traumatise tant d’innocents.


Depuis le début de la crise en Libye, l’ONU a été à l’avant-garde des efforts de médiation déployés pour aider le peuple libyen à trouver une solution pacifique et concertée au conflit.  C’est dans ce contexte que l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Libye, Abdel-Elah al-Khatib, est allé en Libye au moins 12 fois en six mois.  Il s’est notamment rendu à Tripoli, Benghazi et Tobruk, où il s’est entretenu avec les responsables du régime et les représentants du Conseil national de transition.  Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour rencontrer également les membres des deux parties dans d’autres pays.


M. al-Khatib regrette de ne pas être présent aujourd’hui mais il continue de dialoguer avec l’Union africaine et ses membres, et avec le Comité ad hoc de haut niveau sur la Libye.  Lors de sa dernière visite en Libye, le 25 juillet, il est très clairement apparu qu’aucune partie sur le terrain n’inscrivait son action dans une logique de paix, et ce, malgré tous nos efforts.  Comme l’ont prouvé les faits survenus en Libye la semaine dernière, les parties ont fait le choix des armes.  Depuis le début des discussions, leur position n’a guère changé.  Chacune se disait prête à discuter, mais continuait d’imposer ses propres conditions à la tenue de pourparlers.  Il fallait à l’évidence se montrer patient avant que des discussions détaillées puissent commencer.


Le Secrétaire général, pour sa part, continue de chercher une solution à la crise libyenne.  À la suite des récents événements survenus sur le terrain, il a redoublé d’efforts en engageant le dialogue avec des dirigeants du monde entier, et notamment les autorités libyennes.  Il s’est récemment entretenu par téléphone avec le Président du Conseil national de transition, Mustafa Abdel Jalil, et lui a demandé que l’accent soit mis sur la tolérance, la participation de tous, l’unité nationale et la réconciliation.  Il a également prié le Conseil national de protéger tous ceux qui sont en Libye et il a insisté, en particulier, sur la responsabilité qui lui incombe de protéger les locaux diplomatiques et d’éviter d’autres pertes en vies humaines.  M. Jalil a souligné qu’après le conflit, l’ONU devrait jouer un rôle essentiel et qu’il fallait en particulier procéder au dégel des avoirs libyens dès la mise en place d’un nouveau gouvernement, afin que ce dernier puisse diriger et subvenir aux besoins de la population.


À la lumière des récents événements survenus en Libye, et compte tenu du fait qu’il est indispensable que la communauté internationale continue d’améliorer la coordination et d’assurer la coopération afin de répondre aux besoins et aux priorités des Libyens, le Secrétaire général tiendra demain, à New York, une réunion des dirigeants des organisations régionales.  Les hauts représentants de l’Union africaine, de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la coopération islamique et de l’Union européenne y participeront et chercheront des moyens de collaborer lors de la phase qui suivra le conflit en Libye.  Le Secrétaire général a souligné qu’il était de la plus haute importance que l’Union africaine participe à cette réunion, compte tenu de son importante contribution aux efforts que mène actuellement la communauté internationale pour régler durablement la situation en Libye.


On s’accorde de plus en plus à penser que la crise libyenne est entrée dans une phase critique, ce qui annonce le début d’un nouveau chapitre.  Il appartient au peuple libyen de prendre en main l’avenir de son pays.  Ses besoins et priorités en matière d’unité nationale, de réconciliation et de participation sans exclusive doivent continuer de dicter notre action pendant la période de transition.  C’est pourquoi, tous ensemble, nous devons continuer d’encourager les Libyens à faire place à une transition sans heurts et à une paix durable dans tout le pays.


Dans cet esprit, la contribution de la communauté internationale et des organisations régionales, en particulier l’Union africaine, aux efforts internationaux visant à trouver une solution durable au conflit en Libye est de la plus haute importance.  Cela étant, le Secrétaire général s’est également entretenu avec de nombreux dirigeants du monde entier des démarches à entreprendre pour aider les Libyens à bâtir un nouvel État démocratique.  Si le peuple libyen le lui demande, l’ONU se tient prête à lui apporter son aide après le conflit, dès que le Conseil de sécurité l’y aura autorisée.


Aujourd’hui, à Istanbul, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la planification du relèvement en Libye, Ian Martin, a énoncé les trois principes qui régiront l’assistance de l’ONU à la Libye après le conflit.  Le premier est la maîtrise des programmes par les Libyens.  Le 23 août, à Doha, MM. Khatib et Martin se sont entretenus avec les représentants du Conseil national de transition des domaines dans lesquels le peuple libyen pourrait avoir besoin d’aide à l’avenir.  Au cours des discussions, et dans leurs déclarations publiques, les membres du Conseil national se sont engagés à asseoir rapidement la légitimité démocratique, et ce, en organisant rapidement des élections et en établissant une nouvelle constitution, et ont également évoqué les domaines clefs dans lesquels une aide sera nécessaire.


Le deuxième principe est la rapidité des réponses et des interventions.  M. Martin et son équipe procèdent actuellement à des préparatifs qui permettront à l’ONU de répondre rapidement aux demandes d’assistance des autorités libyennes.  Au vu des consultations que nous avons menées jusqu’à présent, l’action de l’Organisation consistera essentiellement à aider la Libye à rétablir la sécurité et l’ordre publics, et à promouvoir l’état de droit; à mener une concertation politique sans exclusive, à encourager la réconciliation nationale, et à définir le processus électoral et les travaux d’élaboration de la constitution; à asseoir l’autorité de l’État, notamment en renforçant les nouvelles institutions qui seront tenues de rendre des comptes et en rétablissant les services publics; à protéger les droits de l’homme, en particulier ceux des personnes appartenant à des groupes vulnérables, et à soutenir la justice transitionnelle; à prendre les mesures immédiates nécessaires pour relancer l’économie; et à coordonner l’appui qui pourrait être demandé à d’autres intervenants multilatéraux et bilatéraux.


Le troisième principe évoqué concerne l’importance d’une coordination efficace de l’aide internationale apportée aux Libyens.  L’ONU y contribuera de manière essentielle, en soutenant les efforts bilatéraux et régionaux.  En tant que partenaire stratégique principal, l’Union africaine y jouera aussi un rôle crucial.


Compte tenu de ces trois principes, le premier domaine dans lequel nous pourrions collaborer est celui de l’acheminement de l’aide humanitaire, la priorité étant de prodiguer des soins médicaux aux blessés et aux personnes vulnérables et d’assurer les services essentiels de santé et d’approvisionnement en eau et en nourriture.  Il faudra également prendre des mesures en faveur des réfugiés, des nationaux de pays tiers, des personnes déplacées et des migrants, qui sont bloqués en Libye et souhaitent quitter le pays.


Au moment où la Libye sortira du conflit, un travail colossal sera nécessaire dans le cadre de la reconstruction économique du pays, ce qui pourrait être le deuxième domaine de coopération.  En outre, les pays voisins font face à un double fardeau: une diminution des envois d’argent et la nécessité de réintégrer des milliers d’anciens expatriés.  C’est pourquoi nous devons nous tourner vers l’avenir afin de faciliter le retour des travailleurs, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne, qui ont quitté la Libye et aimeraient y retourner.


Le troisième domaine dans lequel nous pourrions coopérer est celui de la sécurité.  Bien que la responsabilité d’assurer la sécurité en Libye incombe avant tout aux autorités libyennes, la communauté internationale doit aider à atténuer les effets du conflit dans la région, en tenant compte des risques que pourraient constituer la prolifération d’armes et les activités des groupes terroristes qui se poursuivent dans le Sahel.


À maintes reprises par le passé, l’Union africaine et l’ONU ont collaboré afin de garantir la tenue d’élections transparentes et sans exclusive.  Il s’agit là sans conteste d’une question capitale pendant la période de transition, qui pourrait également être un domaine de collaboration.


Ensemble, nous devons encourager le peuple libyen à faire place à une transition sans heurts et à une paix durable dans tout le pays.  Nous devrions également chercher à obtenir des nouvelles autorités du pays la garantie qu’elles assureront avec le plus grand soin la protection des civils et des institutions publiques, feront respecter la loi et maintiendront l’ordre public après le conflit.  Il ne fait aucun doute que les conclusions que vous tirerez au terme de vos discussions ce soir à Addis-Abeba viendront renforcer encore notre approche et notre action collectives et coordonnées.


Nous devons continuer à améliorer la coordination, par l’intermédiaire de l’ONU, afin de bien répondre aux besoins et aux priorités du peuple libyen, en proie à une période de transition difficile.  Nous devons nous concerter pour trouver une solution durable à la crise en Libye et aider ensemble les Libyens à réaliser leurs aspirations.


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