28/11/2011
Conseil de sécurité
CS/10459

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Conseil de sécurité

6669e séance – après-midi


LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL RECOMMANDE UNE PROROGATION DE LA MISSION DE L’ONU EN LIBYE POUR UNE

PÉRIODE LIMITÉE DE TROIS MOIS PAR RESPECT POUR LE PRINCIPE « D’APPROPRIATION NATIONALE »


Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a fait aujourd’hui le point* devant le Conseil de sécurité sur la transition en Libye, plus d’un mois après la fin des combats et la mort du Président, Muammar Qadhafi.


M. Ian Martin a recommandé une prorogation de trois mois, et non de 12, du mandat de la MANUL.  La Mission a été créée par la résolution 2009 (2011) pour épauler les efforts visant à rétablir l’ordre, encourager la réconciliation nationale et lancer le processus électoral.  


« La recommandation d’une prorogation d’un an avant qu’un gouvernement libyen ne soit en place aurait constitué une violation du principe d’appropriation nationale », a expliqué le Représentant spécial, ajoutant que l’appui des Nations Unies devait être guidé par les priorités nationales de la Libye.


Le 24 novembre dernier, le Conseil national de transition (CNT) a approuvé le Gouvernement intérimaire formé par le Premier Ministre, M. Abdurrahim El-Keib.  Ce Gouvernement doit diriger le pays jusqu’à l’organisation des élections pour constituer un Congrès national, en juin 2012, chargé de rédiger la nouvelle constitution.


Une commission composée de huit membres avait déjà été nommée le 20 novembre pour examiner les exigences minimales du processus électoral.  Pour garantir des élections crédibles, des décisions doivent être prises quant à la nature du système électoral, la représentativité des femmes et des minorités, l’éligibilité des candidats et des électeurs et l’autorité et la composition de la commission électorale, a énuméré le Représentant spécial.


Il a jugé que « le plus crucial des défis immédiats de la Libye » était de déterminer l’avenir des combattants révolutionnaires, ajoutant que le Ministère de la défense a pour tâche de former une nouvelle armée intégrant les militaires et les nouvelles brigades largement composées de civils.  S’agissant de ces interventions, le Ministre de l’intérieur a fait part de sa volonté de les intégrer dans les forces de police.


Concernant la menace posée par la présence des armes conventionnelles et non conventionnelles, notamment des stocks de missiles sol air portables, héritage de l’ancien régime, M. Martin a indiqué que le nouveau Gouvernement libyen reconnaissait pleinement ses responsabilités dans la résolution de ce problème spécifique.  Le Représentant spécial a affirmé que la Mission n’a reçu aucun élément permettant d’accréditer les informations faisant état de la présence de telles armes dans les pays voisins de la Libye.


Il a ajouté qu’il comptait collaborer étroitement avec le Gouvernement libyen dans ses efforts pour établir un système efficace de surveillance des frontières, en liaison avec les pays voisins.  « Une capacité spécifique sera créée au sein de la Mission pour faciliter et coordonner l’appui international. » 


La situation sécuritaire en Libye, a prévenu le Représentant spécial, est « inséparable » des besoins urgents de liquidités que lui ont exprimés le Président du CNT et le Premier Ministre.  Le gel des avoirs libyens ne devrait durer pas plus longtemps que ne le requièrent les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité.


L’idée des donateurs internationaux selon laquelle la Libye est suffisamment riche pour relever les défis du déminage ne sera vérifiée qu’une fois que le Gouvernement aurait suffisamment de fonds à sa disposition, a insisté le Représentant spécial.


Soulignant, dans le droit fil du rapport du Secrétaire général, l’importance de la réconciliation nationale et la nécessité de traiter des violations des droits de l’homme héritées de l’ancien régime et de celles qui continuent d’être commises, le Représentant spécial a indiqué que le CNT prévoyait d’organiser, en décembre prochain, une manifestation majeure sur le thème de la réconciliation, à laquelle participera le dirigeant religieux le plus prééminent du pays, Cheikh Sadiq al-Gheriani


« Le défi de la justice transitionnelle est souligné par la volonté affirmée de la Libye de juger dans le pays même Saif al-Islam Qadhafi et les autres figures prééminentes du clan Qadhafi », a-t-il poursuivi.


*     S/2011/727


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