17/02/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU MINISTRE FRANÇAIS DE L’AGRICULTURE, M. BRUNO LE MAIRE,

SUR LES PRIORITÉS DE LA PRÉSIDENCE FRANÇAISE DU G-20 EN MATIÈRE AGRICOLE


M. Bruno Le Maire, Ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire de la France, a présenté, cet après-midi, les priorités de la présidence française du G-20 concernant les questions d’ordre agricole.


M. Le Maire a indiqué qu’après avoir entendu les États Membres lors d’un échange à l’Assemblée générale, et qu’après s’être entretenu avec le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, il était convaincu « qu’il existe un consensus sur la nécessité d’agir vite pour empêcher de nouvelles émeutes de la faim ». 


Au cours d’une conférence de presse donnée au Siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York, M. Le Maire a ainsi constaté que la volatilité des prix –« la tonne de blé étant passée en quelques mois de 110 à 270 euros »– faisait peser un risque « intolérable » de crise alimentaire mondiale.  « Cette tendance menace l’existence même des éleveurs et pose des problèmes aux consommateurs, confrontés à des hausses des prix auxquelles, en particulier dans les pays en développement, ils ne peuvent pas faire face », a constaté le Ministre français de l’agriculture.


Bruno Le Maire a ensuite déclaré que la présidence française du G-20 présenterait des propositions « concrètes et nouvelles » en vue de l’établissement d’une « nouvelle donne agricole mondiale ».  « Nous devons tout d’abord relancer l’investissement du secteur agricole dans les pays les moins développés afin que s’y constitue une agriculture autonome », a-t-il souligné.  M. Le Maire a précisé qu’à cette fin, la France comptait lutter activement contre toutes les formes de « prédation agricole ».  « Il faut laisser leur indépendance aux pays du Sud dans lesquels ceux du Nord investissent massivement, notamment en y achetant quantité de terres », a-t-il dit. 


Il a en outre indiqué que la France souhaitait établir de nouveaux outils statistiques permettant d’évaluer l’état précis des stocks alimentaires de céréales.  « Les données disponibles sur cette réalité sont insuffisantes, ce qui accroît la volatilité des prix et entrave la coopération entre États », a-t-il expliqué, avant de s’attarder sur la nécessité de réguler les marchés financiers qui traitent des matières premières agricoles.  « Il est intolérable que l’on spécule sur la faim », a-t-il clamé, en assurant que la présidence française du G-20 chercherait à améliorer le fonctionnement de ces marchés, « et non à les contrer ». 


Le Ministre français de l’agriculture a par ailleurs insisté sur le fait que la France ne conduirait pas cette réflexion « en cercle fermé »: « toutes les propositions de tous les États Membres et des organisations compétentes, que ce soit l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) ou le Fonds international de développement agricole (FIDA) sont les bienvenues », a-t-il garanti.


Répondant aux questions des correspondants de presse, M. Le Maire a répété que la communauté internationale avait l’obligation morale de réussir, afin d’empêcher l’éclatement de nouvelles émeutes de la faim. 


« Selon la FAO, il y a 10 ou 20 ans, le niveau de la production agricole était suffisamment élevé pour laisser aux marchés et décideurs la marge de manœuvre nécessaire pour répondre à des augmentations de la demande.  Mais, aujourd’hui, la production agricole mondiale croît trop lentement pour que l’on puisse, en cas d’événement climatique grave, empêcher que les prix des denrées alimentaires ne s’envolent et génèrent des tensions », a-t-il souligné. 


M. Le Maire a préconisé comme mesures rapides et efficaces contre cette menace planante, le décaissement des aides financières prévues au titre de l’aide publique au développement (APD) et la mobilisation de sources innovantes de financement.  Après avoir rappelé que, l’an dernier, 40 millions de personnes de plus avaient souffert de la faim à travers le monde, Bruno Le Maire a jugé que la situation actuelle exigeait des réponses « radicalement nouvelles », différentes de celles qui avaient été apportées pour faire face aux émeutes de 2008 car devant tenir compte des conséquences de la crise économique et financière internationale. 


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