24/06/2011
Conseil de sécurité
CS/10295

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6565e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE DIRECTEUR EXÉCUTIF DE L’OFFICE DES NATIONS UNIES CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME APPELLE AU RENFORCEMENT DES CAPACITÉS NATIONALES ET RÉGIONALES DANS CE DOMAINE


Après avoir procédé hier au lancement du « Rapport mondial sur les drogues 2011 », le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), M. Yury Fedotov, a fait ce matin un exposé devant le Conseil de sécurité en soulignant l’impact négatif de plus en plus grand, du trafic de drogues et de la criminalité transnationale organisée sur la paix, la sécurité et le développement au niveau mondial.


Devant ce constat, M. Fedotov et les 15 membres du Conseil de sécurité ont souligné qu’il était nécessaire de persister dans les efforts déployés dans la lutte contre ces fléaux, notamment en ce qui concerne ceux destinés à renforcer la capacité des États à y faire face et améliorer la coopération internationale.  M. Fedotov a appelé les États Membres à exercer une responsabilité partagée dans cette lutte, les invitant à y contribuer aux plans national, régional et international, de manière exhaustive et équilibrée.


Le trafic de drogues alimente les entreprises criminelles, générant plusieurs centaines de milliards de dollars en revenus illicites, a indiqué M. Fedotov.  Il a précisé que le commerce illégal des drogues opiacées représente 68 milliards par an, et celui de la cocaïne, 85 milliards pour la même période.  Ces activités contribuent à la création et à la multiplication de situations de violence, de conflits et d’activités terroristes, qui sont alimentées par l’argent des barons de la drogue, a prévenu Yury Fedotov.


Témoignant de cette réalité, le Ministre du commerce et de l’industrie de l’Inde, qui prenait part à la réunion, a indiqué que la production illicite et le trafic de drogues ont entrainé la mise en place d’un vaste réseau criminel qui a des liens étroits avec les terroristes internationaux.  M. Shri Anand Sharma a signalé que plus de 90% de la production mondiale d’opium ont lieu dans des zones situées autour du territoire de l’Inde, notamment l’Afghanistan, le Myanmar et le Laos.  Plusieurs délégations ont également relevé le cas de l’Afghanistan et souligné l’importance de la lutte à mener sans relâche contre les opiacées afghans.


Concernant le continent africain, la représentante du Nigéria a observé que les criminels de la drogue sévissent surtout en Afrique de l’Ouest, région qui est en train de devenir un « entrepôt » et une plaque tournante pour les activités illicites découlant du trafic de stupéfiants.  Son homologue de la France a rappelé que le Conseil de sécurité s’est de nouveau déclaré préoccupé de la montée en puissance du phénomène du trafic des drogues et de celui de la criminalité transnationale organisée à partir de la Guinée-Bissau.


Au plan des mesures à prendre, le Directeur exécutif de l’UNODC a expliqué qu’il fallait combattre l’offre en drogues tout en essayant d’en réduire la demande.  Ces actions doivent être corroborées par un soutien à des programmes de développement alternatifs qui permettront aux populations de s’éloigner de la culture des drogues, a suggéré le Ministre indien.


Le Directeur exécutif de l’UNODC a aussi appelé les États et les autres acteurs de la lutte contre la drogue et la criminalité organisée à élargir la collaboration internationale afin de mieux mener ce combat, tout en renforçant les capacités au niveau régional et en aidant les États fragiles.  La capacité des États dans ce domaine passe par le respect de l’état de droit et par la mise en place d’un système de justice pénale qui fonctionne bien, a-t-il dit.  «  Là où les criminels sévissent le plus, on constate que les systèmes judiciaires sont faibles, et que la présence policière est insuffisante », a fait observer à ce propos le représentant du Royaume-Uni.


Beaucoup d’intervenants au débat ont salué le rôle que joue l’UNODC dans le renforcement des capacités des États et pour aider ceux-ci à mettre en œuvre les dispositions clefs des conventions pertinentes des Nations Unies contre le crime et la corruption.  Le représentant de la Colombie a appelé notamment la communauté internationale à renforcer la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, dite « Convention de Palerme », instrument qui, a-t-il relevé, « a créé des nouveautés sur le plan juridique ».


M. Fedotov a également signalé que l’Équipe spéciale du système des Nations Unies sur la criminalité organisée et le trafic de drogues, créée par le Secrétaire général, et coprésidée par l’UNODC et le Département des affaires politiques (DAP), s’est mise au travail.  Ceci a été salué par plusieurs délégations.


« Pour soutenir l’UNODC, les États-Unis ont versé 34 millions de dollars en 2010 », a indiqué le représentant de ce pays, tandis que celui du Royaume-Uni a précisé que son pays y avait, quant à lui, contribué à hauteur de 27 millions de dollars.  «  Nous dépendons des contributions volontaires des États Membres de l’ONU », a rappelé M. Fedotov, en plaidant pour un soutien financier accru à l’UNODC.



MENACES À LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES


Exposé du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime


M. YURY FEDOTOV, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), a apprécié que le Conseil de sécurité s’intéresse depuis un certain temps à l’impact de la criminalité organisée transnationale et du trafic de drogues sur la paix, la sécurité et le développement au niveau mondial.  Il a assuré que l’UNODC attache de l’importance aux déclarations présidentielles du Conseil de sécurité dans ce domaine, car elles lui servent de directive dans l’élaboration de ses politiques et la conduite de ses activités opérationnelles.  L’Équipe spéciale des Nations Unies sur la criminalité organisée et le trafic de drogues créée par le Secrétaire général, et coprésidée par l’UNODC et le Département des affaires politiques, s’est mise au travail, a-t-il déclaré.  Il a aussi indiqué que le Rapport mondial sur les drogues 2011 a été lancé, hier, au Siège des Nations Unies.


Les drogues illicites mettent en danger la stabilité, la sécurité et la santé dans de nombreuses régions du monde, a observé M. Fedotov, tandis que le trafic de drogues alimente les entreprises criminelles, générant plusieurs centaines de milliards de dollars en revenus illicites.  Il a précisé que le commerce illégal des drogues opiacées représente 68 milliards par an et celui de la cocaïne, 85 milliards par an.  Ces activités conduisent à créer de plus en plus de violence, de conflits et d’activités terroristes, alimentés par l’argent des barons de la drogue.


M. Fedotov a rappelé que la lutte contre le problème mondial de la drogue est une responsabilité partagée, et il a appelé les États à y contribuer aux plans national, régional et international, de manière exhaustive et équilibrée.  Il a expliqué que les mesures visant à combattre l’offre en drogues devaient aller de pair avec les efforts déployés pour en réduire la demande.  Les conventions sur les drogues fournissent par ailleurs un cadre juridique universel qui permet d’adopter une approche centrée sur la protection de la santé des populations et basée sur l’adoption de mesures antidrogue qui, dans leur application, respectent aussi les droits de l’homme, a-t-il ajouté.


Le Directeur exécutif de l’UNODC a indiqué que l’Office examine les situations de crise actuelles, comme celles qui ont cours au Moyen-Orient, en Somalie, concernant la piraterie, ou encore, en Afghanistan, car la criminalité organisée déstabilise les processus de transition et les processus politiques mis en œuvre dans ces régions.  Ces situations démontrent aussi combien la stabilité des États est vulnérable à la drogue et au crime.  Il est temps d’agir, a préconisé M. Fedotov, en adoptant des réponses pragmatiques.


L’UNODC estime qu’il faut renforcer la collaboration internationale dans la lutte contre la drogue et la criminalité transnationale qui lui est liée, avec non seulement l’appui de l’ONU, mais aussi une volonté politique concertée.  Il faut également renforcer la capacité régionale en aidant les États fragiles, a-t-il ajouté, citant comme exemples l’Afghanistan et ses pays voisins, l’Afrique de l’Ouest, et les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.  M. Fedotov a en outre suggéré de renforcer l’état de droit et le système de justice pénale des États, avant de proposer que soit adoptée une stratégie générale et intersectorielle, comme l’a fait l’UNODC dans les actions menées sur le terrain et dans ses programmes, notamment en Somalie et au Kirghizistan. 


Déclarations


M. SHRI ANAND SHARMA, Ministre du commerce et de l’industrie de l’Inde, a relevé que les États fragiles, tels que ceux dont les situations sont souvent à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, sont particulièrement vulnérables à la criminalité organisée et au trafic de drogues.  Les acteurs non étatiques et les organisations criminelles prospèrent dans les régions où sévissent les conflits et dans les situations d’après-conflit, a-t-il constaté.  Ces réseaux criminels mènent leurs activités en exploitant la faiblesse des nations, a-t-il ajouté, notant aussi que ces criminels ont beaucoup de choses en commun avec les terroristes, car ils ont souvent les mêmes motivations, les mêmes objectifs et les mêmes méthodes.


Le Ministre indien a signalé que plus de 90% de la production mondiale d’opium ont lieu autour du territoire de l’Inde.  Nous sommes situés entre les deux plus grandes zones de trafic de drogues, a-t-il expliqué: le Croissant d’or, qui se situe autour de l’Afghanistan, et le Triangle d’or, situé dans la région du Myanmar et des Lao.  M. Sharma a indiqué que la production illicite et le trafic de drogues ont entrainé la mise en place d’un vaste réseau criminel qui a des liens étroits avec les terroristes internationaux. 


« Il faut que la communauté internationale élabore une réponse coordonnée face à ces menaces, sous la houlette des Nations Unies », a poursuivi le Ministre.  L’Inde est attachée à renforcer les mécanismes normatifs nationaux pour créer un cadre de lutte contre cette menace, a-t-il assuré.  Il a signalé que l’Inde avait ratifié le mois dernier la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles, ainsi que la Convention des Nations Unies contre la corruption.  Nous souhaitons aussi soutenir les structures internationales qui luttent contre ces menaces, en partageant les expériences et les meilleures pratiques, a-t-il dit.  Il a suggéré notamment aux États de coopérer pour la formation des agents de sécurité.  Les organisations indiennes travaillent avec l’UNODC dans certains pays de l’Asie du Sud, a-t-il, à cet égard, indiqué. 


En outre, le Ministre indien du commerce et de l’industrie a mis l’accent sur l’importance des stratégies de réduction de l’offre en drogues, en soutenant des programmes de développement alternatifs qui permettraient aux populations de s’éloigner de la culture des drogues.  Par ailleurs, il a rappelé que l’Inde préside le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité, soulignant que les liens entre les terroristes et les criminels sont réels.  La stratégie internationale de lutte contre le terrorisme international doit donc compléter efficacement celle de la lutte contre la criminalité transnationale et la drogue, a-t-il souhaité, ajoutant qu’il était nécessaire de créer un mécanisme international pour la reddition des comptes.  Nous devons aussi détruire les lieux qui servent de refuges aux délinquants, ainsi que les réseaux financiers et les réseaux d’appui dont se servent les criminels, a-t-il dit.


Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a souligné que le crime organisé et le trafic de stupéfiants sont des problèmes complexes, dont les différentes manifestations nécessitent une approche au cas par cas qui tienne compte, en outre, de la nature multidimensionnelle de la criminalité transnationale organisée.  « En particulier, nous ne pouvons pas appréhender efficacement ces phénomènes en recourant uniquement à des solutions sécuritaires », a estimé Mme Cordeiro Dunlop.  « La répression seule n’est pas suffisante sur le long terme », a-t-elle poursuivi, appelant à s’attaquer aux causes socioéconomiques sous-jacentes, comme le manque de développement et le chômage.  La représentante du Brésil a ainsi jugé qu’une action mieux coordonnée des activités de l’UNODC et du PNUD permettrait de renforcer la prévention du crime organisé et du trafic de stupéfiants « en tant que menaces à la paix et à la sécurité internationales ». 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a jugé important de resserrer les contacts entre l’UNODC et le Conseil de sécurité « afin de mieux faire face aux menaces à la paix et à la sécurité internationales que représentent les actes commis par la criminalité organisée ».  M. Churkin a ensuite attiré l’attention sur la nécessité d’éliminer le terrorisme du territoire de l’Afghanistan, cela en s’attaquant au trafic de stupéfiants, « qui constitue l’une de ses principales sources de financement ».  « La réaction de la communauté internationale doit être plus coordonnée pour renforcer l’interaction des différentes composantes de l’ONU », a-t-il encore dit, demandant en outre une participation accrue des États voisins de l’Afghanistan aux initiatives et aux mécanismes existants, en particulier au travers du mémorandum d’accord entre l’UNODC et l’Organe de contrôle des stupéfiants.  Enfin, M. Churkin a souhaité que la situation financière « préoccupante » de l’UNODC soit examinée à l’Assemblée générale.


M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a souligné que la lutte contre la drogue et la criminalité transnationale organisée coûte entre 30 et 65 milliards de dollars par an aux Nations Unies.  Les groupes criminels ont des revenus qui dépassent souvent ceux des pays dans lesquels ils mènent leurs activités et fonctionnent, a-t-il ajouté.  Il a aussi expliqué que la corruption est un des facteurs qui permettent aux criminels d’opérer en toute impunité.  En effet, là où les criminels sévissent, on constate que les systèmes judiciaires sont faibles, et que la présence policière est insuffisante, a dit le représentant.  Il a appelé à veiller à ce que les transitions qui ont lieu en Afrique du Nord aboutissent à une stabilité qui atténue la menace de la criminalité transnationale organisée.  Il a ensuite demandé à tous les États de ratifier les instruments juridiques internationaux de lutte contre la corruption et la criminalité, notamment les Conventions des Nations Unies portant sur ces questions.  Il a apprécié que l’UNODC coordonne les efforts que déploie la communauté internationale pour s’attaquer au trafic de stupéfiants et à la criminalité.  Nous avons récemment versé 27 millions de dollars à l’UNODC, a dit le  représentant britannique.


Mme JOY OGWU (Nigéria) a noté que le trafic de drogues reste endémique à travers le monde et que la criminalité transnationale organisée reste une activité lucrative.  En Afrique, le trafic illicite, la culture et l’abus de drogues vont croissants, a-t-elle dit, soulignant les obstacles que cela représente pour les efforts que font les pays pour promouvoir le développement sur le continent.  Les criminels sévissent surtout en Afrique de l’Ouest, région qui devient un entrepôt et une plaque tournante pour les activités illicites, a constaté la représentante.  Elle s’est félicitée de la publication du rapport de 2011 sur les drogues, estimant qu’on y brosse un tableau réaliste de la situation.  En dehors des drogues traditionnelles, nous voyons aussi arriver sur le marché de nouvelles drogues synthétiques, a-t-elle noté.  Elle a invité les États Membres à renforcer leurs capacités nationales et régionales, grâce notamment au renforcement des capacités juridiques, se félicitant que l’UNODC participe à ces efforts.  La prévention reste essentielle, a-t-elle aussi remarqué.  La représentante a, à cet égard, cité quelques initiatives prises au niveau de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et a dit que sa délégation attendait une action plus concertée de la part de la communauté internationale.  « La volonté politique et des ressources suffisantes sont nécessaires pour gagner la guerre contre la criminalité organisée », a-t-elle conclu.


M. DAVID B. DUNN (États-Unis) a estimé que l’UNODC « apporte une contribution de poids pour lutter au plan mondial contre la criminalité organisée ».  Il a ajouté qu’en 2010, son pays avait alloué 34 millions de dollars à l’UNODC, pour, en particulier, compléter les efforts bilatéraux conduits conjointement par les États-Unis et le Mexique, « qui est confronté au fléau des cartels de drogues ».  Le représentant a également salué le rôle de l’UNODC dans la lutte contre les opiacées afghans et le fonctionnement des partenariats noués avec les pays de l’Ouest, « où l’intensification du trafic de stupéfiants fait peser des menaces persistantes à la paix et à la sécurité internationales ».  « Les États-Unis saluent les efforts d’assistance technique de l’UNODC, qui visent à aider les États à mettre en œuvre les dispositions clefs des conventions pertinentes des Nations Unies contre le crime et la corruption », a-t-il enfin noté.


M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) a rappelé à son tour que la criminalité transnationale organisée alimente les conflits dans les pays du continent africain.  « La coopération internationale est indispensable pour réduire l’impact du trafic de stupéfiants et de la criminalité organisée et ses conséquences néfastes sur l’autorité de l’État ainsi que sur le développement socioéconomique », a-t-il ajouté, avant de rendre hommage à l’action de l’UNODC pour ce qui est du renforcement les institutions judiciaires des États là où elles sont trop faibles pour faire face aux problèmes qui se posent en matière de sécurité. 


M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a noté les répercussions qu’ont les actes de criminalité transnationale organisée sur la paix et la sécurité internationales, ce qui justifie que ce phénomène soit examiné par le Conseil de sécurité.  Il a estimé important, dans la lutte contre ces crimes, de détecter les conditions qui conduisent à la criminalité transnationale organisée et d’identifier celles qui la facilitent.  Il a souligné l’importance, à cet égard, de disposer de cadres juridiques et institutionnels suffisamment forts pour contrecarrer cette criminalité.  Le représentant a aussi rappelé le lien croissant entre criminalité organisée et terrorisme, soulignant que nombre de criminels ont des liens avec des groupes armés non étatiques.  À travers la coordination régionale, on pourra lutter contre ce fléau et ses conséquences sur la stabilité des pays et des régions, a-t-il espéré.  Il a exprimé l’appui du Portugal au rôle que joue l’UNODC pour renforcer les capacités des pays à lutter contre la criminalité organisée et à sensibiliser les opinions publiques sur cette question.  Le représentant a enfin rappelé que les enfants sont les plus touchés par ces activités criminelles, ce qui leur donne des raisons de se joindre aux groupes armés.  Les États Membres de l’ONU doivent également lutter contre la traite des personnes, en punissant les criminels, a-t-il demandé, avant de signaler que son pays participe aux efforts de lutte contre le trafic de drogues et la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest.


M.CHRISTOPHE EICK (Allemagne) a salué le rôle important que joue l’UNODC et ses initiatives en vue de faciliter la mise au point de stratégies et de mesures efficaces pour lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues.  Ces activités criminelles ont des impacts majeurs sur la stabilité et la sécurité internationales, a-t-il reconnu.  En ce qui concerne la lutte contre la menace de la drogue, il a noté que plusieurs pays n’ont pas de capacités suffisantes pour la mener efficacement et parvenir à éradiquer ce fléau.  L’UNODC a donc ici un rôle essentiel à jouer, a-t-il estimé.  Le représentant a aussi fait part de sa préoccupation quant à la violence associée au trafic de drogues.  La lutte contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues est aussi un facteur important de consolidation de la paix, a-t-il dit, saluant le rôle que joue la Commission de consolidation de la paix (CCP) à cet égard.  Il a espéré que la mise en œuvre des nouvelles stratégies de sécurité en Amérique centrale aura un impact positif sur la sécurité à tous les niveaux.  Avec nos partenaires de l’Union européenne, nous sommes favorables aux mécanismes nationaux et régionaux de lutte contre ces menaces, y compris les initiatives du G-8, a indiqué le représentant de l’Allemagne. 


M. LI BAODONG (Chine) a déclaré que ces dernières années la communauté internationale a progressé dans la lutte contre la criminalité organisée.  « Mais la production de stupéfiants et ses liens avec le terrorisme s’est accrue », a-t-il constaté, jugeant que les pays doivent mettre en place une stratégie complète de lutte contre la demande de drogues illicites. Pour le représentant, les pays développés doivent aider les pays en développement à promouvoir des économies alternatives, et le Conseil de sécurité de même que la Commission de consolidation de la paix (CCP) doivent accorder une plus grande importance à l’impact de la drogue sur le développement durable. 


M. NAWAF SALAM (Liban) a estimé nécessaire l’adoption d’une une perspective mondiale pour lutter efficacement contre des menaces à la paix et à la sécurité internationale que génèrent les ressources tirées des activités illicites des économies parallèles créées par les drogues qui prennent parfois le dessus sur les économies légales, « en particulier dans les pays dont les institutions sont faibles ».  Après avoir appelé à l’adhésion universelle aux conventions de l’ONU sur la drogue et le crime, et à un engagement ferme des États Membres à en appliquer les dispositions, le représentant a salué la création par l’UNODC et le Département des affaires politiques des Nations Unies d’une équipe spéciale de l’ONU sur la criminalité organisée.  « Cette mesure positive pourrait être utile pour appuyer les efforts onusiens de prévention des conflits », a-t-il estimé.


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a noté que la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues franchissent toutes les frontières et souligné que les pays en transition sont plus vulnérables à ces menaces.  Il a invité tous les États à mettre en place le cadre juridique et les mesures de répression nécessaires afin de lutter contre ces phénomènes.  Il les a aussi encouragés à adopter des mesures de prévention.  Les États ont aussi une responsabilité commune de lutte contre ces fléaux, a-t-il ajouté, se félicitant à cet égard de la coopération des États Membres avec l’UNODC.  La Bosnie-Herzégovine est déterminée à renforcer ses capacités judiciaires, législatives et exécutives en tant qu’État et à coordonner ses activités avec celles des pays voisins, a assuré M. Barbalić.  Il a indiqué que son pays met actuellement en œuvre sa stratégie de lutte contre la criminalité organisée, pour la période 2009-2012.  « La lutte contre cette criminalité est un combat sans fin », a-t-il relevé, appelant à renforcer les efforts dans les domaines de la prévention, du renforcement des cadres institutionnels et de l’état de droit.  Il en est de même en ce qui concerne la promotion de la coopération entre les États Membres, l’ONU et d’autres organisations internationales, a-t-il souligné.


Mme BÉATRICE LE FRAPER DU HELLEN (France) a relevé que, depuis février 2010, date de la dernière réunion du Conseil de sécurité sur le trafic de drogues et la criminalité transnationale organisée, plusieurs éléments sont venus renforcer ce qu’éprouvent les États.  Le rapport sur la mondialisation de la criminalité, publié en juin 2010, a montré comment le trafic de drogues et la criminalité transnationale organisée mettent en péril la gouvernance et la stabilité des États, a-t-elle noté.  L’argent de la drogue finance les activités criminelles d’organisations qui ont acquis des capacités opérationnelles d’une telle ampleur qu’elles deviennent largement supérieures aux capacités répressives des États concernés, a ensuite observé Mme Le Fraper.  Elle a rappelé que le Conseil de sécurité s’est, de nouveau, déclaré préoccupé de la montée en puissance du phénomène du trafic de drogues et de celui de la criminalité transnationale organisée en Guinée-Bissau.  Elle a également cité le cas de l’Afghanistan, ainsi que le conflit du Kirghizistan, qui a été notamment le résultat d’une lutte entre divers réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogues.  Elle a enfin indiqué que lors des travaux du G-8, à Paris, en mai 2011, 22 ministres chargés de la lutte contre la drogue ont été réunis, et que leur rencontre a débouché sur un plan d’action pour renforcer notamment les échanges d’information entre États et la coopération maritime.  Elle a conclu son intervention en exprimant le souhait que le Conseil de sécurité reste saisi de cette question.


M. FERNANDO ALZATE (Colombie) a constaté que l’ampleur de la criminalité transnationale organisée pousse les États à consacrer des ressources humaines et financières énormes pour faire face à ce fléau, alors que ces ressources pourraient être dévolues au développement.  Il a ensuite plaidé pour le renforcement de la coordination entre États et pour la mise en œuvre de la Convention de Palerme, qui est « un instrument important ayant créé des nouveautés sur le plan juridique, en particulier les dispositions liées à l’extradition et au blanchiment d’argent ».  Après avoir attiré l’attention sur l’importance qu’il y a de respecter le principe de la responsabilité partagée, le représentant a jugé impératif que l’Assemblée générale fasse des progrès sur la finalisation d’un traité sur le commerce des armes légères, « dont les effets destructeurs persistent sur tous les continents ». 


M. NESLON MESSONE (Gabon) a d’abord salué les initiatives annoncées récemment par le Directeur exécutif de l’UNODC dans son exposé.  Il a noté que la criminalité transnationale organisée déstabilise les régions et les États fragiles et entrave les efforts de consolidation de la paix, tandis que, dans les pays développés, les nouvelles technologies ont ouvert de nouveaux débouchés pour les trafiquants de drogue.  Dans ce contexte, M. Messone a plaidé pour que soient trouvées des réponses reposant sur l’échange d’information, le renforcement de l’assistance technique, et celui de la mise en œuvre des conventions pertinentes de l’ONU en vue d’intensifier la prévention du crime.


Reprenant la parole, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) a indiqué qu’il avait pris note des indications données par les intervenants en ce qui concerne les travaux futurs de l’Office, ainsi que du témoignage de confiance exprimé par les États membres du Conseil à son égard.  Il a remercié les gouvernements de ces États pour leur appui à l’UNODC et notamment pour leur soutien financier à l’Office.  « Nous dépendons des contributions volontaires des États Membres de l’ONU », a-t-il rappelé.  Dans les efforts de lutte contre la drogue, il s’est dit encouragé par la démarche équilibrée prônée par les États, en invitant à continuer la lutte contre les trafics illicites de stupéfiants, sans oublier l’aide qu’il faut apporter aux toxicomanes.  Il faut être patient et compréhensif en ce qui concerne leur situation, a-t-il dit.  Pour faire face aux criminels, notamment les grands chefs de cartels, il a suggéré d’adopter une attitude plus agressive à leur égard afin d’éviter que de nouvelles drogues n’arrivent sur le marché.  En ce qui concerne la lutte contre la traite des personnes, M. Fedotov a rappelé que l’Assemblée générale a adopté l’an dernier un programme d’action mondial sur cette question.  « Nous avons ainsi pu lancer des programmes pour aider les victimes de la traite, malgré nos ressources limitées », a-t-il dit.  Pour ce qui est du mécanisme d’examen par les pairs, il a indiqué que celui mis en place sur la question de la corruption fonctionne bien, et a espéré qu’il serait possible de mettre en place un tel mécanisme pour faire face à la criminalité transnationale organisée. 


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