03/05/2011
Conseil de sécurité
CS/10240

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Conseil de sécurité

6527e séance – après-midi


CONSEIL DE SÉCURITÉ: « UN CESSEZ-LE-FEU DOIT ÊTRE LE PREMIER PAS VERS LE RAPPROCHEMENT

ENTRE LES FORCES OPPOSÉES EN LIBYE », DÉCLARE L’ENVOYÉ SPÉCIAL DE BAN KI-MOON


Le Conseil de sécurité a entendu, cet après-midi, un nouvel exposé sur l’évolution de la situation en Libye, cela plus de deux mois après l’éclatement d’une crise qui a entraîné l’adoption par le Conseil de ses résolutions 1970 (2011) et 1973 (2011).  Dans sa résolution 1973, le Conseil avait autorisé une intervention en Libye, « en coopération avec le Secrétaire général, pour y protéger les populations et zones civiles menacées d’attaques, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen ».


L’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Libye, M. Abdul Ilah Mohamed Al-Khatib, est revenu cet après-midi sur ses dernières visites à Tripoli et à Benghazi, en mettant l’accent sur la nécessité que soit instauré immédiatement un cessez-le-feu, et ce, sans condition.  « Il doit être mis fin à l’assassinat de civils innocents, y compris des femmes et des enfants, et le cessez-le-feu demandé par la communauté internationale doit être une première étape vers le rapprochement entre les forces opposées en Libye », a-t-il souligné.


Au cours de son allocution, l’Envoyé spécial du Secrétaire général a d’abord indiqué, qu’à Tripoli, l’évolution de la situation avait été marquée par une attaque de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) contre le domicile du Colonel Mouammar Al-Qadhafi et de sa famille –attaque au cours de laquelle un des fils de ce dernier a été tué-, et par la mise à sac des locaux de l’ONU.  Sur ce dernier point, il a confirmé que le personnel de l’ONU, suite à ces attaques, avait été évacué.  M. Abdul Ilah Mohamed Al-Khatib a indiqué que le Gouvernement de la Lybie avait présenté ses excuses le 2 mai s’agissant de cet incident, en réaffirmant de plus le rôle important joué par les Nations Unies sur place, en particulier pour ce qui est de la fourniture de l’aide humanitaire.  Sur l’état de la situation dans ce domaine, l’Envoyé spécial du Secrétaire général a expliqué que, depuis le début du conflit, plus de 665 000 personnes avaient fui la Libye.  « D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 12 000 personnes, la plupart des ressortissants étrangers, ont été évacuées de la ville de Misrata, l’OIM estimant que 500 à 1 500 autres individus doivent encore être exfiltrés de cette agglomération assiégée », a-t-il ajouté.


M. Al-Khatib s’est ensuite attardé sur les visites qu’il a effectuées à Tripoli, le 17 avril, et à Benghazi, la ville actuellement administrée par le Conseil national de transition, organe de l’opposition libyenne, le 29 avril dernier.  Il a indiqué que, dans la capitale libyenne, il avait obtenu des autorités la signature d’un accord humanitaire autorisant l’accès des travailleurs humanitaires aux zones du pays les plus touchées par le conflit.  « À Benghazi, j’ai rencontré le Président du Conseil national, les membres de la communauté internationale, ainsi que des donateurs et le personnel humanitaire de l’ONU », a-t-il fait savoir, avant d’assurer qu’il a réitéré auprès des deux parties l’appel du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, à mettre pleinement en œuvre les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité.  « J’ai en ce sens exhorté les autorités libyennes à garantir l’accès humanitaire et l’acheminement de l’aide vers les populations qui sont dans le besoin, en particulier à Misrata, et j’ai demandé l’instauration d’un cessez-le-feu réel et vérifiable en tant que première étape d’un processus politique inclusif devant conduire à l’établissement d’un dialogue national », a encore indiqué M. Al-Khatib.  « Concernant Misrata, j’ai pressé le Gouvernement de mettre immédiatement fin à toutes ses actions militaires », a-t-il dit.


L’Envoyé spécial du Secrétaire général a souligné que les deux parties au conflit étaient favorables à l’instauration d’un cessez-le-feu, mais sous condition, les autorités libyennes exigeant la cessation des attaques de l’OTAN, tandis que le Conseil national de transition estime que la fin du conflit passe par le départ sans délai du pouvoir du Colonel Al-Qadhafi et de sa famille.  M. Al-Khatib a insisté sur le fait qu’un cessez-le-feu doit faire partie d’un ensemble de mesures prévoyant la levée du siège de Misrata et de Zintan; le retrait des forces militaires de toutes les villes; l’accès immédiat des travailleurs humanitaires aux personnes vivant dans les villes qui subissent des attaques; la libération des détenus; et la fourniture des produits essentiels et des biens de base sur tout le territoire.


Après avoir noté que le Gouvernement de la Libye a commencé à enquêter sur les événements ayant conduit à l’éclatement de la crise, comme le demandent les résolutions du Conseil de sécurité, il a indiqué que le Conseil national de transition demande pour sa part à être reconnu comme étant « le seul interlocuteur entre le peuple libyen et la communauté internationale ».  « Le Gouvernement libyen a requis que le gel des avoirs imposé par la résolution 1970 soit levé afin de pouvoir utiliser ces ressources pour répondre aux besoins de base du peuple libyen », a encore ajouté M. Al-Khatib.


L’Envoyé spécial du Secrétaire général en Libye a par ailleurs estimé que l’Union africaine (UA), agissant aux côtés des autres organisations régionales et internationales, avait un rôle potentiellement déterminant à jouer en vue de trouver une solution durable à la crise libyenne.  Il a assuré les membres du Conseil de sécurité qu’il continuerait, conformément au mandat qui lui a été confié, à travailler avec les États Membres et les organisations régionales afin d’unifier les efforts de paix en cours.  Notant à ce propos qu’il allait poursuivre ses consultations avec les autorités de Tripoli et avec celles installées à Benghazi dans les prochaines semaines, M. Abdul Ilah Mohamed Al-Khatib a jugé que le déploiement d’une présence de l’ONU et d’autres organisations d’assistance humanitaire dans cette dernière ville et l’accord humanitaire signé avec le Gouvernement de la Libye, le 17 avril, constituaient des étapes significatives vers une sortie de crise. 


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