26/10/2011
Assemblée générale
AG/SHC/4020

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Troisième Commission

33e et 34e séances - matin et après-midi


TROISIÈME COMMISSION: LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME DANS PLUSIEURS PAYS JUGÉE SÉVÈREMENT


Les délégations réaffirment l’importance du droit au développement


Plusieurs pays ont jugé sévèrement, aujourd’hui, devant la Troisième Commission, la situation des droits de l’homme en Syrie, au Yémen et à Bahreïn, ainsi que dans les pays couverts par des rapporteurs et représentants spéciaux, comme l’Iran, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et le Myanmar.


D’autres pays, en particulier d’Amérique latine, ont choisi de mettre l’accent sur la réalisation du droit au développement, dans le contexte du vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement.


La Commission, qui est chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a entendu une quarantaine de délégations s’exprimer dans le cadre d’un débat sur des questions relatives aux droits de l’homme.


Le représentant des États-Unis a notamment déploré le fait que certains pays continuaient de refuser le droit de réunion et d’association pacifiques à leurs citoyens, « que ce soit dans la rue ou en ligne ».


Dans le cadre de la Politique européenne de voisinage, l’Union européenne a encouragé les changements positifs qui se produisaient en Tunisie, en Égypte et en Libye.  En revanche, elle s’est dite très préoccupée par les violations des droits de l’homme dans d’autres pays, en particulier au Moyen-Orient.


À cet égard, le représentant de la Tunisie a déclaré que l’engagement de son pays en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme avait été concrétisé, le 23 octobre dernier, par l’élection de l’Assemblée nationale constituante.


Le représentant de la Libye, pour sa part, a rappelé que son peuple avait souffert pendant plus de 40 ans avant de parvenir enfin à se libérer du tyran et de s’employer à mettre en place un nouveau système plus juste et démocratique.


Dans un autre ordre d’idées, les représentants du Suriname, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), et de l’Uruguay, au nom du Marché commun du Sud (MERCOSUR), ont réaffirmé l’importance des droits économiques, sociaux et culturels, au même titre que les droits civils et politiques.  Ils ont rappelé l’importance de la coopération internationale pour ce qui est de créer un environnement propice au développement.


La Fédération de Russie a dénoncé les effets délétères de la mondialisation sur le plein exercice de tous les droits de l’homme.


Le Sénégal a noté que la crise économique, financière et alimentaire affectait les droits des plus vulnérables.


S’agissant de l’exercice effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le représentant de la Malaisie, qui s’exprimait au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a mis en valeur le rôle de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ANASE.


Enfin, la Chine a dénoncé la politisation et le recours à la pratique de deux poids deux mesures en matière des droits de l’homme.


Avant la fin de la séance, les représentants des pays suivants ont exercé leur droit de réponse: Syrie, Bahreïn, Cuba, Fidji, Sri Lanka, République populaire démocratique de Corée, Turquie, Japon.


La Troisième Commission se réunira demain, à partir de 10 heures, pour poursuivre son débat sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde.



PROMOTION ET PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME (A/66/87)


--    Questions relatives aux droits de l’homme, y compris les divers moyens de mieux assurer l’exercice effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales


--    Situations relatives aux droits de l’homme et rapports des rapporteurs et représentants spéciaux


Déclaration liminaire


M. DATO’ HUSSEIN HANIFF, Président de la Troisième Commission, a exprimé sa préoccupation sur le rythme des travaux de la Commission.  Il a rappelé qu’au début de ces travaux, les délégations lui avaient confié la tâche de faire une proposition sur l’ordre des orateurs dans le cadre du débat général.  Il a souhaité que cela ne constitue pas un précédent.  En conséquence, le Président avait adopté un principe de rotation depuis deux semaines.  La question du principe est cruciale, a-t-il souligné, en notant que, mardi, certaines délégations avaient sollicité une suspension de séance pour favoriser des consultations informelles et trouver une solution.  Comme les délégations campaient sur leurs positions, a-t-il observé, il n’y a pas eu de solution donc la présidence a décidé d’une mesure provisoire.  Tout grand groupe qui désire prendre la parole plus tôt pourrait demander d’échanger sa place avec un autre orateur.  M. Haniff a ensuite lu la liste des groupes de pays qui devaient intervenir au cours de la matinée.  Il a invité les délégations à permettre à la présidence de poursuivre les travaux conformément à son mandat.


Débat général


M. HENRY MAC DONALD (Suriname), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a indiqué que les membres de la CARICOM étaient attachés aux principes de bonne gouvernance, à la place du droit et au respect des droits fondamentaux et des libertés pour tous.  À ce propos, a-t-il souligné, ils reconnaissent la responsabilité des gouvernements nationaux en ce qui concerne le respect des droits de l’homme, et des libertés fondamentales, évoqués dans des instruments internationaux auxquels ces États ont adhéré.  Le représentant a reconnu que des défis demeuraient dans le contexte de la pauvreté grandissante, des conflits armés, de l’intolérance, de la dégradation de l’environnement et des catastrophes naturelles.  « La CARICOM réaffirme l’interconnexion et l’indissociabilité de tous les droits de l’homme », et regrette, a noté le représentant, que les droits économiques, sociaux et culturels semblent être relégués au second plan.  Il a rappelé la responsabilité première des gouvernements dans la mise en œuvre du droit au développement, et il a relevé l’importance de la coopération internationale pour créer un environnement favorable au développement. 


M. Mac Donald a estimé que le droit à l’alimentation est mis à rude épreuve dans la région des Caraïbes, et c’est pour y remédier que les membres de la CARICOM se sont engagés à adhérer à la Convention sur le droit à l’alimentation.  Le représentant a rappelé que les Caraïbes représentaient une région sujette aux catastrophes naturelles, et de ce fait, le droit au logement n’est pas toujours assuré en cas de catastrophe.  De plus, a-t-il ajouté, avec les catastrophes, les droits à la santé, à l’eau et l’assainissement, ainsi que le droit à l’éducation sont compromis.  Il a, dans ce contexte, souhaité une approche globale pour gérer les périodes d’après catastrophe, et a invité la communauté internationale à respecter les engagements pris en faveur de la reconstruction d’Haïti à la suite du tremblement de terre de janvier 2010. 


M. IOANNIS VRAILAS, délégué de l’Union européenne, a déclaré que l’Union européenne, dans le cadre de la Politique européenne de voisinage, appuyait les changements positifs qui se produisaient en Afrique du Nord et au Moyen-Orient avec le printemps arabe.  La Tunisie vient d’organiser ses premières élections démocratiques.  L’Égypte connaît des développements prometteurs, même si l’état d’urgence, les tribunaux militaires et les tensions interreligieuses restent préoccupants.


L’Union européenne salue également la « fin d’une ère de despotisme et de répression en Libye » et soutient les nouvelles autorités libyennes dans un processus de transition inclusif basé sur le respect des principes démocratiques, des droits de l’homme et de l’état de droit.  En revanche, elle reste très préoccupée par la situation à Bahreïn et au Yémen, ainsi qu’en Syrie.  « L’un des cas les plus édifiants d’oppression violente de la part d’un régime contre son peuple est celui de la Syrie », a insisté M. Vrailas.


Il a soulevé la question de la violence sexuelle contre les femmes dans les conflits armés, notamment en République démocratique du Congo.  Au Soudan, la situation au Darfour reste critique.  L’Union européenne appuie l’appel de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme pour une enquête indépendante sur les violations des droits de l’homme dans le Kordofan méridional et dans l’État du Nil Bleu.


Par ailleurs, l’Union européenne est préoccupée par les restrictions à la liberté d’expression en Chine.  Au Bélarus, elle condamne le harcèlement des opposants politiques, des médias indépendants et des représentants de la société civile.  Après avoir évoqué des violations des droits de l’homme en Érythrée et en Éthiopie, le délégué a déploré les violations systématiques en République démocratique populaire de Corée et en Iran.  Il a encouragé le Myanmar dans son processus de réforme.


Cette année, l’Union européenne présentera de nouveau une résolution consacrée à l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction.  Elle estime en outre qu’il faut lutter contre la persécution à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT).  « Il y a encore 80 pays qui pénalisent les relations entre adultes consentants du même sexe et 7 pays qui appliquent la peine de mort », a déclaré M. Vrailas.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili), s’exprimant au nom du Groupe de Rio, a regretté l’adoption par certains États de lois de régulation qui criminalisent l’immigration, avant d’encourager ces États à mettre un terme aux périodes excessives de détention, à respecter la dignité humaine et à abolir ces lois qui favorisent une immigration coûteuse en vies humaines.  Le Groupe de Rio appelle également les États à ne pas adopter de lois discriminantes ou stigmatisantes à l’égard de tout groupe ethnique.  De même, les violences contre les travailleurs migrants et contre les membres de leurs familles constituent une violation des droits de l’homme, a ajouté le représentant, soulignant la contribution économique et sociale de ces travailleurs dans les pays hôtes.


M. Errázuriz a ensuite indiqué que les membres du Groupe de Rio entendaient intensifier les mesures visant à prévenir et combattre le trafic d’êtres humains, y compris le trafic et l’exploitation des travailleurs migrants.  Dans ce contexte, le Groupe appelle tous les États à renforcer les points focaux pour la coordination entre pays d’origine, de transit et de destination en vue de combattre ce crime, a-t-il ajouté.  De la même façon, le Groupe considère qu’il est important de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de protéger les migrants des activités des groupes criminels et de créer les conditions favorables à un retour éventuel de ces migrants dans leurs pays d’origine.  Cette approche doit se faire sur une base qui intègre le fait que ce phénomène est constitué d’êtres humains.  On ne peut simplement l’aborder d’un point de vue mécanique, a conclu le représentant.


Mme LILIAN SILVEIRA (Uruguay), qui s’exprimait au nom du Marché commun du Sud (MERCOSUR), a réaffirmé l’engagement de ces pays en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme aux niveaux régional et international, ainsi que de la Déclaration et du Programme d’action de Vienne selon lesquels les droits de l’homme sont universels, indivisibles et interdépendants et contribuent à la promotion de la paix et du développement durable.  Elle a rappelé que le MERCOSUR s’était doté d’un Institut des politiques publiques en matière des droits de l’homme, dont le premier Secrétaire exécutif est M. Victor Abramovich.  Cette institution a été créée pour affermir les capacités des pays membres en matière des droits de l’homme.


Mme Silveira a ensuite exprimé sa préoccupation face aux répercussions de la crise économique et financière sur la jouissance de tous les droits de l’homme, notamment civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que du droit au développement.  Elle a souligné que la situation dérivant de ces crises ne devait, en aucun cas, être prise comme prétexte pour violer les droits de l’homme.  Elle a lancé un appel à la communauté internationale en faveur du renforcement des droits économiques, sociaux et culturels, alors que l’on recherche des solutions à la crise, et a invité en particulier les pays développés à honorer leur engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement à l’horizon 2015.


Condamnant l’incitation à la haine pour motifs religieux, et la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, la déléguée a particulièrement rejeté les actes de violence ou la pénalisation des personnes concernées.  Elle s’est en outre félicitée de l’entrée en vigueur de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, et a estimé que son application contribuera de manière significative à mettre un point final à l’impunité.  Les pays du MERCOSUR réitèrent leur attachement au renforcement et à un fonctionnement efficace du Conseil des droits de l’homme, principal organe de l’ONU pour un traitement multilatéral objectif et non sélectif des droits de l’homme.    


Pour M. SAIFUL AZAM MARTINUS ABDULLAH (Malaisie), qui s’exprimait au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), les pays de son Groupe ont fait des progrès considérables en termes de droits de l’homme depuis la déclaration « historique » de la vingt-sixième réunion ministérielle de l’ANASE en 1993.  Cette déclaration saluait le consensus international qui s’était dégagé lors de la Conférence mondiale des droits de l’homme qui avait eu lieu à Vienne la même année.  Dans la foulée, en 2004, les pays de l’ANASE on adopté un programme d’action sur six ans qui est axé sur l’intégration régionale et la finalisation des mécanismes des droits de l’homme existants.  Puis, en 2007, l’ANASE a finalisé la codification de sa diplomatie du sud-est asiatique et définit ses principes et objectifs dans sa charte, a encore rappelé le représentant.  Depuis l’entrée en vigueur en 2008 de ce cadre juridique, les peuples de la région et la communauté internationale ont regardé l’ANASE sous un autre angle, a affirmé le délégué. 


Désormais cette charte donne à l’ANASE une personnalité juridique, elle veille à une plus grande responsabilisation des institutions et renforce l’image de l’ANASE en tant que partenaire régional sérieux dans la région Asie-Pacifique.  Depuis 2008, des actions de suivi de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la région ont été menées, a précisé M. Abdullah.  Il a ainsi cité la création de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ANASE.  Celle-ci est notamment chargée de faire des campagnes de sensibilisation sur des questions relatives aux droits de l’homme.  « Il s’agit d’un véritable début », a déclaré le représentant, précisant qu’un processus d’apprentissage pour les États membres de l’ANASE était amorcé en vue de renforcer leur coopération dans le domaine des droits de l’homme.  En tant qu’institution intergouvernementale, les travaux de la Commission se basent sur la consultation et le consensus.  Cette Commission est chargée de définir la feuille de route régionale pour la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, tout en gardant à l’esprit les spécificités et diversités qui caractérisent la région, a encore expliqué M. Abdullah.


M. MAHINDA SAMARASINGHE, Ministre et Envoyé spécial du Président du Sri Lanka pour les droits de l’homme, rappelant les années sombres d’un conflit qui a duré plus de trente ans dans son pays, s’est réjoui de son dénouement marqué par la fin de l’opération humanitaire, laquelle a permis de libérer près de 290 000 otages civils de la terreur imposée par le groupe armé des Tigres tamouls.  Dans le contexte postconflit, le Sri Lanka, a-t-il dit, demeure résolument engagé à garantir à son peuple la sécurité et l’unité, sans considérations, notamment ethniques et culturelles. 


Dans les zones affectées par le conflit, les investissements publics se sont accrus en vue d’améliorer le quotidien des populations, notamment dans le secteur des communications, des infrastructures routières, de l’éducation, de l’agriculture et de la santé, a précisé M. Samarasinghe.  Concernant la réconciliation nationale, il a souligné qu’elle était un préalable à la paix, d’où la création par le Gouvernement d’une commission dont la mission est de faire des propositions en vue de réconcilier les populations et briser définitivement le cycle des conflits internes armés.  Par ailleurs, a-t-il expliqué, des avancées importantes ont été accomplies dans le domaine de la réinsertion des anciens combattants avec la réhabilitation de près de 11 700 de combattants tamouls, ainsi que 600 ex-enfants soldats.  En dépit des tentatives de dénigrement dont est l’objet le Gouvernement, a ajouté M. Samarasinghe, celui-ci reste confiant dans ses capacités à surmonter tous les défis, ainsi qu’à ouvrir une nouvelle ère de paix au Sri Lanka.


M. RONALD GODDARD (États-Unis) a indiqué que son pays s’était joint l’année dernière à plus de 60 gouvernements pour établir à travers le Conseil des droits de l’homme le mandat du Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d’association pacifiques.  Les nouvelles technologies comme Internet et les téléphones portables sont devenus des outils importants pour l’exercice de ces droits de l’homme universels.  « Malheureusement, certains pays continuent de refuser ces droits à leurs citoyens, que ce soit dans la rue ou en ligne », a-t-il dit.


En Syrie, les forces du régime de Bashar Al-Assad sont responsables d’arrestations massives, de tortures, d’assassinats ciblés, d’exécutions arbitraires et de détentions, y compris de jeunes enfants, des actes que le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a qualifiés de « crimes contre l’humanité », s’est indigné M. Goddard.  L’Iran continue d’écraser la liberté d’association et d’expression.  Le régime a réprimé toutes les formes d’opposition; il a harcelé, intimidé, détenu et condamné illégalement des défenseurs des droits de l’homme, des acteurs de la société civile, des étudiants, des artistes et des milliers d’individus, a ensuite déploré le représentant.  Plus d’une centaine de mineurs sont condamnés à mort.


Les États-Unis saluent la libération récente de quelques prisonniers politiques en « Birmanie », mais ils estiment qu’il reste un grand nombre de prisonniers à libérer.  En outre, les membres des minorités ethniques et religieuses sont victimes de la discrimination, et le Gouvernement cible les activistes et censure les médias.  Quant à la République populaire démocratique de Corée (RPDC), elle « maintient des contrôles draconiens sur pratiquement tous les aspects de la vie des citoyens », a poursuivi  M. Goddard.


Les États-Unis demandent à Cuba de libérer immédiatement M. Alan Gross, un ressortissant américain emprisonné depuis 22 mois pour avoir voulu améliorer les connections Internet et faciliter la libre circulation de l’information entre les Cubains.  Enfin, M. Goddard, tout en se félicitant du rôle joué par la Chine sur la scène internationale, a constaté que ce pays harcelait et détenait ses dissidents.  Par ailleurs, les autorités chinoises pratiquent « des politiques restrictives qui menacent l’identité religieuse, culturelle et linguistique des Tibétains ».


M. GEORG SPARBER (Liechtenstein) a déclaré que chaque être humain devait pouvoir jouir de son droit au développement notamment économique, social, culturel et politique, soulignant que c’est aux Gouvernements qu’il revenait d’en créer les conditions.  Notant les mouvements de contestations populaires qui se sont emparés du monde arabe, le Liechtenstein a estimé que les jours des régimes où la répression s’abattait contre des manifestants en quête de justice et de liberté étaient comptés.  Dans la foulée, il a exhorté la communauté internationale et les Nations Unies à mettre tout en œuvre en vue de tenir responsables tous ceux qui auraient commis des crimes contre l’humanité en violation du droit international.


Le Liechtenstein a félicité le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme qui n’a eu de cesse de porter à la connaissance du plus grand nombre les urgences en matière de violations des droits humains, d’une façon non sélective et à partir des faits, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie.  À cet égard, il a formé le vœu que la Cinquième Commission, chargée des questions administratives et budgétaires se penche sur la question de la hausse des contributions au budget du Haut-Commissariat, lequel se heurte à des difficultés mettant à mal la réalisation de son mandat.  Tout en reconnaissant la charge de travail qui incombe aux organes créés en vertu d’instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, M. Sparber a affirmé qu’il restait beaucoup à faire pour améliorer leur fonctionnement, préconisant des approches plus novatrices en vue de rationaliser leurs procédures.


M. MAMEDOU N’DIAYE (Sénégal) a noté que les crises économique, financière et alimentaire récentes avaient particulièrement affecté les plus vulnérables.  Elles ont eu un impact négatif sur la situation des droits de l’homme dans plusieurs pays.  « C’est pourquoi il est indispensable que les réponses que nous envisageons pour pallier les crises soient recentrées sur l’être humain pour lui assurer une vie dans la dignité, à l’abri de la peur et du besoin », a-t-il dit.  Le Gouvernement sénégalais consacre plus de 40% de son budget au secteur éducatif et 10% à la santé, a indiqué le représentant.  Son pays s’est engagé à assurer le plein exercice des droits de sa population, particulièrement les femmes, les jeunes, les personnes âgées et les handicapés.


Par ailleurs, M. N’Diaye a préconisé l’approche du dialogue et de la concertation pour les délibérations, à la place d’une logique de confrontation improductive.  « Il nous faut à tout prix éviter d’ériger une culture ou une communauté en modèle de référence, au mépris des croyances et des valeurs des autres peuples », a-t-il averti.


M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a indiqué que, par le truchement d’une politique nationale d’égalité et d’inclusion sociale reposant sur un accroissement sans précédent des investissements publics dans le secteur social, l’extrême pauvreté avait reculé de 21%, en 1998, à 7,1%, en 2010, faisant du Venezuela le pays le moins inégal d’Amérique latine.  D’autre part, quatre ans avant la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le pays les a quasiment tous atteints.  Rappelant que son pays s’était soumis à l’examen périodique du Conseil des droits de l’homme, le représentant a fait état de l’adoption, lors d’une séance historique de l’Assemblée nationale, le 18 octobre 2011, de la loi pénalisant les crimes, les disparitions, les tortures et autres violations des droits de l’homme pour des raisons politiques pendant la période 1958-1998.  Cette nouvelle loi établit les normes qui permettront à l’État de se doter de mécanismes d’enquête et d’assumer publiquement la vérité sur les faits graves de violence planifiée par l’État vénézuélien durant cette époque et d’activer des mécanismes de justice et de réparation pour les victimes.


M. Valero s’est érigé contre les « puissances impérialistes qui mettent sur le banc des accusés des pays donnés, en se servant cyniquement du thème des droits de l’homme ».  Ces puissances sont les mêmes qui imposent des guerres fratricides et se prêtent à des invasions et agressions contre la souveraineté dans le but de satisfaire leurs appétits géopolitiques et de domination, a-t-il ajouté.  Le délégué a rappelé que le 20 octobre, le monde entier avait vu avec stupéfaction à la télévision ou sur Internet comment le leader libyen Muammar Qadhafi et son fils Moatassim avaient été capturés, blessés, torturés et finalement assassinés de façon extrajudiciaire.  Cet acte ignominieux constitue un crime de guerre, en vertu du Statut de Rome, et ses responsables doivent comparaître devant la justice, a affirmé M. Valero.


En outre, selon sa délégation, les tueries massives et les tortures généralisées, notamment, ont été érigées en système en Libye, et ces atrocités sont perpétrées au quotidien contre des partisans réels ou présumés de Qadhafi.  Ces violations systématiques des droits de l’homme ont été dénoncées en public par les organisations qui suivent la situation dans ce pays. M. Valero a encore estimé que « l’exposition publique et macabre des cadavres de Muammar Qadhafi et de son fils Moatassim sont une preuve éloquente de ce que les valeurs humaines fondamentales, propres à chaque culture ou religion, ont été brisées avec sadisme et jouissance ».


Il s’est demandé si tel était le modèle des droits de l’homme et de démocratie que les puissances désirent exporter et s’il s’agissait véritablement d’une manière d’exercer la « responsabilité de protéger ».  Il a insisté sur les règles de la guerre et sur l’article 75 du Protocole I de la Convention de Genève, en regrettant que l’OTAN soit devenue le bras armé du Conseil de sécurité, et ce même Conseil, un instrument de guerre et d’insécurité.  Il a estimé injustifié et condamnable d’un point de vue moral, politique et juridique, que l’on ait invoqué la résolution 1973 (2011) du Conseil de sécurité pour détruire un pays, justifier un changement de régime et commis l’exécution extrajudiciaire du leader d’une nation.  Il reste encore à l’Organisation, a-t-il dit, de conduire un débat sur la façon dont les puissances impérialistes se servent des résolutions du Conseil de sécurité pour imposer, par le moyen de la guerre, des politiques néocoloniales de domination du monde entier.          


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a souligné l’universalité des droits de l’homme, insistant sur les mouvements de contestations populaires « du printemps arabe », lesquels, a-t-il déclaré, devraient inspirer tous les pays de la région en vue de mieux promouvoir le respect des droits de l’homme, de l’état de droit, ainsi que les réformes et les principes démocratiques.  « Il est important que ces processus soient inclusifs.  Il faut également que les groupes minoritaires soient protégés et non ciblés », a-t-il soutenu.


Toutefois, la réalité sur le terrain est toujours préoccupante, en témoigne la poursuite des violations des droits de l’homme notamment en Syrie, où, en dépit des appels répétés de la communauté internationale à la cessation immédiate de la violente répression, les manifestants continuent d’être tués, arrêtés ou soumis à de graves abus, a affirmé M. Wetland.  Il a également exprimé ses inquiétudes vis-à-vis des graves atteintes aux droits de l’homme au Yémen, au Bahreïn, ainsi qu’au Myanmar.  S’agissant du Myanmar, la Norvège s’est félicitée d’un certain nombre de développements positifs, avec notamment la levée de restrictions sur les médias, saluant également la transparence des débats qui se tiennent actuellement au Parlement, ainsi que le dialogue initié entre le Gouvernement et l’opposante Aung Saan Suu Kyi.  Le représentant norvégien a également annoncé que son pays soumettrait un projet de résolution sur la promotion et la protection des défenseurs des droits de l’homme dont il a salué le travail sans relâche en vue d’œuvrer à la promotion de la démocratie, le développement et les droits humains à travers le monde.


M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande) a réaffirmé le droit fondamental de chacun à participer, contribuer et jouir du développement économique, social et politique.  Il a ensuite rappelé les efforts déployés par son pays pour renforcer la protection des droits de l’homme, citant notamment la mise en œuvre d’un second plan d’action national sur les droits de l’homme pour la période 2009-2013, destiné à renforcer le réseau des droits de l’homme et la sensibilisation du public, ainsi qu’à aligner les dispositifs nationaux sur les standards internationaux.  Il a également mis en avant les dixième et onzième plans de développement économique et social pour les années 2007-2011 et 2012-2016, qui visent à consolider l’indépendance économique des citoyens, leur participation au développement et à ses bénéfices, notamment pour les femmes.


Rappelant que la protection des droits de l’homme intégrait aussi celle des migrants qui contribuent au développement du pays, le représentant a souligné la mise en place, en 2008, d’une loi sur l’emploi des étrangers leur assurant les mêmes droits qu’aux thaïlandais, ainsi qu’une législation contre le trafic des personnes créant un système d’assistance et de compensations pour les victimes.  « Malgré ces réalisations, il y a plus à faire encore pour protéger les droits de l’homme », a poursuivi le représentant, avant de citer le renforcement de l’éducation aux droits de l’homme, de l’accès à la justice, de l’équilibre des pouvoirs institutionnels.  Il a d’ailleurs indiqué que les réformes en cours du système judiciaire visaient à accentuer la participation du public et la lutte contre l’impunité.  « La Thaïlande travaille dur aujourd’hui pour intégrer la définition de la torture et son interdiction à la loi thaïlandaise », a-t-il encore expliqué, précisant que la police et l’armée recevaient aussi des formations pour accroître leur sensibilisation aux droits de l’homme.


M. WANG MIN (Chine) a souligné les déséquilibres entre le Nord et le Sud ainsi que la multiplication des barrières commerciales en tant qu’entraves à la mise en place d’un climat propice au développement dans les pays en développement.  Toutes sortes de discrimination, le racisme notamment, continuent d’exister partout tandis que les conditions de vie des personnes d’ascendance africaine et d’autres minorités restent précaires, et que de nouvelles formes de racisme, comme l’incitation à la haine raciale et religieuse et à la discrimination des migrants voient le jour. 


M. Wang a dénoncé la politisation et le recours à la pratique du deux poids deux mesures en matière des droits de l’homme.  Un petit nombre de pays persistent à utiliser des résolutions sur la situation des droits de l’homme dans des pays spécifiques comme instruments de pression sur les pays en développement, s’ingérant ainsi dans les affaires internes des pays, en violation des buts et principes de la Charte des Nations Unies.  Après avoir vivement invité au respect de la Charte, le représentant a souligné qu’il fallait résolument abandonner les pratiques de politisation et de deux poids deux mesures s’agissant des droits de l’homme. 


Il a affirmé qu’un petit nombre de pays occultaient les violations des droits de l’homme à l’intérieur de leurs frontières et montraient d’autres nations du doigt.  « Ils fabriquent des problèmes, amplifient des petits problèmes et s’engagent dans la politisation, la sélectivité et le double standard », a-t-il déploré, en estimant que cette situation avait « sérieusement envenimé, au niveau international, le développement rationnel des questions relatives aux droits de l’homme ».  La Chine, a-t-il affirmé, « est fermement opposée à cette pratique et exhorte les pays concernés à s’adonner à une sérieuse réflexion et à traiter les questions des droits de l’homme de manière juste, objective et tolérante ». 


Il a prié les États-Unis et l’Union européenne de « balayer devant leurs portes » avant de critiquer la situation dans d’autres pays.  M. Wang a également encouragé à établir un dialogue et une coopération fondés sur l’égalité et le respect mutuel.  Il est revenu sur la nécessité de réalisation du droit au développement en tant que socle de tous les autres droits de l’homme.  Dans ce contexte, et en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les pays développés doivent faire preuve de davantage de volonté politique, prendre des mesures pratiques pour respecter leurs engagements en termes de transferts des capitaux et de la technologie, de suppression de la dette extérieure et d’accès aux marchés, tout en aidant les pays en développement à consolider leurs capacités.


Il a encouragé, en outre, à l’élimination de toutes les formes de discrimination et à la préservation des droits des groupes vulnérables.  Il s’est également érigé contre le boycott par certains pays de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale commémorant le dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.   


M. Wang s’est prononcé en faveur de la revitalisation du travail des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme et a salué l’achèvement du premier cycle de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme.  Il a déclaré à cet égard que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme devait agir de façon juste et équilibrée, accroître sa transparence et accepter le contrôle du Conseil des droits de l’homme.  De leur côté, les titulaires de mandats des procédures spéciales doivent s’en tenir à leur Code de conduite et renforcer les dialogues et les échanges avec les pays concernés. 


M. LUIS-ALFONSO DE ALBA (Mexique) a fait remarquer que son pays avait reçu cinq titulaires de mandats des droits de l’homme de l’ONU et de l’Organisation des États américains (OEA) en 2011.  Le Mexique a entrepris une série de réformes constitutionnelles pour promouvoir et protéger les droits de l’homme, en consultation avec la société civile.  M. De Alba a préconisé une plus grande synergie entre les travaux du Conseil des droits de l’homme et ceux de la Troisième Commission.


En tant que pays d’origine, de transit et de destination pour les migrants, le Mexique insiste sur la nécessité de placer la protection des migrants et de leurs familles au cœur des préoccupations.  Il note avec inquiétude que certains États ont adopté des lois qui criminalisent l’immigration, affectant les droits à la liberté, à l’intégrité physique et à une procédure régulière.  D’après le représentant, il faut envisager des stratégies propres à promouvoir la tolérance et à combattre les stéréotypes à l’encontre des migrants.  Par ailleurs, le Mexique considère que les États ont l’obligation de promouvoir le respect des droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.


M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a indiqué que la promotion et la protection des droits de la personne représentaient un pilier central de la politique étrangère de son pays.  Il s’est déclaré préoccupé par la situation difficile des minorités religieuses, dont celles de l’Égypte, où subsistent toujours des tensions sectaires au sein des communautés musulmanes et coptes.  Au Pakistan, l’application abusive des lois sur le blasphème a souvent et injustement ciblé des minorités religieuses, comme la communauté Ahmadiyya.  Il est également déconcertant que des prêtres catholiques romains et d’autres membres du clergé chrétien soient forcés de pratiquer leur religion clandestinement en Chine et ailleurs.  Le représentant a estimé aussi inquiétant le manque de respect évident de l’Iran pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales de ses citoyens, y compris l’exécution des mineurs, l’élimination continue des droits des femmes et les restrictions imposées aux droits des Iraniens de pratiquer la religion de leur choix, dont la foi baha’ie et le christianisme.  Il a condamné la situation en Syrie en soulignant que plus de 3 000 personnes avaient été exécutées sous le régime du Président Bashar Al-Assad.


L’intervenant a exigé que le Président syrien mette un terme à la violence, qu’il libère tous les prisonniers politiques, qu’il accorde au citoyen un accès libre et inconditionnel à la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme et qu’il accepte les demandes de son peuple de faire du pays une démocratie où les droits de tous sont respectés.  Enfin, il a confirmé la demande du Canada au Président Bashar Al-Assad de quitter le pouvoir.  Il a déploré les atteintes continues aux droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), en particulier les sentences collectives, les exécutions publiques et les détentions arbitraires régulièrement rapportées dans ce pays.  Le Canada surveille de près la situation au Myanmar –l’orateur a dit « Birmanie » et l’ambassadeur du Myanmar a fait une motion d’ordre rectifiant le nom officiel de son pays– et a constaté, en dépit de la visite du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, M. Tomàs Ojea Quintana, que plusieurs problèmes importants n’ont pas encore été réglés.  


M. ALAN COELHO DE SÉLLOS (Brésil) a rappelé que la Présidente du Brésil, Mme Dilma Rousseff, avait déclaré, lors du débat général à l’ONU, que l’autoritarisme, la xénophobie, l’extrême pauvreté, la peine capitale et la discrimination étaient tous « des ennemis des droits de l’homme ».  Pour sa part, il a ajouté: « nos propres particularités ou défis, qu’ils soient culturels, économiques, sociaux ou politiques, ne devraient pas servir de prétexte pour ignorer les droits de l’homme fondamentaux ».  La communauté internationale ne doit pas hésiter à s’élever contre les graves violations des droits de l’homme, où qu’elles se produisent, conformément aux principes d’universalité, d’objectivité et de non-sélectivité.  Cependant, « les droits de l’homme ne doivent pas servir à justifier des actions unilatérales qui contournent le droit international relatif à l’usage de la force ».


Pour le Brésil, il n’y a pas de hiérarchie entre les droits économiques, sociaux et culturels, d’un côté, et les droits civils et politiques, de l’autre, a poursuivi le représentant.  Tout être humain a droit à l’alimentation, à un emploi décent, à un logement adéquat et à la paix sociale.  En même temps, tout être humain a droit à la liberté d’opinion et d’expression et de choisir son gouvernement.  C’est pour cette raison que le Brésil présentera, avec l’Inde et l’Afrique du Sud (Groupe de trois), un projet de résolution sur la nature universelle, indivisible, réciproque et interdépendante de tous les droits de l’homme et des libertés fondamentales.


Mme NATALIA ZOLOTOVA (Fédération de Russie) a appuyé l’arrangement provisoire du Président sur la liste des orateurs, étant entendu que cela ne constituera pas un précédent.  Elle a précisé que la résolution adoptée par l’Assemblée générale n’avait pas modifié le statut de l’Union européenne au sein des Nations Unies et que les représentants des observateurs devaient s’exprimer après les États Membres.


Depuis l’avènement de la mondialisation, de nombreux facteurs ont des effets délétères sur la jouissance des droits de l’homme dans le monde.  Elle a noté en particulier la dépréciation de valeurs humaines fondamentales ainsi que l’ingérence qui exigent de revoir l’approche concernant les droits de l’homme.  Elle a rappelé qu’avec l’anniversaire du procès de Nuremberg sur les crimes nazis, il était particulièrement préoccupant de constater la montée en flèche des expressions de haine et des groupes néonazis prônant la supériorité raciale.  L’expérience des États multiconfessionnels comme la Russie permettrait d’aider à lutter contre cette menace. 


Mme Zolotova a demandé de prendre en compte les différents systèmes des valeurs de civilisations distinctes s’agissant des droits de l’homme.  Il faudrait se garder d’exporter des valeurs imposées qui ne disent rien aux peuples sur lesquels on voudrait les appliquer, a-t-elle recommandé.    


M. IBRAHIM DABBASHI (Libye) a affirmé que la Déclaration universelle des droits de l’homme avait été renforcée par une série d’instruments internationaux abordant des droits plus spécifiques.  Tous ces textes reprennent les principes éthiques de base que les écoles philosophiques de toutes les régions ont invité à respecter.  Le non-respect des droits de l’homme débouche sur les atrocités, les crimes, les massacres et empêchent le développement des peuples.  Il est évident que la Libye a vécu une période mouvementée ces derniers mois après plus de quarante années passées sous le joug d’une tyrannie qui considérait qu’elle était propriétaire du pays et de ses ressources.  Lorsque le peuple libyen a décidé de revendiquer pacifiquement ses droits, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles, faisant des milliers de morts et plus de cinquante mille blessés avant que le peuple ne parvienne enfin à se libérer du tyran et à s’employer à mettre en place un nouveau système plus juste et démocratique, a expliqué le représentant. 


La mission du Conseil des droits de l’homme chargée d’établir les faits a conclu à de nombreuses atrocités et crimes commis par les partisans de Qadhafi.  Il a rectifié certaines allégations de médias attribuant également des atrocités perpétrées par les rebelles.  Il a déclaré que certains incidents remontaient aux premiers jours de la révolte et restaient isolés, leurs auteurs les ayant considéré légitimes au titre de l’autodéfense.  Ceux qui ont commis sciemment des crimes seront identifiés et comparaîtront devant la justice, a-t-il souligné, tout en rappelant à quel point Qadhafi et ses partisans étaient haïs pour tout le mal qu’ils avaient commis pendant ces années noires pour les Libyens.  M. Dabbashi a notamment réagi à la déclaration du représentant du Venezuela, selon lequel les rebelles sont de simples mercenaires.  Il a souligné qu’un régime qui commet tant d’atteintes aux droits de l’homme de son peuple équivalait à une dictature que l’on ne saurait classer parmi les défenseurs des droits de l’homme.      


M. KAZUO KODAMA (Japon) a considéré que l’adoption consensuelle par le Conseil des droits de l’homme de la résolution sur la situation des droits de l’homme au Cambodge avait été un bon exemple de coopération.  Le Japon, par ailleurs, reste gravement préoccupé par les violations des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC).  La RPDC refuse de coopérer avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies.  Rappelant que 12 citoyens japonais avaient été enlevés, le représentant a dit que le Japon exhortait la RPDC à enquêter sur la question des enlèvements.  Cette question figure dans le projet de résolution sur la situation des droits de l’homme en RPDC que le Japon et l’Union européenne vont présenter à la Commission.


Le Japon continuera d’encourager le Myanmar à prendre d’autres mesures positives sur la voie de la démocratisation et de la réconciliation nationale, a indiqué M. Kodama.  Le Japon, qui a tenu en mai dernier son septième dialogue sur les droits de l’homme avec l’Iran, est préoccupé par les restrictions de la liberté d’expression, par la lapidation, les exécutions publiques et les exécutions de mineurs.  Il est également préoccupé par les situations au Yémen et en Syrie.


M. OTHMAN JERANDI (Tunisie) a déclaré que la révolution populaire qu’a connue la Tunisie avait constitué une étape décisive lui ayant permis de recouvrer sa place dans le concert des nations et au sein des forces vives attachées aux valeurs communes de l’humanité en faveur de la liberté, de la démocratie, de la tolérance, de l’égalité des chances et du respect des droits de l’homme dans toutes leurs dimensions et composantes.  La consécration des droits de l’homme et la défense des libertés publiques représentent, aujourd’hui, l’une des priorités les plus importantes pour le pays, a-t-il dit.  Cette approche s’est illustrée plus particulièrement par une amnistie générale en faveur de tous les prisonniers politiques de l’ancien régime; la dissolution de l’appareil de sécurité politique; l’adhésion du pays au Statut de Rome, aux protocoles facultatifs du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à la Convention internationale contre la torture et à la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.  Le délégué a aussi rappelé que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme avait ouvert un bureau à Tunis, de même que le Haut-Commissariat pour les réfugiés.


Le Gouvernement s’est également attelé à accélérer la réforme du système judiciaire en vue de l’adapter aux nouvelles exigences de lutte contre la corruption et à la poursuite des responsables impliqués dans les meurtres des manifestants et dans des cas de torture, ainsi que ceux impliqués dans la spoliation des biens du peuple tunisien.  Deux commissions nationales indépendantes ont été mises en place pour enquêter sur les affaires de corruption et de malversation et pour mener des investigations sur les violations et dépassements commis à l’encontre du peuple tunisien durant la révolution.  Le délégué a ajouté que le peuple tunisien avait besoin, aujourd’hui, de ressources pour faire face aux défis socioéconomiques engendrés par la transition démocratique.  Dans le même esprit, M. Jerandi a exhorté tous les États qui ont été sollicités en vue de l’extradition d’individus impliqués dans ces crimes à répondre favorablement à cette requête légitime. 


Le représentant a déclaré que l’engagement de son pays en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme avait été concrétisé par une réalité vécue par les citoyens tunisiens, le 23 octobre: l’élection de l’Assemblée nationale constituante qui devra rédiger une nouvelle constitution et désigner un exécutif qui gouvernera jusqu’aux prochaines élections générales ».  Se félicitant de la participation élevée, il a également loué les efforts déployés par l’ONU ainsi que par les observateurs internationaux qui se sont investis pour soutenir le processus électoral dans son pays et garantir son bon déroulement.   


Mme JENNY MACKLIN, Ministre des familles, du logement, des services communautaires et des affaires autochtones de l’Australie, a commencé par souligner que son gouvernement avait développé une stratégie nationale du handicap pour garantir les droits des personnes handicapées.  « Les Australiens autochtones ont une place particulière en Australie, en tant que premiers occupants de la terre et gardiens de l’une des plus anciennes cultures de l’histoire humaine », a-t-elle déclaré ensuite.  Le Gouvernement australien considère que les obstacles auxquels les Australiens autochtones sont confrontés sont inacceptables.  Il s’efforce de remédier à des décennies de sous-investissement en matière de logement, d’écoles et de services de santé, et de promouvoir les langues autochtones.  C’est dans cet esprit que l’Australie a appuyé la création du Congrès national des premiers peuples d’Australie et qu’elle prépare, avec les États Membres, la Conférence mondiale sur les peuples autochtones de 2014.


Mme Macklin a expliqué que l’Australie était l’une des sociétés les plus multiculturelles du monde: un Australien sur quatre est né à l’étranger, et un sur cinq a un ou deux parents nés à l’étranger.  « La diversité culturelle de l’Australie est au cœur de son identité nationale, de son histoire et de son caractère », a-t-elle dit.  Le Gouvernement promeut le respect des droits de l’homme pour tous, sans distinction fondée sur la race, la couleur, la religion ou l’origine nationale ou ethnique.  En outre, dans sa propre région, l’Australie appelle le Gouvernement intérimaire de Fidji à organiser des élections libres et justes qui restaureront la démocratie.


M. YUSRA KHAN (Indonésie) a rappelé que le Second plan d’action national de l’Indonésie sur les droits de l’homme s’appuyait sur six piliers: le renforcement des organismes de mise en œuvre du plan aux niveaux national et régional; la préparation à la ratification des instruments internationaux en matière de droits de l’homme; l’harmonisation des législations et institutions juridiques avec les instruments internationaux des droits de l’homme; le développement d’une éducation aux droits de l’homme; la mise en œuvre de normes de droits de l’homme; et le suivi, l’évaluation et les rapports.  Il a précisé que le Troisième plan d’action national 2010-2015 s’appuyait sur les réalisations des deux premiers plans en incluant un nouveau pilier visant à diffuser de meilleurs services de communication aux gens.  Par ailleurs, le représentant de l’Indonésie a dit son inquiétude face à une intolérance croissante à l’égard des migrants et à la vulnérabilité de ces derniers face à la violence xénophobe. 


Par ailleurs, il a mis l’accent sur les efforts de l’Indonésie pour protéger les femmes et les enfants, notamment par le biais des plans d’action nationaux pour l’éradication de la traite des êtres humains et de l’exploitation sexuelle des enfants.  Il a dit que l’Indonésie avait, par le biais du processus de Bali, joué un rôle important aux côtés de l’Australie et des pays de l’Asie et du Pacifique, en matière de promotion de la coopération aux fins de la lutte contre la traite des êtres humains.  En outre, il a indiqué que le Parlement indonésien avait adopté le 18 octobre dernier une loi de ratification de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. 


Mme MONIA ALSALEH (République arabe syrienne) a déclaré que, dans le souci d’un changement radical en vue d’un avenir meilleur pour le peuple, le Gouvernement de son pays avait annoncé une série de réformes, notamment par l’adoption d’une ordonnance législative sur la création de partis politiques, ce qui a conduit à la naissance de plus de quinze nouveaux partis et à l’établissement d’une commission nationale chargée du projet de nouvelle constitution.  Il a également mis fin à l’état d’urgence, affirmé le droit d’assemblée pacifique, entériné un nouveau Code de la presse, établi un Conseil national de l’information, confirmé la protection de la liberté des médias et d’accès aux nouvelles technologies et à la protection des journalistes et tenu un dialogue national en présence du Président de la République.


En outre, la déléguée a fait état du mouvement « Occupy Wall Street », qui a débuté il y a plus d’un mois aux États-Unis, ainsi que des mouvements de revendication pacifiques dans différentes villes européennes réclamant une plus juste répartition des richesses et des revenus et la réalisation des droits sociaux et économiques, par des véritables solutions au chômage et à la pauvreté.  Mme Alsaleh a déploré l’utilisation de la force dans ces pays contre des jeunes manifestants pacifiques, en particulier de jeunes musulmans.  Elle a également regretté l’arrestation aux États-Unis de l’écrivaine Naomi Wolf durant les manifestations à Wall Street.  Rappelant la Déclaration et le Programme d’action de Vienne, la déléguée a mis l’accent sur la nécessité d’octroyer la priorité aux situations des droits de l’homme dans les territoires sous occupation étrangère, y compris par Israël, qui commet des violations flagrantes des droits de l’homme à travers une politique de colonisation, de torture, de punitions collectives et de détentions de milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreux représentants du peuple palestinien démocratiquement élus.


M. ALFREDO CHUQUIHUARA (Pérou) a déclaré que le mécanisme de l’Examen périodique universel était un élément majeur du renforcement du système universel des droits de l’homme.  Le Pérou a d’ailleurs été l’un des premiers pays volontaires s’étant prêtés à cet exercice, dont le résultat a été très positif.  De même, le Pérou a activement participé, tant à Genève qu’à New York, au processus d’examen du Conseil des droits de l’homme.  Le représentant a également estimé que le dialogue interactif entre la présidence du Conseil des droits de l’homme et les experts de la Troisième Commission permettra un renforcement des relations entre ces deux instances.


M. Chuquihuara a lancé un appel urgent à la communauté internationale et aux organismes financiers internationaux afin qu’ils favorisent la consolidation des capacités nationales, en particulier dans les pays en développement.  Plaidant pour des mesures accrues de protection sociale, il a appelé à un accès universel aux services sociaux pour lutter contre l’extrême pauvreté, de même qu’à l’inclusion des personnes vivant dans la pauvreté dans le processus de prise de décisions.  Il a ensuite exprimé sa profonde préoccupation devant l’adoption de lois qui punissent la migration clandestine et affectent la dignité et les droits de l’homme des migrants.  Le délégué s’est aussi érigé contre les formules imposées, au niveau national, aux transferts de fonds effectués par les migrants et a demandé aux États Membres de les supprimer car ces mesures exacerbent le problème migratoire, favorisent la traite des personnes et l’esclavage et aggravent le niveau de pauvreté des migrants et de leurs familles.  Au niveau national, il a mis l’accent sur l’adoption, en août, de la loi sur le droit des peuples autochtones et originaires à la consultation préalable, reconnue par la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  


M. HAMZA OMER (Soudan) a assuré que les droits de l’homme étaient enracinés dans la communauté soudanaise.  Le Soudan a ratifié un grand nombre d’instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et les a traduits dans la pratique.  En outre, le Soudan a honoré tous ses engagements vis-à-vis de l’Accord de paix d’ensemble et de la reconnaissance du Sud-Soudan.  Il demande à la communauté internationale de réaliser son devoir pour faire respecter l’Accord par les rebelles.  Par ailleurs, on a assisté à des développements positifs au Darfour qui contredisent les propos du délégué de l’Union européenne, a fait valoir M. Omer.  Le Soudan a également maté des rébellions militaires dans le Kordofan méridional et dans la région du Nil Bleu.


Les droits de l’homme concernant la liberté d’expression sont garantis par la Constitution, a ajouté le représentant.  Il a regretté que la Haut-Commissaire aux droits de l’homme n’ait pas souligné devant la Commission le fait qu’au cours de sa dernière session le Comité des droits de l’homme a mis fin au mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Soudan.  Le Soudan souhaite poursuivre le dialogue, « loin de la politisation et de la violation de la souveraineté des États ».  Enfin, il demande que les droits économiques, sociaux et culturels aient la même importance que les droits civils et politiques et souhaite une redistribution plus équitable des ressources humaines.


Mme ZOYA KOLONTAI(Bélarus) a indiqué que son pays avait atteint plusieurs Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ce qui a été remarqué par la communauté internationale lors de l’Examen périodique universel au terme duquel le pays a accepté plus des deux tiers des recommandations.  Elle a présenté une série d’exemples en matière d’inclusion sociale, de réduction de la mortalité infantile (2,4 pour 1 000 naissances) et d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes.  Un projet de loi est en cours de préparation en vue de la ratification de la Convention sur les droits des personnes handicapées.


En collaboration avec plusieurs agences de l’ONU, le pays s’efforce aussi d’œuvrer dans plusieurs secteurs en vue de l’amélioration de la situation sociale de sa population.  La déléguée a jugé importante l’interaction entre les États Membres et les Nations Unies et a rappelé que le Bélarus avait adressé une invitation à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, en vue d’une visite.  Elle a souligné la nécessité, en particulier au sein du Haut-Commissariat, d’accorder le même intérêt aux droits sociaux, économiques et culturels qu’aux droits civils et politiques.  Elle a observé que la délégation de l’Union européenne n’avait pas trouvé la force de faire son autocritique quant à la situation des droits de l’homme dans ses pays membres, ce qui constitue un problème très inquiétant, d’autant que l’Union européenne s’ingère dans les affaires d’autres pays et s’érige en donneuse de leçons, a estimé la représentante.


M. SHIN DONG-IK (République de Corée) s’est déclaré heureux de noter les évolutions en matière de droits de l’homme dans le monde et notamment leur acceptation comme valeur universelle et leur incorporation dans les activités des Nations Unies.  Pour autant et malgré ces évolutions, il y a encore de très nombreuses violations dans le monde, a déploré le représentant, avant d’appeler la communauté internationale à répondre promptement à cette situation, en particulier s’agissant de la pauvreté, des conflits armés, des dictatures ou encore des formes variées de discrimination.  Le représentant a aussi estimé que dans des situations de postconflit, la justice transitionnelle et la vraie réconciliation ne pouvaient être garantie que par un engagement ferme en faveur de la responsabilité et par la bonne gouvernance.


Le représentant a également estimé que le processus de l’examen périodique universel qui vient d’achever son premier cycle était devenu un outil vital pour la protection des droits de l’homme.  En conséquence, ce processus ne doit pas tomber victime de critiques, mais a besoin d’être amélioré pour parvenir à son objectif final qui est d’améliorer la situation des droits de l’homme sur le terrain.  Dans ce contexte, le test ultime sera le deuxième cycle, lorsque chaque pays devra mettre en œuvre les recommandations formulées dans le cadre du premier cycle et lorsque les améliorations s’agissant des droits de l’homme seront évaluées, a conclu le représentant.


Mme EIMAN KHAMIS AL-RAISY (Émirats arabes unis) a rappelé que son pays s’était prêté à l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme en 2008 et en 2009, ce qui lui avait permis d’obtenir une évaluation remarquable de la situation des droits de l’homme au niveau national.  Les Émirats arabes unis se sont attachés à mettre en œuvre les recommandations formulées par le Groupe de travail et à mettre sur pied une commission dans ce but.  Créée en 2009, cette commission est composée d’experts et de représentants ministériels et d’organismes publics et de représentants de la société civile.


Le pays a aussi ratifié un certain nombre de conventions et protocoles se rapportant aux droits de l’homme.  La déléguée a également mis l’accent sur le fait que son pays figurait parmi les principaux donateurs mondiaux pour apporter un appui dans les situations d’urgence, dans la lutte contre la pauvreté, les maladies, ainsi que la réalisation du développement durable.  Convaincu de l’importance cruciale de la protection des droits de l’homme partout dans le monde, les Émirats arabes unis ont présenté leur candidature pour l’exercice 2012-2015 au Conseil des droits de l’homme et espère recueillir l’assentiment des États membres.  Elle a demandé la levée immédiate de l’embargo à Gaza et défendu le droit du peuple palestinien à établir un État indépendant.   


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a rappelé que son pays était partie prenante à plusieurs instruments internationaux pour la promotion et la protection des droits de l’homme, comme cela a été expliqué dans une déclaration antérieure.  Il a souhaité répondre aux « affirmations injustifiées » concernant la loi sur le blasphème.  Cette loi a été adoptée sous l’empire britannique pour garantir la paix et c’est aujourd’hui le Parlement pakistanais qui en est responsable.  Le représentant a rejeté toute tentative d’y voir un problème religieux.


M. GUSTAVO RUTILO (Argentine) a considéré que la garantie de l’impunité des violations graves des droits de l’homme, qui repose sur un vide juridique et moral dans certaines sociétés, était la source même de telles atteintes à la dignité des personnes et que la communauté internationale devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour y mettre fin.  Il a appuyé les mandats des procédures spéciales et a reconnu l’apport précieux de la Cour pénale internationale (CPI) dans la lutte contre l’impunité.  D’autre part, le délégué a appuyé le travail national, régional et international accompli par les défenseurs des droits de l’homme et a invité à l’adoption des mesures nécessaires à la protection de la vie, de l’intégrité personnelle et de la liberté d’expression de ces personnes, conformément à la législation national et internationale. 


M. Rutilo a aussi mis l’accent sur la nécessité d’accorder l’attention nécessaire à la lutte contre l’homophobie et les violations des droits de l’homme fondées sur l’orientation et l’identité sexuelles, ainsi qu’à la défense de la liberté d’expression en tant que composante d’une société démocratique.  Il a annoncé qu’avec le Maroc et la France, son pays présenterait à nouveau un projet de résolution sur la Convention internationale contre les disparitions forcées, dans laquelle l’Assemblée générale se féliciterait de l’entrée en vigueur de cet important instrument international et exhorterait à sa ratification par d’autres États.   


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a rappelé qu’après avoir appuyé la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, la Nouvelle-Zélande avait invité le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones à lui rendre visite en 2010.  En dépit de la crise économique mondiale, la Nouvelle-Zélande fait partie des pays qui continuent à accroître leur aide pour aider les plus vulnérables, a-t-il dit par ailleurs.  Selon lui, « le monde a été inspiré par le courage et la détermination de la jeunesse arabe » à affirmer ses droits et sa dignité.  Avec la chute des Gouvernements autoritaires en Tunisie, en Égypte et en Libye, le potentiel énorme des nouveaux média sociaux a également été démontré.


En ces temps mouvementés, la Nouvelle-Zélande souligne que les autorités de transition doivent veiller tout particulièrement à protéger les droits de leurs citoyens et que la communauté internationale doit les appuyer.  M. McLay a déploré la détérioration de la situation des droits de l’homme en Syrie et au Yémen.  « Il n’y a pas de solution possible aux crises par l’intimidation et la répression brutale », a–t-il dit, avant d’appeler les deux pays à prendre des mesures immédiates pour mettre fin au « bain de sang ».


Mme NADYA RIFAAT RASHEED, Observatrice de la Palestine, a salué le travail du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, M. Richard Falk, et a rappelé les obligations fondamentales d’Israël en vertu de la quatrième Convention de Genève.  Elle a rappelé que, contrairement à la lettre et à l’esprit de cette convention, l’occupation n’avait rien de temporaire et durait maintenant depuis plus de quatre décennies.  Les abus ont continué pendant l’année écoulée et les pratiques et politiques cruelles d’Israël ont conduit à une exacerbation de la pauvreté, particulièrement à Gaza assiégée depuis plus de quatre ans à travers un blocus illégal, a-t-elle dit.


L’observatrice a dénoncé la campagne illégale de colonisation du territoire palestinien occupé, en particulier à l’intérieur et autour de Jérusalem-Est, le cœur de la Palestine et future capitale de l’État de Palestine.  Elle a réitéré que toute colonie de peuplement était une activité illégale et constituait une violation de la quatrième Convention de Genève, de la loi coutumière pertinente et des dispositions du Statut de Rome.  C’est également un obstacle majeur à l’instauration de la paix, a-t-elle insisté en appelant la communauté internationale à agir d’urgence pour forcer Israël à cesser les activités illégales de peuplement, à respecter toutes ses obligations juridiques et à s’engager sincèrement dans un processus de recherche de la paix.    


M. MINAS HADJIMICHAEL (Chypre) a rappelé que la question des personnes disparues était l’un des aspects les plus tragiques de l’invasion turque de 1974.  Les derniers rapports du Secrétaire général sur la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) ont enregistré le manque de coopération de la Turquie à cet égard.  Par ailleurs, les populations grecques chypriotes enclavées, qui résident dans les zones occupées, continuent de subir de graves violations de leurs droits de l’homme.  Les Grecs chypriotes déplacés sont également privés de leur droit à accéder librement à leurs maisons et à leurs biens, a poursuivi le représentant.  En particulier, le droit à la liberté de religion est violé à Chypre.  Environ 575 églises et monuments chrétiens ont été victimes de désacralisations, de pillages ou de démolitions.


Depuis trois ans, le Président de la République de Chypre, en tant que dirigeant de la communauté chypriote grecque, et le dirigeant de la communauté chypriote turque sont engagés dans un processus de négociation, dans le cadre de la mission de bons offices du Secrétaire général, afin de trouver une solution au problème chypriote.  « Un élément essentiel pour que ce processus aboutisse est la fin immédiate des violations continues des droits de l’homme à Chypre », a dit M. Hadjimichael.


M. DIMITRIS TZIRAS (Grèce) a rappelé que depuis trente-sept ans, les droits de l’homme et les libertés fondamentales du peuple chypriote avaient été violés du fait de l’invasion militaire turque de 1974 et de l’occupation de 37% du territoire de la République de Chypre.  Il a abordé la question des personnes disparues et les droits de leurs familles, qui vivent encore des situations émotionnelles dramatiques en l’absence de renseignements fiables sur le sort des disparus.  Deux mille chypriotes grecs continuent d’être forcés à vivre comme des personnes déplacées, des réfugiés dans leur propre pays et ne peuvent retourner chez eux.  Pis, a-t-il dénoncé, l’arrivée de colons turcs est venue ajouter une autre dimension à cette tentative de modification de la composition démographique de Chypre, en violation des Conventions de Genève. 


Certes, la Turquie a pris, au cours des dernières années, des mesures visant à l’éducation et aux droits religieux des chypriotes grecs enclavés vivant dans la partie occupée de l’île, mais il est trop tard pour stopper leur réduction de 25 000 en 1974, à 500, aujourd’hui, a-t-il regretté.  M. Tziras a également dénoncé le pillage et la destruction du patrimoine culturel et religieux de Chypre dans les zones occupées, notamment dans plus de 500 églises grecques orthodoxes et de nombreux monastères, qui ont été pillés, sévèrement endommagés ou démolis.  Des milliers d’objets anciens et d’œuvres d’art byzantins ont ainsi été sortis en contrebande hors du pays, a affirmé M. Tziras avant d’appuyer pleinement les négociations pour la réunification de Chypre, sous les bons offices du Secrétaire général de l’ONU.   


M. ASKAR SHAKIROV (Kazakhstan) a estimé que l’élection de son pays à la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2010 avait marqué la reconnaissance de ses succès en matière de droits de l’homme.  Cette année, le Kazakhstan a célébré le dixième anniversaire du Programme d’action de Durban.  Avec plus de 100 nationalités sur son territoire, le pays a toujours défendu les principes de la tolérance et de la non-discrimination dans le cadre d’une politique nationale interreligieuse.


Par ailleurs, a expliqué le représentant, le Gouvernement poursuit son travail pour la réalisation des recommandations du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.  Plusieurs rapporteurs spéciaux, dont celui sur le droit à l’éducation, ont effectué des visites au Kazakhstan et ont reconnu les résultats positifs.  Le pays a ensuite intégré les recommandations qui lui ont été faites dans sa politique nationale d’ici à 2020.  Des efforts sont également entrepris pour garantir les droits à la défense des citoyens.  Les normes internationales en matière d’égalité des sexes ont été reconnues, notamment pour protéger les femmes de la violence.  Enfin, le Kazakhstan a développé l’institution d’un médiateur pour la défense des droits de l’homme.


M. ANG CHOO PIN (Singapour) a déclaré que Singapour adoptait une approche pragmatique et réaliste des droits de l’homme, en insistant que l’application de ces droits ne pouvait être dissociée des contextes historiques, religieux, sociaux et culturels d’un pays.  Il a déclaré qu’il appartenait à chaque pays de décider comment affecter ses ressources limitées à des secteurs compétitifs en matière de droits de l’homme.  Il a indiqué que la Charte 2007 de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) reconnaissait que la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales -tout en insistant sur les droits et responsabilités des États membres de l’ANASE- était une des raisons d’être de l’organisation régionale. 


Il a précisé que la Commission intergouvernementale de l’ANASE pour les droits de l’homme avait été mise en place en 2009 par le biais d’une approche pas à pas.  Il a dit que l’organisme travaillait actuellement à la rédaction d’une déclaration des droits de l’homme de l’ANASE.  Il a regretté que le modus operandi des travaux de la Troisième Commission n’était pas basé sur l’humilité en estimant que la diversité des vues n’était pas assez entendue à New York et à Genève.  Parodiant une citation du penseur John Stuart Mill, il a estimé que réduire au silence des opinions revenait à cambrioler la race humaine.  Il a ajouté que même ce qui est faux avait l’avantage de mieux révéler une vérité qui bénéficiait ainsi de sa confrontation avec l’erreur. 


Mme VIPLOVE THAKUR (Inde) a déclaré que le terrorisme était une des menaces majeures à la pleine jouissance des droits de l’homme.  Les terroristes violent les droits fondamentaux de leurs victimes en installant un climat de terreur et d’intimidation, attaquent la démocratie, la dignité humaine, les droits de l’homme et le développement, a-t-il ajouté.  Alors que la sécurité des personnes est la première responsabilité des gouvernements, les États doivent aussi être conscients de leurs responsabilités en matière de lutte contre le terrorisme, tout en respectant le droit international, a poursuivi le représentant.  Dans le même esprit, il est de la responsabilité commune que les droits de l’homme ne soient pas utilisés à des fins partisanes étroites ou pour remplir des ambitions territoriales avec des objectifs de politique extérieur destructifs.


M. Thakur a également estimé que la coopération et la solidarité entre États étaient indispensables pour partager les bénéfices de la mondialisation, y compris dans les domaines de l’aide, du commerce, de la dette ou encore de l’investissement et du transfert de technologie.  À cet égard, la réforme de la gouvernance économique mondiale est vitale et doit prendre en compte la participation des pays en développement, celle des pays les moins avancés et des petits États insulaires en développement ou encore de la société civile, dans le but de créer les conditions d’un ordre économique mondial équitable et inclusif, a-t-il ajouté.  Dans le cadre de la dette, le représentant a plaidé pour des efforts concertés au plan international afin d’évaluer leur impact sur l’économie des pays en développement.  Enfin, en tant que pays géographiquement proche, l’Inde prend note des évolutions s’agissant de la situation des droits de l’homme au Myanmar et est prête à partager son expérience en matière de règles parlementaires, a conclu le représentant.


M. FEODOR STARČEVIĆ (Serbie) s’est déclaré obligé, une fois de plus, d’attirer l’attention de la Commission sur la situation des droits de l’homme qui ne cesse de se détériorer, et depuis longtemps, dans une partie du territoire de son pays: la province du Kosovo et de Metohjia, sur laquelle la Serbie n’a plus de contrôle.  Il a rappelé que sa délégation soulevait cette question depuis douze ans devant toutes les instances pertinentes des Nations Unies qui, selon lui, devraient se pencher sur la situation des droits de l’homme au Kosovo, qui a été placé sous administration intérimaire de l’ONU depuis 1999, conformément à la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité.  Il a estimé qu’aucun progrès significatif n’avait été accompli quant à la sûreté, à la sécurité et à la protection des droits fondamentaux de la population serbe et non albanaise, particulièrement dans les enclaves où cette population est minoritaire.  En outre, de graves problèmes persistent concernant le retour d’un grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur, la protection des rapatriés, les enquêtes sur les crimes fondés sur des motifs ethniques, la liberté de mouvement, les droits fonciers, le droit à l’emploi, à l’éducation et l’utilisation de la langue maternelle, les libertés religieuses, notamment de reconstruction et de protection du patrimoine culturel et religieux médiéval serbe dans la province mentionnée.


Il a ajouté que la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, en février 2008, posait un problème juridique qui réduisait encore plus d’éventuelles chances d’amélioration des droits de l’homme de la population de la province et des communautés non albanaises en particulier.  Pour illustrer la grave situation des droits de l’homme dans la province, il a présenté un chapelet d’exemples, particulièrement le fait que sur les 250 000 Serbes, Roms et autres non Albanais contraints de quitter le Kosovo en 1999, moins de 10% sont retournés dans leurs foyers après douze années de présence internationale. 


M. Starčević a critiqué la « culture de l’impunité » au Kosovo, que ce soit pour les crimes de guerre commis durant le conflit en 1999 ou liés à la criminalité organisée.  Il a également dénoncé le faible système de protection des témoins, principale condition préalable à des enquêtes justes sur des crimes graves, et a fait état de diverses formes d’intimidation et de harcèlement des témoins, y compris leur décès dans des circonstances suspectes, comme des « accidents de la circulation » ou des « suicides ».  Il a renvoyé au dernier rapport du Rapporteur du Conseil de l’Europe, M. Dick Marty, sur le traitement inhumain du peuple et le trafic illicite d’organes au Kosovo.  Ce rapport a été approuvé par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe fin janvier 2011.


M. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a regretté que le Rapporteur spécial sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible ait mis l’accent sur la question de l’avortement.  Trop d’importance est accordée, selon lui, à « des sujets qui ne sont pas universellement reconnus comme des droits ».  Les droits fondamentaux des habitants du Bangladesh sont garantis par la Constitution qui consacre les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  « Notre position est basée sur les principes d’universalité, de non-sélectivité, d’impartialité et d’objectivité », a insisté le représentant.


Le Bangladesh observe, cette année, le vingt-cinquième anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur le droit au développement.  En août dernier, il a ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.  M. Momen a déclaré que son pays était convaincu que la cause des droits de l’homme avait la priorité par rapport aux manœuvres politiques.


Mme FARISHA SALMAN (Malaisie) a réaffirmé le droit inaliénable de chaque État de choisir ses systèmes politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de la part d’un autre État ou d’influences extérieures.  Partant de ce principe, elle a appelé à faire en sorte que les droits économiques, sociaux et culturels revêtent la même importance que les droits civils et politiques, particulièrement dans les pays en développement qui sont les plus désavantagés au sein de la communauté mondiale.  La tendance actuelle de politisation des droits de l’homme de la part de certains pays n’a pas servi la cause de ces droits, a-t-elle souligné. 


De son côté, la Malaisie, en tant que société plurielle, multiethnique et multireligieuse, a intégré les droits et libertés dans sa constitution fédérale dès son indépendance et a appliqué le principe de tolérance.  Le pays a également signé et ratifié plusieurs conventions et protocoles relatifs aux droits de l’homme et établi, en 1999, la Commission des droits de l’homme de la Malaisie (SUHAKAM), chargée de faire la lumière sur les plaintes relatives aux atteintes aux droits de l’homme énumérés dans la partie II de sa Constitution.  Elle a également reconnu le droit au développement, tel qu’affirmé dans la Conférence mondiale des droits de l’homme, tenue à Vienne en 1993, ainsi que le droit à l’accès, à l’aide et à la promotion du développement humain, comme l’ont confirmé les membres du Mouvement des pays non alignés.  Le Premier Ministre a aussi annoncé l’abolition, le 15 septembre 2011, d’une loi de sécurité intérieure de 1960 qui visait à contrecarrer les éléments subversifs et les menaces à la sécurité nationale.   


Droits de réponses


Le représentant de la Syrie a répondu que les pays qui accusaient le sien de violations des droits de l’homme refusaient de croire à l’existence de groupes terroristes armés.  « La Syrie vit au cœur d’une région explosive à cause des politiques coloniales et de l’occupation israélienne ».  Les puissances coloniales occidentales, notamment les États-Unis, n’ont pas le droit de lui donner des leçons.  Le représentant a également exhorté la Norvège « à ne pas tomber dans le piège des manœuvres et de la politisation des droits de l’homme ».  Il a critiqué l’Europe qui a créé la pratique de la discrimination raciale et viole la liberté d’expression des Roms et des Musulmans.


Aux détracteurs du Bahreïn, sa représentante a réaffirmé que les conclusions de la Commission indépendante d’enquête du Conseil des droits de l’homme étaient parmi les priorités de son gouvernement.  En ce qui concerne les jugements et les poursuites auxquels le délégué de l’Union européenne a fait allusion, elle a rappelé la décision du Procureur de les soumettre à des cours civiles.  Quant aux violations soulignées par la Norvège, le Gouvernement a pris des mesures qui prouvent le respect de ses engagements en matière de droits de l’homme.


La représentante de Cuba a réagi à l’intervention des États-Unis qui « n’ont pas de morale », car ils sont « responsables de très graves violations de droits l’homme, y compris les atrocités commises à Guantanamo ».  Cuba défend le droit de toute personne de manifester pacifiquement.  La campagne contre Cuba utilise une série de techniques sophistiquées.  La représentante a ajouté que le ressortissant américain détenu menait une opération secrète à Cuba.


Le représentant de Fidji a répondu à l’Australie en réitérant son engagement à respecter ses obligations en vertu de la Charte des Nations Unies.  Fidji est pleinement déterminé à organiser des élections générales, justes et démocratiques en 2014 sans aucune catégorisation raciale, pour la première fois dans son histoire, et s’attèlera à rédiger une nouvelle constitution.


Le Sri Lanka a assuré que le Gouvernement avait tenu compte de tous les aspects du conflit lors de la création de la Commission de réconciliation nationale qui doit remettre son rapport treize mois après son établissement, expérience unique en terme de délai.  Son rapport sera remis au Parlement une fois prêt.  Par conséquent, il ne serait pas utile de mettre en place une commission d’enquête, a déclaré le représentant, en critiquant les conclusions du Panel de l’ONU sur le Sri Lanka.  Il a reconnu qu’il restait des motifs de préoccupation sur les sources de conflit au Sri Lanka, mais qu’il était difficile pour un État de réagir si on ne cite pas exactement les prétendues sources de conflit, a-t-il commenté.  Il a souligné la tâche gigantesque de l’État en termes de réinsertion des anciens combattants, tâche à laquelle il s’emploie pourtant depuis la fin du conflit.  Il est malheureux que des éléments de politiques intérieures débouchent sur des distorsions des lois internationales, a-t-il regretté.


La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a catégoriquement rejeté les allégations politiques faites par les États-Unis, le Japon et par d’autres pays, allégations bien éloignées des droits de l’homme.  Nul n’ignore qu’il existe des violations de droits de l’homme aux États-Unis également, des exécutions, des détentions arbitraires et des assassinats de personnes hors du territoire américain.  Ce pays n’a aucune autorité morale pour critiquer la situation dans des pays en développement.  Les pays qui critiquent, notamment les États-Unis, l’Union européenne et les occidentaux en général, feraient mieux, a-t-il dit, de s’intéresser de plus près à leur situation respective.  Le délégué a ensuite répondu au Japon, soulignant que la question des enlèvements avait été résolue, il y a bien longtemps.  Il a rappelé qu’avec l’occupation de la Corée, le Japon avait en fait enlevé des millions de Coréens.


La Turquie a réagi aux déclarations de la Grèce et de Chypre, qui laissent penser que le problème n’a commencé qu’en 1974.  Si c’était le cas, a rétorqué le représentant turc, alors pourquoi les Nations Unies auraient-ils déployé les Forces de maintien de la paix dès 1964?  « Nous sommes témoins d’une perte de mémoire collective », a déclaré le délégué, en rappelant la politique d’intimidation de la Grèce.  Il a évoqué la vague de purification ethnique qui avait privé les Chypriotes turcs de leurs droits, et a rappelé le coup d’état militaire à Chypre, en 1974, avec l’appui de la Grèce, qui a conduit à l’intervention de la Turquie.  Il a déclaré que son pays était disposé à se tourner vers l’avenir et a invité les deux parties à trouver une solution juste et durable sur la base des paramètres onusiens reposant sur l’égalité.  La partie turque s’engage à y contribuer.


Le Japon a exercé son droit de réponse suite à la déclaration de la RPDC sur la question des enlèvements.  Concernant l’enlèvement des citoyens japonais, le représentant a affirmé que le problème n’était pas encore réglé, ce qui pose un grave problème à son pays.  Il a rappelé les faits par le menu, ainsi que les efforts consentis par son pays, pendant des années, pour obtenir des informations sur les Japonais enlevés.  Il a aussi rappelé la déclaration faite par le représentant de la RPDC, en novembre 2008, devant cette Commission, dans laquelle son pays s’était engagé à faire mener une enquête sur les enlèvements.  Depuis plus de soixante ans, soit après la fin de la guerre, le Japon s’est consacré à favoriser la paix et la prospérité internationales, a-t-il conclu.


La RPDC a rejeté les « déclarations fallacieuses » du Japon et a réaffirmé que tous les cas d’enlèvements de Japonais avaient été traités et que les personnes étaient retournées au Japon.  Il a estimé qu’il restait beaucoup à faire du côté japonais sur cette question, en rappelant le fait historique que le Japon avait commis des crimes contre l’humanité.


Reprenant la parole, le Japon a souligné que sa délégation ne saurait accepter la position de la RPDC sur les enlèvements et qu’il ne voulait pas répéter les explications de son gouvernement qui sont connues de tous, y compris du représentant de la RPDC. 


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