08/02/2011
Conseil de sécurité
CS/10168

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6477e séance – matin


MME CATHERINE ASHTON RÉAFFIRME L’ENGAGEMENT DE L’UNION EUROPÉENNE EN FAVEUR

D’UN PARTENARIAT ÉTROIT AVEC LES NATIONS UNIES, QUE RENFORCERA LE TRAITÉ DE LISBONNE


L’Union européenne, assure-t-elle, appuiera les processus de transition en cours en Afrique du Nord


Invitée par le Conseil de sécurité à s’exprimer, ce matin, dans le cadre d’un débat sur la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, a placé son intervention sous le signe de l’actualité.


La responsable de la diplomatie de l’Union européenne s’est en effet attardée sur la situation en Tunisie et en Égypte, sur les résultats de la quarante-septième Conférence de Munich sur la sécurité -au cours de laquelle elle a présidé une réunion du Quatuor pour le Moyen-Orient- et sur le référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan.  Mme Ashton a également commenté les derniers développements en Côte d’Ivoire, rappelant combien le partenariat entre l’Union européenne et l’ONU était vital pour faire progresser les initiatives de paix et de sécurité internationales.  Elle a en outre jugé que la pleine application du Traité de Lisbonne, entré en vigueur en décembre 2009 pour améliorer le fonctionnement de l’Union européenne, devrait contribuer à renforcer l’efficacité de ce partenariat. 


« Un nombre considérable de pays demandent plus de liberté et de démocratie », a d’abord commenté Mme Ashton, en se référant aux événements survenus en Afrique du Nord.  Soulignant que les manifestations qui ont lieu dans la région reflétaient la volonté des peuples de pouvoir participer à la vie politique de leur pays et de bénéficier des résultats du développement économique, elle a rappelé que, pour l’Union européenne, la réalisation de leurs aspirations « légitimes » passait « par le dialogue, des réformes et des élections libres et équitables ».  Elle a indiqué que l’Union européenne allait proposer un appui pratique aux processus de transition en cours et qu’elle avait déjà eu des discussions sur ce sujet avec le Ministre tunisien des affaires étrangères.  « Je me rendrai, dès la semaine prochaine dans la région, pour clarifier comment l’Union européenne pourrait apporter son aide », a-t-elle fait savoir.


Mme Ashton a en outre rappelé la position commune des 27 membres de l’Union européenne sur le conflit israélo-arabe.  Faisant référence à la Conférence de Munich, qui s’est achevée dimanche 5 février, elle a énuméré les paramètres « bien connus » de la paix dans la région, à savoir « la réalisation de la solution de deux États, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, avec un État palestinien souverain, indépendant, démocratique sur la base des frontières de 1967 et ayant Jérusalem pour capitale ».  « Notre position sur cette question et sur celles qui y sont associées, notamment la question des activités de colonies de peuplement, demeure inchangée », a-t-elle affirmé, indiquant qu’une réunion de suivi se tiendra bientôt à Bruxelles et que le Quatuor, également dans les prochains jours, rencontrera séparément les négociateurs des deux parties.


« L’Union européenne a contribué à l’organisation du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan en déployant une importante mission d’observation et, aux côtés des Nations Unies, elle continuera à travailler avec le Nord et le Sud en vue de développer des institutions démocratiques viables », a-t-elle ensuite assuré, en précisant l’action commune de l’ONU et de l’Union africaine en Afrique. 


De même, elle a mis en exergue la concordance de vues entre l’Union européenne, les Nations Unies et l’Union africaine pour ce qui est de la crise politique en Côte d’Ivoire, rappelant que l’Union européenne reconnaît le Président Alassane Ouattara comme étant le seul vainqueur des élections.  L’Union européenne, a-t-elle ajouté, a adopté des sanctions ciblées contre des entités et des individus proches de l’ancien Président Laurent Gbagbo, afin de convaincre ce dernier d’accepter les résultats de l’élection.


Mme Ashton a par ailleurs appelé les membres du Conseil de sécurité à investir davantage dans le domaine de la prévention des conflits.  Dans leurs déclarations, les membres du Conseil ont salué unanimement la contribution de l’Union européenne à la paix et à la sécurité internationales.  Pour sa part, la représentante des États-Unis, Mme Rosemary DiCarlo, a souligné l’importance d’un partenariat devenu nécessaire pour appréhender des questions « toujours plus complexes ». 


Les deux pays à la fois membres permanents du Conseil de sécurité et membres de l’Union européenne, la France et le Royaume-Uni, ont quant à eux mis l’accent sur l’influence et l’importance des moyens dont dispose l’Union européenne pour faire entendre sa voix et peser sur les événements.


« L’Union européenne est un acteur politique de premier plan, une réalité que la mise en œuvre du Traité de Lisbonne n’a fait que renforcer », a déclaré l’Ambassadeur Gérard Araud, de la France.  Notant que « l’Union européenne joue tout son rôle dans la gestion des crises de ce monde », il a ajouté qu’avec 60% de l’aide versée par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Europe était le premier donateur de l’aide publique au développement (APD).  De son côté, le représentant du Royaume-Uni a estimé que l’Union européenne avait un rôle unique à jouer, « car elle dispose d’importants moyens d’influence politique et de déploiement militaire ou humanitaire ».  « Elle est présente de l’Afghanistan aux Balkans, où elle associe ses actions à celles du Conseil de sécurité pour améliorer la situation sur le terrain, pour prévenir les conflits ou leur résurgence », a salué l’Ambassadeur Mark Lyall Grant. 


Les représentants de la Bosnie-Herzégovine, pays candidat à l’intégration à l’Union européenne, et de l’Inde ont estimé que l’Union européenne devrait continuer de faire entendre sa voix dans le monde multipolaire d’aujourd’hui, marqué par la « montée en puissance » de la diplomatie préventive. 


Lors du troisième Sommet Afrique-Union européenne, a rappelé, quant à lui, le représentant de l’Afrique du Sud, M. Baso Sangqu, les dirigeants de l’Union africaine et de l’Union européenne avaient reconnu la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des recommandations -y compris celles relatives au financement-, du rapport Prodi concernant les moyens pratiques de soutenir efficacement l’Union africaine lorsqu’elle mène des opérations de maintien de la paix autorisées par les Nations Unies.


COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS RÉGIONALES ET SOUS-RÉGIONALES AUX FINS DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES


Union européenne


Déclarations


Mme CATHERINE ASHTON, Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a évoqué d’emblée la situation en Afrique du Nord, « où un nombre considérable de pays demandent plus de liberté, plus de démocratie et de responsabilité ».  Elle a souligné que les manifestations qui ont lieu dans la région reflétaient le souhait des peuples de pouvoir participer à la vie politique de leur pays, de jouir des libertés les plus fondamentales et de bénéficier du développement économique.  Mme Ashton a rappelé que vendredi dernier, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne avaient salué l’expression pacifique et digne des peuples tunisien et égyptien de leurs aspirations sociales, économiques et démocratiques légitimes, « qui sont en accord avec les valeurs que promeut l’Union européenne à travers le monde ».  « Notre position commune est claire, les aspirations démocratiques des citoyens doivent être réalisées par le biais du dialogue, de réformes politiques et d’élections libres et équitables », a-t-elle déclaré.  Mme Ashton a ajouté que l’Union européenne proposerait un appui pratique aux processus de transition en cours, annonçant qu’elle avait déjà eu des discussions sur ce sujet avec le Ministre tunisien des affaires étrangères et qu’elle se rendrait dès la semaine prochaine dans la région « pour clarifier comment l’Union européenne pourrait apporter son aide ».


La Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a ensuite indiqué qu’au cours du week-end dernier, elle avait présidé, à Munich, une réunion du Quatuor sur la situation au Moyen-Orient.  Elle s’est félicitée de l’accord auquel sont parvenus les membres du Quatuor sur la voie à suivre afin de relancer les négociations entre Israéliens et Palestiniens.  Elle a ainsi fait savoir qu’une réunion de suivi se tiendrait bientôt à Bruxelles et que le Quatuor, également dans les prochains jours, rencontrerait séparément les négociateurs des deux parties.  « Nous avons également décidé de nous rencontrer de nouveau au niveau ministériel en mars, pour maintenir l’élan actuel », a-t-elle ajouté.  Mme Ashton a rappelé les paramètres « bien connus » de la paix dans la région, à savoir la réalisation de la solution de deux États, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, avec un État palestinien souverain, indépendant, démocratique sur la base des frontières de 1967 et ayant Jérusalem pour capitale.  « Notre position sur la question et celles qui y sont associées, notamment la question des activités de colonies de peuplement, demeure inchangée », a-t-elle affirmé.  Mme Ashton a en outre signalé que lors de sa dernière visite dans la région, elle avait confirmé que l’Union européenne allouerait un « ensemble de mesures financières d’un montant de 100 millions d’euros destinés à renforcer la création de futur État palestinien ».  « J’ai évoqué ce nouveau plan avec le Premier Ministre de l’Autorité palestinienne, M. Salam Fayyad », a-t-elle fait remarquer.  Concernant la situation à Gaza, elle a indiqué qu’elle avait proposé un ensemble de mesures d’appui en vue de faciliter la circulation des biens et des personnes, l’objectif de l’Union européenne restant à terme » l’ouverture inconditionnelle de tous les points de passage, tout en tenant compte des exigences légitimes d’Israël en matière de sécurité ».  Concernant l’Iran, Mme Ashton a assuré que l’Union européenne, « en dépit des déceptions diplomatiques », réitérait son engagement à trouver une issue à la crise par la voie du dialogue.  « Nos mesures pratiques restent sur la table », a-t-elle dit.


Pour ce qui est des questions africaines, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a d’abord salué le déroulement pacifique du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, qui s’est tenu le 9 janvier dernier.  Elle a également demandé aux autorités soudanaises de continuer à faire preuve de volonté politique en vue de mettre pleinement en œuvre l’Accord de paix global et de trouver une solution aux questions en suspens.  « L’Union européenne a contribué à l’organisation du référendum en déployant une importante mission d’observation et, aux côtés des Nations Unies, continuera à travailler avec le Nord et le Sud, en particulier en vue de développer des institutions démocratiques viables », a-t-elle souligné. 


S’agissant de la Côté d’Ivoire, Mme Ashton a réaffirmé l’appui de l’Union européenne aux efforts de médiation menés par l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi que son soutien à l’ONUCI.  « L’Union européenne reconnait le Président Alassane Ouattara comme étant le seul vainqueur des élections et elle a adopté des sanctions ciblées contre des entités et des individus proches de l’ancien Président Gbagbo, afin de convaincre ce dernier d’accepter les résultats de l’élection ». 


« Une transition démocratique transparente et la stabilité politique sont des conditions sine qua non pour permettre à Haïti de se reconstruire », a poursuivi Mme Ashton, notant que l’Union européenne contribuait de manière significative au relèvement de l’Administration civile du pays.


Elle a par ailleurs dit un mot sur la Somalie, estimant notamment qu’il ne pourrait y avoir de solution durable au problème de la piraterie au large des côtes de ce pays sans une plus grande stabilité et le renforcement des capacités régionales. 


Avant de conclure, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a appelé les membres du Conseil à investir davantage en matière de prévention des conflits.  « Nous devons trouver des moyens de répondre aux griefs grâce à des moyens pacifiques et en nous attaquant aux causes sous-jacentes des conflits, en particulier le sous-développement, la faiblesse des institutions ainsi que l’absence de démocratie et le respect des droits de l’homme », a-t-elle dit.


M. GÉRARD ARAUD (France) a affirmé que l’Union européenne était un acteur politique de premier plan, une réalité que la mise en œuvre du Traité de Lisbonne n’a fait que renforcer.  L’Union européenne, a-t-il expliqué, joue tout son rôle dans la gestion des crises de ce monde.  Le représentant de la France a ainsi évoqué la récente réunion du Quatuor à Munich, qui constitue, a-t-il dit, une première étape avant de passer à la négociation du règlement final auquel les deux parties sont incapables d’aboutir par elles-mêmes.  L’Ambassadeur Araud a espéré que le Quatuor jouera un rôle central en ce sens.  Il a en outre souligné le rôle central de l’Union européenne sur le dossier iranien au sein du groupe des six –Chine, France, Royaume-Uni, États-Unis, Fédération de Russie et Allemagne-, précisant que ces pays avaient réaffirmé leur unité face à la tactique iranienne dilatoire depuis six ans. 


Le représentant a déclaré que l’Union européenne était un partenaire essentiel de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix.  Il a rappelé que l’Union européenne était le premier donateur de l’aide publique au développement (APD), avec 60% de l’aide versée par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  M. Araud a en outre mis l’accent sur les efforts entrepris par l’Union européenne en matière de bonne gouvernance, de droits de l’homme et d’égalité entre les hommes et les femmes.  L’Union européenne n’est pas une super-organisation non gouvernementale, ni une simple pourvoyeuse d’aide, a-t-il rappelé, en soulignant les valeurs puissantes qu’elle incarne.


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) est intervenu brièvement pour souligner que son pays, au cours de son histoire récente, avait toujours prôné « des interactions actives et variées entre l’ONU et tous les partenaires internationaux, qu’il s’agisse de forces civiles, politiques ou militaires ».  « Pour que la paix soit instaurée de manière durable, tous ces acteurs doivent parler d’une seule voix et s’engager dans une action coordonnée », a également estimé le représentant.  Il a ensuite assuré que son pays continuerait à inviter l’Union européenne à s’exprimer de manière plus audible au sein de l’ONU en vue d’améliorer, en particulier, la conduite des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.


M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a estimé qu’un renforcement de la politique étrangère de l’Union européenne contribuerait également à assurer l’efficacité du système multilatéral, avec les Nations Unies en son centre.  Les défis du XXIe siècle, a-t-il dit, exigent une action concertée des acteurs mondiaux, régionaux et sous-régionaux.  Grâce à ses outils spécifiques dans les domaines, notamment, de la sécurité, de la gestion des crises, du développement et de l’environnement, l’Union européenne occupe une position particulière pour aider les Nations Unies à affronter les défis multidimensionnels à la paix et à la sécurité, a-t-il dit.


Après avoir évoqué différents domaines d’intervention de l’Union européenne, notamment au Soudan, en Somalie, en Côte d’Ivoire, au Moyen-Orient et dans la région méditerranéenne, le représentant a affirmé que le Traité de Lisbonne représentait un autre pas en avant dans la vision de l’Union européenne en matière de paix et de sécurité et de sa capacité, lesquelles peuvent être utiles pour les Nations Unies dans la poursuite de leurs objectifs universels.  Il a ainsi souligné l’importance de l’Union européenne dans ses relations avec les Nations Unies, grâce au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.  Il s’est dit confiant dans l’adoption rapide, au moyen d’un processus de négociation transparent et participatif, de la résolution sur le statut de l’Union européenne à l’Assemblée générale.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a rappelé qu’au moment même où se tenait la Conférence de Munich, « qui avait abordé de manière informelle des plus importants problèmes de sécurité actuels », le nouveau Traité START américano-russe de désarmement était entré en vigueur.  « Cet instrument, qui est devenu réalité, marque une prise de conscience décisive », a-t-il souligné.  Le représentant de la Fédération de Russie a ensuite salué la proposition de la Chancelière allemande, Mme Angela Merkel, de créer un comité Fédération de Russie - Europe sur la sécurité, afin de faire évoluer la coopération en matière de sécurité entre Moscou et Bruxelles.  Poursuivant, M. Churkin a rappelé que la position de la Fédération de Russie sur le processus de paix au Moyen-Orient, « coïncide à bien des égards avec la position de l’Union européenne ».  « Il convient de poursuivre l’interaction avec l’Union européenne pour régler les problèmes liés au dossier du nucléaire iranien », a-t-il également estimé, avant de saluer le fait que le référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan avait été reconnu par l’ensemble des parties concernées.  S’agissant de la situation en Côte d’Ivoire, M. Churkin a appuyé à son tour les efforts diplomatiques de l’Union africaine pour sortir de la crise et réconcilier définitivement les parties.  « Il faut mettre fin à des divisions de fait qui remontent à plusieurs années », a-t-il noté, avant d’affirmer que toute ingérence par la force pourrait déstabiliser durablement la sous-région.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a estimé que les événements récents en Tunisie et en Égypte, deux pays méditerranéens partenaires de l’Union européenne, étaient d’une importance immédiate non seulement pour l’Union européenne et ses États membres, mais aussi pour la communauté internationale dans son ensemble.  La décision de l’Union européenne d’accorder un appui au processus de transformation est ainsi une initiative juste qui répond aux attentes égyptiennes, a-t-il dit.  Évoquant la dernière réunion du Quatuor à Munich, il a également mis l’accent sur l’urgence de poursuivre les négociations sur le statut final comme le propose le Comité politique et de sécurité de l’Union européenne dans le domaine de la coopération. 


Par définition, l’Union européenne est fermement convaincue du rôle que peut jouer la coopération régionale pour trouver des solutions à des problèmes d’envergure, a poursuivi M. Wittig.  Il a souligné que l’Allemagne demeurait engagée en faveur d’un partenariat solide entre les Nations Unies et l’Union européenne, sur la base d’objectifs communs et de valeurs partagées.  Il s’est félicité de la déclaration présidentielle par laquelle le Conseil de sécurité avait reconnu, l’an dernier, la nécessité d’une coopération étroite avec les organisations régionales et sous-régionales.


M. YANG TAO (Chine) a salué les efforts et le rôle de l’Union européenne en faveur de la stabilité mondiale.  Il a ajouté que l’intensification des efforts pour mettre en œuvre le Traité de Lisbonne rendra, à terme, plus concrète et efficace la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales. 


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a affirmé que la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales dans le domaine de la paix et de la sécurité constituait une priorité majeure pour son pays, lequel se félicitait des efforts entrepris à cet égard.  Il a rappelé que l’Afrique du Sud était un partenaire stratégique de l’Union européenne et appréciait sa contribution importante et constante dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. 


Le représentant a en particulier souligné que lors de la rencontre à Tripoli, en novembre 2010, à l’occasion du troisième Sommet Afrique-Union européenne, les dirigeants de l’Union africaine et de l’Union européenne avaient reconnu la nécessité d’engager une action plus concertée entre les deux organisations et les Nations Unies afin de faire avancer le processus de mise en œuvre des recommandations du rapport Prodi et des rapports du Secrétaire général qui l’ont suivi.  Le Sommet Afrique-Union européenne a notamment souligné l’importance d’assurer un suivi du rapport Prodi, en particulier par un financement prévisible, souple et durable des opérations africaines d’appui à la paix.


Mme ROSEMAY A. DICARLO (États-Unis) a déclaré que le partenariat liant désormais l’Union européenne et le Conseil de sécurité était important pour examiner les questions de paix et de sécurité internationales, qui sont « toujours plus complexes ».  Elle a ensuite repris l’exposé de Mme Ashton en saluant les efforts de l’Union européenne pour, notamment, intégrer la Bosnie-Herzégovine et les pays des Balkans occidentaux au sein de l’Union européenne, pour parvenir à un accord-cadre sur la situation au Moyen-Orient, pour mettre fin à la piraterie au large des côtes somaliennes et pour reconstruire Haïti.  La représentante a également souhaité que les pressions financières exercées contre Laurent Gbagbo et ses partisans pour qu’il cède le pouvoir au Président ivoirien élu, M. Alassane Ouattara, portent rapidement leurs fruits.  Avant de conclure, elle a salué vivement le rôle de l’Union européenne en matière de protection des femmes dans les situations de conflit armé. 


M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a affirmé qu’une action vigoureuse était nécessaire pour endiguer les menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Après les catastrophes naturelles, les défis de la gouvernance représentent une menace à la sécurité pour les autorités locales, a-t-il estimé.  Le représentant a ainsi salué l’Union européenne pour le travail qu’elle a réalisé en Haïti, au Soudan, en Côte d’Ivoire et ailleurs.  Il a félicité la communauté internationale, en particulier les acteurs humanitaires, pour l’appui fourni à Haïti à la suite du séisme du 12 janvier 2010 et de l’épidémie de choléra.


Le représentant a également rappelé le rôle louable qu’a joué l’Union européenne lors du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan.  Une intervention internationale concertée est plus que jamais nécessaire pour régler la crise en Côte d’Ivoire, a-t-il ajouté, soulignant que le rôle de l’Union européenne était, à cet égard, indispensable.  Il s’est dit convaincu que pour faire face aux crises, aux défis et aux menaces, il convenait de disposer d’un système multilatéral efficace, l’Union européenne ayant démontré à cet égard l’impact que les partenariats peuvent avoir pour la recherche d’une paix durable. 


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a estimé que l’Union européenne a un rôle unique à jouer, car elle dispose d’importants moyens d’influence politique et de déploiement militaire ou humanitaire.  Elle est ainsi présente de l’Afghanistan aux Balkans, où elle associe ses actions à celles du Conseil de sécurité pour améliorer la situation sur le terrain, pour prévenir les conflits ou leur résurgence, a-t-il ajouté.  Faisant ensuite référence à la situation en Afrique du Nord, le représentant du Royaume-Uni a considéré que l’ONU et l’Union européenne doivent apprendre à mieux se préparer pour faire face à des évènements majeurs et à coordonner leur réaction en conséquence.  En Tunisie, a-t-il indiqué, le Royaume-Uni participe déjà au processus de réforme constitutionnelle.  Le représentant a également indiqué que pour assurer la fin de la période de transition en Somalie, l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne doivent œuvrer de concert pour faciliter la formation d’un gouvernement légitime et crédible « dont a besoin le peuple somalien ».  Enfin, il a souhaité que l’Union européenne poursuive ses activités en matière de sécurité climatique en coopération étroite avec les Nations Unies, le réchauffement de la planète étant, selon lui, « un amplificateur puissant de l’instabilité au XXIe siècle ». 


M. NAWAF SALAM (Liban) a affirmé que les principes des organisations régionales rejoignaient ceux des Nations Unies, de même que leurs objectifs de consolidation de la paix, de mise en œuvre des droits de l’homme et de respect de l’état de droit.  L’Union européenne offre aux Nations Unies les moyens requis pour leur permettre d’accomplir leur tâche, surtout en Afrique, a-t-il ajouté.  La simple condamnation de certaines pratiques israéliennes de temps en temps est insuffisante, a-t-il néanmoins estimé.  Les pratiques israéliennes, a-t-il ajouté, sont en effet en contradiction avec les principes de l’Union européenne pour ce qui est du refus de la violence, du racisme, de la réalisation de l’état de droit et des droits de l’homme.  Le représentant du Liban a en outre souligné que les organisations régionales pouvaient jouer un rôle efficace pour éviter les conflits, aider à leur résolution et pour contribuer à la reconstruction.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) s’est félicité de « l’excellente coopération » que l’Union européenne et l’ONU ont développée sur la base et dans le respect du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  « Cette coopération constitue une contribution directe à la paix et à la sécurité internationales », a-t-il estimé, précisant que la pleine application du Traité de Lisbonne permettra de renforcer davantage la cohésion et l’efficacité de l’Union européenne dans ce domaine.  Le représentant a par ailleurs souligné la qualité des relations entre l’Inde et l’Union européenne, qui, a-t-il rappelé, ont pris un tour stratégique en 2000, année marquée par l’organisation de sommets passant en revue les questions d’intérêt mutuel.  « C’est notamment à l’issue de ces échanges qu’a été conclu un important accord de coopération contre le terrorisme international », a-t-il rappelé.  Le représentant a estimé, avant de conclure, que l’Union européenne devrait continuer de faire entendre sa voix dans le monde multipolaire d’aujourd’hui, marqué par la montée en puissance de la diplomatie préventive. 


M. ALFRED ALEXIS MOUNGARA MOUSSOTSI (Gabon) a évoqué le rôle et l’engagement de l’Union européenne au Soudan, en Haïti, en Somalie et au Moyen-Orient.  Sur ce dernier dossier, il s’est en particulier réjoui de l’identité de vues de l’Union européenne avec le Gabon et s’est félicité de la dernière réunion du Quatuor à Munich que présidait Mme Catherine Ashton.  Le représentant du Gabon a également salué l’intervention de l’Union européenne en Somalie dans le domaine du renforcement de la Mission d’observation militaire de l’Union africaine, précisant que son pays partageait également la position de l’Union européenne concernant le phénomène de la piraterie au large des côtes somaliennes.  Le représentant a salué, en conclusion, la contribution de l’Union européenne aux efforts des Nations Unies dans leur quête de la paix pour le monde. 


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a considéré que l’un des principaux mandats des Nations Unies, à savoir la prévention des conflits et le maintien de la paix et de la sécurité internationales, doit se baser sur le dialogue politique et la coopération.  Cela permet non seulement de renforcer le multilatéralisme mais aussi de créer des modèles applicables à d’autres régions du monde, a-t-il expliqué.  Les Nations Unies et l’Union européenne, a-t-il estimé, doivent travailler davantage pour sensibiliser les États Membres aux conséquences de la criminalité transnationale organisée, et pour renforcer la coopération en matière de sécurité civile, notamment dans le secteur des douanes.  En tant qu’élément de prévention des conflits et de consolidation de la paix, l’aide de l’Union européenne devrait s’inscrire dans le processus de développement social des pays récipiendaires et dans le respect de leurs priorités nationales, a-t-il rappelé.  En cas de catastrophe naturelle, par exemple, il a estimé que la collaboration devrait s’intégrer dans les efforts de reconstruction menés pas le pays.


M. Osorio a mentionné d’autres sujets pour lesquels la coopération de l’Union européenne avec les Nations Unies est utile, comme le processus de paix au Moyen-Orient, le référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan et le processus de paix au Darfour.  Il a également souhaité une coordination efficace des efforts menés en Haïti pour que la coopération se concentre sur le développement du pays.  Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, M. Osorio a souhaité que ce pays parvienne rapidement à travailler avec les organisations régionales, dans le respect de la volonté du peuple et de la démocratie.  Il a insisté pour que l’ONU, les organisations régionales et l’Union européenne œuvrent ensemble en vue de garantir la paix dans ce pays.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) s’est félicitée de l’engagement de l’Union européenne à prendre part à un « partenariat actif » avec l’ONU.  Elle a souhaité que l’Union européenne poursuive son engagement en Guinée-Bissau, afin de l’aider, notamment, à édifier une gouvernance démocratique.  La représentante du Brésil a également encouragé l’Union européenne à continuer d’investir dans le renforcement des capacités au niveau local et à promouvoir le développement économique et social dans les pays fragiles et victimes de conflits.  « Ma délégation, a-t-elle dit, est fermement convaincue que les liens entre la paix, la sécurité et le développement doivent être gérés de manière adéquate lorsque le Conseil de sécurité s’acquitte de ses responsabilités ».  L’Union européenne a un rôle important à jouer à cet égard, a-t-elle ajouté.  Mme Ribeiro Viotti a, par ailleurs, émis l’espoir que les changements apportés au Traité de Lisbonne contribueraient à renforcer davantage la coopération entre l’Union européenne et l’ONU, tout en renforçant le rôle primordial que joue le Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.


Reprenant la parole en fin de séance, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a répété que le lien établi entre l’ONU et l’Union européenne était « un partenariat vital ».  L’Union européenne continuera de tout mettre en œuvre pour soutenir le travail de l’ONU et, grâce au Traité de Lisbonne, ce partenariat n’en sera que plus efficace, a-t-elle assuré.


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