13/05/2011
Conseil de sécurité
CS/10251

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Conseil de sécurité

6535e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE L’OPÉRATION DES NATIONS UNIES EN CÔTE D’IVOIRE JUSQU’AU 31 JUILLET 2011


Le Conseil de sécurité a, ce matin, prorogé le mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) jusqu’au 31 juillet 2011.


Le Conseil de sécurité, par la résolution 1981 (2011), adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, a en outre autorisé le Secrétaire général à « proroger jusqu’au 30 juin 2011 le redéploiement temporaire de trois compagnies d’infanterie, d’une unité aérienne composée de deux hélicoptères militaires de transport et de trois hélicoptères armés avec leurs équipages ». 


Il le prie de lui présenter d’ici au 15 juin 2011 une « mise à jour de l’analyse des dispositions de coopération intermissions ainsi que des recommandations à ce sujet ».  Le Conseil a demandé, à cette fin, le soutien des pays qui fournissent des contingents militaires et du personnel de police.


Dans le préambule de la résolution, le Conseil de sécurité rappelle les dispositions de coopération intermissions envisagées et son intention d’autoriser le Secrétaire général à transférer temporairement, et dans la mesure des besoins, de nouveaux soldats de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) à l’ONUCI. 


Les représentants des États-Unis et de la France, qui se sont exprimés avant le vote de la résolution, ont tous deux mis l’accent sur la nécessité pour le Conseil de sécurité de stabiliser la sous-région. 


Au moment où la Côte d’Ivoire commence à sortir de la crise, il ne faut pas perdre de vue le Libéria à l’approche des élections, a ainsi souligné la déléguée des États Unis, ajoutant que la MINUL devait être entièrement équipée à cet effet.


Elle a insisté sur le fait que les moyens, y compris aériens, qui avaient été mis à la disposition de l’ONUCI par la MINUL devaient lui être restitués avant le 30 juin.  « Il ne faut en rien hypothéquer la situation fragile au Libéria tout en consolidant la paix fragile en Côte d’Ivoire », a-t-elle estimé.


Son homologue de la France a noté que la Côte d’Ivoire était, à l’heure actuelle, la source principale de déstabilisation dans la sous-région et, que, dans ce contexte, les renforts de la MINUL étaient essentiels.  Il a, toutefois, assuré que la MINUL devait continuer de disposer des moyens nécessaires dans le contexte de la sortie de crise amorcée il y a quatre ans au Libéria. 


De son côté, après le vote, le représentant de la Côte d’Ivoire, a exprimé sa satisfaction suite à l’adoption à l’unanimité de la résolution.  Il a précisé que si son pays était en passe de sortir de la crise, la situation en Côte d’Ivoire restait toujours volatile, en particulier dans l’ouest.  Par conséquent, il a demandé au Conseil de sécurité de faire preuve de flexibilité dans l’allocation des moyens nécessaires à l’ONUCI.


Texte du projet de résolution S/2011/299


Le Conseil de sécurité,


Rappelant ses résolutions antérieures, en particulier les résolutions 1980 (2011), 1975 (2011), 1968 (2011), 1967 (2011), 1962 (2010), 1951 (2010), 1942 (2010) et 1933 (2010), et les déclarations de son président relatives à la situation régnant en Côte d’Ivoire et dans la sous-région,


Rappelant les dispositions de coopération intermissions envisagées aux paragraphes 4 à 6 de sa résolution 1609 (2005) et au paragraphe 6 de sa résolution 1938 (2010), et rappelant également le paragraphe 1 de sa résolution 1968 (2011), les paragraphes 3 et 4 de sa résolution 1967 (2011) et le paragraphe 7 de sa résolution 1962 (2010),


Rappelant qu’il a l’intention d’envisager d’autoriser le Secrétaire général à transférer encore, temporairement et dans la mesure des besoins, des soldats de la Mission des Nations Unies au Libéria à la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire, et n’oubliant pas que la Mission des Nations Unies au Libéria doit avoir les moyens d’exécuter son mandat,


Rappelant la lettre du 11 mai 2011 (S/2011/297) dans laquelle le Secrétaire général a souligné le rôle essentiel que jouent les moyens transférés de la Mission des Nations Unies au Libéria à la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire dans les conditions difficiles qui règnent actuellement en Côte d’Ivoire,


Rappelant la lettre du 9 mai 2011 (S/2011/295) dans laquelle le Secrétaire général a expliqué qu’il fallait reporter du 31 mai au 30 juin la parution de son rapport final et, par voie de conséquence, proroger techniquement au 31 juillet 2011 le mandat de la Mission, en raison du retard de déploiement de la mission d’évaluation en Côte d’Ivoire,


Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,


1.    Décide de proroger au 31 juillet 2011 le mandat de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire fixé dans ses résolutions 1975 (2011), 1962 (2010) et 1933 (2010);


2.    Prie le Secrétaire général de lui présenter le rapport final visé aux paragraphes 18 et 19 de la résolution 1962 (2010) au plus tard le 30 juin 2010, et d’y faire figurer les constatations et recommandations issues de la mission d’évaluation déployée en Côte d’Ivoire qui concernent le mandat de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire;


3.    Décide d’autoriser le Secrétaire général, compte tenu du paragraphe 1 de la résolution 1968 (2011), des paragraphes 3 et 4 de la résolution 1967 (2011), du paragraphe 6 de la résolution 1962 (2010), de la résolution 1951 (2010) et des paragraphes 4 et 6 de la résolution 1609 (2005), à proroger jusqu’au 30 juin le redéploiement temporaire de trois compagnies d’infanterie, d’une unité aérienne composée de deux hélicoptères militaires de transport et de trois hélicoptères armés avec leurs équipages de la Mission des Nations Unies au Libéria à la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et prie le Secrétaire général de lui présenter d’ici au 15 juin 2011 une analyse actualisée des dispositions de coopération intermissions et des recommandations à ce sujet;


4.    Demande à cette fin le soutien des pays qui fournissent des contingents militaires et du personnel de police;


5.    Prie le Secrétaire général, comme suite au paragraphe 6 de la résolution 1980 (2011), de l’informer avant le 30 juin 2011, dans le rapport final visé au paragraphe 2 ci-dessus puis dans ses rapports ultérieurs sur la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et la Mission des Nations Unies au Libéria, de l’évolution des événements, des mesures prises et des efforts réalisés dans le cadre de la coordination entre la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et la Mission des Nations Unies au Libéria pour aider le Gouvernement ivoirien et le Gouvernement libérien à surveiller leur frontière et les régions voisines et de la façon dont les moyens transférés contribuent à ces activités en s’intéressant en particulier à tout mouvement transfrontière de combattants ou d’armes et, à cet égard, invite la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et la Mission des Nations Unies au Libéria, agissant chacune dans la limite de ses attributions, de ses capacités et de sa zone de déploiement, à aider respectivement le Gouvernement ivoirien et le Gouvernement libérien à désarmer ensemble les personnes qui mettent en péril la réconciliation nationale et la consolidation de la paix;


6.    Décide de rester activement saisi de la question.


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