25/07/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE À L’OCCASION DE LA RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA JEUNESSE


« La tragédie qui a eu lieu en Norvège s’oppose en tout point à ce que la Réunion de haut niveau sur la jeunesse vise à promouvoir », a déclaré, ce matin, le Représentant permanent du Bénin auprès des Nations Unies et cofacilitateur de cet événement organisé par l’Assemblée générale.  « À cette tragédie, nous devons répondre par plus de démocratie et de dialogue », a exhorté M. Jean-Francis Zinsou.


Lors de la conférence de presse qu’il a donnée aujourd’hui au Siège de l’ONU, à New York, M. Zinsou évoquait ainsi, à l’instar des autres intervenants, dont le Président de la soixante cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, le massacre perpétré, vendredi dernier, de près de 70 jeunes militants sociodémocrates réunis en université d’été sur l’île norvégienne d’Utøya.


Le Président de l’Assemblée générale a répété devant les journalistes ce qu’il avait déclaré dans son discours d’ouverture de la Réunion de haut niveau, quelques minutes plus tôt: « Je condamne solennellement les attaques qui ont frappé la Norvège vendredi dernier et je renouvelle mes condoléances au peuple norvégien ».  Il a ajouté que, « trop souvent », les jeunes sont victimes du terrorisme mais aussi, « comme c’est le cas actuellement en Somalie avec les enfants, premières victimes des conflits et de la faim ».


Ces propos ont été appuyés par le Représentant permanent de l’Autriche auprès des Nations Unies et deuxième cofacilitateur de la Réunion de haut niveau sur la jeunesse.  M. Thomas Mayr-Harting a annoncé que le document final, qui devrait être adopté demain matin, « comporte justement un paragraphe sur les jeunes victimes du terrorisme; une mention qui prend aujourd’hui une importance particulière ».


Il a également signalé que ce document demandait au Secrétaire général d’évaluer les progrès réalisés dans les efforts en faveur des jeunes que mène l’ONU depuis le lancement, en 1995, par l’Assemblée générale, du Programme d’action mondial de la jeunesse.  « Comme pour la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité, nous aurons besoin d’indicateurs pour mesurer les progrès », a-t-il souligné.


Toujours à propos du document final, les deux cofacilitateurs ont salué le fait que les négociations des États Membres aient été enrichies par les vues de 89 organisations de jeunes.  M. Mayr-Harting a précisé que ces organisations implantées dans le monde entier avaient répondu massivement, via les réseaux sociaux, aux sollicitations de l’Assemblée générale et de son Programme d’action. 


Pour l’autre cofacilitateur et Représentant permanent du Bénin auprès des Nations Unies, la participation et la prise en compte de l’avis des jeunes « donnent une valeur ajoutée et font du document final un point de départ ».  Il a estimé que c’était en grande partie sur la base de ce que les jeunes ont dit que des solutions nouvelles devront être définies en matière de lutte contre le chômage, dont celui en forte augmentation des jeunes diplômés, ou pour améliorer l’appui des États Membres de l’ONU aux initiatives en faveur de l’émancipation de la jeunesse.


« La jeunesse fait partie du présent, on ne doit pas uniquement en parler au futur », a renchéri le Président de l’Assemblée générale qui s’est attardé sur le « pouvoir dont disposent les jeunes pour façonner les sociétés dans lesquelles ils vivent ».  M. Deiss a expliqué que le document final avait aussi pour objectif de renforcer la protection des jeunes vivant sous occupation étrangère et contre diverses formes de trafic.


L’actualité s’est de nouveau invitée à la conférence de presse lorsque la top modèle, Alek Wek, invitée d’honneur de la Réunion de haut niveau, a pris la parole.  Originaire du Soudan du Sud, nouvellement indépendant, elle s’est dite bouleversée par les attentats d’Oslo et d’Utøya.


« J’ai grandi en étant le témoin de bains de sang, et, comme en Norvège, ce sont des jeunes gens comme moi qui mourraient », a-t-elle confié, espérant que la Réunion de haut niveau contribuera à donner plus de chances aux jeunes du monde entier de se réaliser « socialement et humainement ».


Deux représentants d’organisations de jeunes ont appelé les politiques « à moins parler des jeunes et à parler plus directement avec eux ». 


Ahmed Alhindawi, de l’association jordanienne « Leaders of Tomorrow », a par exemple, souligné combien l’accès à un emploi décent dans les pays arabes, « où le taux de chômage dépasse partout les 20% », était indispensable pour éviter que les jeunes chômeurs ne se radicalisent et rejoignent les rangs des terroristes.  « Notre message à l’ONU est que les États doivent lutter contre la marginalisation des jeunes », a-t-il clamé. 


L’élargissement de l’accès à l’information a été défendu par Monique Coleman, de l’association américaine « UN Youth Champion ».  « Nombreux sont ceux qui ont le sentiment d’être coupés du monde et de vivre dans l’ombre », a-t-elle prévenu. 


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