2/11/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE M. LUIS MORENO-OCAMPO, PROCUREUR DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE (CPI), SUR LA LIBYE


Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), M. Luis Moreno-Ocampo, a indiqué cet après-midi être en contact avec des intermédiaires pour négocier la reddition de Saif Al-Islam Qadhafi, fils du dirigeant libyen décédé Mouammar Al-Qadhafi ainsi que celle d’Abdullah Al-Senussi, l’ancien chef des services de renseignements.


Ces intermédiaires ont contacté la CPI « la semaine dernière pour demander des informations sur le sort qui leur serait réservé » s’ils se rendaient, a expliqué le Procureur lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York, après avoir présenté plus tôt devant le Conseil de sécurité l’état des travaux de la Cour sur les allégations de crimes commis par les forces de sécurité du régime libyen déchu lors de la répression des manifestations cette année.


M. Moreno-Ocampo a précisé que la Cour appliquera son mandat, c’est-à-dire « un transfert en sécurité des accusés, leur mise en détention et leur présentation devant un juge », mais qu’il n’y avait aucun autre type de négociation possible.  « Nous faisons tout notre possible pour que Saif Al-Islam Qadhafi et Abdullah Al-Senussi répondent de leurs actes devant des juges », a-t-il insisté.


Les deux hommes sont sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité depuis le 27 juin dernier.  M. Moreno-Ocampo a précisé qu’ils sont accusés d’avoir orchestré, avec l’ancien dirigeant libyen décédé, « une campagne large et planifiée de meurtres et de persécutions », et probablement de viols en série.


Il a indiqué que la CPI et le nouveau régime libyen du Conseil national de transition (CNT) coopéraient pleinement, et qu’une éventuelle comparution des deux accusés devant la Cour ne se ferait pas sans une autorisation du CNT.  Des enquêteurs du Bureau du Procureur se sont rendus en Jamahiriya arabe libyenne récemment, où ils ont pu recueillir beaucoup de preuves, a affirmé le Procureur, qui a ajouté que son bureau présenterait en mai 2012 un rapport sur les crimes commis en Libye depuis le 15 février 2011.


Interrogé sur les possibilités de fuite de Saif Al-Islam Qadhafi et Abdullah Al-Senussi, M. Moreno-Ocampo a reconnu qu’il y avait des risques, expliquant qu’ils disposaient vraisemblablement de réserves d’argent en liquide et d’or et qu’ils avaient pu engager des mercenaires pour les aider.  Il s’est dit sceptique sur une possibilité de fuite au Soudan, en raison des antagonismes entre le régime libyen déchu et le gouvernement soudanais, qui soutient le CNT.


M. Moreno-Ocampo s’est félicité que le cas libyen ait permis de faire progresser la justice internationale et même « d’établir de nouveaux standards », évoquant la rapidité avec laquelle la communauté internationale était intervenue et avait permis l’action de la CPI.  Selon le Procureur, cette « nouvelle étape » sera utile pour l’avenir.


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