03/10/2011
Assemblée générale
AG/EF/3305

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Deuxième Commission

2e & 3e séances – matin & après-midi


LA DEUXIÈME COMMISSION OUVRE SON DÉBAT GÉNÉRAL DANS UN CONTEXTE INTERNATIONAL MARQUÉ PAR LA CRISE FINANCIÈRE ET UN PLAIDOYER EN FAVEUR DE L’ÉCONOMIE VERTE


Ouvrant ses travaux en cette Soixante-sixième session de l’Assemblée générale, la Commission économique et financière (Deuxième Commission) a adopté son programme de travail* aujourd’hui, tel qu’oralement amendé.  Elle a prévu de terminer ses travaux le 23 novembre prochain, un délai que son Président a demandé aux délégations de respecter en déposant notamment dans les temps impartis les projets de résolution relatifs aux différents points inscrits à l’ordre du jour de la Commission.


Au cours du débat général de la Deuxième Commission ouvert ce matin, les délégués ont marqué leur inquiétude face à la crise financière internationale qui perdure, avec des effets désastreux sur les économies des pays en développement.  Les questions d’ordre environnemental, notamment les changements climatiques, ont également été abordées, avec une emphase sur la nécessité d’un passage à l’économie verte.


Le Sous-Secrétaire général des Nations Unies à la coordination des politiques et aux affaires inteorganisations, M. Thomas Stelzer, a relevé que, du fait de la crise mondiale et de la détérioration du climat, l’insécurité alimentaire met la vie de millions de personnes en danger dans la corne de l’Afrique et que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de s’approfondir dans plusieurs pays.  Il a appelé la communauté internationale à considérer de nouveaux modèles de développement qui assurent une croissance économique durable.  Dans la même veine, le Président de la Deuxième Commission, M. Abdulkalam Abdul Momen, a exhorté la communauté internationale à créer de nouvelles sources de financement afin de combler les insuffisances de l’aide publique au développement qui ne peut, à elle seule, permettre aux pays en développement de réaliser les projets dont ils ont le plus besoin.


Le représentant de l’Indonésie a souhaité, pour sa part, que la communauté internationale mette en œuvre des mesures pour éviter que la crise économique mondiale ne devienne permanente, et il a proposé le renforcement des institutions financières internationales, ainsi que le renforcement de la collaboration entre les agences des Nations Unies.  Pour le représentant du Népal, « la présente situation financière et économique ne doit pas être une excuse dont se serviraient les pays donateurs pour ne pas respecter leurs engagements de soutien vis-à-vis des pays les moins avancés ».


Parmi les thèmes récurrents de cette journée de discussions, les changements climatiques sont revenus au devant de la scène avec le vœu de plusieurs délégations de voir des accords trouvés et mis en place au plus vite pour faire face à cette menace.  Surtout, a relevé le représentant des Comores, dans un contexte où certains petits États insulaires en développement, comme les Comores, sont menacés de disparition.  C’est dans ce contexte que M. Stelzer a estimé que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui va se tenir à Rio de Janeiro, au Brésil, au mois de juin de l’année prochaine, sera l’occasion, pour la communauté internationale, de mettre sur pied les bases d’un développement durable pour les générations futures. 


Le développement durable ne peut passer que par l’adoption, a-t-il ajouté, du modèle économique promu sous le nom d’« économie verte ».  Cette économie verte a été appelée de tous leurs vœux par les délégations, notamment celles des pays en développement qui ont souhaité plus de solidarité internationale afin de faire face au besoin d’une transition technologique de manière harmonieuse.  La Bolivie s’est dite très préoccupée par ce que pourrait cacher le terme « économie verte » qui ne doit pas signifier, a dit son représentant, la privatisation d’écosystèmes ou de ressources et de biens publics comme l’eau.  En tant que premier pays contributeur d’aide au développement, les États-Unis se sont engagés à continuer de combattre la pauvreté et à aider les pays agricoles à renforcer leur économie rurale.


En plus des discussions sur les 16 points de l’ordre du jour et leurs nombreux sous-points, la Commission s’est entendue sur l’organisation de six manifestations parallèles qui auront un lien avec les grandes thématiques des travaux de la Commission.  Elle organisera également, pour la première fois, et en collaboration avec le Conseil économique et social (ECOSOC), deux évènements parallèles qui auront lieu ce mois d’octobre.


La Commission poursuivra son débat général demain, mardi 4 octobre en matinée à 10 heures.  L’après midi sera consacrée à un dialogue avec les secrétaires exécutifs des commissions régionales.


* (A/C.2/66/1, A/C.2/66/L.1 et A/C.2/66/L.1/Add.1)


Débat général


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh), Président de la Deuxième Commission, s’est félicité que la Deuxième Commission examine cette année, la thématique intitulée « l’autonomisation des populations: un modèle de paix ».  Cette thématique devra donner lieu à un évènement spécial, a-t-il précisé.  Il a également relevé que cette session de la Deuxième Commission sera l’occasion, pour la première fois, d’organiser, en partenariat avec le Conseil économique et social (ECOSOC), deux évènements parallèles qui auront lieu en ce mois d’octobre.  Le premier évènement est relatif au projet « Link » de l’ECOSOC, qui est un projet consacré à l’élaboration de projections à court terme sur l’évolution de l’économie mondiale.  Le second évènement aura pour thème « Investir pour l’accroissement des emplois », a indiqué le Président de la Deuxième Commission.  Il a ensuite relevé que la Commission allait également organiser six évènements parallèles au cours de cette session, et il a souhaité que les travaux de la Deuxième Commission aident la communauté internationale à rester pleinement engagée en faveur du soutien à apporter aux pays les moins avancés (PMA).  Tout en invitant les pays en développement à renforcer la coopération Sud-Sud, il a exhorté la communauté internationale à créer de nouvelles sources de financement afin de compléter l’aide publique au développement qui ne peut, à elle seule, permettre aux pays en développement de réaliser les projets dont ils ont le plus besoin.


M. THOMAS STELZER, Sous-Secrétaire général des Nations Unies à la coordination des politiques et aux affaires inteorganisations, a pris la parole au nom du Secrétaire général adjoint chargé des affaires économiques et sociales, M. Sha Zukang.  M. Stelzer a relevé que l’insécurité alimentaire met la vie de millions de personnes en danger dans la corne de l’Afrique et que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de s’approfondir dans plusieurs pays.  Il a appelé la communauté internationale à considérer de nouveaux modèles de développement qui assurent une croissance économique durable.  Le développement durable, a-t-il estimé, pourrait fournir des solutions durables aux problèmes actuels et aux défis économiques à venir.  Dans ce contexte, M. Stelzer a estimé que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui va se tenir à Rio de Janeiro, au Brésil, au mois de juin de l’année prochaine, est l’occasion, pour la communauté internationale, de mettre sur pied les bases d’un développement durable pour les générations futures.  Le développement durable ne peut passer que par l’adoption, a-t-il ajouté, du modèle économique connu sous le nom d’« économie verte ».  Afin de parvenir à cette économie verte, il a invité les instances internationales, régionales et nationales à s’adapter aux changements climatiques et à ses effets.


M. DIEGO LIMERES (Argentine), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souligné que la majorité des pays en développement était toujours confrontée aux défis de l’extrême pauvreté, de l’insécurité alimentaire, du chômage, de la dette et des changements climatiques.  La crise les a affectés non seulement en matière économique mais aussi au niveau de leur développement social, a-t-il insisté, rappelant qu’une croissance forte et durable était nécessaire à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Par conséquent, le Groupe des 77 et de la Chine appelle à une approche intégrée et systémique orientée vers le développement durable, émanant d’un engagement solide qui doit être renouvelé à la Conférence Rio+20, et de mesures qui s’attaquent non seulement aux conséquences, mais aussi aux causes des changements climatiques.  À cet égard, de nouvelles ressources financières doivent être trouvées, a dit le représentant, tout en souhaitant aussi que le transfert de technologie soit renforcé. 


La gouvernance mondiale doit être exercée dans le contexte d’une mondialisation juste et inclusive, soutenue par un multilatéralisme renforcé, a-t-il poursuivi.  Parvenir à une croissance mondiale plus durable et équilibrée nécessitera une coordination étroite dans la prise des décisions de politique macroéconomique et dans d’autres domaines du commerce et des finances mondiaux, comme l’architecture de l’aide internationale, la dette et l’éradication de la pauvreté.  À cet égard, les institutions financières internationales ont besoin d’une gouvernance plus cohérente, plus représentative et plus orientée vers le développement, qui reflète les réalités du XXIe siècle, a souligné M. Limeres.  Dans ce contexte, les pays développés doivent faire preuve de flexibilité et de volonté politique pour en finir avec l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations de Doha sur le commerce international, a-t-il préconisé.  Il est, en outre, crucial de renforcer le concept d’appropriation nationale des processus de développement, et de développer la coopération Sud-Sud en complément de celle existant entre le Nord et le Sud. 


Enfin, le représentant a insisté sur les vulnérabilités particulières dont souffrent les pays les moins avancés qui accumulent les retards dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le Groupe des 77 et de la Chine appelle donc à une mise en œuvre complète, rapide et efficace du Programme d’action d’Istanbul 2011-2020 pour les PMA, a-t-il souligné, tout en demandant aussi la levée des obstacles qui empêchent le développement durable auquel aspirent aussi les populations vivant sous occupation étrangère.


Mme JANINE COYE-FELSON (Belize), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a exprimé la crainte qu’ont les 14 États membres de la CARICOM de voir s’engager une nouvelle période de récession mondiale, alors que les petites économies vulnérables en développement ne sont pas encore remises de la crise de 2008.  Les pays des Caraïbes ont connu une baisse de leurs revenus liés au tourisme et une contraction de leurs secteurs financiers, et 12 d’entre eux ont connu une croissance négative en 2010, a-t-elle indiqué, estimant que la profondeur et l’ampleur de cette crise a mis en lumière l’interconnexion entre les économies mondiales et les hauts et bas qu’a connus l’architecture économique internationale, notamment les institutions financières.  Nous reconnaissons que des réformes ont été entreprises au sein des institutions de Bretton Woods mais elles sont insuffisantes, a-t-elle dit.  De même, le fait que les pays du G-20 portent une attention aux questions de développement est positif, mais le rôle central des Nations Unies dans le développement international doit être maintenu, a estimé la représentante.


Cette année, la Deuxième Commission va, une nouvelle fois, se pencher sur les défis rencontrés par les pays en développement à revenu moyen, un groupe auquel appartient la majorité des pays de la CARICOM, a relevé la représentante de Belize.  Une attention particulière devra être portée à cet égard sur les questions de la dette, a-t- elle déclaré.  En outre, l’état des négociations du Cycle de Doha sur le commerce multilatéral, qui sont dans une impasse, pose la question de notre engagement envers le multilatéralisme, a-t- elle ajouté, estimant que la Conférence Rio+20 constituait une excellente opportunité pour renforcer le cadre institutionnel du développement durable et pour renouveler l’engagement des États Membres envers les plans et programmes d’action conçus lors des précédentes conférences tenues sur la question.  Un cadre de travail ambitieux pour l’après-2012, qui garantisse une réduction des émissions de gaz à effet de serre, doit également être conclu, a-t- elle ajouté, avec des engagements dans l’adaptation et la préparation aux conséquences des changements climatiques, le renforcement des capacités des pays à y faire face, et celui des transferts de technologie, et un meilleur soutien financier international aux pays en développement.


M. HASAN KLEIB (Indonésie), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a plaidé en faveur de la création d’un partenariat « ingénieux et fructueux » entre pays développés et pays en développement basé sur une approche gagnant-gagnant.  Il a exhorté la communauté internationale à éviter que la crise économique mondiale ne devienne permanente et a proposé le renforcement des institutions financières internationales ainsi que la collaboration entre agences des Nations Unies.  M. Kleib a également souhaité la mise en place d’un cadre de croissance économique globale équitable et durable.  Indiquant que l’ANASE travaille au renforcement de la coopération avec d’autres groupes régionaux, il a relevé que l’Association du Sud-Est a entrepris de renforcer la production et la productivité agricoles et œuvre au renforcement de la collaboration entre pays dans les secteurs des prix et des stocks alimentaires, ceci dans le but de réduire l’impact de la flambée des prix alimentaires sur les pauvres. 


Reconnaissant que la réduction de la vulnérabilité des pays et de leurs populations aux effets des catastrophes naturelles est un élément important du développement durable, M. Kleib a invité la Deuxième Commission à accorder une place particulière à cette thématique au cours de ses travaux.  Dans ce contexte, l’ANASE appelle les autres États à redynamiser les mesures relatives à la gestion des catastrophes et au secours d’urgence, a dit M. Kleib en annonçant qu’à cet égard, le Centre de coordination pour l’assistance humanitaire de l’ANASE a été lancé en janvier dernier.  Indiquant que l’ANASE travaille à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, il a souhaité que la communauté internationale se projette déjà dans la période de l’après-2015, cette année marquant la date butoir de la réalisation des programmes visant l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. JOSÉ ANTONIO DOS SANTOS (Paraguay) au nom des pays en développement sans littoral, a rappelé les défis à relever en matière d’échanges commerciaux, de transport des marchandises et de développement socioéconomique, défis qui se posent à ce groupe de pays.  L’absence d’accès direct à la mer et l’éloignement réduisent la portée des efforts que déploient les pays sans littoral pour bâtir les fondations solides d’une croissance économique durable, a-t-il insisté.  Mais malgré la crise et ces difficultés, quelques avancées considérables ont pu être réalisées dans la mise en œuvre du Programme d’action d’Almaty, s’est félicité M. Dos Santos.  Le changement est en cours dans toutes les régions sans littoral, stimulé par la reconnaissance, par toute la communauté internationale, de la nécessité urgente d’avancer concrètement vers la réalisation des objectifs définis dans ce Programme, s’est-il félicité, tout en reconnaissant toutefois que de nouveaux efforts et une augmentation de l’assistance financière apportée aux pays enclavés étaient nécessaires pour améliorer la compétitivité de leurs exportations vers les marchés mondiaux.  C’est dans cette perspective qu’a été établi à Oulan-Bator un centre de réflexion et d’analyses qui travaille au bénéfice des pays en développement sans littoral, a dit M. Dos Santos.


M. Dos Santos a souhaité la tenue d’une conférence d’examen décennal de la mise en œuvre du Programme d’Almaty en 2013, afin d’établir un cadre d’action stratégique commun entre les pays en développement sans littoral et les pays de transit.  « Nos priorités restent de développer et d’assurer le maintien d’infrastructures de transport adéquates, avec pour finalité l’intégration de nos pays dans l’économie mondiale », a-t-il souligné, appelant également les pays développés à faire preuve de flexibilité et de volonté politique pour conclure les négociations du Cycle commercial de Doha.  De même, l’appui de la communauté internationale aux pays enclavés dans l’adaptation et l’atténuation des effets des changements climatiques, à travers des ressources financières fiables et prévisibles, des transferts de technologie sûrs, et le renforcement des capacités des pays sans littoral, est crucial pour réduire l’écart qui existe entre les décisions politiques et leur mise en œuvre, a estimé le représentant.


M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal) a pris la parole au nom des pays les moins avancés (PMA).  Il a rappelé que la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (Conférence PMA-IV) s’est déroulée en mai dernier à Istanbul, en Turquie, et que le moment est venu de mettre en pratique les engagements pris dans le Plan d’action d’Istanbul.  Relevant la diminution des montants de l’aide publique au développement et les difficultés internes de financement que rencontrent les pays les moins avancés, il a regretté que cette situation ait plongé près de 75% des populations des PMA dans la pauvreté et la faim.  « La présente situation financière et économique ne doit pas être une excuse pour les pays donateurs de ne pas respecter leurs engagements de soutien vis-à-vis des PMA », a déclaré M. Acharya.  Concernant les changements climatiques, le représentant a regretté que les PMA soient les pays les plus touchés par les conséquences de ce phénomène, alors qu’ils ne contribuent que très peu à la production de gaz à effet de serre.  Il a ajouté que les PMA accordent une grande importance à la Conférence Rio+20, dont ils attendent la mise en place d’un partenariat solide permettant la mise en œuvre d’un programme mondial de promotion du développement durable.


À propos du Plan d’action d’Istanbul, M. Acharya a noté que « ce plan ne peut être réalisé par de simples mots ou par l’expression de vœux pieux ».  Il a ajouté que les efforts nationaux des PMA et le soutien international qui doit leur être fourni devraient être à la hauteur des objectifs à atteindre.  Suggérant quelques pistes pouvant permettre la réalisation du Plan d’action d’Istanbul, il a notamment souhaité que tous les engagements pris au cours de la Conférence PMA-IV soient mis en application entièrement et selon un calendrier approprié.  Il a aussi souhaité la mise en place d’un programme de suivi de la réalisation desdits engagements, en insistant sur un lien à établir entre le Plan d’action d’Istanbul et l’étape qui suivra la date butoir de 2015, fixée pour la réalisation Objectifs du Millénaire pour le développement.  Soulignant que les PMA feront tous les efforts nécessaires pour la mise en œuvre du Plan d’action d’Istanbul, il a souhaité que leur voix soit plus écoutée au sein des institutions internationales et lors des grandes rencontres multilatérales.


M. MACHARIA KAMAU (Kenya), au nom du Groupe des États d’Afrique, a exprimé la préoccupation du Groupe face au manque de volonté politique dans la mise en œuvre des engagements internationaux pris lors des grandes conférences et sommets des Nations Unies sur le développement durable.  M. Kamau a dénoncé une « tendance systématique à vouloir renégocier les termes de ces engagements ».  Pour le Groupe africain, ces engagements ne doivent ni être renégociés, ni être dilués dans de nouveaux textes, car il sera alors très difficile de réaliser les objectifs de développement, et en particulier les OMD.  M. Kamau a rappelé que la plupart des pays africains n’avaient pas été en mesure de réaliser ces objectifs de développement économique et social, ni de prendre les mesures qui s’imposent pour la protection de leur environnement, souvent faute de moyens.  En effet, les crises interconnectées qui se posent dans les domaines économique et financier, et leurs répercussions sur les prix des denrées alimentaires et énergétiques, ont sévèrement frappé la capacité des pays africains à faire face aux crises et à en éviter l’escalade et l’aggravation, a expliqué le représentant. 


Pour contrecarrer cette réalité, le Groupe des États d’Afrique lance un appel aux donateurs et partenaires internationaux de l’Afrique afin qu’ils garantissent aux pays du continent de nouvelles ressources financières, substantielles et prévisibles, et œuvrent en vue d’établir plus de transparence et de responsabilisation dans la coopération internationale pour le développement.  « Il faut urgemment honorer tous les engagements pris vis-à-vis de l’Afrique », a déclaré M. Kamau, en insistant sur le fait que la plupart des pays du continent sont des PMA qui accusent des retards dans la réalisation des OMD d’ici à 2015, et sur le fait que l’aide publique au développement reste le catalyseur du développement économique et social dans ces pays.  « Malheureusement l’engagement pris en 2007 au Sommet du G-8 de Gleneagles de doubler le montant de l’aide publique au développement à l’horizon 2010 reste loin d’être honoré », a déploré le porte-parole du Groupe africain.


Rappelant que la prochaine Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ainsi que la septième Conférence des États parties au Protocole de Kyoto auront lieu à Durban, en Afrique du Sud, en novembre prochain, M. Kamau a estimé qu’il s’agissait là d’une opportunité importante pour finaliser un accord international sur les mécanismes de réponse aux changements climatiques à l’échelle internationale.  Le document final de chacune de ces rencontres devra tenir compte du principe de responsabilité partagée mais différentiée à appliquer aux pays, a souligné le délégué.  Il est également revenu sur les effets adverses de la désertification et de la sécheresse en Afrique, en soulignant que 65% des terres arables de l’Afrique risquent d’être perdues d’ici à 2025 si la tendance actuelle se poursuit.  La situation désastreuse qui règne dans la corne de l’Afrique témoigne bien de la relation directe qui existe entre la sécurité alimentaire, la sécheresse, et la désertification, et elle exige une réaction urgente et des actions préventives pour protéger les écosystèmes existants, a prévenu M. Kamau.  À ce titre, le Groupe des États africains préconise que CCNUCC se dote d’un panel scientifique chargé exclusivement d’étudier les questions de dégradation et de viabilisation des sols, en vue de réussir le pari de leur gestion durable, a-t-il indiqué.


M. DMITRY MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) a estimé que remettre le développement durable sur les rails exigeait des décisions difficiles et responsables pour moderniser le système mondial de régulation économique et améliorer l’architecture financière internationale.  Une meilleure coordination, plus transparente et plus claire, entre les différents groupes multilatéraux, notamment le G-20, est nécessaire et dans cette perspective, l’Assemblée générale des Nations Unies participe au renforcement de la base politique nécessaire pour la collaboration à établir contre la crise, a dit le représentant.  Dans le même temps, les Nations Unies doivent continuer de promouvoir le principe d’un partenariat mondial pour le développement, afin de faciliter la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement dans tous les pays, a-t-il préconisé. 


En ce qui concerne la Fédération de Russie, la modernisation globale de notre pays relève avant tout d’un projet national, a dit M. Maksimychev, même si des partenariats ont été conclus aux niveaux bilatéral et multilatéral avec l’Europe, les États-Unis, des pays d’Asie-Pacifique et d’autres régions.  Aujourd’hui, notre tâche est d’échanger des idées et des propositions, et de les analyser afin de définir les principes de base d’une stratégie de développement renouvelée dont les Nations Unies seraient le centre de discussion, a-t-il expliqué.  Il s’agit indéniablement d’un processus long et complexe qui ne peut être forcé, a-t-il averti.  Souhaitant le succès de la prochaine Conférence de Durban sur les changements climatiques et celui de la Conférence Rio+20 sur le développement durable, il a invité les États Membres à faire en sorte que les discussions et résolutions de la Deuxième Commission soient pleinement cohérentes avec l’objectif global du renforcement du rôle du système des Nations Unies dans la gouvernance économique mondiale.


M. AMAR DAOUD (Soudan) a déploré que malgré tous les efforts déployés par les pays en développement, plus d’un milliard de personnes continuent à vivre dans un état de pauvreté abjecte à travers le monde, et que le nombre de personnes souffrant de malnutrition ne cesse d’augmenter.  Ce contexte est aggravé par le fait que les flux d’aide ont baissé de 14%, a-t-il affirmé, et qu’ils n’atteignent même pas aujourd’hui 0,3% du PNB des pays riches, dans un contexte économique et commercial qui est des plus injustes pour les pays en développement.  Les pays riches avaient pourtant promis de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide au développement, a-t-il fait remarquer.  Il a ensuite insisté sur l’importance de la coopération régionale et a demandé que les ressources et les transferts de technologie nécessaires au développement des pays les plus pauvres leur soient assurés comme promis.


Conscient que « la paix, c’est le développement », le Soudan a fait des avancées significatives en la matière, avec notamment la signature de l’Accord de paix global et de l’Accord de paix au Darfour et dans l’est du Soudan, a indiqué le représentant.  Mais les sanctions unilatérales imposées au pays, le poids de la dette et de ses intérêts, ainsi que la baisse de l’aide, continuent de peser sur l’économie soudanaise, a-t-il regretté.  Le représentant a assuré à la Commission que l’adaptation aux changements climatiques était une priorité du Gouvernement du Soudan, avec la mise en place d’un programme national qui inclut la lutte contre la désertification et la préservation des forêts tropicales.  Sur ce sujet, il a souligné l’importance du septième principe du Sommet de la Terre, tenu à Rio en 1992, qui établit « des responsabilités communes mais différenciées » entre pays en matière de changements climatiques.  Il a souhaité que la Conférence Rio+20 soit l’occasion d’un nouveau départ.


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a estimé que face à des conditions économiques mondiales encore pires qu’il y a trois ans, il ne fallait pas permettre aux pays du Nord d’imposer leur prétendue « recette miracle », à savoir « plus de marché libre, plus de marchandisation de la planète, plus d’obstacles au développement et donc, plus de pauvreté et de désespoir ».  Éradiquer la pauvreté et la faim exige de changer de modèle et de restructurer en profondeur l’architecture financière internationale, a-t-elle jugé, appelant à mettre en place les mécanismes nécessaires à une meilleure distribution de la richesse et au développement de tous les peuples.  Seules la volonté politique et la solidarité manquent pour réaliser cet objectif, a-t-elle assuré, indiquant que ce nouveau modèle, plus solidaire, basé sur le commerce équitable, est déjà en train de s’épanouir au sein des pays rassemblés dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA).


Jamais dans l’histoire du Nicaragua, le développement économique et social n’a été aussi fort, a poursuivi Mme Rubiales de Chamorro, soulignant la solidité de la production agricole et des exportations, couplées à l’instauration d’un système gratuit de santé et d’éducation au sein de l’ALBA.  Au Nicaragua, nous en avons fini avec les fondations de la ploutocratie, a-t-elle déclaré, en travaillant à partir de concepts diamétralement opposés à ceux du capitalisme sauvage.  Elle a donc appelé à instaurer ce nouvel ordre économique au niveau international.  « À cet égard, les prochaines Conférences mondiales de Durban et de Rio, respectivement consacrées aux changements climatiques et au développement durable, sont des opportunités que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer », a-t-elle prévenu.


M. AL-HADHKAMI (Yémen), a relevé que les efforts de développement des pays les moins avancés (PMA) ont été sapés par la crise économique internationale, déclenchée dans les pays du Nord, et qui met en péril la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Appelant les pays développés à renforcer leur soutien aux pays en développement, il a en outre souhaité la pleine application du Plan d’action d’Istanbul en faveur des PMA.  Le représentant a également évoqué la question des changements climatiques, qui, pour le Yémen, apparaissent comme un obstacle au développement de nombreux pays à travers le monde.  Il a noté que ces modifications climatiques mettent en péril la survie de certains pays en développement, et il a dit espérer que les prochaines phases de négociation sur le climat pourront donner lieu à des avancées significatives en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement de la planète.


M. ZALWANI ZALKAPLY (Malaisie) a estimé que cette année, les débats de la Deuxième Commission devraient être axés sur l’obtention de résultats et contribuer aux succès escomptés de la Conférence Rio+20, qui aura lieu au mois de juin de l’année prochaine à Rio de Janeiro, au Brésil.  À cet effet, il faut reconnaitre qu’il existe des écarts notables dans la mise en œuvre du Programme d’Action 21 et se poser la question de savoir pourquoi ces écarts existent et ce qui peut être fait pour y remédier, a déclaré le représentant.  À cet égard, il a préconisé que le principe de la responsabilité partagée mais différentiée soit réaffirmé.  Ce principe reconnait la prise en compte de différences historiques dans les contributions respectives des pays en développement et développés aux problèmes environnementaux mondiaux, de même que les différences existantes dans les capacités techniques et économiques des différents groupes de pays pour faire face à ces phénomènes, a rappelé M. Zalkaply. 


La délégation malaisienne souhaite que la Conférence Rio+20 soit le cadre où pourront être avancées des solutions concrètes pour permettre le développement durable et son financement.  Elle regrette le manque de volonté politique et de moyens dont souffre la mise en œuvre des accords précédemment conclus et acceptés par tous les États sur la préservation de l’environnement, manque de volonté et de moyens qui sape les efforts de promotion du développement durable.  Dans ce contexte, le représentant n’a pas manqué de dénoncer le fait que la Commission du développement durable ne soit pas parvenue à l’issue de ses travaux à obtenir des résultats satisfaisants.  Il a aussi regretté que les engagements pris dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ne soient pas respectés.  Face aux conséquences de la crise économique et financière mondiale, la Malaisie exige la mise en place d’un cadre de réglementation financière internationale plus strict, ainsi que des systèmes de supervision capables d’assurer le bon fonctionnement des marchés financiers et d’en éviter les excès et abus.  Soulignant que la crise de la dette des pays développés risque d’entrainer le monde dans une nouvelle récession, le représentant a insisté sur la nécessité urgente d’une réforme mondiale des mécanismes financiers et économiques, y compris des institutions de Bretton Woods.


M. RAFAEL ARCHONDO (Bolivie) a estimé que les crises multiples auxquelles le monde était confronté résultaient d’une crise structurelle du modèle économique actuel, qu’il fallait donc d’urgence réformer, notamment à travers une réforme des institutions de Bretton Woods qui leur permettraient de mieux répondre aux besoins du monde actuel.  Dénonçant l’attitude des grandes banques internationales et une spéculation financière qui « dévorent tout recours et à toute relance de l’économie réelle », il a estimé que les Nations Unies devaient remplir leur rôle fondamental dans l’éradication de la pauvreté et l’élimination des inégalités.  Dans cette perspective, M. Archondo a estimé qu’il serait imprudent et injuste que la Conférence Rio+20 accepte toute renégociation de l’Agenda 21 et du Plan d’action de Johannesburg pour le développement.  Rio+20 doit au contraire réaffirmer la pertinence de ces cadres et de leurs engagements. 


La Bolivie est, en outre, très préoccupée par ce que le terme « économie verte » peut représenter, a dit M. Archondo, soulignant que son pays n’accepterait ni l’imposition d’un « environnementalisme de marché », ni la privatisation d’écosystèmes ou de ressources et de biens publics comme l’eau.  La détérioration de l’environnement ne se résout pas par la création de nouveaux mécanismes de marché, a-t-il insisté, mais en tenant compte de la capacité de la terre à se régénérer.  Le Protocole de Kyoto doit en outre être sauvé, a souligné M. Archondo.  Le représentant a enfin appelé les pays développés à augmenter le niveau des ressources destinées au financement du développement et celui des transferts de technologies.  Pour cela, la Bolivie propose une taxe sur les transactions financières qui finance un fonds pour le développement durable, a-t-il annoncé.  En fixant une telle taxe à 0,05% du montant de chacun de ces échanges au niveau mondial, 661 milliards de dollars seraient disponibles chaque année.  Le manque de ressources ne saurait donc être utilisé comme une excuse, a conclu M. Archondo, en demandant d’autre part une baisse des dépenses militaires des pays développés.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a suggéré la mise en place d’un « système de régulation financière fondé sur le contrôle de l’ensemble des agents financiers », afin de pallier les dysfonctionnements du système financier international.  Il a également souhaité l’instauration d’un système de taxation des transactions financières internationales, et a appelé à la régulation des marchés de produits de base afin de limiter la spéculation et lutter contre la famine.  En outre, le représentant a souhaité que l’expression « gouvernance économique mondiale » devienne plutôt « gouvernance économique et sociale mondiale », ceci afin de prendre en compte les questions liées à la pauvreté à travers le monde.  Au sujet des grands défis environnementaux du monde, il a proposé la mise en place d’un « fonds vert pour le climat » pour soutenir les programmes des pays en développement, et a demandé que soient, à travers ce fonds, rendus opérationnels les transferts de technologie, l’aide à l’adaptation aux changements climatiques, ainsi que les mécanismes de lutte contre la déforestation.  M. Diallo a ensuite invité la communauté internationale à œuvrer en faveur de la mise en œuvre effective des instruments de lutte contre la désertification, notamment le Plan-cadre stratégique décennal pour la période 2008-2018.  Il a enfin exhorté la communauté internationale à mettre en œuvre les engagements en matière de développement, notamment en ce qui concerne l’aide publique au développement, la dette extérieure et le commerce.


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a souligné que la Conférence Rio+20 offrira la possibilité de renouveler et de renforcer le partenariat mondial pour le développement durable, avec une Organisation des Nations Unies moins divisée et mieux outillée pour faire face aux défis du développement durable.  La Norvège souhaite que des résultats tangibles soient obtenus à Rio de Janeiro pour la promotion d’une économie plus verte et plus durable, notamment concernant l’accès à l’énergie, et elle suggère à la communauté internationale de décider d’une stratégie pour mettre en œuvre le cadre de promotion d’une « énergie durable pour tous », a dit M. Wetland


Le représentant de la Norvège a évoqué le lancement la semaine prochaine, lors d’une conférence à Oslo, d’une nouvelle initiative sur l’énergie.  Il a aussi rappelé que la Conférence de Durban sur le climat se tenait dans deux mois.  La mise en œuvre des Accords de Cancun est cruciale, et le Fonds vert pour le climat doit être opérationnel, a-t-il souligné.  Le représentant de la Norvège a, par ailleurs, abordé les difficultés financières que traversent les pays du Nord et du Sud, soulignant que la réduction des montants de l’aide au développement ne favorisait pas la recherche de solutions.  Le système à mettre en place pour favoriser la relance économique mondiale a besoin de ressources financières stables et prévisibles, ainsi que d’un meilleur usage des ressources déjà disponibles, a préconisé M. Wetland.  Rappelant qu’après la crise qui a éclaté en 2008 le secteur financier et bancaire avait bénéficié de l’aide des États, et donc des contribuables, et qu’il profite aujourd’hui de la mondialisation, M. Wetland a rappelé le soutien de son pays à des modes de soutien financiers innovants.  La Norvège souhaiterait, par ailleurs, un débat sur les difficultés des pays pauvres à emprunter, et sur un nouveau mécanisme de réduction de la dette.


M. KATSUHIKO TAKAHASHI (Japon) a rappelé que le 11 mars dernier, un puissant séisme a frappé le Japon et a fait près de 20 000 morts et a déplacé plus de 40 000 personnes.  En dépit du désastre consécutif à cette catastrophe naturelle, a-t-il noté, le Japon va continuer de tenir ses engagements dans le domaine du développement international.  Le Japon, a déclaré le représentant, va organiser une conférence internationale l’an prochain sur le séisme ayant touché la région de Tohoku, afin de renforcer la coopération internationale face aux catastrophes naturelles et améliorer la sécurité humaine.  Dans le même temps, a-t-il poursuivi, le Japon souhaiterait organiser la troisième Conférence mondiale sur la réduction des effets des catastrophes et de relèvement, qui aura lieu en 2015.  Rappelant que le Japon reste engagé en faveur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le représentant a rappelé que son pays a accueilli, en juin dernier à Tokyo, une réunion de suivi du niveau de réalisation des OMD.  Au cours de cette réunion qui a vu la participation de 110 pays et de 20 organisations régionales, le Premier Ministre du Japon a réitéré la volonté de son pays de continuer de s’impliquer dans la promotion des projets touchant aux domaines de la santé et de l’éducation.


Rappelant que la transition vers l’économie verte apparaît impérieuse dans la perspective du développement durable, M. Takahashi a souhaité que la Conférence Rio+20, qui se tient en juin prochain au Brésil, soit l’occasion, pour la communauté internationale, de se tourner résolument vers l’économie verte.  Il a également souhaité que les discussions qui auront lieu à Durban en Afrique du Sud dans le cadre de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 17), soit l’occasion d’avancées notables.  Il a ensuite indiqué que le Japon s’est résolument tourné vers des sources énergétiques vertes après le tsunami de mars dernier, qui a causé des incidents dans la centrale nucléaire de Fukushima.  Il a ajouté que son pays est engagé dans un Programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du partenariat qu’il mène avec l’Afrique à travers la TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique).


M. JOHN SAMMIS (États-Unis) a rappelé les propos tenus par le Président des États-Unis, M. Barack Obama, sur la promotion d’une croissance inclusive et durable au cours des années à venir, pour souligner le rôle que joue la Deuxième Commission dans la lutte contre la pauvreté.  Il a rappelé que plusieurs pays étaient encore en deçà des engagements pris en faveur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement à l’horizon 2015.  Il a prôné en ce sens la création de nouveaux partenariats avec les pays les moins avancés incluant notamment la société civile et le secteur privé.


En tant que premier pays contributeur d’aide au développement, les États-Unis s’engagent à poursuivre la lutte contre la pauvreté, notamment en continuant de former des spécialistes, ainsi qu’en améliorant les systèmes de santé.  Ils s’engagent aussi à aider les pays agricoles et à renforcer les économies rurales des pays les plus vulnérables.  Les États-Unis sont fortement préoccupés par la sécheresse qui prévaut dans la corne de l’Afrique.  Ils intègrent les changements climatiques dans la réflexion menée sur la croissance durable afin de créer des sociétés durables, a dit M. Sammis.  Cela étant, les États-Unis font face à des contraintes budgétaires au même titre que les autres gouvernements, a-t-il cependant rappelé.  Les réalités économiques actuelles font que les pays doivent innover et trouver de nouvelles sources de financement.  Dans cette perspective, « nous attendons les conclusions du Forum de Busan », a dit le représentant américain.  Il faut améliorer la transparence et l’efficacité du système des Nations Unies, a d’autre part préconisé M. Sammis.  Avec la perspective de Rio+20, l’opportunité s’offre de renouveler les efforts en matière de développement durable au niveau mondial, a-t-il estimé.


M. John Sammis a enfin évoqué les incroyables changements sociopolitiques survenus en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ces derniers mois.  C’est l’une des périodes de transition les plus importantes de notre époque, a-t-il estimé.  Cela va apporter des changements considérables dans la vie de tous les jours et notamment dans la vie des jeunes.  Nous avons un rôle important à jouer pour soutenir les réformes dans ces pays, a-t-il dit, citant l’amélioration de la gouvernance, la dynamisation de la croissance, et l’offre d’opportunités pour les citoyens.


Mme YANERIT CRISTINA MORGAN SOTOMAYOR (Mexique) a indiqué que son pays, qui sera le prochain président du G-20, reconnaît que les Nations Unies doivent jouer un rôle prépondérant dans la coordination des réformes à apporter aux instances financières internationales et dans la mise en œuvre des politiques économiques.  Souhaitant que les engagements de financement pris en 2003 à Monterrey (Consensus de Monterrey), à l’issue de la Conférence internationale sur le financement du développement, soient respectés, la représentante a indiqué que le Mexique souhaite organiser une conférence internationale sur le financement du développement en 2013.  Elle a souligné que les pays à revenu intermédiaire partagent de nombreux défis qui nécessitent le soutien de la communauté internationale, et elle a exhorté les pays développés à respecter leurs engagements relatifs à l’aide au développement.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a noté avec intérêt les déclarations faites par les PMA.  Il a évoqué le bouleversement causé par la crise de la dette souveraine  qui a réduit la valeur économique des pays les plus développés et qui laisse aussi redouter une récession de type mondial.  Il a évoqué les contraintes démographiques qui se posent aujourd’hui et noté que les économies comme celle du Pakistan subissent la volatilité de la situation économique mondiale.  Les transformations que doivent subir les économies sont de plus en plus importantes, a-t-il noté.


Le Pakistan soutient les initiatives en faveur d’une croissance économique durable partagée par tous, et notamment d’un mode de croissance qui permette aux pays en développement de profiter de la croissance économique mondiale.  Réduire la dépendance économique envers les pays développés a, à ce titre, été souligné, a dit le délégué pakistanais qui a, en outre, abordé la question d’une réflexion à mener autour des stratégies nécessaires pour accélérer la croissance économique dans les pays en développement.  Il a notamment suggéré que la Commission travaille sur des projets tels que le développement d’un système judiciaire qui assure la promotion de la propriété intellectuelle dans des pays comme le Pakistan.


Concernant le changement climatique, le représentant a noté les défis qui se posent au monde en développement, et a dit la préoccupation qu’éprouve son pays concernant l’application du Protocole de Kyoto.  « Cette situation est déstabilisante » a-t-il dit, souhaitant que des développements aient lieu sur ce sujet à Cancun.  Le rythme du verdissement des économies doit être conforme aux principes de Rio, a-t-il aussi dit.  Le Pakistan a proposé une réflexion sur la mise en place d’une économie verte qui favorise la croissance économique, a-t-il poursuivi.  Il a suggéré la révision des modèles de diffusion des licences et des brevets en prenant mieux en compte le changement climatique.


Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a estimé qu’il est temps que la communauté internationale s’unisse pour apporter plus de coordination dans ses politiques de développement.  Les pays développés, a-t-elle recommandé, doivent faire des efforts pour soutenir les pays en développement qui sont touchés par la crise financière internationale.  Elle a également stigmatisé la guerre des devises et a suggéré la mise en pratique de taux de change fixes pour y remédier.  La réforme des institutions financières multilatérales doit se poursuivre pour mieux faire entendre la voix des pays en développement, a-t-elle souligné, ajoutant que la révision des quotas au Fonds monétaire international (FMI) devrait avoir lieu avant l’an 2014.  La représentante a, en outre, regretté le protectionnisme pratiqué par certains pays et a souhaité que la communauté internationale y mette un terme.  Avec la volonté politique, a-t-elle noté, on peut mettre fin à la pauvreté et à la faim à travers le monde.  Elle a, à ce propos, rappelé que le monde s’était donné rendez-vous à Rio de Janeiro au Brésil, en 1992, pour jeter les bases du développement durable.  Elle a ainsi invité la communauté internationale à se retrouver de nouveau lors de Conférence Rio+20 en juin prochain, afin de se pencher sur la thématique de l’économie verte dans la perspective de la promotion du développement durable.


M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a associé ses remarques à celle du Groupe des 77 et de la Chine.  Il a souligné qu’une page avait été récemment tournée au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.  Avec la perspective de la Conférence Rio+20, il a évoqué la volonté de plusieurs pays de trouver une transition vers de nouveaux modèles économiques de développement, dans une perspective de consensus et de développement durable, et en tenant compte de l’impact des changements climatiques.  Il a dit espérer que la Conférence Rio+20 ira dans le sens d’une nouvelle ère pour le développement durable, et qu’un mécanisme international clair sur la mise en œuvre de tous les engagements pris verra le jour.  M. Abdelaziz s’est dit préoccupé par les États qui ne respectent pas les engagements pris par consensus en ce sens.  Cette attitude remet en question leur attitude vis-à-vis du développement durable, a-t-il regretté.


Citant le changement climatique comme une question sur laquelle les États ont échoué à agir collectivement, le représentant de l’Égypte a réaffirmé que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques était le principal forum de discussions pour pouvoir négocier sur cette question et pour trouver un accord qui respecte les principes du Protocole de Kyoto.  La question de l’énergie durable et de sa production a également été évoquée par M. Abdelaziz, qui a lancé un appel en faveur de la création d’un agenda complet sur l’énergie par les Nations Unies, qui aille notamment dans le sens de transferts de technologie, en particulier pour la promotion des énergies renouvelables.  Le représentant de l’Égypte s’est dit, en outre, impatient concernant les consultations à venir sur la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi relatif au développement durable en Afrique, continent qui à ce jour a accumulé le plus de retard sur le sujet.  Les Nations Unies devraient jouer un rôle central dans une gouvernance économique mondiale, et la question du déficit de financement des activités de développement de l’ONU devrait être rapidement résolue, a souligné M. Abdelaziz.  Il a, par ailleurs, rappelé que l’Égypte participera activement aux débats en faveur d’un soutien accru au Groupe des pays à revenu moyen, dont elle fait partie.  Ce Groupe de pays compte pour 70% de la population mondiale et 45% du PIB de la planète, a-t-il rappelé.


M. BASHAR JAAFARI (Syrie) a souhaité que des accords soient trouvés quant aux négociations internationales relatives au climat, notamment dans le contexte de la suite à donner au Protocole de Kyoto après l’an 2012.  Il a ensuite souligné que la région du Golan syrien reste occupée par Israël depuis 1967, et cela en dépit des différentes résolutions des Nations Unies stipulant le retrait d’Israël.  Il a aussi regretté qu’Israël continue l’exploitation anarchique des ressources naturelles du Golan syrien sans tenir compte des populations qui y vivent.  Le représentant a ensuite fait savoir son désaccord concernant les mesures de coercition mises en en place par certains États à l’endroit de nations plus faibles, dans le but d’influencer leur fonctionnement ou de s’ingérer dans leurs affaires internes.  Il a aussi regretté que l’admission et le plein exercice des droits de certains pays, au sein d’organisations et instances internationales du commerce, soient bloqués par des nations plus puissantes.  Il a enfin regretté que des mesures économiques unilatérales soient arrêtées par certains pays pour asphyxier les économies d’autres nations.


M. ULAN DJUSUPOV (Kirghizistan) a estimé que le grand chantier du corridor routier qui va relier l’Europe centrale et la Chine, en passant par le Kirghizistan apparaît comme un facteur majeur d’intégration régionale.  Il a évoqué entre autres les défis internationaux qui se posent à son pays, tels que la désertification, les changements climatiques, et a souhaité que la Conférence Rio+20 se penche avec attention sur ces questions.  Il a, en outre, appelé la communauté internationale à soutenir les pays au relief montagneux, tel que le Kirghizistan, qui rencontrent des obstacles particuliers sur le chemin du développement du fait de leur relief accidenté.  Concernant la faim et la famine dans le monde, le représentant a estimé que des efforts sont à faire pour lutter contre la volatilité des prix des produits agricoles.  Affirmant que 88% des terres agricoles de son pays sont dégradées, il a relevé que cette situation diminue le potentiel de production agricole du Kirghizistan de 60%.  Il a également invité les Nations Unies à s’impliquer dans la gestion des cours d’eaux et des ressources en eaux transfrontalières afin de régler les conflits qui sont souvent liés à ces questions.  Enfin, le représentant a indiqué que ces problèmes majeurs auxquels fait face son pays seront mis au devant de la scène internationale, si le Kirghizistan est élu au Conseil de sécurité des Nations Unies.


M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) a estimé que les difficultés de la situation économique actuelle appelaient à la prise d’actions rapides, justes et proactives qui permettent aux Nations Unies de tenir leur rôle dans l’architecture du système financier et économique international.  Il a, par ailleurs, souhaité que le travail de la Deuxième Commission se déroule dans une atmosphère créative, transparente, inclusive et pragmatique.  Le Costa Rica, exposé aux catastrophes naturelles, plaide pour un renforcement urgent des capacités nationales en matière de prévention et d’atténuation des effets de ces phénomènes, et pour une amélioration des systèmes d’alerte.  De même, le représentant a estimé que la tragédie qui touche la corne de l’Afrique, alimentée par la sécheresse, obligeait la communauté internationale à prendre des mesures pour y éviter la désertification.  Il a notamment souhaité la ratification rapide de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.  Le développement d’indicateurs de désertification et de dégradation des terres est indispensable et ne peut pas attendre davantage, a-t-il estimé.


M. Weisleder a aussi insisté sur l’énorme défi énergétique auquel le Costa Rica est confronté: pour répondre aux besoins issus de l’amélioration des conditions de vie de sa population, le pays devra générer en 10 ans l’équivalent en énergie de toutes les capacités de production développées ces soixante dernières années.  Afin d’y parvenir, le Gouvernement costaricien a impulsé une nouvelle politique énergétique basée sur l’universalité, la solidarité, la participation publique et privée, et la viabilité environnementale, sociale et économique.  Parallèlement, le Costa Rica estime que la Conférence de Durban doit confirmer les avancées faites à la Conférence de Cancun sur les changements climatiques.  Le représentant a enfin affirmé que depuis la Conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable de 1992 (Sommet de la Terre), les progrès accomplis avaient été modestes.  Nous devons être capables d’avancer sur les compromis adoptés il y a 20 ans, a-t-il dit, afin de pouvoir éradiquer la pauvreté et construire des sociétés meilleures.


M. VLADIMIR GERUS (Bélarus) a estimé aujourd’hui, lors des travaux de la Deuxième Commission, que les mutations politiques survenues dans certaines régions du monde, ainsi que les conflits en cours, ne devraient pas étouffer les problèmes actuels de coopération économique internationale pour le développement.  « Il est urgent de rappeler que la communauté internationale est à une étape décisive des activités liées à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement », a indiqué M. Gerus.  Rappelant notamment la tenue en 2012, de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable prévue au mois de juin 2012 à Rio, le représentant a souligné que de la qualité des travaux préparatoires et des échanges de vues, dépendra le succès de ces assises.


Il a insisté sur l’importance du concept « d’économie verte », auquel un élan sera donné à la mise en œuvre pratique, lors de la Conférence Rio+20.  « Nous avons besoin d’une stratégie globale coordonnée sur l’énergie, telle que proposée par le Secrétaire général des Nations Unies, dans son rapport sur les nouvelles sources renouvelables d’énergie », a-t-il recommandé.  Le Bélarus s’est également dit favorable à l’adoption d’une résolution de l’Assemblée générale visant à accroître « l’accessibilité des pays en développement aux technologies modernes, en matière d’énergie ».  Outre la Conférence Rio+20, M. Gerus a également évoqué la tenue en 2012, de l’examen triennal complet des activités opérationnelles pour le développement du système des Nations Unies.  « Nous considérons que la perfection du système des activités opérationnelles, ne devrait pas être orientée uniquement vers la satisfaction des attentes des donateurs.  Il faut également créer des opportunités supplémentaires afin de mieux répondre aux besoins et exigences des pays bénéficiaires, en matière d’aide internationale », a fait valoir M. Gerus.  Les décisions politiques en matière d’assistance internationale aux pays bénéficiaires doit faire partie des prérogatives de l’Assemblée générale, a-t-il ajouté.


M. HASSEN (Éthiopie) a évoqué la fragilité sans fin de l’économie mondiale, son affaiblissement et la détérioration de la confiance ces dernières années.  Il a noté le besoin d’aider les pays et les populations les plus pauvres dans cette perspective, au vu des répercussions probables de la situation sur les économies de ces pays.  La hausse des prix alimentaires, notamment, est en train de faire grimper l’inflation dans les PMA et les autres pays pauvres, ce qui ralentit leur capacité à renforcer leurs économies, a regretté le représentant.  La communauté internationale doit aider ces pays à se protéger des impacts de la crise.  Si les PMA et les autres pays dans le besoin sont soutenus, il faudra aussi faire face à l’instabilité économique qui prévaut dans la majorité de pays avancés, a-t-il noté.  Les instances politiques de ces derniers doivent prendre des mesures urgentes pour renouer avec la confiance sur un plan financier. 


Le représentant a évoqué le besoin d’un soutien accru des pays développés aux pays en développement ainsi que le respect des engagements pris.  D’autres mesures concrètes doivent être prises pour aider les pays du continent africain à combattre le changement climatique, a-t-il aussi relevé.  L’économie verte est, en outre, extrêmement importante pour les pays d’Afrique et notamment en Éthiopie, notre pays, qui entend réduire drastiquement ses émissions de CO2 et atteindre les objectifs des OMD, a dit le représentant.


Mme MILAGROS MIRANDA ROJAS (Pérou) a estimé urgent de parvenir à un consensus sur la réforme du système financier international, pour promouvoir une meilleure coordination et une meilleure régulation des politiques économiques et financières.  Il est, par ailleurs, fondamental que les dirigeants politiques n’adoptent pas des mesures qui restreignent le commerce international et affaiblissent par là les possibilités de croissance, a-t-il déclaré, appelant de ses vœux une conclusion positive des négociations du Cycle de Doha.  Il a souligné l’importance des pays à revenu moyen dans la gestion de la crise, en rappelant que 90% des pauvres d’Amérique latine vivent dans ce groupe de pays, et en souhaitant que des politiques sociales inclusives soient mises en place et qu’une attention particulière soit portée à la diversité culturelle. 


Vingt ans après la première Conférence de Rio, le Sommet de la Terre, qui portait sur le développement durable, peu de mesures ont été mises en œuvre, a déploré le représentant.  Nous ne pouvons pas non plus perdre de vue qu’il existe aujourd’hui de nouveaux défis à affronter sur la scène internationale, défis qui sont liés aux crises économique et climatique, a-t-il ajouté, estimant que Rio+20 constitue une opportunité unique de renouveler la volonté politique des États en faveur d’un développement durable.  Il a souhaité l’adoption de nouvelles normes de production et de consommation durables, davantage de transferts de technologie, et un meilleur respect de l’environnement naturel et de la dignité humaine.  Le Pérou ainsi que ses partenaires régionaux estiment que l’impact de la biodiversité sur la croissance économique et le développement est de plus en plus important, et ils appellent tous les États à tenir leurs engagements, conformément à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.  Par ailleurs, la recherche d’un consensus sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur l’atténuation des effets des changements climatiques doit comprendre un effort ambitieux au niveau mondial, mené par les pays développés et associant activement les pays en développement, a dit le représentant.


Mme DIANA AL-HADID (Jordanie) a déclaré qu’en dépit de l’amélioration de la croissance observée dans différentes régions du monde, le redressement de l’économie mondiale se faisait attendre et continuait de se heurter à de graves défis.  Ainsi, la flambée des prix des ressources énergétiques et des denrées alimentaires exerce une pression croissante sur de nombreux pays en développement, tout comme le font les effets des changements climatiques, a-t-elle ajouté.  La nature transnationale de ce dernier phénomène exige une action conjointe sur le plan international, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de son Protocole de Kyoto, a dit la représentante.  Mme Al-Hadid a placé beaucoup d’espoirs dans la tenue de la dix-septièmeConférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies, qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, à la fin de l’année.  À l’approche de la Conférence Rio+20, la représentante a également préconisé de renforcer les partenariats régionaux, en particulier la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire, que la Jordanie considère comme complémentaires de la hausse nécessaire des montants de l’aide publique au développement (APD).


M. BENEDICT LAWRENCE LUKWIYA (Ouganda) s’est associé notamment aux déclarations du Groupe des 77 et de la Chine et à celles des PMA.  Il a cité l’insécurité alimentaire et le niveau de chômage élevé parmi les effets de la situation économique actuelle et a noté le redressement lent de l’économie mondiale, appelant à ce titre à la prise de mesures qui permettraient un redressement durable de l’économie.  Concernant l’Ouganda, il a évoqué le fait que son pays ne dispose de ressources suffisantes pour amorcer son développement économique, à cause de la baisse drastique de ses recettes, notamment dans le tourisme.  L’éducation, la santé, l’assainissement de l’eau et les technologies vertes font partie des chantiers prioritaires de l’Ouganda, a déclaré le représentant.  Il a appelé la communauté internationale à s’assurer que la mobilisation des ressources financières pour le développement et la bonne utilisation de toutes ces ressources comme facteurs essentiels de la promotion d’un développement durable et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) deviennent réalité.  Il a dit que son pays était impatient de voir arriver la Conférence Rio+20 pour entendre les recommandations qui seront faites aux pays en développement.  Il a, par ailleurs, jugé urgent de réaliser un système commercial multilatéral fondé sur des règles équitables pour tous les pays. 


Mme ALEXANDRA TOHME (Liban) s’est associée à la déclaration de l’Argentine, faite au nom du Groupe des 77 et de la Chine.  Rappelant le contexte économique actuel marqué par la crise, elle a indiqué qu’une seconde récession mondiale après celle de 2008 était peut-être inévitable.  Cette réalité exacerbe les défis et les problèmes auxquels font face les pays en développement, tels que la pauvreté, le chômage, la charge de la dette et le difficile accès à l’aide financière.  Le changement climatique continue en outre de représenter une menace destructive, notamment en termes de prix de l’énergie et des produits d’alimentation.  Les défis à relever cette année sont immenses, et la Commission devrait à ce titre s’engager à aider l’économie mondiale à éviter de plonger dans une nouvelle récession, en veillant notamment à ce que les mesures décidées lors de la Conférence des Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement soient réellement mises en œuvre, a dit la représentante.  Les demandes répétées en faveur de la mise en place d’un système financier mondial complet et équitable doivent être prises en compte.  Le Liban estime que le temps est grandement venu de réformer les institutions financières mondiales afin d’augmenter la participation des pays en développement dans les processus décisionnels. 


La représentante s’est dite impatiente d’avancer dans les débats lors de la Conférence Rio+20 en ce qui concerne les moyens d’éradiquer la pauvreté et d’assurer une croissance durable et solide pour les pays en développement, dans la perspective du respect des engagements pris pour la réalisation des OMD.  Évoquant aussi la responsabilité historique des pays développés à adhérer à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et au Protocole de Kyoto, la représentante a indiqué que le Liban estime que ces mêmes pays devaient apporter des solutions aux problèmes générés par le changement climatique.  Le Liban appelle à ce que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques prenne des mesures urgemment et apporte les ressources financières en ce qui concerne notamment la coopération technologique en faveur des pays en développement.  Un partenariat international réussi nécessite une volonté politique sincère de la part des pays développés, et notamment que les promesses soient tenues, sans quoi toutes les projections envisagées ne seront qu’un mirage.


M. MOHAMED SAID OUSSEIN (Comores) a regretté que les crises économique, financière, énergétique et alimentaire aient freiné les gains obtenus dans la lutte contre la faim et d’autres fléaux par les pays en développement, éloignant de ce fait la possibilité pour ces derniers de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement à l’échéance de 2015.  Rappelant que la crise alimentaire a conduit à l’augmentation des prix des produits alimentaires de base à hauteur de 6% dans son pays, il a souligné que les Comores ont mis en place un « Comité interministériel » chargé du suivi des mesures de réduction de la pauvreté en vue de les intégrer avec la réalisation des OMD.  Il a ensuite noté que l’un des soutiens de l’économie comorienne demeure les transferts de fonds de la diaspora comorienne, et dans ce contexte, a-t-il relevé, le pays a ouvert des guichets en France afin de faciliter ces flux de capitaux.  Au sujet des changements climatiques, le représentant a rappelé les prévisions de la Banque mondiale, qui laissent voir que d’ici la fin du siècle, l’augmentation de la température mettrait entre 100 et 400 millions de personnes en danger de faim et de malnutrition, tandis que 1 à 2 milliards de personnes pourraient être privées d’eau.  Il a dit son inquiétude de voir les petits États insulaires en développement comme les Comores disparaître si rien n’est fait.


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