10/11/2011
Assemblée générale
AG/EF/3326

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Deuxième Commission                                       

Table ronde & 34e séance plénière – matin & après-midi     


LA DEUXIÈME COMMISSION TIENT UNE TABLE RONDE FAISANT UN BILAN DÉCENNAL DES MESURES

DU FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT ET DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT


Elle est saisie de 29 projets de résolution relatifs à plusieurs points de son ordre du jour


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) s’est réunie, ce matin, pour tenir la dernière des six tables rondes inscrites à l’agenda de ses travaux de cette soixante-sixième session de l’Assemblée générale.  Cette table ronde, organisée sur le thème: « Le financement du développement: la responsabilité des donateurs dans le renforcement de la coopération financière et technique internationale pour le développement », était plus particulièrement consacrée au bilan des 10 dernières années d’aide au développement et à la responsabilité des donateurs dans ce dispositif.  Qualifié de « mitigé », le bilan de l’aide au développement au cours des années qui viennent de s’écouler a donné aux délégations et autres intervenants aux débats de la table ronde, l’opportunité de mettre en exergue le besoin qu’il y a d’instaurer une plus grande transparence dans l’affectation des ressources et des financements pour le développement, et d’arguer en faveur de l’allègement de la dette des pays les plus pauvres afin de faciliter leur développement.


Cet après-midi, la Commission économique et financière a entendu la présentation d’une trentaine de projets de résolutions  sur lesquels elle est appelée à statuer avant la fin la fin de ses travaux.


TABLE RONDE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


En guise de préambule à la table ronde, le Président de la Deuxième Commission, M. ABDULKALAM ABDUL MOMEN du Bangladesh, a rappelé qu’il existe un cadre universellement agréé du financement du développement, cadre débattu et conclu lors de la tenue de la Conférence intergouvernementale sur le financement du développement, qui a eu lieu à Monterrey, au Mexique, en mars 2002.  Tenue sous l’égide des Nations Unies et réunissant tous les acteurs du développement et toutes les parties prenantes, la Conférence de Monterrey avait mis au point une approche nouvelle du financement du développement.  Cette approche est résumée dans les engagements du Consensus de Monterrey, document final issu des travaux et des négociations de la Conférence éponyme.  Le Consensus du Monterrey est donc la feuille de route de l’assistance au développement, dont les grandes lignes ont été réaffirmées dans la Déclaration de Doha sur le financement du développement, adoptée en 2008 à Doha, au Qatar.  Dans ce dernier document, les pays donateurs s’étaient engagés à maintenir leurs engagements et objectifs d’aide publique au développement (APD) en dépit du contexte de crise financière, a rappelé M. Momen.  Mais, près de 10 ans après l’adoption du Consensus de Monterrey, force est de constater que l’engagement pris par les pays industrialisés de verser un montant d’APD équivalent à 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) n’a été tenu que par une poignée de pays donateurs.  Cinq donateurs seulement ont atteint ou excédé ce ratio de 0,7% de leur PIB.  Ce sont le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède, a précisé le Président de la Deuxième Commission.


Prenant la parole en premier après l’ouverture de la table ronde, M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie), Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a souligné qu’en dépit d’un montant record de contributions, situé à environ 128,9 milliards de dollars, le ratio de 0,7% de leur PIB que doivent verser les pays riches à l’APD est loin d’être atteint.  La crise économique et financière actuelle est présentée par les pays donateurs comme étant le principal frein au respect de leurs engagements financiers, a noté M. Kapambwe.  Les pays les plus pauvres portent cependant le plus lourd fardeau de cette crise et de la situation actuelle, dont ils sont pourtant les moins responsables, a relevé le Président de l’ECOSOC.  Rappelant que le Conseil économique et social de l’ONU est un forum important où les participants peuvent librement parler des responsabilités des différentes parties prenantes, il a cité un certain nombre de  défis à relever pour pérenniser l’aide au développement. 


Premièrement, a-t-il dit, il faut défendre l’esprit de Monterrey pendant cette période difficile et respecter les engagements pris sur la question de l’APD, surtout au bénéfice des États africains et des PMA.  Ensuite, il faut renforcer l’efficacité de l’assistance et la confiance dans l’utilisation des financements.  Troisièmement, il faut mettre en place une meilleure architecture de l’aide, alors que de nouveaux acteurs et de nouvelles méthodes rendent la coopération plus complexe et plus politique, a souligné M. Kapambwe.  Enfin, a-t-il indiqué, il faut explorer davantage les mécanismes de financement innovants.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche), Chef de la délégation de l’Union européenne, a rappelé que l’APD versée par les pays de l’Union européenne représente 70 milliards de dollars, soit plus de la moitié des 128,9 milliards de dollars du montant total d’aide publique au développement versé en 2010.  « Nous tenons nos engagements », a-t-il estimé.  Il a cité en exemple les cinq pays qui ont dépassé l’objectif de verser une APD représentant 0,7% de leur PIB.  Ces cinq pays sont tous des États membres de l’Union européenne, a-t-il fait remarquer.  Il a estimé que si l’APD joue un rôle capital, elle n’est cependant pas « la panacée ».  Elle n’a pour objectif que d’accompagner les pays en développement dans leurs efforts pour sortir de la pauvreté, a-t-il estimé.  La définition de l’APD est claire, et il n’y a pas à en changer les modalités.  Il faut plutôt accroître la coopération entre partenaires de développement, a estimé M. Mayr-Harting. 


M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal), Président du Groupe des pays les moins avancés (PMA), a reconnu les progrès accomplis en matière d’utilisation de l’aide publique au développement en 10 ans.  La pauvreté n’a cependant pas été réduite de manière significative, a-t-il relevé.  Si des efforts étaient réellement faits pour que les engagements concernant l’APD soient tenus, près de la moitié des PMA pourraient sortir de la pauvreté au cours des prochaines années, a-t-il souligné. Il existe un grand fossé entre les discours et les engagements et l’apport effectif de l’aide, et cela a un impact énorme sur les PMA, a relevé M. Acharya.  Si les engagements ne sont pas tenus, il sera quasiment impossible de sortir les PMA de la pauvreté, a-t-il prévenu.


M. TARIQ BANURI, ancien Directeur de la Division du développement durable du Département des affaires économiques et sociales (DAES), a souligné que la crise économique, sociale et environnementale met sérieusement à mal la volonté de respecter les engagements pris en matière d’APD.  Il est nécessaire d’opter pour une action concertée pour faire face à cette période difficile, a-t-il préconisé.  Une initiative politique commune en faveur du développement durable est la seule solution, a-t-il estimé.  Il a parlé des ressources naturelles, qui sont inégalement réparties d’un pays en développement à l’autre.  Il est essentiel, dans les programmes de développement, de fournir des aides aux populations et aux pays qui sont dépourvus de richesses naturelles, pour compenser cette absence de ressources, a-t-il aussi préconisé.  Il a noté que les accords internationaux de coopération, de type bilatéral, sont très souvent inégaux, et qu’il est donc indispensable de veiller à introduire plus de cohérence et d’équité entre les parties  dans ce type d’accords.  Il a, par ailleurs, plaidé pour que l’APD soit plus prévisible, plus stable et plus substantielle.


Échange interactif


La représentante de Cuba est revenue sur la nature de l’APD en indiquant que si cette aide n’est la « panacée » parce qu’elle ne peut se substituer aux politiques nationales, il n’en demeure cependant pas moins que les engagements pris n’ont jamais réellement été tenus, et que de ce fait, il est normal que l’APD n’ait pas été effective.  Le non-respect des engagements en la matière a privé les pays en développement de moyens pour financer leur développement, et partant de la possibilité de devenir moins dépendants de cette assistance externe, a noté la représentante.  Elle a jugé que le Forum pour la coopération en matière de développement ne répond pas aux attentes, car il se heurte au dialogue de sourds qui a lieu entre pays donateurs et en développement.  Elle a rappelé la proposition de plusieurs pays en développement de créer un organe subsidiaire de suivi de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey. 


Le représentant des États-Unis a, quant à lui rappelé comment l’APD s’inscrit dans un processus global d’assistance, et a fait valoir que les États-Unis ont contribué en 2010 à l’APD en lui allouant des montants de ressources énormes et plus élevés qu’avant.  L’objectif d’un ratio d’APD de 0,7% du PIB est un engagement qui a été pris par certains pays donateurs, a-t-il dit en précisant que son pays n’en faisait pas partie.  Reconnaissant la responsabilité des États-Unis envers l’assistance aux PMA et aux pays en développement, il a insisté sur le besoin d’établir plus de transparence dans l’aide fournie aux États par le système des Nations Unies, car « il faut pouvoir savoir où va l’argent donné ».  Sans transparence, il n’y aura pas d’efficacité, a estimé le représentant.  Il a aussi jugé que l’APD n’est qu’une petite partie des différentes formes d’aides au développement, car les modes de financement du développement sont multiples.  Il s’est interrogé sur les moyens d’étendre l’aide au développement en s’écartant de l’APD, et a suggéré un élargissement de la coopération Sud-Sud. 


Le représentant du Bangladesh a rappelé les difficultés que traverse son pays, l’importance de l’APD, et les conséquences négatives des promesses d’aide non tenues.  Il a demandé quelle était la nature fondamentale de l’APD. 


Le représentant de l’Inde a voulu savoir dans quelle mesure on peut envisager d’élargir l’APD tout en favorisant d’autres types d’aides au développement, notamment au moyen du commerce international, mais aussi du rééchelonnement ou de l’élimination de la dette des pays pauvres.  Aujourd’hui, le problème n’est pas seulement causé par le contexte de crise généralisée, mais par le mauvais état du dialogue qui devrait exister entre les différentes parties, et notamment entre organisations multilatérales, et au sein même de ces organisations internationales.


Le représentant du Népal a répondu que l’APD reste la source principale d’aide pour les PMA, quels que soient les financements alternatifs envisageables.  Il a interpelé les délégations sur l’utilité d’un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de toutes les recommandations issues des grandes conférences internationales, dont celle de Monterrey.  Concernant de l’Initiative de réduction de la dette lancée en faveur des pays pauvres et très endettés (Initiative PPTE), il a dénoncé la lourdeur du service de la dette, dont les remboursements accaparent la majeure partie des ressources budgétaires de pays qui sont déjà pauvres, devenant ainsi un frein majeur au développement de ces pays.  « Il est urgent de se pencher sur cette question », a-t-il souligné.  Un rééchelonnement de la dette d’un pays ne doit toutefois pas affecter le montant de l’APD accordée au pays concerné, a plaidé le représentant.  Certaines remises de dettes accordées dans l’Initiative PPTE sont en effet libellées de manière à apparaître comme étant un versement d’aide publique au développement.  Le représentant a aussi reconnu qu’une plus grande transparence dans l’utilisation de l’APD est un moyen d’accroître la confiance dans le mécanisme d’aide au développement. 


M. BANURI a souligné que l’APD ne doit pas être prise au piège de la crise économique et a expliqué que le développement est essentiel pour accroître la paix et la sécurité, ce qui bénéficie au monde entier.  Un monde où tous les habitants de la planète pourraient se nourrir, se loger, et s’habiller serait bien plus satisfaisant au niveau moral, a renchéri M. Banuri.  Cet objectif est un devoir que le monde met entre les mains des pays qui sont en mesure de soutenir le développement des populations et des pays les plus pauvres, a-t-il souligné. 


Le modérateur de la table ronde, M. MORTEN WETLAND (Norvège) a conclu que ces débats seront très importants pour le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, qui va avoir lieu les 7 et 8 décembre au Siège des Nations Unies à, New York. 


PRÉSENTATION DE PROJETS DE RÉSOLUTION À LA DEUXIÈME COMMISSION


Les travaux de la Deuxième Commission étaient consacrés, cet après-midi, à la présentation de projets de résolution.  Les textes présentés cet après-midi, qui seront soumis prochainement aux délégations de la Commission pour adoption, ont trait à diverses questions et thématiques inscrites à l’ordre du jour de la Commission économique et financière. 


La représentante de l’Argentine, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a présenté 18 projets de texte*, dont l’1 avait trait au commerce international et au développement.  Dans ce projet de résolution, la Deuxième Commission souligne la nécessité de résister à toutes les mesures et tendances protectionnistes, notamment celles qui touchent les pays en développement, y compris les barrières tarifaires et non tarifaires et autres obstacles aux échanges, en particulier les subventions agricoles, et de corriger toute mesure de ce type qui aurait déjà été prise.  En outre, le projet de texte propose que les négociations commerciales multilatérales du Programme de Doha pour le développement aboutissent rapidement à un résultat équilibré, ambitieux et axé sur le développement, conformément aux intentions de la Déclaration ministérielle de Doha, à la décision du 1er août 2004 du Conseil général de l’Organisation mondiale du commerce et à la Déclaration ministérielle de Hong Kong, qui met le développement au cœur du système commercial multilatéral.


La représentante du Pérou a, pour sa part, présenté à la Commission deux projets de résolution dont l’un porte sur les « avantages de la diversité biologique pour le développement ». 


La représentante du Kazakhstan a présenté le projet de résolution intitulé « coopération et coordination internationales en vue du rétablissement de la santé de la population, de la régénération de l’environnement et du développement économique de la région de Semipalatinsk au Kazakhstan ».  Elle a présenté ce projet de résolution comme étant une reconnaissance par la communauté internationale de la contribution historique du Kazakhstan au désarmement nucléaire et à la non-prolifération.  Elle a rappelé que pendant 40 ans, 468 tests nucléaires ont été menés sur le site du Semipalatinsk, jusqu’à sa fermeture en 1991.  Mais 1,5 million de personnes vivant dans la région souffrent toujours des multiples conséquences des radiations nucléaires, a déploré la représentante.


De son côté, le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, s’exprimant au nom du Groupe des États du Pacifique, a présenté le projet de résolution intitulé: « la protection des récifs coralliens au service de moyens de subsistance et d’un développement durables ».  Il a souligné que les écosystèmes des récifs de corail sont en péril partout dans le monde.  Un cinquième des récifs mondiaux sont déjà endommagés, a dit le représentant en prévenant contre la perspective de perdre 35% du parc restant de récifs de coraux d’ici les 20 à 40 prochaines années si rien n’est fait pour les préserver. 


Au cours de cette réunion, la représentante d’Israël a présenté un projet de résolution portant sur « les technologies agricoles au service du développement ».


Le représentant de la Bolivie a pour sa part présenté le projet de résolution intitulé: « harmonie avec la nature », ainsi qu’un second texte ayant trait à la « proclamation de l’Année internationale du quinoa en 2012 ».  Le représentant des Philippines a présenté quant à lui le projet de résolution intitulé: « Année internationale de l’agriculture familiale (2014) ». 


Le représentant de l’Autriche a présenté à la Commission un projet de résolution intitulé: « rendre l’administration publique plus efficiente, plus transparente et plus respectueuse du principe de responsabilité en renforçant les institutions supérieures de contrôle des finances publiques ». 


Le texte du projet de résolution portant sur les « partenariats mondiaux » a été présenté par le délégué de la Pologne, tandis que le représentant de l’Égypte a soumis à la Commission le projet de résolution portant sur la « souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles ».


La Deuxième Commission se réunira de nouveau mardi, le 15 novembre, à 10 heures.


Les projets de résolution présentés cet après-midi à la Commission sont publiés sous les cotes suivantes: A/C.2/66/L.21, A/C.2/66/L.39, A/C.2/66/L.34, A/C.2/66/L.25, A/C.2/66/L.30, A/C.2/66/L.26, A/C.2/66/L.27, A/C.2/66/L.28, A/C.2/66/L.44, A/C.2/66/L.29, A/C.2/66/L.45, A/C.2/66/L.31, A/C.2/66/L.32, A/C.2/66/L.35, A/C.2/66/L.38, A/C.2/66/L.41, A/C.2/66/L.42, A/C.2/66/L.33, A/C.2/66/L.36, A/C.2/66/L.16, A/C.2/66/L.23, A/C.2/66/L.24, A/C.2/66/L.18, A/C.2/66/L.17, A/C.2/66/L.19  A/C.2/66/L.20, A/C.2/66/L.43, A/C.2/66/L.40, A/C.2/66/L.22


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