03/11/2011
Conseil de sécurité
CS/10434

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6648e séance – matin


« L’ÉLAN EN FAVEUR DE LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ EN GUINÉE-BISSAU DOIT ÊTRE MAINTENU »,

PLAIDE LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL, M. JOSEPH MUTABOBA, DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ


Cette réforme est liée au versement de l’aide

financière internationale, rappelle la Ministre bissau-guinéenne de l’économie


L’appui de la communauté internationale est plus que jamais nécessaire pour aider la Guinée-Bissau à maintenir l’élan qu’elle donne actuellement à la réforme du secteur de la sécurité, a déclaré ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays.


Si le Gouvernement bissau-guinéen continue de tirer le pays dans la bonne direction, M. Joseph Mutaboba a cependant souligné qu’il faudrait consolider les gains réalisés dans l’amélioration de l’environnement sécuritaire et politique.


Venu présenter le rapport* périodique du Secrétaire général sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), qu’il dirige, M. Mutaboba a affirmé que la tâche est d’autant plus importante à l’approche de la phase cruciale d’un processus de réformes destinées à ramener les forces armées et de sécurité à une taille raisonnable, à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et à redresser le pays sur le plan économique.


Au cours de la période à l’examen, le BINUGBIS a continué de soutenir les efforts déployés au niveau national en vue de mettre en place une réforme crédible du secteur de la sécurité.  Dans ce contexte, a expliqué M. Mutaboba, un travail significatif a été réalisé par le Bureau pour opérationnaliser la feuille de route mise au point par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en vue d’accélérer cette réforme.


« Les retards liés au versement des contributions financières pour lesquelles s’étaient engagés les partenaires régionaux et internationaux pour appuyer la mise en œuvre de la feuille de route, dont les 63 millions de dollars promis par la CEDEAO, constituent cependant un handicap de taille pour activer le Fonds de pension destiné à fournir une retraite aux militaires et personnel de police », a déploré M. Mutaboba.


À ce jour, le Fonds de pension n’a reçu que la contribution du Gouvernement de la Guinée-Bissau, qui s’élève actuellement à 200 000 dollars et à laquelle s’ajoutera la somme de 300 000 dollars d’ici à la fin de l’année, a-t-il fait observer.  Il est essentiel, a-t-il souligné, de garantir les ressources financières nécessaires à l’entrée en fonctions du Fonds de pension dans les meilleurs délais, de manière à réformer rapidement les secteurs de la défense et de la sécurité afin de les rajeunir et de les rendre plus professionnels.


« Lorsque le Fonds pour la consolidation de la paix, l’Angola, l’Union européenne et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se seront acquittés de leur contribution respective, mon gouvernement sera alors en mesure d’offrir les garanties supplémentaires pour que le Fonds de pension consacre les ressources dont il dispose uniquement à l’objectif fixé », a assuré de son côté la Ministre de l’économie, du plan et de l’intégration régionale de la Guinée-Bissau.


Mme Maria Helena Nosoline Embalo a ensuite rappelé que la contribution de la CEDEAO dépendait de la signature du mémorandum d’accord entre la CEDEAO, la CPLP et le Gouvernement de la Guinée-Bissau.  « La décision rapide de la CEDEAO concernant ce mémorandum d’accord permettra d’assurer le paiement effectif de l’aide de 63 millions de dollars, approuvée par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, en mars dernier », a-t-elle déclaré.


Le processus de démobilisation d’une partie du personnel des forces armées et leur réintégration dans la vie active se poursuivra si le Fonds de pension dispose des ressources nécessaires au paiement des pensions pour les deux premières années de son fonctionnement, a fait observer la Ministre.  La revitalisation de la réforme du secteur de la sécurité en dépendra, a-t-elle plaidé.


S’exprimant au nom de la CPLP, le représentant de l’Angola, M. Ismaël A. Gaspar Martins, a indiqué que cette organisation était pleinement engagée en faveur d’un fonctionnement efficace du Fonds, tout en estimant qu’il devrait être alimenté de nouvelles contributions financières.  Il a notamment invité le Fonds pour la consolidation de la paix à y contribuer.


Le Représentant spécial a par ailleurs fait état d’une réforme encourageante des services de police.  « Grâce à un processus rigoureux de sélection et de certification mené à bien avec le soutien du BINUGBIS, les forces de police seront désormais débarrassées des individus jugés inaptes à en faire partie », s’est félicité M. Mutaboba, en rappelant que la première station pilote de police de Bissau était maintenant opérationnelle.


Les progrès dans la lutte contre l’impunité sont conditionnés non seulement par les retards pris dans l’établissement des institutions chargées de l’application des lois, mais aussi, de manière plus importante, par l’obligation stratégique de promouvoir l’état de droit dans le pays sans risquer de compromettre sa fragile stabilité, a prévenu le Représentant spécial.


Si des avancées ont été enregistrées dans le renforcement des capacités judiciaires et l’établissement de bonnes pratiques en matière de transparence de l’information, il n’en reste pas moins que les enquêtes concernant les assassinats du Président João Bernardo Vieira et du général Batista Tagme Na Waie n’ont toujours pas abouti.  Les récents changements à la tête de la Police judiciaire, et la nomination d’un nouveau Procureur général, tout en donnant un nouvel élan, ont créé d’inévitables retards dans le traitement des dossiers, a relevé M. Mutaboba.


S’exprimant en sa qualité de Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de la consolidation de la paix (CCP), la représentante du Brésil, Mme Maria Luiza Ribeiro Viotti, a annoncé qu’à la demande du Gouvernement de la Guinée-Bissau, une réunion de haut niveau sur la réforme du secteur de sécurité aura lieu au Siège de l’ONU à New York, à la fin de cette année.  Cette réunion de haut niveau, a-t-elle précisé, aura pour objectif de relancer les partenaires internationaux pour qu’ils appuient les efforts déployés par la Guinée-Bissau en faveur de la consolidation de la paix.


*S/2011/655


LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU


Rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau et sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (S/2011/655)


Soumis en application de la résolution 1876 (2009) par laquelle le Conseil de sécurité a établi le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), ce rapport rend compte de la situation en Guinée-Bissau et des progrès accomplis dans l’exécution du mandat.


Le Secrétaire général indique dans son rapport que les représentants du BINUGBIS continuent d’apporter leur appui à l’entreprise de révision de la Constitution, le projet de document de 2010 décrivant l’appui du BINUGBIS ayant été révisé dans l’idée de préciser le rôle des parties prenantes, le cadre d’appui et le calendrier d’activités futures.


La Commission parlementaire débattra publiquement de la première version révisée de la Constitution avec un groupe largement représentatif des forces vives du pays à la faveur d’une consultation élargie, poursuit M. Ban.


Comme son Représentant spécial, M. Joseph Mutaboba, le Secrétaire général plaide en faveur de la prompte mise en œuvre du plan d’étapes arrêté par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) pour appuyer la réforme du secteur de la sécurité en Guinée-Bissau.  M. Ban souligne que les mesures suivantes sont d’une importance capitale: arrêter la liste des membres du personnel de défense et de sécurité à mettre à la retraite, conclure les arrangements contractuels entre le Gouvernement et la banque chargée du versement des pensions de retraite, verser un dépôt initial comme première contribution de l’État à la caisse de retraite, et établir le calendrier de démobilisation et de mise à la retraite des bénéficiaires de la caisse de retraite.


Les autorités nationales ont confirmé leur intention de contribuer à hauteur de 4,5 millions de dollars à la caisse de retraite durant la période 2011-2015 et demandé à la communauté internationale de continuer de les aider à réformer le secteur de la sécurité, relève M. Ban.


Concernant l’appui à la campagne nationale de lutte contre le trafic de drogue, la criminalité organisée et la traite d’êtres humains, le Secrétaire général note que le 22 juin dernier, le Conseil des ministres bissau-guinéen avait approuvé le plan opérationnel national de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée pour 2011-2014, établi grâce à l’assistance technique de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et du BINUGBIS.


Enfin, au titre de l’appui aux activités de la Commission de consolidation de la paix et du Fonds pour la consolidation de la paix, M. Ban écrit dans son rapport que le Bureau d’appui à la consolidation de la paix ayant approuvé le 21 juillet le plan des priorités de consolidation de la paix pour la Guinée-Bissau pour la période 2011-2013, un montant de 16,8 millions a été versé à ce pays au titre de la mise en œuvre du plan.  Les domaines prioritaires retenus sont le renforcement des institutions démocratiques et de l’état de droit, la réforme des institutions de sécurité et la revitalisation de l’économie, poursuit le Secrétaire général.


Dans ses observations, M. Ban indique que la conférence nationale qui aura lieu bientôt tombe à point pour offrir au peuple de Guinée-Bissau une occasion historique de tourner la page et de se lancer dans un processus irréversible de réjection des tueries, des destructions et des divisions du passé et de marche vers un avenir meilleur, fondé sur une réelle réconciliation et sur l’unité nationale.  Il se félicite ensuite des mesures prises par les autorités centrales pour achever les préparatifs de la démobilisation et de la réintégration des militaires et du personnel de police désignés pour être mis à la retraite.


Le Secrétaire général reste en revanche préoccupé par le fait que les conditions ne semblent pas être réunies pour garantir l’impartialité et la crédibilité des enquêtes sur les assassinats politiques commis en Guinée-Bissau en 2009.  L’accomplissement de progrès dans la lutte contre l’impunité dépend en grande partie de la bonne mise en œuvre de réformes cruciales dans le secteur judiciaire, fait-il remarquer.  Comme le mandat du BINUGBIS va expirer le 31 décembre prochain, M. Ban recommande qu’il soit prorogé d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2012, pour que la mission puisse poursuivre l’exécution de son programme intégré de consolidation de la paix, à l’appui de l’action menée à l’échelon national pour aboutir à une stabilité durable.


Déclarations


M. JOSEPH MUTABOBA, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Guinée-Bissau, a déclaré que les autorités de la Guinée-Bissau, en coopération avec leurs partenaires internationaux, continuaient de tirer le pays dans la bonne direction et de consolider les gains importants, notamment l’amélioration de l’environnement politique et sécuritaire.  Venu présenter le rapport périodique du Secrétaire général sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), qu’il dirige, M. Mutaboba a cependant souhaité que cet élan soit soutenu par la communauté internationale, à l’approche de la phase cruciale d’un processus de réforme.


Au cours de la période à l’examen, le BINUGBIS a continué de soutenir les efforts déployés au niveau national en vue de mettre en place une réforme crédible du secteur de la sécurité basée sur le principe d’une armée placée sous contrôle civil.  Dans ce contexte, a expliqué M. Mutaboba, un travail significatif a été réalisé par le Bureau pour opérationnaliser la feuille de route mise au point par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en vue d’accélérer cette réforme.  Toutefois, les retards pris dans le versement de l’assistance financière internationale à l’appui de la feuille de route, notamment les 63 millions de dollars promis par la CEDEAO, constitue un handicap de taille pour activer le Fonds de pension destiné à fournir une retraite aux personnels militaire et de police.  À ce jour, le Fonds de pension n’a reçu qu’un versement de 200 000 dollars par le Gouvernement de la Guinée-Bissau, auquel s’ajoutera un autre de 300 000 dollars d’ici à la fin de l’année, a fait observer le Représentant spécial.  Il est essentiel, a-t-il insisté, de garantir les ressources financières nécessaires au lancement du Fonds de pension dans les meilleurs délais, de manière à rendre les militaires et le personnel de police plus professionnels et rajeunir le secteur de la sécurité.


La réforme des services de police a fait des progrès significatifs, s’est réjoui M. Mutaboba.  Grâce à un processus rigoureux de sélection et de certification mené à bien avec le soutien du BINUGBIS, les forces de police seront désormais débarrassées des individus jugés inaptes à exercer les fonctions de police, a-t-il dit, précisant que la première station pilote de police de Bissau était maintenant opérationnelle.  S’agissant des efforts déployés pour lutter contre l’impunité, les progrès sont conditionnés non seulement par les retards pris dans l’établissement d’institutions chargées de l’application des lois, mais aussi, de manière plus importante, par l’obligation stratégique de promouvoir l’état de droit dans le pays sans risquer de compromettre sa fragile stabilité, a prévenu le Représentant spécial.  Si des avancées ont été enregistrées dans le renforcement des capacités judiciaires et l’établissement de bonnes pratiques en matière de transparence de l’information, il n’en reste pas moins que les enquêtes concernant les assassinats du Président João Bernardo « Nino » Vieira et du général Batista Tagme Na Waie n’ont toujours pas abouti.  Les récents changements à la tête de la police judiciaire, et la nomination d’un nouveau procureur général, tout en donnant un nouvel élan, ont créé d’inévitables retards dans le traitement des dossiers.


Par ailleurs, a poursuivi le Représentant spécial, le BINUGBIS a joué un rôle important pour veiller à ce que les récentes manifestations pacifiques des partis d’opposition ne créent pas de tensions supplémentaires.  S’agissant de la Conférence nationale, prévue les 15 et 18 décembre prochain, M. Mutaboba s’est félicité de ce que les préparatifs se soient achevés à la fin du mois d’octobre dernier à Bissau.  Elle aura pour objectif de garantir un dialogue inclusif, ouvert à tous les segments de la société, en particulier les partis d’opposition qui ne sont pas représentés au Parlement et de promouvoir l’égalité entre les sexes dans le cadre de ce processus, a précisé le Représentant spécial, avant d’assurer que le BINUGBIS continuait à fournir un soutien au processus d’examen constitutionnel.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil), en sa qualité de Présidente de la formation Guinée-Bissau de la Commission de la consolidation de la paix (CCP), a indiqué qu’elle avait constaté lors de sa visite en Guinée-Bissau au début du mois de septembre, des progrès tangibles dans la stabilisation du pays.  Le Gouvernement de la Guinée-Bissau a consenti, ces derniers mois, des efforts considérables pour mettre en œuvre les priorités d’une consolidation de la paix robuste, s’est-elle félicitée.  Cette stabilité, a-t-elle prévenu, ne pourra s’enraciner durablement que si l’état de droit est instauré, la création d’emplois encouragée et le trafic de stupéfiants combattu.  Concernant la réforme du secteur de sécurité, Mme Ribeiro Viotti a souligné l’importance de la création du Fonds des retraites en vue d’assurer la retraite des militaires et du personnel de police qui seront démobilisés.  La formation du contingent restant et le recrutement d’un nouveau personnel permettra également, a-t-elle ajouté, d’améliorer le professionnalisme des forces armées du pays.  Elle a souligné que les efforts du Gouvernement de la Guinée-Bissau en faveur de la réforme du secteur de sécurité avaient l’appui, par le biais d’un dialogue tripartite exemplaire, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).


Mme Ribeiro Viotti a détaillé les mesures d’ores et déjà arrêtées par le Gouvernement de la Guinée-Bissau dans le domaine de la réforme du secteur de sécurité telles que la mise en place du Comité de suivi du Fonds de pension, la réforme du Comité directeur national de la réforme du secteur de sécurité et la rédaction d’un mémorandum d’accord pour la mise en place de la feuille de route commune CEDEAO/CPLP.  Le Gouvernement a déposé, le 2 septembre, la somme de 200 000 dollars, comme première tranche de la contribution initiale au Fonds, a-t-elle poursuivi, estimant que le Gouvernement de la Guinée-Bissau était pleinement engagé dans la réforme du secteur de sécurité.  Il est essentiel que la communauté internationale apporte son expertise, ainsi qu’un financement pérenne pour assurer le bon fonctionnement du Fonds de pension, a-t-elle souligné, en faisant remarquer qu’à ce jour, les promesses de dons formulées n’ont pas été déboursées.  Mme Ribeiro Viotti a indiqué que la tenue d’une réunion de haut niveau sur la réforme du secteur de sécurité à New York à la fin de cette année, pour laquelle le Gouvernement de la Guinée-Bissau a demandé l’assistance de la CCP, permettrait de rassembler les partenaires internationaux en vue d’appuyer fermement les efforts déployés par la Guinée-Bissau en faveur de la consolidation de la paix.  La CCP devrait présenter au Gouvernement bissau-guinéen une liste d’éléments en appui des préparatifs à cette réunion de haut niveau, concernant notamment le fonctionnement du Fonds de pension, a-t-elle poursuivi.  Passant ensuite à la lutte contre le trafic de stupéfiants, elle s’est félicitée de l’adoption par le Gouvernement bissau-guinéen, d’un plan opérationnel dans ce domaine, avant de souligner qu’INTERPOL avait désormais un bureau à Bissau.  Elle a souhaité une aide financière pour appuyer la mise en œuvre de l’Initiative côtes de l’Afrique de l’Ouest.  La politique macroéconomique du Gouvernement bissau-guinéen a commencé à porter ses fruits ces dernières années, s’est réjouie Mme Ribeiro Viotti.  Une récolte exceptionnelle en noix de cajou, une discipline budgétaire accrue et une mise en œuvre des projets d’investissements publics ont contribué, a-t-elle précisé, à une amélioration de la situation économique dans le pays.  Elle a affirmé, en conclusion, que la CCP continuerait de suivre une approche proactive en appui des efforts du Gouvernement de la Guinée-Bissau.  La communauté internationale doit continuer à soutenir les efforts visant à assurer la stabilité politique et les améliorations économiques que la Guinée-Bissau a enregistrées ces dernières années.


Mme MARIA HELENA NOSOLINE EMBALO, Ministre de l’économie, du plan et de l’intégration régionale de la Guinée-Bissau, a indiqué que l’accélération des réformes structurelles entreprises par son gouvernement avait permis la normalisation sociale et économique du pays.  La population de la Guinée-Bissau touche les fruits de la stabilité, a assuré la Ministre, qui a souligné l’amélioration sensible de la situation budgétaire et une croissance du produit intérieur brut (PIB) pour cette année, estimée à 5,3% contre 3,5% en 2010.  Soulignant le rôle essentiel que joue le Fonds de pension pour la réforme du secteur de la défense et de la sécurité du pays et pour rajeunir la composition de ces forces, Mme Embalo a regretté que le non-versement des contributions ait retardé l’entrée en fonctions de ce Fonds.


La Ministre a rappelé que son gouvernement avait récemment déposé auprès de ce Fonds, 40% de sa contribution annuelle, en s’engageant à effectuer un autre versement de 300 000 dollars d’ici à la fin de l’année.  Lorsque le Fonds de la consolidation de la paix, l’Angola, l’Union européenne et la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se seront acquittés de leur contribution, mon gouvernement sera alors en mesure de garantir que les ressources alimentant le Fonds de pension seront utilisées uniquement pour répondre à l’objectif fixé, a assuré la Ministre.  Elle a ensuite rappelé que la contribution de la CEDEAO dépendait de la signature du mémorandum d’accord entre la CEDEAO, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et le Gouvernement de la Guinée-Bissau.  La décision rapide de la CEDEAO concernant ce mémorandum d’accord permettrait d’assurer le paiement effectif de l’aide de 63 millions de dollars, telle qu’approuvée par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, en mars dernier.


La Ministre a déclaré que son gouvernement entretenait un dialogue politique constructif avec l’Union européenne, avant de mentionner l’intention de son pays d’adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).  La communauté des donateurs doit faire montre de plus de souplesse à l’égard des efforts du Gouvernement de Guinée-Bissau, a poursuivi Mme Embalo, en se félicitant à ce propos de la tenue de la réunion de haut niveau au Siège de l’ONU à New York, à la fin de ce mois.  « Nous avons créé les conditions pour l’établissement du Fonds de pension et pour démarrer le processus de démobilisation et de réintégration », a affirmé la Ministre, qui a appelé de ses vœux un appui accru aux efforts sans précédent déployés par son gouvernement.  Elle a ajouté que ce processus se poursuivrait, à condition que les ressources nécessaires au paiement des retraites des militaires et membres du personnel de police concernés soient assurées pour les deux premières années de fonctionnement du Fonds de pension.  Elle s’est dite convaincue que la démobilisation d’une partie du personnel des forces armées et leur réintégration dans la vie active permettra de revitaliser la réforme du secteur de la sécurité.  L’impunité continue d’être identifiée comme l’une des causes profondes de la fragilité de la Guinée-Bissau et une menace à la paix sociale, a poursuivi Mme Embalo.  Le retard dans les procédures d’enquête sur les crimes commis, le manque d’autorité de l’État, et l’absence de capacités techniques et financières à l’appui de l’état de droit sont autant de défis auxquels est confronté le Gouvernement, a-t-elle dit, tout en soulignant qu’il demeurait déterminé à mettre en œuvre son programme de réforme dans le secteur judiciaire.  La création du premier commissariat pilote de police, du Bureau d’information et d’appui judiciaire et du Centre de formation judiciaire témoignent de cette nouvelle dynamique, a estimé la Ministre.  Des efforts sont également déployés par la Guinée-Bissau pour lutter contre la criminalité transnationale organisée, en particulier le trafic des stupéfiants, le terrorisme et le blanchiment d’argent, que ce soit au niveau sous-régional par l’entremise de l’Initiative côtes de l’Afrique de l’Ouest, ou au niveau national.  La stratégie et le plan opérationnel de lutte contre les stupéfiants ont été approuvés par le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre le crime et la drogue (ONUDC), tandis qu’un plan de lutte contre le blanchiment d’argent est actuellement élaboré, avec la coopération de la France et de l’ONUDC, a relevé Mme Embalo.  La Ministre a expliqué en conclusion que le Gouvernement s’était récemment doté d’un Document stratégique national qui place, en tête des priorités, les réformes de la sécurité, de la défense et de la justice.  Sa mise en œuvre dépendra en partie du soutien de la communauté internationale, en particulier pour rétablir les infrastructures de base et pour renforcer l’autorité de l’État, a-t-elle fait remarquer, avant de conclure.


M. ISMAËL A. GASPAR MARTINS (Angola), s’exprimant au nom des pays de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), a souligné les défis que représentent pour la Guinée-Bissau la soumission du pouvoir militaire aux autorités civiles et la lutte contre l’impunité.  Le Gouvernement doit intensifier ses efforts dans ces domaines, a-t-il poursuivi, en mettant l’accent sur la feuille de route commune CPLP/CEDEAO.  Il a ensuite indiqué que la CPLP était pleinement engagée pour que le Fonds de pension puisse fonctionner efficacement, tout en estimant qu’il devrait être alimenté de nouvelles contributions financières.  Se félicitant du versement par le Gouvernement de la somme de 200 000 dollars au Fonds, qui sera prochainement suivi d’un autre versement, il a invité également le Fonds de consolidation pour la paix à y contribuer.


La bonne mise en œuvre de la feuille de route, a rappelé le représentant, est conditionnée à la mobilisation de la communauté internationale dans l’apport de ressources financières.  Soulignant la complémentarité du relèvement économique du pays, de la réforme du secteur de sécurité et de l’instauration de l’état de droit, il a exhorté le Fonds de consolidation pour la paix à apporter un appui résolu à la Guinée-Bissau.  Concernant la mobilisation des pays de l’Afrique de l’Ouest pour lutter contre la criminalité transnationale organisée, il a estimé que l’Initiative côtes de l’Afrique de l’Ouest était la réponse appropriée à un tel phénomène.  La CPLP exhorte la communauté internationale, et en premier lieu les Nations Unies, à rester activement impliquées dans le relèvement de la Guinée-Bissau, a-t-il conclu.


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