14/07/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE MEMBRES DU GROUPE DE CONTACT SUR LA LUTTE

CONTRE LA PIRATERIE AU LARGE DES CÔTES SOMALIENNES


Les Présidents des quatre groupes de travail du Groupe de contact sur la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes ont fait le point, aujourd’hui, sur leurs activités.  Lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU, à New York, ils ont reconnu la difficulté de mettre en échec des pirates de mieux en mieux organisés, qui agissent désormais au-delà des côtes somaliennes et de manière de plus en plus violente.


Mme Mary Seet-Cheng, Conseillère spécialisée principale auprès du Ministère des affaires étrangères de Singapour et Présidente du Groupe de contact, a reconnu que si depuis la dernière réunion plénière du Groupe, tenue en mars dernier, le nombre de bateaux attaqués avait baissé, « le problème persiste et nécessite plus que jamais des réponses politiques ».  Elle a ajouté que les discussions en cours au sein du Groupe de contact portaient en particulier sur les aspects financiers de la piraterie: « Nous réfléchissons à la création d’un nouveau groupe qui serait chargé de réfléchir aux moyens juridiques de mettre un frein au financement des activités de piraterie », a-t-elle ainsi confié. 


Concernant la dimension juridique de la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, le Président du Groupe II et Conseiller juridique au Ministère danois des affaires étrangères, M. Thomas Winkler, a expliqué que ce groupe fournissait des lignes directrices et des conseils juridiques à toutes les parties impliquées.  Il a évoqué le débat du Conseil de sécurité du 21 juin dernier sur la création de juridictions spécialisées pour juger les personnes soupçonnées de piraterie, et reconnu que la réflexion se poursuivait quant aux conditions à réunir pour garantir un procès crédible aux 1 445 pirates présumés actuellement incarcérés en Somalie mais aussi aux Seychelles et au Kenya.


M. Winkler a assuré que le Groupe de contact avait suivi avec attention le débat du Conseil et entendu les remarques du Secrétaire général, notamment celles relatives à l’établissement d’une cour spécialisée somalienne extraterritoriale.  « Pour l’heure, ce que nous constatons du point de vue juridique, c’est que le Gouvernement de transition fournit depuis deux ans de réels efforts pour rénover ses établissements pénitentiaires, à l’instar d’autres pays où sont détenus des pirates », a-t-il dit. 


M. Winkler a ensuite répondu aux correspondants de presse sur la légalité des sociétés de sécurité employées par les navires croisant dans le golfe d’Aden pour protéger leur cargaison et équipage.  Notant que le Groupe de contact discute avec les pays, l’industrie maritime et l’Organisation maritime internationale des moyens à mettre en place pour réglementer cette présence accrue à bord des bateaux, il a constaté « qu’aucun des navires qui bénéficient d’une protection privée n’a été attaqué à ce jour ». 


« Il s’agit là d’un fait, et nous ne cautionnons pas nécessairement le recours à ces sociétés.  Ce que nous sommes chargés de faire, c’est de surveiller et de clarifier une pratique efficace mais dont la légalité n’est pas complètement définie », a précisé M. Winkler


Les autres intervenants ont exposé brièvement leurs activités.  Mme Donna Hopkins, Présidente du Groupe III et Coordonnatrice de « Lutte contre la piraterie et sécurité maritime » au Bureau des affaires politiques et militaires du Département d’État américain, a indiqué qu’elle avait pour rôle d’examiner les moyens des navires d’assurer leur propre protection. 


De son côté, M. Chris Holtby, Président du Groupe I et Chef adjoint du Département de la politique de sécurité du Ministère des affaires étrangères du Royaume-Uni, a fait savoir que son groupe s’efforçait, par le biais de la mobilisation politique, à élargir la coalition internationale engagée dans la lutte contre la piraterie, sachant que « de près ou de loin, tous les pays sont touchés par la persistance de ce fléau ». 


M. Ashraf Mohsen, Président du Groupe IV et Sous-Secrétaire d’État aux affaires étrangères et Coordonnateur de la lutte antiterroriste du Ministère des affaires étrangères de l’Égypte, a, quant à lui, indiqué que son groupe cherchait à identifier les causes sous-jacentes à l’émergence de la piraterie en Somalie.  « Les réponses doivent être trouvées non seulement par des moyens logistiques et militaires en mer mais également au sol, en aidant le Gouvernement fédéral de transition de la Somalie à stabiliser le pays et à s’engager sur la voie du développement.  Cela étant dit, un crime reste un crime, qui ne peut rester impuni.  La pauvreté ne saurait être un argument pour justifier une carrière de pirate », a-t-il estimé.


Le capitaine Keith Blount, Coprésident de « Shared Awareness and Deconfliction », s’est pour sa part contenté d’indiquer à l’assistance qu’un DVD était disponible dans la salle, montrant les activités de ce groupe de réflexion qui se réunit tous les trois mois au Bahreïn pour discuter des stratégies militaires de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.


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