09/05/2011
Conseil de sécurité
CS/10244

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Conseil de sécurité

6530e séance – après-midi


LIBYE: MME VALERIE AMOS DEMANDE UNE CESSATION DES HOSTILITÉS À MISRATA POUR PERMETTRE AUX POPULATIONS ASSIÉGÉES DE QUITTER LA VILLE


La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires demande aux États Membres d’appuyer financièrement les efforts d’assistance


La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos, a estimé, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, que la fourniture de l’assistance humanitaire en Libye devait être « distincte des activités militaires ».  La Coordonnatrice des secours d’urgence a également demandé aux parties de cesser, même temporairement, les hostilités, notamment à Misrata, afin de laisser partir les civils qui le souhaitent et de pouvoir dresser un état des lieux et des besoins humanitaires.


Dans son exposé sur la situation en Libye plus de deux mois après l’éclatement d’une crise ayant entraîné une intervention pour y protéger les civils menacés d’attaques, Mme Amos a assuré les membres du Conseil de sécurité que tout était fait, « grâce à des moyens civils », pour porter assistance et évacuer les blessés et les ressortissants étrangers.


La Secrétaire générale adjointe a indiqué qu’au 5 mai, 710 000 personnes, dont 263 000 ressortissants étrangers, avaient fui la Libye, et que quelque 6 000 autres étaient toujours retenues aux frontières avec l’Égypte, la Tunisie et le Niger. 


Mme Amos a par ailleurs souligné qu’à ce stade, les donateurs avaient alloué une aide de 150 millions de dollars pour répondre efficacement aux besoins humanitaires en Libye, soit moins de la moitié des fonds requis.  « Nous révisons actuellement l’appel éclair, dont le montant sera rendu public dans les prochains jours, et il faut s’attendre à ce que des ressources additionnelles soient demandées afin d’appuyer le nombre croissant d’activités humanitaires à l’intérieur du pays », a-t-elle expliqué.


La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires a expliqué qu’aujourd’hui, les agences humanitaires étaient d’abord préoccupées par le sort des populations vivant dans les zones de combat, à Misrata en particulier, qui est bombardée depuis le début du conflit.  Si des stocks d’aide sont encore disponibles dans la ville, certaines franges de la population locale commencent à manquer de nourriture, d’eau potable, d’équipements médicaux et d’autres biens de première nécessité, a-t-elle dit. 


Pour Mme Amos, le principal obstacle à l’acheminement et à la fourniture de l’aide est le pilonnage du port de Misrata, par lequel quelque 5 000 tonnes de biens humanitaires sont parvenus jusque-là.  C’est également du port de la ville que plus de 130 000 personnes, la plupart des ressortissants étrangers, ont pu être évacuées depuis le début de la crise, a-t-elle ajouté.  Toutefois, Mme Amos a estimé que la situation dans le port de Misrata ne justifiait pas une intervention militaire. 


La Coordonnatrice des secours d’urgence a en outre abordé la situation dans les régions montagneuses de l’ouest de la Libye, où le sort préoccupant des 750 000 personnes qui vivent dans ces zones a reçu, selon elle, une attention insuffisante.  Elle a ainsi rappelé que c’est à partir de ces régions que 50 000 personnes, confrontées aux pénuries de nourriture et de médicaments causées par les combats, avaient fui vers la Tunisie voisine. 


« De l’aide parvient jusqu’aux montagnes de Nafusa, mais de manière sporadique », a-t-elle relevé, ajoutant que le Programme alimentaire mondial (PAM) était présent sur place et que des organisations non gouvernementales (ONG) avaient pris le risque de s’aventurer dans les villes de Nalut et de Zintan pour y déployer une assistance médicale. 


« Je suis scandalisée qu’en dépit des demandes répétées du Secrétaire général et de la communauté internationale, les civils sont sous le feu dans ces zones de conflit », a déclaré Mme Amos.  Constatant que les appels aux parties à respecter le droit humanitaire international n’avaient pas été entendus, elle a exhorté celles-ci à cesser temporairement les hostilités à Misrata et dans toutes les autres zones de combats. 


« Un tel répit permettrait aux civils qui le souhaitent de partir et d’évaluer les besoins humanitaires », a-t-elle insisté.  La Secrétaire générale adjointe a ainsi demandé au Conseil de sécurité et à l’ensemble des États Membres d’exercer leur influence auprès des parties au conflit afin de faciliter l’instauration d’un tel cessez-le-feu temporaire, l’ONU finalisant un plan de facilitation en ce sens. 


Concernant Benghazi, qui est administrée par le Conseil national de transition, et les autres zones épargnées par les combats, Mme Amos a noté que si les besoins humanitaires n’y étaient pas urgents, les déplacements ont entraîné la formation d’abris spontanés dans l’est de la Libye qui accueillent à présent environ 60 000 déplacés. 


Mme Amos a par ailleurs constaté que l’application des sanctions contre les autorités de Tripoli avait pour effet néfaste d’entraver l’arrivée des biens commerciaux, ce qui, a-t-elle précisé, complique la fourniture de carburants, de médicaments et d’autres biens essentiels sur l’ensemble du territoire libyen.  La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires a ainsi prévenu que la situation actuelle dans le pays allait provoquer rapidement un accroissement des besoins en matière d’aide humanitaire, et ce pour les mois à venir. 


Mme Amos a conclu son intervention en répétant qu’elle comptait sur l’appui continu des États aux efforts humanitaires en cours en Libye ainsi que pour parvenir sans, délai, à une cessation temporaire des hostilités dans les zones affectées par des combats. 


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