27/10/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DES CHEFS D’ONU-FEMMES ET DE L’OIT SUR LE RAPPORT RELATIF

AU SOCLE DE PROTECTION SOCIALE


Présidente du Groupe consultatif mondial sur le socle de protection sociale, Mme Michelle Bachelet a profité de la présentation du rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour appeler le G-20 à faire figurer la question de la protection sociale au cœur des discussions de son prochain Sommet.  Mme Bachelet a vu là une « stratégie réaliste » capable d’offrir une « sortie permanente » à de nombreuses crises économiques et sociales.


En 2010, après six décennies d’une forte croissance économique, l’accès à une protection sociale adéquate n’est accessible qu’à un petit groupe de privilégiés, a dénoncé Michelle Bachelet, qui est également Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes).  À ce jour, 75% de la population mondiale, soit 5,1 milliards de personnes, n’a pas une couverture sociale fiable.


Accompagnée de M. Juan Somavía, Directeur général de l’OIT, Mme Bachelet a estimé qu’instaurer un socle de sécurité sociale n’est ni de la charité ni un filet de sécurité temporaire, mais bien un instrument capable de déverrouiller les capacités des hommes et des femmes et leur permettre de participer à la vie économique et sociale. 


« C’est un investissement, pas une dépense », a-t-elle souligné.  Même d’un point de vue strictement fiscal, les dépenses en protection sociale ont un impact positif sur la demande agrégée* et la croissance. 


La protection sociale peut améliorer la participation au marché du travail et promouvoir dans l’entreprise une plus grande prise de risque, ce qui débouche sur de meilleures performance et productivité économiques.


Le Directeur général de l’OIT, M. Juan Somavía, a fait remarquer que la crise économique et financière avait démontré que les pays qui avaient un système de protection sociale de qualité avaient connu une augmentation de la demande agrégée, ce qui avait contribué à la croissance économique.


« Comment se fait-il que le monde développé est toujours en crise alors que les économies émergentes qui ont axé leurs politiques sur la création d’emplois et la protection sociale ont réussi à s’en extirper?  Une politique de baisse des impôts représente une économie et non un investissement, tandis que la protection sociale a un impact direct sur la croissance des marchés », a affirmé le Directeur général de l’OIT.


Sa collègue d’ONU-Femmes a rappelé que le socle de sécurité sociale assure l’accès à la santé, au logement, à l’eau potable et à l’assainissement.  Il assure une sécurité des revenus sous la forme, par exemple, de pensions de retraite ou d’allocations aux personnes handicapées.


« Il est impossible d’instaurer un véritable équilibre économique sans une distribution adéquate des revenus », a-t-elle souligné.


S’agissant des pays en développement, elle a reconnu que, dans un premier temps, certains États auront besoin d’un appui financier supplémentaire pour mettre en place une politique de protection sociale, mais que pour d’autres, il suffira de procéder à une réaffectation des ressources existantes. 


La Présidente du Groupe consultatif mondial sur le socle de protection sociale a attiré l’attention sur des études menées par l’OIT et le Fonds monétaire international (FMI) qui montrent qu’il est tout à fait possible de mettre en place un système de protection sociale en y allouant moins de 0,5% du PIB.  Il faudrait toutefois y consacrer entre 2 et 4% du PIB pour faire la différence.


À ce jour, a-t-elle rappelé, 1,4 milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour et 38% de la population mondiale, à savoir 2,6 milliards de personnes, n’ont pas accès à l’assainissement.  « Cette situation constitue un handicap social qui menace la stabilité politique et sape la prospérité économique », a-t-elle averti.


* La demande agrégée représente la demande totale dans une économie.  Elle comprend quatre éléments à savoir la consommation des ménages, l’investissement, les dépenses du gouvernement et de l’administration et le solde commercial.  


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