26/09/2011
Conseil de sécurité
CS/10395

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Conseil de sécurité                                        

6622e séance – matin                                       


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE REPRÉSENTANT DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION LIBYEN (CNT)

DEMANDE LA LEVÉE DU GEL DE TOUS LES AVOIRS LIBYENS POUR FACILITER LA RECONSTRUCTION


Le Président du Bureau exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT) a exhorté ce matin le Conseil de sécurité à lever le gel de tous les avoirs libyens afin de donner au CNT, « seul représentant légitime de la Libye » aux Nations Unies, les moyens de financer la reconstruction du pays.


Tout en étant reconnaissant au Conseil de sécurité d’avoir autorisé*, le 16 septembre dernier, le dégel de près de 16 milliards de dollars, ainsi que d’avoir retiré certaines compagnies libyennes de la liste des entités visées par des sanctions, M. Mahmoud Jibril a plaidé pour que tous les avoirs soient débloqués, à défaut de quoi le CNT ne sera pas en mesure de fournir à la population les services de base qui lui sont plus que jamais indispensables dans la Libye postconflit.


Le Président du Comité créé par la résolution 1970 (2011), M. José Filipe Moraes Cabral, du Portugal, a rappelé qu’en adoptant la résolution 2009 (2011), le Conseil de sécurité avait réaffirmé sa détermination de mettre les avoirs libyens à la disposition du CNT le plus rapidement possible.  « Les 16 milliards de dollars déjà débloqués l’ont été pour permettre au CNT de répondre aux besoins humanitaires qui se posent dans le pays », a-t-il précisé.


« Le maintien du gel des avoirs restants pourrait saper le leadership du CNT dans ses efforts visant à redresser la Libye », a insisté M. Jibril, qui a assuré que les circonstances qui prévalaient lorsque le colonel Mouammar Al-Qadhafi était au pouvoir n’existent plus, même si celui-ci reste un fugitif.


À cet égard, M. Jibril a souligné le danger que continuera de faire peser le dirigeant déchu tant qu’il ne sera pas arrêté.  « Al-Qadhafi a toujours de l’argent et de l’or et même depuis l’étranger, il pourrait renouer avec ses pratiques terroristes en inondant d’armes le continent », a-t-il souligné.


Abordant la question des mauvais traitements infligés aux travailleurs migrants subsahariens en Libye, le Président du Bureau exécutif a assuré que les incidents signalés récemment ne reflétaient en aucun cas une politique délibérée du Conseil national de transition.


Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, a rappelé que le Président du CNT, M. Moustafa Abdel-Jalil, avait réaffirmé, lors de la Réunion de haut niveau convoquée par le Secrétaire général le 20 septembre à New York, son attachement aux « principes de tolérance, de modération, de réconciliation, des droits de l’homme et de l’état de droit, et en particulier les droits des femmes et des migrants ».


Mais, M. Pascoe a relayé les préoccupations du Secrétaire général concernant le bien-être des migrants africains et des ressortissants de pays tiers.  En effet, si plus de 200 000 d’entre eux ont pu être évacués, nombreux sont ceux qui continuent d’avoir besoin d’une aide dans les camps de transit et ailleurs.  Le Secrétaire général a donc exhorté le CNT à prendre soin, dans les meilleurs délais, de ceux d’entre eux qui se trouvent en détention et d’assurer la sécurité des migrants qui continuent de travailler en Libye.


M. Pascoe est intervenu ce matin afin d’informer les membres du Conseil de sécurité des derniers développements en Libye, où la Mission d’appui des Nations Unies dans ce pays (MANUL) a été déployée, pour une période initiale de trois mois, afin notamment d’y « épauler et soutenir les efforts » déployés par le CNT afin d’« entamer une concertation publique sans exclusive », de « lancer la rédaction de la constitution et le processus électoral », de « défendre et protéger les droits de l’homme », d’« étendre l’autorité de l’État » et de « prendre les mesures immédiates voulues pour relancer l’économie ».


Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a indiqué que la situation semblait « remarquablement » calme à Tripoli, ville dont les infrastructures sont intactes, et où la vie a repris son cours.  Toutefois, les combats font toujours rage à Syrte, où l’OTAN poursuit ses opérations militaires, ainsi qu’à Bani Walid et dans d’autres poches de résistance à travers le pays.  La situation sécuritaire reste précaire, a-t-il relevé, comme le prouve l’attaque perpétrée récemment par les forces pro-Al-Qadhafi contre la localité deGhadamès, près de la frontière algérienne.


Outre le statut des migrants, trois défis d’envergure se posent au CNT, a souligné M. Pascoe.  Le premier tient à la nécessité urgente de prendre des mesures pour sceller la réconciliation nationale et veiller à ce que tous les groupes armés intègrent un commandement unifié et prêtent allégeance politique au Conseil.  « La formation d’un gouvernement provisoire inclusif reflétant la diversité de la société libyenne constituera un pas décisif dans cette direction », a-t-il estimé, précisant que les premiers experts électoraux de l’ONU arriveraient cette semaine à Tripoli.


Le second défi à relever par le CNT consiste à récupérer les stocks considérables d’armes sophistiquées accumulés par le régime du Colonel Al-Qadhafi et qui comprennent notamment des missiles sol-air.  Évoquant les risques qui se poseraient si de telles armes tombaient aux mains de terroristes, le Secrétaire général adjoint a d’autre part jugé impératif de mettre la main sur les matériaux destinés à mettre au point des armes chimiques.


Alors que le 22 septembre, des forces associées au CNT ont découvert à Jufra un dépôt de matériaux de cette nature, il est d’une importance capitale, a insisté M. Pascoe, que des mesures soient prises afin de sécuriser ces stocks et, dans la mesure du possible, de les détruire, en coopération avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Réagissant à ces propos, le Président du Bureau exécutif du CNT a déclaré que, dans ce cas aussi, il fallait donner au CNT les moyens de mener à bien une telle tâche.


Par ailleurs, tout en appelant à la mise en place de mécanismes qui permettraient d’établir les responsabilités en ce qui concerne les graves violations des droits de l’homme commises en Libye pendant le conflit, le Secrétaire général adjoint a lancé un appel pour qu’il soit mis fin aux agressions et aux mauvais traitements infligés aux partisans du régime déchu.


Dressant enfin un bilan de la situation humanitaire, M. Pascoe a indiqué que 117 000 personnes vulnérables, dont des personnes déplacées, bénéficiaient en ce moment d’une aide humanitaire de la part des instituions des Nations Unies, tandis que près de 40 000 autres ont désormais accès à des approvisionnements en eau potable.


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