06/06/2011
Conseil de sécurité
CS/10271

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Conseil de sécurité

6546e séance – après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ REND COMPTE DE SA DERNIÈRE VISITE EN AFRIQUE,

NOTAMMENT DANS LE FUTUR ÉTAT DU SUD-SOUDAN


Les membres du Conseil de sécurité ont entendu, cet après-midi, les exposés de leurs collègues qui ont effectué, du 19 au 26 mai dernier, une mission au Soudan et au Sud-Soudan, rencontrant les autorités du futur État, en Éthiopie, où elle a rencontré le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, et au Kenya, où il fut essentiellement question de la Somalie voisine.


Le représentant de la France, M. Martin Briens, a tout d’abord fait état des temps forts du segment de la mission à Addis-Abeba, dont son pays assurait la coordination.  Le lendemain de leur arrivée, les membres de la délégation ont rencontré leurs homologues du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, avec lesquels ils ont discuté des modalités de travail entre les deux institutions, de leur degré de coopération en matière de prévention et de règlement des conflits, ainsi que du maintien et de la consolidation de la paix.


À cette occasion, ils ont conjointement réaffirmé la responsabilité première du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et le mandat du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que les dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies sur le rôle des arrangements régionaux dans le règlement des différends.


La rencontre a permis d’aborder quatre thématiques d’intérêt commun, a précisé le représentant français: les situations en Libye, en Côte d’Ivoire, au Soudan et en Somalie.  Un communiqué final conjoint a pu être adopté à l’issue de la réunion, dans lequel les deux organes expriment leurs préoccupations et leurs priorités communes s’agissant de ces pays.  Reçus par le Premier Ministre éthiopien, M. Meles Zenawi, les membres du Conseil de sécurité ont pu discuter des situations au Soudan et en Somalie, ainsi qu’en Érythrée et en Libye.


La représentante des États-Unis, Mme Susan Rice, qui intervenait également au nom de son homologue de la Fédération de Russie, M. Vitaly Churkin, est revenue sur les trois objectifs de la partie de la mission qui s’est déroulée à Khartoum, au Soudan, et à Djouba, au Sud-Soudan: mettre fin aux combats à Abyei; encourager le Nord et le Sud à régler les questions en suspens d’ici au 9 juillet, date de l’accession à l’indépendance du Sud-Soudan; et mieux comprendre les besoins du futur pays vis-à-vis de la communauté internationale pour accéder à cette indépendance.


Mme Rice a regretté qu’il n’ait pas été possible pour la délégation de se rendre à Abyei, en proie à des combats.  Néanmoins, grâce aux informations récoltées lors de sa mission, le Conseil de sécurité a pu faire, le 3 juin dernier, une déclaration présidentielle dans laquelle il a exigé le retrait immédiat des forces gouvernementales soudanaises.


Faute d’avoir pu rencontrer le Ministre des affaires étrangères du Soudan, la délégation du Conseil s’est entretenue avec des fonctionnaires gouvernementaux, auxquels il a été demandé de régler la question des 800 visas encore en suspens.  « Le Gouvernement du Soudan s’est engagé à respecter les droits de ressortissants du Sud-Soudan vivant au Soudan », a affirmé la représentante américaine.


Mme Rice a précisé que la délégation avait également rencontré le Chef de l’Opération hybride Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD), M. Ibrahim Gambari, ainsi que le commandant de la force militaire qui y effectue « 160 patrouilles par jour, soit 70 de plus qu’en 2010 ».  La déléguée a mis l’accent sur la situation des réfugiés qui se trouvent dans les camps des personnes déplacées à l’extérieur de Khartoum, en évoquant des problèmes d’accès à l’éducation et à l’emploi.  Elle a précisé que ces déplacés avaient exprimé leur volonté de retourner dans le Sud en toute sécurité.


Après Khartoum, a poursuivi la représentante, la délégation s’est rendue au Sud-Soudan, où elle a eu l’occasion de s’entretenir avec des étudiants et des représentants de la société civile qui lui ont fait part de leur enthousiasme quant à l’accession à l’indépendance.  À Djouba, la mission a rencontré le Président, le Vice-Président et le Gouvernement du Sud-Soudan, avant d’exhorter toutes les parties à reprendre les négociations en vue de résoudre le différend d’Abyei. 


Elle a évoqué les regrets exprimés par le Gouvernement du Sud-Soudan s’agissant de l’attaque perpétrée par l’Armée populaire de libération du Soudan(SPLA) contre un convoi de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS).


Le délégué du Royaume-Uni, M. Mark Lyall Grant, a, quant à lui, présenté le compte rendu de la visite de la mission du Conseil à Nairobi, la capitale kényenne, où elle a rencontré des représentants du Gouvernement fédéral de transition somalien.  Au cours de cette entrevue, les membres du Conseil ont fait observer que les progrès accomplis sur le plan sécuritaire par la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et les forces nationales somaliennes dans certains secteurs du pays devaient maintenant se traduire par des progrès similaires sur le front politique.


Son homologue de l’Afrique du Sud, M. Baso Sangqu, est revenu sur les entrevues des membres du Conseil avec les responsables du Gouvernement kényen et les représentants du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie, de l’AMISOM, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et du Bureau d’appui de l’ONU pour la Mission de l’Union africaine en Somalie. 


Au cours de ces entrevues, l’accent a été mis sur la menace que fait peser sur la paix et la sécurité régionales la situation humanitaire le long de la frontière entre le Kenya et la Somalie, où se trouve le plus grand camp de réfugiés au monde, celui de Dadaab.


Les responsables kényens, a ajouté M. Sangqu, ont réitéré leur demande de porter le plafond des effectifs militaires de l’AMISOM à hauteur de 20 000 troupes et de bénéficier d’une assistance plus grande en matière de lutte contre la piraterie et d’aide aux réfugiés.  Plus généralement, il a été demandé de concevoir une stratégie globale qui prenne en compte les aspects sécuritaires, humanitaires et de développement de la situation dans le pays.


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