30/08/2011
Conseil de sécurité
CS/10374

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Conseil de sécurité

6606e séance – après-midi


BAN KI-MOON PRÉSENTE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ LES DÉFIS ET LES OPPORTUNITÉS

QUI ATTENDENT LA LIBYE APRÈS LE CONFLIT


Après avoir fait aux membres du Conseil de sécurité une mise à jour sur l’attentat perpétré contre la Maison des Nations Unies à Abuja, au Nigéria, attaque qui a fait 23 morts, dont 11 membres du personnel de l’ONU, et plus de 80 blessés, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a, cet après-midi, fait une présentation sur la situation en Libye en émettant l’espoir que le conflit qui a lieu dans ce pays connaîtrait une conclusion rapide et que la fin des souffrances du peuple libyen était proche.


Alors que des membres de la famille du Colonel Mouammar Al-Qadhafi ont trouvé refuge en Algérie, M. Ban Ki-moon a confirmé que le Conseil national de transition (CNT) avait largement pris le contrôle de Tripoli et d’autres localités libyennes.


« Au cours de la semaine écoulée, j’ai parlé à plusieurs reprises avec le Président du CNT, Mustafa Abdel Jalil, avec qui j’ai discuté du rôle des Nations Unies en Libye dans les mois à venir, notamment en matière d’assistance électorale, de justice transitionnelle et de police, ainsi que des besoins humanitaires urgents qui se posent au pays », a indiqué le Secrétaire général.


Les discussions sur la situation en Libye se poursuivront à Paris jeudi, lors d’une réunion au plus haut niveau du Groupe de contact sur la Libye, a annoncé M. Ban en indiquant qu’il y prendrait part.  Le 26 août, a-t-il dit, « je me suis entretenu par visioconférence avec les dirigeants de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la coopération islamique, de l’Union africaine et de l’Union européenne, qui sont tous tombés d’accord sur la nécessité de lancer un programme d’action bien coordonné.


« Nous devons maintenant agir de manière rapide et décisive », pour relever les défis qui se posent à la Libye, notamment en ce qui concerne l’aide humanitaire dont ce pays a besoin, a déclaré le Secrétaire général.  Si des progrès ont été enregistrés, avec la réouverture des hôpitaux et l’arrivée d’articles médicaux acheminés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les réserves d’eau potable s’amenuisent de façon critique: 60% de la population de Tripoli sont désormais privés d’eau et de systèmes d’assainissement fonctionnels, a relevé le Secrétaire général.


Il est par ailleurs « vital » que le Comité des sanctions du Conseil de sécurité prenne une décision rapide quant au dégel des avoirs libyens, d’un montant de 1,5 milliard de dollars, en vue de financer l’assistance humanitaire, a poursuivi M. Ban Ki-moon.  Le dégel d’une première tranche de ces avoirs vient juste d’être autorisé et mené à bien, ceci pour un montant de 110 millions de dollars, a annoncé Ban Ki-moon tout en appelant ensuite le Conseil à répondre positivement aux requêtes financières des autorités de la transition.


Le Secrétaire général s’est félicité de l’évacuation réussie de Tripoli, le 28 août dernier, par l’Organisation des migrations internationales, de près de 1 000 migrants et ressortissants de pays tiers.  Évoquant la situation des droits de l’homme, M. Ban a indiqué qu’au cours des derniers jours, des preuves flagrantes d’exécutions sommaires, de torture et de violations de droits de l’homme avaient été réunies et seraient portées à l’attention de la Commission internationale d’enquête sur la Libye, qui doit présenter son premier rapport au Conseil des droits de l’homme le 19 septembre.


Insistant sur l’importance que revêt l’assistance de la communauté internationale à ce moment critique pour la Libye, le Secrétaire général a annoncé que les Nations Unies respecteraient pour leur part trois principes fondamentaux.  Tout d’abord, le respect de l’appropriation nationale, qui veut que l’avenir de la Libye soit décidé par les Libyens.  « Nous agirons en fonction de leurs aspirations, et non l’inverse », a-t-il dit.


M. Ban a ensuite évoqué le principe d’une réponse et d’une aide rapides, qui gouvernera l’action de l’Organisation sur le terrain afin de répondre aux besoins spécifiques des autorités libyennes.  Après consultation avec le CNT, ces besoins se posent en particulier dans les domaines suivants: rétablissement de l’ordre public et de la sécurité et promotion de l’état de droit; ouverture d’un dialogue inclusif et réconciliation nationale; rétablissement de l’autorité de l’État et consolidation des institutions et des services publics; protection des droits de l’homme; et enfin mesures de redressement économique.


S’agissant du troisième pilier de l’action de l’Organisation, celui d’une coordination efficace, le Secrétaire général a expliqué qu’il s’agissait de veiller à ce que les efforts multilatéraux, régionaux et bilatéraux soient complémentaires et correspondent aux priorités libyennes, que ce soit à court ou à long termes.  Des équipes de terrain œuvreront main dans la main avec les autorités libyennes afin d’éviter les doublons et de prévenir toute dépense inutile des ressources financières, a souligné M. Ban.


Conscient de la « magnitude » des défis qui attendent la Libye, mais aussi des opportunités énormes qui s’offrent à elle dans la construction d’un avenir plus démocratique, prospère et stable, le Secrétaire général a promis une réponse unifiée de la part du système des Nations Unies aux besoins et problèmes du pays.


Comme indiqué plus haut, le Secrétaire général avait entamé son exposé au Conseil en lui annonçant qu’une enquête était en cours pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles s’était produit l’attentat-suicide qui a tué 23 personnes et blessé plus de 80 autres à Abuja, au Nigéria, la semaine dernière.  Une réévaluation complète des mesures de sécurité a été également entreprise, a précisé M. Ban, qui a indiqué que la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies s’adresserait, ce jeudi, 1er septembre, au personnel des Nations Unies à New York pour parler de cette tragédie.


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