09/02/2011
Conseil de sécurité
CS/10169

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6478e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE À TOUS LES ÉTATS MEMBRES DE RESPECTER L’ISSUE DU RÉFÉRENDUM

D’AUTODÉTERMINATION DU PEUPLE DU SUD-SOUDAN


Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Haile Menkerios, souhaite un règlement rapide des questions en suspens


Le Conseil de sécurité a demandé, cet après-midi, à tous les États Membres de respecter l’issue du référendum sur l’autodétermination du peuple du Sud-Soudan.  Dans une déclaration présidentielle, il s’est ainsi réjoui « de la perspective d’accueillir après le 9 juillet le Sud-Soudan parmi les membres de la communauté internationale ».


Le Conseil de sécurité, à l’issue d’un débat au lendemain de l’annonce officielle des résultats « dont il ressort que 98,83% des votants ont choisi l’indépendance », a également demandé à la communauté internationale de « soutenir sans réserve le peuple soudanais tout entier pour l’aider à bâtir un avenir pacifique et prospère ».


Lors du débat qui a précédé, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, M. Haile Menkerios, s’est félicité de l’acceptation, par décret du Président soudanais Omar Al-Bashir, des résultats du référendum du Sud-Soudan.  « De fait, le Gouvernement du Soudan est prêt à reconnaître la formation d’un Sud-Soudan indépendant à la fin de la période prévue pour la mise en œuvre de l’Accord de paix global, soit le 9 juillet 2011 », a-t-il dit. 


Saluant la portée « historique » de l’événement, et l’attitude « constructive, responsable et pacifique » des deux parties, M. Menkerios a exprimé le souhait que la bonne volonté qui a prévalu tout au long de la consultation perdurera afin qu’un accord soit rapidement trouvé sur les questions en suspens.


Le Président du Groupe du Secrétaire général pour l’appui aux référendums au Soudan, M. Benjamin Mkapa, a estimé lui aussi que le référendum représentait une étape majeure sur la voie d’une paix durable au Soudan, prévue par l’Accord de paix global.  Il a également noté l’« attitude décisive » du Président Omar Al-Bashir et du Vice-Président Salva Kiir Mayardit, « qui ont fait preuve de courage et d’engagement politique pour assurer le succès du référendum, élément clef, a-t-il rappelé, du processus de paix ».


Le Chef du Bureau de liaison de l’Union africaine au Soudan, M. Mahmoud Kane, qui s’exprimait au nom du Président du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan, M. Thabo Mbeki, a indiqué que le Groupe continuerait d’aider le peuple soudanais à réaliser ses objectifs dans les mois à venir, en facilitant notamment les négociations qui visent à régler les questions en suspens telles que le statut d’Abyei, la démarcation de la frontière Nord-Sud, les consultations populaires au Kordofan méridional et au Nil Bleu.  Le Groupe continuera également de faciliter les négociations entre les parties pour les arrangements postréférendaires.


Le représentant du Soudan a affirmé que son gouvernement avait respecté intégralement ses promesses et engagements au titre de l’Accord de paix global.  « La sécession ne signifie pas qu’il y aura rupture des liens et des relations », a-t-il dit.  « Tout au contraire, cette étape marque un nouveau départ basé sur une coopération étroite dans l’intérêt des deux parties. »  Il a en outre demandé au Conseil de sécurité de lever les sanctions économiques imposées à son pays.


Pour sa part, le Ministre de la coopération régionale du Gouvernement du Sud-Soudan, M. Deng Alor Kuol, a appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à reconnaître le moment venu les résultats du référendum afin d’appuyer l’établissement d’un État du Sud-Soudan indépendant le 9 juillet 2011, puis de le reconnaître et de l’accepter immédiatement sur la scène internationale. 


M. Kuol a par ailleurs souligné que son gouvernement souhaitait le maintien de la présence des Nations Unies après le 9 juillet prochain.  La Mission des Nations Unies devra se concentrer fortement sur le maintien de la paix et de la sécurité dans les régions frontalières, a-t-il précisé.


Parmi les membres du Conseil, la représentante des États-Unis a affirmé que ces images montrant des millions de participants au référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan avaient été une source d’inspiration pour le monde entier.


Les délégations ont, chacune, convenu que si le succès du référendum d’autodétermination était historique, il ne constituait cependant qu’une étape vers la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global.  Tous ont demandé qu’un accord soit conclu sur Abyei et les autres questions postréférendaires en suspens telles que la nationalité, la démarcation des frontières, la sécurité, les dettes et les actifs, le partage du patrimoine et la gestion des ressources naturelles. 


Préoccupés par la détérioration de la situation au Darfour, les délégués ont exprimé leur appui aux négociations en cours à Doha, au Qatar, et ont exhorté les groupes qui ne l’ont pas encore fait à se joindre au processus sans délai et sans condition préalable.


La représentante des États-Unis a insisté, de son côté, pour que l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) puisse mettre en œuvre son mandat, conformément aux dispositions du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. 


RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN


Déclarations


M. HAILE MENKERIOS, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, a indiqué que le jour de l’annonce des résultats du référendum du Sud-Soudan, le Président du Soudan, M. Omar Al-Bashir, avait signé un décret confirmant l’acceptation, par son gouvernement, de l’issue légitime du scrutin.  De fait, le Gouvernement du Soudan est prêt à reconnaître la formation d’un Sud-Soudan indépendant à la fin de la période prévue pour la mise en œuvre de l’Accord de paix global, soit le 9 juillet 2011, a-t-il ajouté.  Saluant la portée historique de l’événement, et l’attitude constructive, responsable et pacifique des deux parties, M. Menkerios a exprimé le souhait que la bonne volonté qui a prévalu tout au long de la consultation perdurera afin qu’un accord soit rapidement trouvé sur les questions en suspens.  Il a ainsi noté avec satisfaction les efforts consentis par les deux parties pour contenir les risques de violence dans la région d’Abyei et pour parvenir à une solution sur son statut d’ici à la fin du mois de mars 2011.  Le Représentant spécial en a profité pour féliciter le personnel de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), qui s’efforce chaque jour de faciliter les relations interethniques dans une zone de tension.  Concernant l’avenir de la présence des Nations Unies au Soudan, M. Menkerios a indiqué que le Gouvernement du Sud-Soudan avait déjà indiqué son intention de solliciter un appui de l’ONU dans les domaines de la consolidation de la paix, de la construction des institutions et de gestion des frontières.  Une première évaluation des besoins débutera très bientôt, a-t-il annoncé.  S’agissant de la présence de l’ONU dans le Nord, il a fait savoir que les Nations Unies et les autorités soudanaises discutaient des termes d’une coopération future visant à faciliter la mise en œuvre d’accords postréférendaires.


M. BENJAMIN MKAPA, Président du Groupe du Secrétaire général pour l’appui aux référendums au Soudan, a déclaré que la Commission sur le référendum du Sud-Soudan avait annoncé la semaine dernière les résultats finaux de la consultation.  « Près de 99% des votants ont opté pour la sécession du Sud », a-t-il dit.  M. Mkapa a estimé que le référendum représentait une étape majeure sur la voie d’une paix durable au Soudan, prévue par l’Accord de paix global, signé en 2005 par le Gouvernement du Soudan et le Mouvement de libération du peuple soudanais.  Après être revenu sur le mandat du Groupe, il a affirmé que les résultats de la consultation reflétaient la volonté du peuple du Sud-Soudan et le fait que le scrutin s’est déroulé de manière libre et équitable, attestant ainsi de sa crédibilité.  « La préparation et le déroulement du référendum ont été assurés de la manière la plus transparente », a-t-il déclaré, notant que les organisations de la société civile y avaient participé activement.  Il a ensuite reconnu que des incidents avaient pu perturber l’inscription des électeurs et que des éléments extérieurs s’étaient livrés à des actes d’intimidation contre les journalistes et des défenseurs des droits de l’homme.  « Aucun de ces incidents n’a cependant menacé directement la tenue du référendum ou sa crédibilité », a fait remarquer M. Mkapa.  « Je salue la contribution de la Commission du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan et de la MINUS ainsi que l’assistance précieuse apportée par les équipes de conseillers électoraux, les observateurs nationaux et internationaux et les donateurs », a-t-il ajouté.  M. Mkapa a également noté l’« attitude décisive » du Président du Soudan, M. Omar Al-Bashir et le Vice-Président, M. Salva Kiir Mayardit, « qui ont fait preuve de courage et d’engagement politique pour assurer que le succès du référendum, élément clef, a-t-il rappelé, du processus de paix ».  Concluant son intervention, l’ex-Président de la République-Unie de Tanzanie a appelé les parties à l’Accord de paix global à profiter de l’élan donné par ce succès pour régler par des moyens pacifiques les questions en suspens, en particulier le statut d’Abyei.


M. MAHMOUD KANE, Chef du Bureau de liaison de l’Union africaine au Soudan, qui s’exprimait par visioconférence au nom du Président du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan, M. Thabo Mbeki, a souligné que les peuples du Nord-Soudan et du Sud-Soudan avaient décidé de fermer le chapitre d’animosité et de conflit de leur Histoire.  Ils sont confiants qu’ils ne reprendront pas la guerre, a-t-il dit, félicitant les deux peuples et leurs dirigeants pour leur courage, leur détermination et leur engagement en faveur de la paix.  Il a lu la déclaration solennelle de l’Assemblée des Chefs d’État et de gouvernement des membres de l’Union africaine, adoptée il y a 10 jours à cet égard, dans laquelle elle souligne notamment que l’Afrique ne saurait permettre que le Soudan sombre à nouveau dans un conflit.


Le Groupe, a poursuivi M. Kane, continuera d’aider le peuple soudanais à réaliser ses objectifs dans les mois à venir, en facilitant notamment les négociations qui visent à régler les questions en suspens de l’Accord de paix global, comme le statut d’Abyei, la démarcation de la frontière Nord-Sud, les consultations populaires au Kordofan méridional et au Nil Bleu.  Il continuera également de faciliter les négociations entre les parties pour les arrangements postréférendaires.  Il s’est, à cet égard, dit heureux d’informer le Conseil de progrès importants en vue d’un règlement final de ces questions.


S’agissant de la question du Darfour, M. Kane a rappelé que le peuple de cette région continuait de demander un processus politique inclusif qui lui permettra de déterminer son propre avenir, y compris par le biais de négociations avec le Gouvernement du Soudan.  Il a souligné que lors de réunions successives du Forum consultatif Union africaine-ONU, en mai, juillet et novembre 2010, les deux organisations ainsi que d’autres partenaires internationaux avaient appuyé cette approche.  Conformément à une décision prise par l’Union africaine avec le peuple du Darfour il y a 15 mois, le processus politique débutera prochainement, en collaboration avec l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  Ce processus devrait aboutir à la tenue d’une conférence inclusive des peuples du Darfour qui engagera le Gouvernement du Soudan, a-t-il dit.  M. Kane s’est dit déterminé, avec le Chef de la MINUAD, M. Ibrahim Gambari, à faire en sorte qu’un accord politique global du Darfour soit conclu avant la fin de la période intérimaire de l’Accord de paix global, le 9 juillet 2011.


M. MAGID YOUSIF YAHYA ELHAG (Soudan) a déclaré que le Gouvernement du Soudan a honoré ses engagements, précisant que le Président Omar Al-Bashir a tenu ses promesses en respectant les résultats du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan ».  « Tous les membres de la communauté internationale devraient s’inspirer de la noblesse de cette attitude en faveur de la stabilité et d’une paix durable au Soudan ».  « Vous avez tous pu suivre la proclamation des résultats par la Commission sur le référendum du Sud-Soudan, à la date prévue et en présence de notre Président », a-t-il ajouté.  « Il s’agit là d’un des moments les plus importants et précieux de la mise en œuvre de l’Accord de paix global, a également estimé M. Elhag ».  Avec 98,9% des voix en faveur de la sécession, le résultat ne faisait l’objet d’aucune contestation, a-t-il dit, tout en plaidant pour l’établissement de rapports fraternels qui permettront la réalisation des aspirations aussi bien des habitants du Nord-Soudan que de ceux du Sud-Soudan. « Nous contribuerons à la création de ce nouveau pays, que nous aiderons dans les domaines de la formation, du renforcement des capacités, en prenant en compte l’intérêt des deux parties. » 


Le représentant a ensuite répété que le Gouvernement du Soudan avait respecté intégralement ses promesses et engagements au titre de l’Accord de paix global, « convaincu que la paix est l’option primordiale, l’emportant même sur celle de l’unité ».  « La sécession ne signifie pas qu’il y aura rupture des liens et des relations; tout au contraire, cette étape marque un nouveau départ basé sur une coopération étroite dans l’intérêt des deux parties ».  Après avoir salué la contribution de l’ONU à assurer la bonne tenue, étape par étape, de la consultation et, de manière générale, à la mise en œuvre de l’Accord de paix global, M. Elhag a assuré que le Gouvernement soudanais poursuivrait les efforts en cours en vue de trouver des solutions pacifiques aux problèmes restants, en premier lieu le statut de la région d’Abyei. « Il en va de l’avenir des deux plus grands groupes ethniques de cette région, véritable passerelle historique entre le Nord et le Sud ».  Le représentant du Soudan a par ailleurs souligné qu’en ce qui concerne le Darfour, son gouvernement s’attachait à mettre en œuvre, « en coopération avec la MINUAD », une « importante » stratégie pour la paix.  « Cette stratégie complètera les efforts de médiation et de paix déployés par le Qatar, l’Union africaine et l’ONU ».  Avant de conclure, il a demandé au Conseil de sécurité de lever les sanctions économiques imposées à son pays.  « Les sanctions économiques contribuent à l’instabilité et notre pays, libéré de ce fardeau, veut être en mesure d’aider le Sud à édifier la nation naissante », a-t-il assuré.


M. DENG ALOR KUOL, Ministre de la coopération régionale du Gouvernement du Sud-Soudan, s’est dit très reconnaissant de l’opportunité qui lui était offerte de s’adresser au Conseil de sécurité à la suite de l’annonce officielle des résultats définitifs du référendum du Sud-Soudan et de présenter les vues du Gouvernement du Sud-Soudan, au nom de son peuple tout entier.  Il a remercié la Présidente du Conseil de sécurité d’avoir organisé cette réunion, immédiatement après l’annonce des résultats.  Cela montre, a-t-il dit, l’appui continu de cet organe à la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global et de son engagement déterminé au maintien de la paix et de la stabilité au Soudan.  Le fait que le référendum ait pu se dérouler dans les délais prévus et de façon pacifique représente, à ses yeux, une réalisation historique dont il convient d’être fier.  Il témoigne non seulement des capacités à la fois des Nations Unies et du Gouvernement du Sud-Soudan, mais surtout d’une manifestation de la maturité et de l’engagement de tous les citoyens du Sud-Soudan à exercer leur droit à l’autodétermination.  « Nous pouvons maintenant dire avec confiance que notre peuple s’est exprimé, et qu’il a clairement voté pour établir un État indépendant au Sud-Soudan.


Le Gouvernement du Sud-Soudan, a ajouté M. Kuol, appelle le Conseil de sécurité et la communauté internationale à reconnaître en temps voulu les résultats du référendum afin d’appuyer l’établissement d’un État du Sud-Soudan indépendant le 9 juillet 2011, puis de le reconnaître et de l’accepter immédiatement sur la scène internationale.  Le Ministre a mis l’accent sur la nécessité désormais de finaliser la pleine mise en œuvre des dispositions restantes de l’Accord de paix global.  « Consolider une paix durable pour tous les citoyens du Sud-Soudan demeure notre priorité principale », a-t-il déclaré.  « Nous n’avons aucun intérêt à retourner aux hostilités et aux divisions du passé.  Notre souhait le plus sincère est de réaliser une coexistence pacifique entre le Nord et le Sud afin de permettre à nos peuples de vivre dans la paix et la sécurité. »


« Le Gouvernement du Sud-Soudan, au nom du peuple d’Abyei, regrette profondément que le référendum concernant l’avenir d’Abyei prévu par l’Accord de paix global n’ait pas eu lieu », a-t-il également affirmé.  Il est évident qu’une solution définitive et durable doit être trouvée rapidement à Abyei, a-t-il ajouté, précisant que son gouvernement était prêt à commencer à travailler immédiatement avec le Parti du congrès national pour l’aider à sortir de cette impasse.  Deux résultats sont possibles: soit la tenue d’un référendum conforme aux dispositions de l’Accord de paix global, soit un transfert d’Abyei vers le Sud par décret présidentiel.


M. Kuol a également mis l’accent sur la volonté de son Gouvernement de se préparer activement aux responsabilités de l’indépendance en poursuivant le travail portant sur la bonne gouvernance, la mise en place d’institutions et l’établissement d’une démocratie multipartite.  Le Gouvernement, a-t-il dit, a déjà créé un Comité technique chargé de réviser la Constitution provisoire du Sud-Soudan.  Il sera suivi d’une conférence constitutionnelle.  À l’issue de l’indépendance, le Gouvernement du Sud-Soudan formera un gouvernement de large unité nationale, promulguera une nouvelle constitution et programmera des élections nationales.  De même, le Gouvernement se portera candidat à l’adhésion aux organisations régionales et internationales pertinentes, et aux institutions financières internationales.  Il entreprendra un examen des traités, conventions et accords internationaux en vue d’y adhérer.  Il accordera une attention particulière aux instruments internationaux des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Naturellement, a-t-il poursuivi, le nouvel État respectera les principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que les droits et devoirs énoncés dans tous les instruments internationaux des droits de l’homme pertinents.


Le Ministre a en outre assuré que le Gouvernement du Sud-Soudan combattra avec vigueur la corruption et prendra les mesures nécessaires pour l’éradiquer.  « Le Sud-Soudan ne sera pas seulement un nouvel État, mais aussi une toute nouvelle démocratie », a conclu M. Kuol, précisant que cet engagement représentait la volonté du peuple du Sud-Soudan.


M. Kuol a par ailleurs souligné que le Gouvernement du Sud-Soudan souhaitait le maintien de la présence des Nations Unies après le 9 juillet prochain.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, espère participer à toutes les discussions pertinentes, à la fois officielles et non officielles, sur le mandat de cette présence onusienne.  Il a estimé qu’après juillet, la Mission des Nations Unies devra se concentrer fortement sur le maintien de la paix et de la sécurité dans les régions frontalières.  La présence des Nations Unies devra également fournir une assistance humanitaire aux réfugiés du Sud en provenance du Nord, a-t-il souhaité.  La communauté internationale devra assurer un appui continu.


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a affirmé que les photos montrant des millions d’électeurs participant au référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan avaient été une source d’inspiration pour le monde entier.  Elle a félicité, au nom du Gouvernement et du peuple des États-Unis, le peuple du Sud-Soudan pour le succès de ce référendum.  Le respect des résultats du référendum constitue le meilleur espoir pour éviter la reprise du conflit, a-t-elle fait observer.  Elle a indiqué que son pays appuyait l’intention de l’Union africaine de reconnaître les résultats du référendum.  La reconnaissance officielle des résultats du référendum sera essentielle, a-t-elle ajouté.  Mme Rice a rappelé, comme l’a annoncé le Président Barack Obama, que les États-Unis reconnaîtront le nouvel État du Sud-Soudan, le 9 juillet 2011.


La communauté internationale s’est unie pour appuyer le référendum et cette vaste unité a été essentielle pour assurer le succès du processus, a rappelé la représentante.  L’objectif est désormais de régler les questions en suspens, comme celle d’Abyei, a-t-elle ajouté.  Le statut d’Abyei, a-t-elle souligné, doit être réglé dans les plus brefs délais.  Mme Rice a demandé que les négociations sur cette question se poursuivent au plus haut niveau, en mettant l’accent sur l’urgence de trouver un accord pour sortir de l’impasse.  Elle a estimé que la situation demeurera instable au Soudan tant que cette question n’aura pas été réglée.  La représentante a déclaré que les États-Unis étaient fermement engagés en vue d’un règlement durable au Darfour.  Elle s’est dite très préoccupée par la dégradation de la situation humanitaire dans cette région.  Elle a condamné, dans les termes les plus fermes, les bombardements par les forces gouvernementales.  Mme Rice a insisté pour que la MINUAD puisse mettre en œuvre son mandat, conformément aux dispositions du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.  Le Gouvernement du Soudan doit rétablir la paix au Darfour, coopérer avec la MINUAD, assurer un accès humanitaire sans entraves aux populations et mettre en œuvre les dispositions de l’Accord de paix global et toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. 


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a qualifié le référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan de « processus libre, honnête et crédible, reflétant la volonté du peuple du Sud-Soudan, librement exprimée ».  Il s’agit d’un moment historique à mettre à l’actif de tous ceux qui ont contribué à sa réalisation, a-t-il ajouté.  Il faut respecter le choix exprimé, a-t-il rappelé, tout en faisant remarquer qu’il restait encore beaucoup à faire avant la mise en œuvre complète de l’Accord de paix global.  Les deux parties doivent s’entendre sur le statut de la région d’Abyei, la démarcation de la frontière, la nationalité et le partage des richesses, a-t-il précisé.  Le représentant du Royaume-Uni a estimé que la paix et prospérité seront tributaires d’une coopération soutenue entre le Nord et le Sud, avec lesquels la communauté internationale devra coopérer équitablement afin de consolider les relations amicales entre les deux parties.  Évoquant la situation au Darfour, « qui demeure très préoccupante », M. Grant a appelé les parties au conflit à cesser immédiatement les hostilités et à assurer l’accès sans entrave de la MINUAD et des institutions humanitaires aux populations dans le besoin.  Tous les groupes rebelles concernés doivent se rallier au processus de paix sans retard, a-t-il insisté, en rappelant que le Conseil de sécurité prendra des mesures contre ceux qui refuseront de le faire.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a affirmé que son pays reconnaissait les résultats du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan qui reflète bien la volonté du peuple de cette région.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de résoudre la question du statut d’Abyei et des questions postréférendaires.  Il sera essentiel, au cours de la période intérimaire, d’assurer la stabilité et c’est pourquoi, la Mission des Nations Unies doit y contribuer.  Une des tâches essentielles sera de trouver une solution au Darfour, a-t-il dit.  M. Churkin a appuyé le mécanisme de Doha visant à établir un accord-cadre sur le Darfour.  Ce processus est essentiel pour la suite et doit se fonder sur des bases mutuellement acceptables, a-t-il assuré.  Avant de conclure, le représentant de la Fédération de Russie a mis l’accent sur la nécessité pour les groupes qui ne l’ont pas encore fait à se rejoindre ce processus.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a estimé que les résultats du référendum annoncés par la Commission du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan le 7 février, montraient la volonté de l’ensemble du peuple sud-soudanais d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément aux termes de l’Accord de paix global.  Le Président de l’Afrique du Sud, M. Jacob Zuma, a-t-il ajouté, a salué ces résultats et exprimé sa volonté d’appuyer la création d’un État au Sud-Soudan, viable et indépendant.  À son tour, le représentant a noté avec satisfaction que le Président Omar Al-Bashir a accepté les résultats de cette consultation et qu’il a exprimé sa volonté de jeter les bases d’une coexistence pacifique entre les peuples du Nord et du Sud.  M. Sangqu a également salué le rôle décisif de la MINUS, de l’Union africaine et du Groupe d’experts du Secrétaire général dans la préparation et le déroulement du référendum.  « Ce succès représente une contribution cruciale à la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global », a-t-il déclaré.  Le représentant a ensuite appelé les parties à trouver sans délai une solution concernant le statut de la région d’Abyei et les autres questions en suspens « qui devront être résolues pacifiquement par le biais de mesures post-référendaires ». 


M. NAWAF SALAM (Liban) s’est félicité de l’initiative du Président du Soudan, M. Omar Al-Bashir, annonçant par un décret l’acceptation des résultats du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan et s’engageant à régler les questions en suspens de l’Accord de paix global.  Le représentant a souligné la nécessité de suivre de près ces questions, comme celle de la région d’Abyei.  Le représentant a espéré qu’un accord sur cette question aura un effet positif sur la situation au Sud-Soudan et que, de la même façon, un accord de paix au Darfour permettra d’assurer la stabilité dans l’ensemble du pays.  Sur cette dernière question, il a notamment mis l’accent sur l’importance du processus de Doha.  Il a également estimé nécessaire de ne pas fixer de dates définitives pour la fin des pourparlers de Doha. 


M. NESTOR OSORIO (Colombie) a salué la dimension historique des résultats du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, 98,83% des votants ayant choisi l’indépendance.  Il a lui aussi félicité tous ceux ayant contribué au succès du scrutin avant de rappeler que la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global se heurtait encore à de nombreux obstacles.  « Des questions de fond –nationalité, partage des richesses, sécurité, démarcation de la frontière et statut de la région d’Abyei- doivent être réglées pour assurer une paix durable entre les deux parties et leur permettre de bénéficier mutuellement de la stabilité », a estimé le représentant de la Colombie.  Il s’est dit encouragé par la récente rencontre entre le Président du Soudan, M. Omar Al-Bashir, et le Vice-Président, M. Salva Kiir Mayardit, qui a démontré, selon lui la volonté politique des deux bords de parvenir dans les plus brefs délais à un accord sur ces questions.  M. Osorio a également estimé que les Nations Unies devraient jouer un rôle clef dans la période qui s’annonce.  Un appui institutionnel et le renforcement des capacités sont indispensables pour répondre rapidement et efficacement aux besoins des Sud-Soudanais.  Concernant la situation au Darfour, il a souligné qu’il était nécessaire pour toutes les parties prenantes aux négociations de paix d’œuvrer de manière coordonnée, comme le prévoit le processus de Doha.


M. JOSÉ FELIPE MORAES CABRAL (Portugal) a affirmé que la détermination d’établir un État indépendant au Sud-Soudan avait été clairement exprimée par le peuple de cette région.  Après avoir souligné la réalisation politique et opérationnelle remarquable du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, il a noté que les objectifs établis par l’Accord de paix global n’étaient pas encore mis en œuvre et c’est pourquoi, les parties concernées doivent poursuivre les négociations dans un esprit de compromis et de coopération.


Le représentant a en outre mis l’accent sur la nécessité d’aboutir à un règlement du conflit au Darfour.  Une solution pacifique ne sera trouvée que si toutes les parties s’engagent véritablement à parvenir à un accord de paix global et inclusif.  Il a, à cet égard, appelé les groupes qui ne l’ont pas fait à se joindre au processus sans délai et sans conditions préalables et à cesser immédiatement les hostilités.


M. MANJEEV SING PURI (Inde) a affirmé que, sans la volonté politique et la collaboration entre les deux parties, la procédure n’aurait pas été aussi harmonieuse.  « Le référendum du Sud-Soudan marque sans conteste un jalon sur la voie de la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global », a-t-il ajouté.  À son tour, le représentant de l’Inde a appelé les parties à régler les questions en suspens et à préparer au mieux les consultations à venir.  Réagissant aux violences dans la région du Nil Bleu, il a estimé que la volonté de promouvoir la paix et stabilité affichée doit perdurer pour inverser la tendance.  « La communauté internationale doit aider à l’édification de la nouvelle nation au Sud-Soudan, en concentrant son action sur la mise en place des institutions, qui est le moyen le plus efficace de contenir les risques de reprise des violences », a-t-il préconisé.  Le représentant a en outre indiqué que l’Inde investissait près d’un milliard de dollars par an pour renforcer le secteur des capacités civiles « au nord comme au sud du Soudan ».  « Nous sommes prêts à assister davantage si cela s’avère nécessaire, avec la communauté internationale qui, selon lui, doit faire un effort en réduisant la dette du Soudan ».  S’agissant de la situation « précaire » qui prévaut au Darfour, il a appelé tous les groupes rebelles à participer au processus de Doha « sans retard, ni condition ».


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine), qui s’est félicité du succès du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, a mis l’accent sur la nécessité de régler l’ensemble des questions en suspens de l’Accord de paix global.  Il s’est dit encouragé par les efforts de la communauté internationale et les Nations Unies pour envisager ce qui doit être fait après le référendum, notamment pour renforcer la coopération entre le Nord et le Sud.  Sa délégation, a indiqué M. Barbalić, est préoccupée par le fait que les parties n’aient pas encore trouvé d’accord sur la question d’Abyei.  La Bosnie-Herzégovine souligne aussi qu’une solution juste et durable devrait être trouvée au Darfour.  Le représentant a appelé les parties à se joindre au processus de paix de Doha sans délai et sans conditions préalables.  Il a en outre demandé au Gouvernement soudanais s’assurer l’ordre public au Darfour.


M. ALFRED MOUNGARA MOUSSOTSI(Gabon) a déclaré que l’annonce des résultats définitifs du référendum, le lundi 7 février, marquait l’aboutissement d’un long processus politique au cours duquel les autorités tant du Nord que du Sud ont fait preuve de retenue et d’engagement en faveur de la paix au Soudan.  Le représentant a estimé que la déclaration du Président Omar Al-Bashir, dans laquelle il reconnaît les résultats proclamés par la Commission du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, méritait d’être saluée.  Le représentant s’est également félicité des engagements pris par le Vice-Président Salva Kiir Mayardit d’œuvrer aux côtés du Gouvernement soudanais dans l’intérêt réciproque du Nord et du Sud.  Il a par ailleurs invité les deux parties à faire les concessions « courageuses et nécessaires », susceptibles de faire aboutir le processus politique sous-jacent au règlement des questions en suspens.  Appelant les parties à l’Accord à donner les garanties essentielles pour rassurer les populations de sudistes vivant dans le Nord et de nordistes vivant dans le Sud, le représentant a ensuite évoqué la situation au Darfour, qui continue d’exiger la mobilisation de la communauté internationale.  Il a souligné qu’il était important de maintenir la pression sur toutes les parties, notamment celles qui refusent de rejoindre les négociations de Doha.


M. GÉRARD ARAUD (France) s’est félicité de l’engagement dont les deux parties ont fait preuve lors du processus du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan et a salué le peuple soudanais pour la maturité qu’il a manifestée lors de cet événement historique.  Beaucoup reste néanmoins à faire pendant la période intérimaire d’ici au 9 juillet prochain, a-t-il dit, soulignant notamment la nécessité de trouver une solution durable concernant Abyei et les modalités d’une cohabitation des populations qui s’y trouvent.  Les questions postréférendaires en suspens doivent être également résolues, a-t-il dit.  Le représentant a estimé qu’une nouvelle mission des Nations Unies devrait être établie au Sud-Soudan pour consolider la paix dans la région.  Au Nord, le maintien d’une cellule de l’actuelle MINUS serait précieux pour assurer le suivi de l’Accord de paix global.  Il permettrait aussi d’assister les deux « nouveaux voisins » dans l’établissement de leurs relations bilatérales, a-t-il dit.


Attirant l’attention sur la dégradation actuelle de la situation humanitaire au Darfour, le représentant de la France s’est interrogé sur les véritables intentions de certaines parties au conflit.  Il a néanmoins jugé encourageante l’évolution des pourparlers de Doha et appelé les groupes qui ne l’ont pas fait à se joindre sans tarder et sans condition à ce processus.  M. Araud a conclu son intervention en insistant sur le fait qu’il ne pourrait y avoir de paix au Darfour sans justice. 


Mme JOY OGWU (Nigéria) a estimé que les résultats définitifs du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan reflétaient la volonté exprimée par le peuple de cette région.  « La proclamation et l’acceptation par tous des résultats du scrutin préparent la voie à la proclamation officielle d’un nouvel État, que nous devrions accueillir à l’ONU et à l’Union africaine le 9 juillet prochain », a-t-elle dit.  Concernant les questions postréférendaires, Mme Ogwu a considéré que les parties, « inspirées par le succès du référendum », devraient trouver rapidement des solutions de compromis, en particulier sur le statut de la région d’Abyei, de la nationalité, de la sécurité ou encore de la démarcation de la frontière et du partage des richesses.  « Le Conseil de sécurité et communauté internationale doivent manifester une solidarité qui sera mise à l’épreuve du montant de l’aide qui sera fournie, demain, à la nation naissante », a également estimé la représentante.  Concernant la situation au Darfour, elle a appelé l’ensemble des groupes rebelles à s’engager pleinement « sans délai et sans condition » dans le processus de paix de Doha.


M. LI BAODONG (Chine) a affirmé que son pays respectait la volonté et le choix du peuple du Sud-Soudan.  Le référendum du 9 janvier représente une étape cruciale mais ne constitue pas la fin du parcours, a-t-il dit.  Le Conseil de sécurité devra, a estimé le représentant, établir des priorités claires en temps opportun.  Il a appelé à la mise en œuvre de l’Accord de paix global.  Le représentant de la Chine a rappelé que le mandat de la MINUS prendra fin à la fin du mois d’avril et que le Conseil de sécurité devra prendre une décision sur son avenir.  La Chine estime, à cet égard, que les vues des parties devront être pleinement prises en considération, a-t-il déclaré.  Sa délégation, qui suit attentivement les pourparlers de Doha, souligne qu’il est impératif qu’un accord de paix global soit conclu rapidement au Darfour.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a estimé qu’après l’annonce des résultats officiels du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, « il faudrait s’attacher à consolider la paix et à renforcer les capacités du nouvel État sud-soudanais ».  La coopération entre le Nord et le Sud doit se faire de bonne foi, a-t-il rappelé, en faisant remarquer que l’Afrique avait tout à gagner des nouvelles relations pacifiques entre les deux parties.  M. Wittig a également appelé les parties à l’Accord de paix global à régler les questions en suspens, en particulier celles relatives à la nationalité, au statut de la région d’Abyei, à la démarcation de la frontière et au partage des richesses.  De l’avis de sa délégation, le Conseil de sécurité devra continuer à assumer ses responsabilités en contribuant à l’indépendance et au développement du Sud-Soudan.  S’agissant du Darfour, le représentant de l’Allemagne a demandé au Gouvernement du Soudan et à tous les groupes au Darfour à assurer un accès sans entrave à la MINUAD.  Un accord de cessez-le-feu doit être conclu, car le peuple du Darfour a droit à la paix immédiatement, a-t-il souligné avant de conclure. 


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a félicité les parties à l’Accord de paix global d’avoir accepté les résultats du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan et de leur engagement à les respecter.  Ce référendum, a-t-elle précisé, n’est qu’une étape vers la paix, la stabilité et le développement au Soudan.  Elle a ainsi encouragé les parties à l’Accord de paix global à régler les questions en suspens et les arrangements postréférendaires dans le même esprit de coopération que celui ayant présidé à la tenue du référendum.  Les Nations Unies, pour leur part, doivent continuer à fournir une assistance en vue d’assurer une transition souple pendant la période intérimaire.


Les options qui devront être tracées pour l’avenir de la présence des Nations Unies au Soudan devront prendre en compte l’interdépendance entre la sécurité et le développement, qui s’est si clairement exprimée lors des différents conflits au Soudan, a-t-elle estimé.  La mise en place des institutions et un appui solide au développement seront nécessaires au Sud-Soudan, a-t-elle dit, précisant que la Commission de consolidation de la paix (CCP) pourrait jouer à cet égard un rôle important.


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité se félicite de l’annonce par la Commission du référendum du Sud-Soudan, le 7 février, des résultats définitifs du référendum d’autodétermination du peuple du Sud-Soudan, dont il ressort que 98,83% des votants ont choisi l’indépendance.  Le Conseil demande à la communauté internationale de soutenir sans réserve le peuple soudanais tout entier pour l’aider à bâtir un avenir pacifique et prospère.


Le Conseil adresse ses félicitations aux parties à l’Accord de paix global et au peuple soudanais, dont l’attitude a rendu possible le bon déroulement du référendum, dans des conditions pacifiques, et rend hommage à la Mission des Nations Unies au Soudan pour sa contribution à cette consultation.


Le Conseil accueille avec une vive satisfaction les déclarations faites le 7 février par le Président Omar Al-Bashir et le Vice-Président Salva Kiir, dans lesquelles ils ont signifié leur acceptation des résultats définitifs du référendum.  Il demande à tous les États Membres de respecter l’issue du référendum et se réjouit à la perspective d’accueillir après le 9 juillet le Sud-Soudan parmi les membres de la communauté internationale.


Le Conseil apprécie le travail accompli, sous la direction du Président Benjamin Mkapa, par le Groupe du Secrétaire général pour l’appui aux référendums au Soudan.  Il salue la détermination avec laquelle les parties à l’Accord de paix global ont travaillé à la mise en œuvre de celui-ci, détermination dont témoigne le soutien qu’ils ont apporté au déroulement en temps voulu d’un référendum crédible.  Il souligne que l’application intégrale et en temps voulu de l’Accord de paix global est une condition essentielle de la paix et de la stabilité au Soudan et dans la région et de la coopération future entre le Nord-Soudan, le Sud-Soudan et la communauté internationale.


Le Conseil a conscience que le processus prévu par l’Accord de paix global constitue un cas exceptionnel et ne suffit pas à établir un précédent.


Le Conseil réaffirme son soutien à l’action menée par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et par le Président Thabo Mbeki, qui en dirige les travaux; il note les engagements pris par les parties à l’Accord de paix global lors de la rencontre organisée le 27 janvier par la présidence et encourage celles-ci à poursuivre assidûment leurs efforts en vue de la conclusion rapide d’un accord.  Le Conseil se déclare de nouveau vivement préoccupé par le fait qu’un accord n’est pas intervenu au sujet d’Abyei, et souligne qu’il importe au plus haut point de poursuivre la mise en œuvre de l’Accord de paix global.  Il engage instamment les parties à s’entendre rapidement au sujet d’Abyei et des autres questions cruciales, notamment la démarcation de la frontière, les dispositions en matière de sécurité, les questions de nationalité, les dettes et les actifs, les questions monétaires, le partage du patrimoine et la gestion des ressources naturelles.  Il se félicite du lancement d’un processus de consultation populaire dans l’État du Nil Bleu et souligne qu’il importe que des processus de consultation populaire largement ouverts et crédibles se déroulent sans tarder dans les États du Nil Bleu et du Kordofan méridional, comme le prévoit l’Accord de paix global.


Le Conseil déplore vivement les incidents meurtriers qui ont eu lieu du 3 au 5 février dans l’État du Haut-Nil.


Le Conseil souligne que les parties à l’Accord de paix global doivent prévenir de nouveaux incidents et promouvoir le calme, notamment en donnant rapidement aux gens de toutes nationalités qui vivent au Soudan, dont les Soudanais du Sud qui vivent dans le Nord et les Soudanais du Nord qui habitent le Sud, l’assurance durable que leurs droits, leur sécurité et leurs biens seront respectés.  Il demande instamment aux parties à l’Accord de paix global de remplir leurs obligations.


Le Conseil se déclare de nouveau vivement préoccupé par la recrudescence de la violence et l’aggravation de l’insécurité au Darfour, notamment par les violations du cessez-le-feu, les attaques lancées par des groupes rebelles et les bombardements des forces aériennes du Gouvernement soudanais, qui ont récemment réduit environ 43 000 civils au sort de déplacés, ainsi que par l’enlèvement, le 13 janvier, de trois membres du Service d’aide humanitaire aéroportée des Nations Unies.  Il redit l’importance qu’il attache à ce que cesse l’impunité et à ce que les responsables des crimes commis au Darfour soient traduits en justice.  Il réaffirme son soutien à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et demande instamment à toutes les parties de faire en sorte que la MINUAD ait accès pleinement et sans entrave à l’ensemble de la zone de la Mission, et de permettre au personnel des organismes d’aide humanitaire de prêter assistance à toutes les populations qui en ont besoin.


Le Conseil réaffirme son soutien au processus pour la paix au Darfour qui se déroule sous l’impulsion conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies avec le concours du Qatar en tant que pays hôte, ainsi qu’à l’action de M. Djibril Bassolé, Médiateur en chef conjoint, et réaffirme également son attachement aux principes qui guident les négociations.  Il se félicite de la présence à Doha du Mouvement pour la justice et l’égalité et du Mouvement pour la libération et la justice, et engage vivement les autres mouvements rebelles à se joindre au processus de paix sans plus tarder et sans poser de conditions, et toutes les parties à agir avec la volonté de conclure d’urgence un accord global.


Le Conseil mesure l’intérêt que peut présenter un processus de paix basé au Darfour, qui viendrait compléter le processus de Doha, et souligne que le lancement d’un tel processus nécessiterait l’instauration de conditions favorables dans l’ensemble du Darfour.  Il demande au Secrétaire général de lui présenter avant la fin de février un rapport sur les questions soulevées par l’éventualité d’un processus de paix basé au Darfour, y compris l’instauration de conditions propices.


Le Conseil réaffirme qu’il importe que les femmes participent davantage aux processus de paix au Soudan.  Il entend continuer de suivre attentivement l’évolution de la situation au Soudan, Darfour compris.


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