24/10/2011
Assemblée générale
CPSD/490

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Quatrième Commission

14e séance – matin


QUATRIÈME COMMISSION: LE MAINTIEN DE LA PAIX EST UN PARTENARIAT GLOBAL QUI DOIT ÊTRE SOUTENU PAR TOUS, RECONNAISSENT LES DÉLÉGATIONS


Le Mouvement des non-alignés appelle les pays industrialisés à mieux partager le

fardeau que portent actuellement les pays contributeurs de troupes, majoritairement du Sud


La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a entendu ce matin le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, et la Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, Mme Susana Malcorra, brosser un tableau des développements récents et des stratégies à court et moyen termes des opérations de maintien de la paix.  Les exposés des deux officiels du Secrétariat de l’ONU ont été suivis d’un débat à huis clos avec les membres de la Commission qui ont ensuite ouvert le débat général sur la question intitulée: « Étude d’ensemble de toute la question des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects ». 


Dans son exposé, M. Ladsous a fait valoir que le maintien de la paix, en tant que partenariat global, a besoin d’être soutenu par la communauté internationale et les États Membres.  « L’obligation commune consiste à fournir une unité de but et de soutien aux 120 000 personnels déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix », a-t-il précisé.  Parmi les grands défis récurrents à relever, le Secrétaire général adjoint a mentionné la sécurité du personnel de maintien de la paix et une plus grande représentation des femmes au sein des opérations de maintien de la paix.  Ces défis soulignent la nécessité pour l’ONU et les États Membres d’établir des systèmes d’appui souples, agiles et adaptables aux changements du terrain.  Ils demandent aussi que les opérations de maintien de la paix soient dotées d’une direction forte et d’options stratégiques claires, y compris au niveau du Siège des Nations Unies, a ajouté M. Ladsous, avant d’estimer que la mise en œuvre des mandats assignés à ces opérations dépendra de la capacité de l’Organisation à déployer des personnels bien formés et outillés, que ce soit dans le domaine civil ou en matière de police.


Rejoignant ce propos, Mme Malcorra a présenté les efforts déployés par le Département de l’appui aux missions « pour faire plus avec moins », comme l’a ensuite relevé le représentant du Maroc, au nom du Mouvement des non alignés.  Le Secrétariat est conscient des défis économiques croissants que la plupart des pays connaissent, ainsi que de leurs préoccupations relatives à la rentabilité et à la bonne gestion financière des missions de maintien de la paix a assuré Mme Malcorra.  C’est la raison pour laquelle la proposition de budget, pour la période 2011-2012, concernant les missions qui se poursuivent, reflète une baisse de 2% par rapport à l’année dernière, a-t-elle indiqué.  Le Secrétariat cherche également à réaliser des économies par la consolidation des bureaux d’appui, la réalisation d’économies d’échelle et l’amélioration de l’interopérabilité avec les partenaires de l’ONU, a-t-elle encore précisé.  Pour ce qui est du remboursement, par l’ONU, des dépenses et autres ressources engagées par les pays contributeurs de troupes, Mme Malcorra a salué la nouvelle initiative du Secrétaire général qui propose la mise en place d’un Groupe consultatif de haut niveau composé de cinq représentants de grands pays contributeurs de troupes, cinq représentants de la communauté des donateurs financiers et un membre de chaque groupe régional, en vue de trouver des solutions aux questions en suspens et de faire des propositions sur les taux de remboursement.


Revenant à son tour sur le manque de troupes et de moyens matériels dont souffrent les opérations de maintien de la paix, le représentant du Maroc, agissant comme porte-parole du Mouvement des non-alignés, a regretté qu’il s’agisse désormais d’un « problème structurel pour l’ONU » et a relevé que les pays contributeurs de troupes ne sont plus en mesure de continuer à subventionner, d’une certaine manière, le maintien de la paix onusien.  Le Mouvement des non-alignés estime que « le maintien de la paix est un véritable partenariat et que le moment est venu d’en partager les fardeaux ».


De son côté, le représentant de l’Union européenne a défendu « le changement culturel » prôné par le Secrétaire général en matière de fonctionnement de l’Organisation, à savoir « faire plus avec moins ».  Il faut veiller, selon lui, à ce que les missions ne durent pas trop longtemps lorsque d’autres mécanismes peuvent être mis en place pour les remplacer.


La Quatrième Commission se réunira demain, mardi 25 octobre, dans la matinée à 10 heures, pour poursuivre l’examen de cette question dans le cadre de la suite d’un débat général étalé sur quatre séances.



ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS


Déclarations liminaires du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix et de la Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions


M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a commencé par rappeler que depuis le début des opérations de maintien de la paix en 1948, 2 941 personnels ont perdu la vie pour la cause de la paix, dont 86 hommes et femmes cette année.  Dans ce contexte, la sécurité des personnels des opérations de maintien de la paix de l’ONU sera la priorité de son mandat à la tête du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), a-t-il indiqué. M. Ladsous a ensuite estimé que le maintien de la paix, en tant que partenariat global, a besoin d’être soutenu, soulignant aussi que l’obligation commune consiste à fournir une unité de but et de soutien aux 120 000 personnels déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix.  S’agissant des 16 missions actuellement conduites par son Département, le Secrétaire général adjoint a déclaré avoir été frappé par la diversité des réalités de terrain où elles opèrent, et par celle des mandats et des tâches qui leur sont assignés, ainsi que par les défis récurrents, les contraintes et les nécessités qui se posent pour la mise en œuvre des mandats.


Parmi ces grands défis récurrents se trouvent la sécurité et le développement, a poursuivi M. Ladsous, citant les mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS), de la  Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (UNISFA), de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), ou encore de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA) et des missions de l'ONU pour le maintien de la paix au Moyen-Orient, dont la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), ou encore de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).


Par ailleurs, le Département des opérations de maintien de la paix explore, avec les nouvelles autorités libyennes, les moyens de les assister dans le domaine de la sécurité publique et de la justice transitionnelle.  Il est en de même pour l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), deux missions qui entretiennent une coopération étroite avec les autorités des pays concernés.  De la même façon en République démocratique du Congo, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) fournira un soutien technique et logistique à l’organisation des prochaines élections nationales, provinciales et locales qui auront lieu entre 2011 et 2013, en même temps qu’elle poursuivra sa mission de protection des civils, a-t-il ajouté.  M. Ladsous a aussi estimé que l’un des autres défis à relever est celui d’une plus grande représentation des femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Dans ce contexte, le Secrétaire général adjoint s’est déclaré heureux de noter que, depuis son entrée en fonction, 30% du personnel civil sont composés de femmes, et il a ajouté que l’objectif reste d’atteindre au moins 20% de femmes, en 2014, dans la composante de la Police des Nations Unies.


Ces défis soulignent la nécessité d’établir des systèmes d’appui souples, agiles et adaptables aux changements du terrain.  Ils demandent aussi une direction forte et des options stratégiques claires, y compris au niveau du Siège des Nations Unies, a ajouté M. Ladsous, avant d’estimer que la mise en œuvre des mandats dépendra de la capacité de l’Organisation à déployer des personnels formés et outillés, que ce soit dans le domaine civil ou en matière de la police, dont les besoins augmentent globalement sur le terrain.  « Les réformes que nous cherchons doivent se faire dans le contexte global de la réforme des Nations Unies », a-t-il ajouté, soulignant aussi que le processus de réforme lancé par son prédécesseur, M. Alain le Roy en 2009, dont la philosophie est résumée dans le concept « New Horizon » est toujours en cours.


S’agissant de ce processus, M. Ladsous a indiqué qu’il est maintenant établi que le Département des opérations de maintien de la paix informe non seulement le Conseil de sécurité, mais aussi les pays contributeurs de troupes.  « Nous restons disposés à renforcer ce partenariat stratégique », a-t-il poursuivi.  De plus, le Département des opérations de maintien de la paix et le Département d’appui aux missions ont finalisé une stratégie commune sur les moyens d’établir des priorités dans leurs tâches de terrain et poursuivent un travail commun dans le domaine des aspects socioéconomiques du maintien de la paix.  En matière de police, M. Ladsous a indiqué que la Stratégie globale d’appui entre dans la seconde année de sa mise en œuvre.  Elle continue de représenter un coût important pour la paix et la sécurité, a-t-il ajouté.  S’agissant du matériel, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a indiqué que le manque systémique de capacités militaires demeure préoccupant, notamment, en ce qui concerne les hélicoptères d’attaque qui font défaut aux missions.  De même, les demandes en matière de police ont augmenté, a-t-il ajouté, soulignant qu’il y a un besoin de personnels spécialisés dans le domaine de la protection des civils et dans celui du renforcement des capacités des forces de police locales.  Enfin, le Secrétaire général adjoint a déclaré être « personnellement engagé » en ce qui concerne la conduite des personnels du maintien de la paix.  « Il y va de la réputation des Nations Unies, des opérations de maintien de la paix, mais aussi de celle des pays contributeurs de troupes eux-mêmes », a-t-il conclu.


Mme SUSANA MALCORRA, Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions de maintien de la paix, a expliqué que, depuis sa création il y a cinq ans, son Département a mis en place une approche professionnelle, structurée et systématique qui est en mesure de s’adapter aux environnements variables et changeants des différentes missions.  Compte tenu des contraintes financières que connaissent les États Membres, il est d’autant plus urgent que cette vision puisse se réaliser, a dit Mme Malcorra.  En effet, le Secrétariat est conscient des défis économiques croissants que la plupart des États Membres ont à relever, ainsi que de leurs préoccupations relatives à la rentabilité et à la bonne gestion financière des missions de maintien de la paix, a-t-elle assuré.  C’est la raison pour laquelle la proposition de budget pour 2011-2012, concernant les missions qui se poursuivent, reflète une baisse de 2% par rapport à ce qu’elle était l’année dernière, a expliqué Mme Malcorra.  Les budgets approuvés pour l’année en cours avaient déjà prévu des économies de 83 millions de dollars, grâce à la « nationalisation » ou l’annulation de plus de 650 postes internationaux, a-t-elle précisé.  De plus, le Département de l’appui aux missions de maintien de la paix (DAM) essaie de réaliser davantage d’économies opérationnelles en vue de pouvoir dégager les 85 millions de dollars que les Nations Unies doivent aux pays contributeurs de troupes, a indiqué la Secrétaire générale adjointe.


Il ne faut perdre de vue que le niveau de la demande en ce qui concerne le maintien de la paix reste élevé, a ensuite rappelé la Secrétaire générale adjointe, avant de souligner que depuis l’approbation du budget de cette année, deux nouvelles missions avaient été mises en place: Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS) et Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (UNISFA), et que le mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a été élargi par le Conseil de sécurité.  Quarante-quatre pour cent du budget de maintien de la paix sont directement alloués à la rémunération du personnel en uniforme et 22% de ce total correspondent aux charges sociales de ce personnel, a expliqué Mme Malcorra.  Par conséquent le Secrétariat ne peut réaliser des économies que dans les 34% restants, notamment par la consolidation des bureaux d’appui, la réalisation d’économies d’échelle et l’amélioration de l’interopérabilité avec les partenaires de l’ONU, a-t-elle ajouté.  Elle a également indiqué que le Secrétariat faisait son possible pour respecter le délai de trois mois concernant le versement des indemnités en cas de décès d’un membre du personnel ou de blessures graves lui causant un handicap aux États Membres contributeur de troupes et de personnel de police aux opérations de maintien de la paix (OMP).  Pour ce qui est du remboursement des frais engagés par les pays contributeurs de troupes et de police à ces États, Mme Malcorra a expliqué que les paiements étaient à jour jusqu’à juillet 2011 en ce qui concerne les équipements et matériels appartenant à des contingents.  Ces paiements n’ont cependant pas encore été faits concernant trois missions, a-t-elle précisé en indiquant que le prochain paiement devrait se faire en décembre.


S’agissant des remboursements relatifs aux troupes mises à disposition de l’Organisation par des États Membres, Mme Malcorra est revenue sur la nouvelle initiative lancée par le Secrétaire général pour évaluer cette question.  Par le truchement d’un Groupe consultatif de haut niveau, composé de cinq représentants de grands pays contributeurs de troupes, cinq représentants de la communauté des donateurs financiers et un membre de chaque groupe régional, la question du remboursement des frais engagés par les contributeurs de troupe sera étudiée sous tous ses aspects, y compris les taux de ce remboursement.  Les membres du Groupe consultatif devraient être nommés d’ici fin octobre, a rappelé Mme Malcorra qui a encouragé les États Membres à soumettre leurs propositions de nomination au Secrétaire général sans plus tarder.  Elle s’est engagée à travailler en étroite collaboration avec le Groupe consultatif de haut niveau, et s’est dite confiante de pouvoir trouver ensemble des solutions aux questions dont il est chargé.


Mme Malcorra est ensuite revenue plus en détail sur la stratégie mondiale d’appui aux missions, dont l’objectif est d’accélérer et d’améliorer l’appui aux missions, de renforcer la bonne gestion des ressources et la responsabilité, et d’améliorer la sécurité et les conditions de vie du personnel déployé.  Elle a indiqué qu’elle avait l’intention de présenter sous peu un document officieux pour présenter la vision du DAM sur cette question à l’horizon 2015.


Parmi les activités récentes du DAM, Mme Malcorra a notamment évoqué les défis qui ont pu être relevés dans le cadre des missions au Soudan du Sud (UNMISS) et à Abyei (UNISFA), ainsi que la rapidité avec laquelle la nouvelle mission opérant en Libye a pu commencer ses travaux, grâce au Bureau d’appui régional de Brindisi (Italie).


Le Centre de services régionaux d’Entebbe est désormais opérationnel, de même que le Centre intégré de contrôle des mouvements, a encore indiqué Mme Malcorra.  Par ailleurs, le modèle de financement normalisé a été approuvé par l’Assemblée générale lors de la reprise de sa soixantième-cinquième session.  Ce modèle devrait contribuer au déploiement plus rapide des nouvelles missions, a-t-elle assuré.


Elle a ensuite abordé la question des capacités des missions et, notamment, le manque chronique d’hélicoptères militaires dont elles souffrent.  Elle a saisi cette opportunité pour demander à nouveau aux États Membres de fournir à l’ONU les moyens stratégiques nécessaires à la réalisation des mandats des missions.  De nouvelles options créatives sont envisagées pour élargir le pool de pays potentiellement capables de contribuer aux OMP, a-t-elle encore précisé.  La Secrétaire générale adjointe a également insisté sur l’importance du personnel civil qui, selon elle, contribue largement aux succès des OMP.  A ce titre, des efforts de formation de personnels civils locaux sont en cours, notamment au Soudan du Sud, a-t-elle dit.  Mme Malcorra est également revenue sur la bonne conduite du personnel de maintien de la paix.  Si la tendance à commettre des actes de mauvaise conduite est à la baisse, il faut que nous faisions néanmoins plus, a-t-elle reconnu. Tout responsable d’un acte de ce type doit rapidement être jugé une fois les faits prouvés, a-t-elle estimé.


Elle a enfin rendu hommage aux 86 Casques bleus qui ont perdu la vie cette année dans l’exercice de leurs fonctions.  Expliquant le contexte de leurs décès, elle a insisté sur le fait que l’environnement dans lequel ils opèrent est souvent extrêmement dangereux.  Compte tenu de cela, Mme Malcorra a déclaré qu’elle est d’autant plus déterminée à insister sur le respect des politiques et procédures de sécurité préconisées par le Réseau interagences de gestion de la sécurité.


Débat général


M. MOHAMED LOULICHKI (Maroc), qui s’est exprimé au nom du Mouvement des pays non alignés (NAM), aconstaté le caractèrede plus en plus complexe et multidimensionnel des missions de maintien de la paix.  Le Mouvement des non-alignés (MNA) estime qu’il est important que les États Membres respectent les principes directeurs du maintien de la paix que sont l’impartialité et l’accord des parties.  « La neutralité des opérations de maintien de la paix (OMP) ne doit pas être compromise par la rapidité de l’ONU à prendre des décisions politiques », a dit le représentant.  Il a également insisté sur l’importance de la sécurité des personnels de maintien de la paix, rappelant que 86 d’entre eux ont perdu la vie cette année.  Le MNA souligne que le maintien de la paix ne doit pas être un substitut au règlement des causes inhérentes des conflits et au lancement d’un véritable processus politique pour leur trouver des solutions.  Les OMP doivent bénéficier dès le départ de l’appui politique et des ressources nécessaires, ainsi que d’une stratégie de sortie, a préconisé M. Loulichki.  


Constatant que la disparité entre les mandats assignés aux missions et le manque de ressources augmente les risques pour les soldats de la paix, il a affirmé que « de nombreuses troupes déployées sont placées sous une trop forte pression pour les inciter à couvrir des zones dont l’étendue est au-delà de leurs capacités ».  Le Mouvement des non alignés regrette que des facteurs facilitateurs, comme les actifs aériens-aéronefs, les hélicoptères, les hôpitaux de terrain, ou encore le matériel de vision de nuit, manquent toujours cruellement aux missions.  Par conséquent, il faut traiter les questions relatives à l’appui aux missions de manière holistique, a estimé le représentant.  Il a demandé que les délibérations collectives du Comité des 34 se traduisent davantage par des actions concrètes sur le terrain.  En tant que plus grands contributeurs de troupes aux opérations de maintien, les pays du MNA souhaitent exprimer les préoccupations des soldats de la paix.  Le Mouvement des non alignés insiste donc sur l’importance du dialogue triangulaire entre Conseil de sécurité, pays contributeurs de troupes et Secrétariat.  « Le maintien de la paix est un véritable partenariat et le moment est venu de partager les fardeaux », a déclaré M. Loulichki, ajoutant qu’il ne s’agit pas d’une « délocalisation du travail » par laquelle les pays développés « engagent » les soldats des pays en développement pour que ces derniers fassent le « travail dur et dangereux ». 


Tous les États Membres doivent porter et partager les difficultés qui découlent du déploiement des missions dans des contextes difficiles.  La question du manque de ressources reste un défi central pour les OMP a souligné le délégué.  « On ne peut plus faire plus avec moins », a-t-il tenu à relever.  Le manque de troupes et de moyens matériels est devenu un problème structurel pour l’ONU et les pays contributeurs de troupes ne peuvent « plus subventionner » le maintien de la paix des Nations Unies, a fait observer M. Loulichki.  Le MNA espère que le Groupe consultatif de haut niveau sur le remboursement aux pays contributeurs de troupes proposera des mesures concrètes pour remédier à la situation actuelle.  Pour ce qui est de la protection des civils, le représentant a estimé que les efforts de l’ONU doivent venir en appui et non pas en substitution des efforts nationaux déployés à ce titre.  Il a rappelé les propos de M. Lakhdar Brahimi selon lesquels «  la paix ne peut s’obtenir par la force.  La force peut uniquement ouvrir un espace qui permet à la paix de s’établir » et a souligné que le concept de la robustesse des OMP peut être une arme à double tranchant qui peut être fatale à l’impartialité.


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a présenté les condoléances de l’Union européenne au peuple turc, après le tremblement de terre meurtrier survenu hier.  M. Mayr-Harting a ensuite déclaré que le partenariat entre différents acteurs du maintien de la paix nécessite que le Conseil de sécurité mène des consultations complètes avec les pays contributeurs de troupes aussitôt que cela est possible et autant que nécessaire.  Le représentant s’est ensuite déclaré prêt à travailler avec le nouveau Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous.  Dans ce cadre, le représentant a déclaré qu’il faut adopter « le changement culturel » prôné par le Secrétaire général, à savoir « faire plus avec moins ».  Il faut en outre faire en sorte que les missions ne durent pas trop longtemps, ceci lorsque d’autres mécanismes peuvent être mis en place, a poursuivi M. Mayr-Harting, avant d’estimer qu’en matière de rationalisation des moyens, le processus « Nouvel Horizon » n’est qu’une étape.


Par ailleurs, l’Union européenne est convaincue que toutes les opérations de maintien de la paix doivent être basées sur le principe d’appropriation nationale et se fonder sur l’avis des acteurs de terrain eux-mêmes, y compris les forces nationales du pays concerné.  Dans ce contexte, le représentant de l’Union européenne a plaidé pour que le Département des opérations de maintien de la paix poursuive l’organisation de ses séminaires.  Il a en outre déclaré qu’il est nécessaire de réduire les coûts par unité des opérations de maintien de la paix, ce, en utilisant par exemple les aéronefs mis à la disposition de ces opérations de façon plus efficiente.  La Stratégie globale d’appui n’est qu’un premier pas, a-t-il ajouté, se demandant si certaines missions n’avaient pas « trop de bottes sur le terrain, tandis que d’autres en ont par contre trop peu ».  Dans ce contexte, il est possible de réduire le nombre de troupes déployées dans certaines missions et d’utiliser plus de technologies, notamment, en ce qui concerne les activités de surveillance et de reconnaissance.  Ceci pourrait accroître les capacités de l’ONU en matière de prévention d’atrocités, a-t-il ajouté.  Dans le même esprit, M. Mayr-Harting a estimé que disposer d’une stratégie de transition est nécessaire, en cas de retrait d’une mission de maintien de la paix, notamment, dans le but d’éviter que ce retrait ne laisse un vide économique et sécuritaire qui serait de nature à avoir un impact négatif sur la paix et la sécurité.


M. NANKERRIS (Australie), s’exprimant au nom du Groupe CANZ (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), a estimé que l’agenda de réformes « Nouvel Horizon » a contribué aux récents succès du maintien de la paix.  À cet égard, le Groupe CANZ salue l’annonce de la prochaine publication par le DOMP et le DAM du prochain document non officiel sur la stratégie de maintien de la paix à l’horizon 2015.  Constatant que le concept de maintien de la paix multidimensionnel place des exigences de plus en plus importantes sur le personnel de l’ONU, le Groupe CANZ se réjouit des modules de formation prédéploiement qui ont été mis en place pour encadrer le personnel des pays contributeurs de troupes.  Il insiste sur l’importance capitale de la formation du personnel de maintien de la paix en général. 


Par ailleurs, a dit le représentant, le Groupe CANZ est également persuadé que les composantes civiles des missions jouent un rôle vital, car elles permettent de mieux comprendre les besoins réels de la population locale.  Le Groupe CANZ estime que le cadre global de rédaction des mandats et des stratégies des missions est un outil important pour permettre aux missions de prendre en charge la dimension relative à la « protection des civils ».  Cependant, il faut pouvoir mieux mesurer les résultats obtenus sur le terrain, a-t-il noté.  Le Groupe CANZ est également favorable à un dialogue plus soutenu entre la Commission de consolidation de la paix, le Conseil de sécurité, les autres organes des Nations Unies et les institutions financières internationales, pour faire le meilleur usage des leçons apprises sur le terrain en termes de maintien et de consolidation de la paix, a souligné le représentant.  Il est également revenu sur le rôle des femmes dans le maintien de la paix et a souhaité qu’elles soient mieux représentées au sein des missions à tous les niveaux hiérarchiques.


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