20/06/2011
Assemblée générale
AG/COL/3224

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité spécial chargé d’étudier la situation

en ce qui concerne l’application de la Déclaration

sur l’octroi de l’indépendance aux pays

et aux peuples coloniaux

Reprise de session

4e & 5e séances – matin & après-midi


UNE SEMAINE APRÈS LA VISITE HISTORIQUE DE BARACK OBAMA À PORTO RICO, LE COMITÉ DES VINGT-QUATRE RÉAFFIRME LE DROIT DE CETTE ÎLE À L’AUTODÉTERMIANTION ET À L’INDÉPENDANCE


Une semaine après la visite historique de Barack Obama à Porto Rico -la première en 50 ans d’un Chef d’État américain en exercice-, le Comité spécial chargé de la décolonisation –Comité des Vingt-Quatre- a adopté, aujourd’hui, une décision* dans laquelle il réaffirme le droit à l’autodétermination et à l’indépendance de cette « nation d’Amérique latine et des Caraïbes dotée manifestement de sa propre identité nationale ».


Dans ce texte adopté sans vote, le Comité demande à nouveau au Gouvernement américain d’assumer la responsabilité qui lui incombe d’engager un processus permettant au peuple portoricain d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination.


Le Comité se déclare « gravement préoccupé » par les actes commis contre des indépendantistes et demande au Président des États-Unis de mettre en liberté Oscar López Rivera, « emprisonné depuis plus de 30 ans », de même qu’Avelino González Claudio et Norberto González Claudio, « arrêtés récemment ».


Le Comité prie instamment les États-Unis de mener, à son terme, la restitution de l’ensemble des terrains et des installations des îles de Vieques et Ceiba, et d’accélérer l’exécution et la prise en charge du nettoyage ainsi que de la dépollution des zones touchées par les manœuvres militaires de la marine américaine basée sur place.


L’adoption de la décision a été précédée par l’audition d’une vingtaine de pétitionnaires, qui l’ont en majorité approuvée, en rejetant les conclusions du rapport du Groupe de travail établi par le Président des États-Unis pour statuer sur l’avenir de Porto Rico, doté à ce jour d’un statut d’« État libre associé ».


Rendu public le 16 mars 2011, le rapport** recommande, entre autres, d’accélérer le processus de décision pour que les Portoricains puissent se prononcer sur les différentes options d’ici à la fin de 2012.  Les seules options possibles doivent être celles prévues par la Constitution des États-Unis, souligne le Groupe: le statut d’État fédéral, le statut d’État libre associé et l’indépendance.


Le rapport fait état d’une « légère préférence » pour un processus de deux plébiscites: dans un premier temps, les Portoricains choisiraient entre l’intégration aux États-Unis, comme État fédéré, et l’indépendance.  S’ils choisissaient l’indépendance, un deuxième plébiscite consisterait à se prononcer entre indépendance totale et libre association.


Ces conclusions, défendues en personne le 14 juin dernier, par le Président Barack Obama à San Juan, ont été assimilées à une « feuille de route unilatérale » par le Président du Barreau de Porto Rico.


Renchérissant, le représentant du Mouvement indépendantiste national Hotosiano (MINH) a estimé que ce projet de plébiscite faisait partie d’une « stratégie impérialiste » visant à perpétuer le colonialisme américain, tandis que pour la représentante de l’Association américaine des juristes, le Groupe de travail reconnaît clairement que Porto Rico reste assujetti à l’autorité du Congrès des États-Unis.


Le problème posé par ce rapport, c’est que les options offertes aux électeurs portoricains ne sont pas conformes aux dispositions de la résolution 1541 de l’Assemblée générale, a souligné le représentant de l’Association Alianza pro Libre Asociación Soberana (ALAS), qui a jugé inacceptable l’exclusion de la diaspora portoricaine du futur plébiscite. 


C’est la raison pour laquelle, il a suggéré de placer le déroulement du processus sous la supervision des Nations Unies.  Or depuis 1953, les États-Unis arguent que Porto Rico ne relève pas de la compétence de l’ONU au motif qu’il a déjà exercé son droit à l’autodétermination, est pleinement autonome et s’est prononcé librement et démocratiquement en faveur du statut d’État libre associé.


Ce faisant, les États-Unis s’appuient sur une résolution de 1953*** dans laquelle l’Assemblée générale les a déchargés des obligations qui leur incombaient en vertu du Chapitre XI de la Charte des Nations Unies, relatif aux territoires non autonomes.  En effet, Porto Rico ne figure pas sur la liste des 16 territoires non autonomes dressée par l’Assemblée générale.


Pourtant dans la décision adoptée aujourd’hui, le Comité prie une nouvelle fois l’Assemblée générale de se saisir de la question de Porto Rico « de manière approfondie et sous tous ses aspects ». 


La prochaine séance plénière du Comité des Vingt-Quatre aura lieu demain, mardi 21 juin, à partir de 10 heures.  Il se penchera sur la question des îles Falkland (Malvinas).


*           A/AC.109/2011/L.6

**          A/AC.109/2011/L.13

***       Résolution 748 (VIII)


QUESTION DE PORTO RICO


Déclarations


M. OSVALDO TOLEDO MARTÍNEZ, Président du Barreau de Porto Rico (CAPR), a rappelé le combat de son association contre toutes les formes de colonialisme, celui de l’Espagne dans un premier temps et celui que continuent d’exercer aujourd’hui les États-Unis.  Ce pays, a-t-il dénoncé, persiste d’ignorer le droit de Porto Rico à l’autodétermination, alors que le Comité des Vingt-Quatre n’a pas manqué de souligner à plusieurs reprises le « caractère profondément sud-américain et caribéen » de ce dernier.  Or, les États-Unis s’efforcent d’annexer Porto Rico comme ils l’ont déjà fait avec Hawaï et l’Alaska. 


Il y a six jours, a indiqué M. Martínez, le Président Obama s’est rendu personnellement à San Juan pour chercher à légitimer l’emprise coloniale de Porto Rico, marqué par une pauvreté, un chômage et une corruption préoccupants.  Les États-Unis se sont empressés de dire qu’il fallait tenir compte des recommandations du Groupe de travail sur le statut de Porto Rico lequel n’a pourtant rien d’autre à proposer qu’une « feuille de route unilatérale ».  Nous avons vu la peine de mort imposée à certains ressortissants de Porto Rico, en violation de la Constitution « nationale » et de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale, a-t-il encore dénoncé.


M. IVAN ANTONIO RIVERA REYES, PROELA, a fait un bilan préoccupant de la situation sociale et économique de Porto Rico, qu’il a qualifié de « paradigme du droit international contemporain ».  Il a lui aussi dénoncé les décisions arbitraires des États-Unis qui ne sauraient s’appliquer à un État libre associé.  En outre, a-t-il poursuivi, certains partis politiques inscrits sur les listes électorales ne respectent pas la volonté du peuple, ce qui est parfaitement illégal au regard du droit international. 


M. Reyes a également souhaité que la Quatrième Commission saisisse la Cour internationale de Justice (CIJ) pour que celle-ci rende un avis consultatif sur ce cas « complexe » qu’est la question de Porto Rico.


M. HÉCTOR PESQUERA SEVILLANO, Mouvement indépendantiste national Hotosiano (MINH), a déclaré que les ravages causés par les États-Unis à Porto Rico pendant plus de 113 ans de régime colonial étaient incalculables.  Il a ajouté qu’avant l’invasion de 1898, Porto Rico était une nation productive, travailleuse et solidaire, qui allait se libérer du joug espagnol grâce à la Charte de l’autonomie.  Il a dénoncé la pollution due aux installations militaires de Vieques et le recrutement de nombreux jeunes portoricains pour participer à des guerres impérialistes.  Il a précisé que la dette publique de Porto Rico est passée de 2,7 à 60 milliards de dollars entre 1972 et aujourd’hui.


Le colonialisme américain a fait perdurer la pauvreté, en encourageant une dépendance qui a causé l’exode de 4,6 millions de personnes vers des villes américaines.  Il a estimé que le projet de plébiscite formulé par le Groupe de travail sur le statut de Porto Rico fait partie d’une stratégie impérialiste visant à perpétuer le colonialisme.  C’est pour cette raison qu’il a invité, une nouvelle fois, le Comité spécial à se venir à Porto Rico afin de mesurer directement l’étendue de la situation coloniale. 


M. MANUEL RIVERA, Portoricains unis dans l’action (PUA), s’est particulièrement inquiété d’un exode qui a vu 4,6 millions de Portoricains s’établir aux États-Unis, alors que Porto Rico ne compte plus que 3,7 millions d’habitants.  Il a jugé essentiel que l’on autorise la diaspora à participer à toute décision concernant l’avenir politique de Porto Rico.  Il a proposé au Gouvernement américain de présenter, au Comité, sa position officielle concernant le projet de décolonisation de Porto Rico.


Il a précisé que 800 000 Portoricains ont émigré vers les États-Unis ou d’autres pays au cours de ces 10 dernières années.  Ce mouvement d’émigration s’est amplifié en 2006, quand l’île a subi une récession.  Il a dénoncé l’arrestation aux États-Unis de trois militants indépendantistes et a appelé au respect de la souveraineté d’une nation cinq fois centenaire qui a une histoire, une langue et une culture distinctes.  


M. BENJAMIN RAMOS ROSADO, The ProLibertard Freedom Campaign (PLFC), a dénoncé la détention de ressortissants de Porto Rico dans les prisons américaines, en violation des droits de l’homme.  Il a tout particulièrement attiré l’attention sur le cas d’Oscar López Rivera, en prison depuis trente ans après avoir été condamné pour des faits qui n’ont jamais été démontrés.  M. Rosado a également abordé ceux d’Avelino González-Claudio et de Norberto González Claudio.  Ce dernier, qui a été arrêté le 10 mai 2011, a vu son procès fixé au 24 juin.  Or, comme l’ont souligné plusieurs associations, ce délai est insuffisant pour donner à ses avocats les moyens de préparer sa défense, a relevé M. Rosado


En outre, González Claudio est interdit de visites, alors que les prisonniers politiques portoricains sont connus pour être particulièrement « coopératifs ».  Le pétitionnaire a demandé la libération de ces prisonniers, qui ne sont pas des terroristes, mais des militants de la cause portoricaine.


Mme NORMITA APONTE, Movimientode Afirmación Viequense (MAVI), a dénoncé les violations constantes des droits de l’homme perpétrées par la marine de guerre américaine sur l’île de Vieques.  Elle a, en particulier, évoqué les effets néfastes sur la santé des manœuvres militaires, à l’origine d’une importante pollution des eaux qui compromet la viabilité des pêches et de l’agriculture locales.  Tout au long des 60 dernières années, l’île de Vieque a été utilisée comme véritable « laboratoire militaire à ciel ouvert », a lancé la pétitionnaire, qui a donc demandé à l’Assemblée générale de se saisir de la question de Porto Rico.


Mme ALEIDA CENTENO, Association américaine des juristes (AAJ), a dénoncé les violations commises contre les droits de l’homme à Porto Rico.  Elle a accusé le Gouvernement américain de vouloir affaiblir le Collège des avocats de Porto Rico, en particulier ses activités d’aide juridique.  Elle s’est particulièrement inquiétée de l’exécution sommaire de Filiberto Ojeda.  Elle a fustigé la volonté de l’Assemblée législative d’empêcher la presse et la société civile d’avoir des informations sur les coupes budgétaires effectuées dans les universités et programmes sociaux.


Après s’être dite préoccupée par la situation à Vieques, elle a estimé que le colonialisme est un problème international qui relève des États Membres de l’ONU.  Depuis 1977, des armes nucléaires ont été installées clandestinement à Porto Rico, a encore dénoncé Mme Aleida Centeno, avant d’affirmer que le troisième rapport publié en mars 2011 par le Groupe de travail sur le statut de Porto Rico aggrave la situation coloniale puisqu’il affirme que Porto Rico est un territoire soumis à l’autorité du Congrès des États-Unis.  Elle a, à son tour, demandé la libération des prisonniers politiques portoricains.  


M. FRANCISCO TORRES, Parti nationaliste de Porto Rico, Mouvement de libération (NPPR), a dénoncé les assassinats et les détentions arbitraires dont sont victimes les partisans de l’indépendance de Porto Rico.  Il a estimé que le concept d’État libre associé était une manipulation totalement antidémocratique, en rappelant que seule une minorité de Portoricains ont approuvé ce statut lors du plébiscite de 1951.  Il a qualifié d’inacceptable la Loi 600 du Congrès américain qui mentionne que Porto Rico est une possession des États-Unis.   


Il a, à son tour, fustigé le rapport du Groupe de travail sur le statut de Porto Rico qui précise que les États-Unis choisiront le type de statut qui pourrait être accordé à Porto Rico.  Il a rappelé que la patrie devait être représentée par ceux qui la défendent, en appelant notamment à la libération d’Oscar Lopez « emprisonné parce qu’il a voulu combattre la pauvreté ».  


M. FERNANDO JAY MARTIN, PuertoRican Independance Party (PRIP) exhorté le Gouvernement américain à s’acquitter de ses obligations en matière de décolonisation.  Il s’est cependant félicité de constater que dans son rapport, le Groupe de travail sur le statut de Porto Rico reconnaît l’existence d’une forme de colonialisme à Porto Rico.  Face à ce qui semble être une volonté des États-Unis de maintenir une emprise coloniale, les Portoricains devraient plus que jamais s’engager dans une dynamique de décolonisation, a dit M. Martin.


Il a exhorté le Comité à coordonner ses efforts pour que sa position serve de base de discussions sur la question de Porto Rico.  Le pétitionnaire a enfin exigé la libération des prisonniers politiques qui purgent des peines « inacceptables » dans les prisons américaines, notamment Oscar López Rivera.


Mme JAN SUSLER, NacionalLawyer’s Guild (NLG), s’est félicitée de ce que la semaine dernière, le Président Barack Obama se soit rendu à Porto Rico, la première visite d’un chef d’État américain depuis 50 ans.  Mais, elle a regretté le manque d’avancée vers l’autodétermination du peuple portoricain.  Elle a ensuite demandé au Comité de veiller à ce que les prisonniers politiques soient enfin libérés.  M. Rivera, qui a 68 ans et qui devrait être libéré en 2023, s’est vu ainsi refuser tout récemment sa demande de mise en liberté conditionnelle, ce qui revient à ignorer la voix de certains membres du Congrès et des associations d’avocats américaines et portoricaines, a regretté Mme Susler.


M. LUIS A. DELGADO RODRIGUEZ, Alianzapro Libre Asociación Soberana (ALAS), a estimé que la situation politique, économique et sociale de Porto Rico restait alarmante malgré 20 résolutions adoptées par le Comité.  Il a dit que les États-Unis avaient réussi à isoler Porto Rico de l’interaction politique, économique et culturelle du monde.  Il a particulièrement dénoncé les activités du FBI à Porto Rico en précisant qu’une opération s’est traduite par l’assassinat du militant indépendantiste Filiberto Ojeda


Il a aussi dénoncé les insuffisances du dernier rapport du Groupe de travail sur le statut de Porto Rico.  Les options offertes aux électeurs portoricains dans ce rapport ne sont pas adaptées à la résolution 1541 de l’ONU, a-t-il estimé.  Il a également jugé inacceptable que l’on exclue la diaspora portoricaine du futur plébiscite, en souhaitant que ce dernier soit supervisé par l’ONU.


M. JESUS MANGUAL CRUZ, Fondation Andres Figueroa Cordero (FAFC), a dénoncé le service militaire obligatoire qui a obligé de nombreux jeunes portoricains à participer à des guerres impérialistes.  Il a estimé que les États-Unis violaient tous les principes du droit international à Porto Rico et a ajouté que toute tentative visant à saper l’unité nationale, l’intégrité ou la souveraineté d’un pays est contraire à la Charte des Nations Unies. 


Il a dénoncé les chantages, pressions et menaces pour empêcher le Comité spécial de mener une enquête sur la situation coloniale à Porto Rico.  Imposer un plébiscite sur le statut futur de Porto Rico n’est qu’une nouvelle tentative de porter atteinte à la dignité de la patrie, a-t-il estimé.  


M. EDUARDO VILLANUEVA MUÑOZ, Pro Derechos Humanos de Puerto Rico (PRCHR), a dénoncé à son tour la position des États-Unis sur Porto Rico, où le FBI, par exemple, fait pression sur les associations plaidant contre la peine de mort.  En outre, des politiques répressives ont été mises en place pour faire taire la dissidence, a-t-il assuré, déclarant que le Président Obama avait l’obligation morale de s’engager en faveur de la décolonisation de l’île.  Il a, à son tour, défendu la nécessité de libérer les prisonniers politiques portoricains, rappelant que son organisation militait pour la libération d’Oscar López Rivera et Carlos Alberto Torres.


Mme NILDA LUZ REXACH, National Advancement for Puerto Rican Culture (NAPRC), a dénoncé le sort fait à Porto Rico, dont les habitants ont la citoyenneté américaine sans disposer de représentation adéquate au Congrès.  Elle a rappelé que les Portoricains ne votent pas aux élections présidentielles depuis plus d’un siècle.  Pendant 107 ans, nous avons fait partie de ce pays que sont les États-Unis, et nous avons donné notre vie pour défendre cette grande nation comme tous les autres citoyens de la fédération américaine, a-t-elle rappelé.  Nous voulons aujourd’hui participer aux élections présidentielles et bénéficier des mêmes droits que tous les autres citoyens américains, a plaidé la pétitionnaire.  Les compatriotes doivent profiter des opportunités que leur offre le sol américain, a lancé la pétitionnaire, qui a demandé que Porto Rico devienne le cinquante et unième État américain.


Mme ELDA SANTIAGO PEREZ, Comité Apoyo Hermanos Gonzales Claudio (CAHGC), a rappelé que des centaines de Portoricains ont été emprisonnés depuis 1898 simplement parce qu’ils luttaient pour l’indépendance et la souveraineté nationale de Porto Rico.  Elle a rappelé, à ce tour, que trois prisonniers politiques portoricains étaient actuellement détenus aux États-Unis.  Elle a cité le cas de M. Oscar López incarcéré depuis 30 ans pour « conspiration », un terme très vague utilisé par les autorités américaines.  Elle a également cité l’arrestation de M. Claudio Gonzáles arrêté en 2008 et de Norberto Gonzáles arrêté le 10 mai 2011 et maintenus isolés depuis.  Elle a estimé que les sanctions contre ces indépendantistes étaient démesurées par rapport aux faits reprochés.


M. ARTURO GONZALES HERNANDEZ, Comité de Porto Rico aux Nations Unies (COPRONU), a regretté que l’affaire de Porto Rico n’ait guère avancée depuis 1953.  Il a estimé que la Constitution actuelle de Porto Rico, avalisée par les États-Unis, est utilisée par les Américains pour maintenir leur domination au mépris de la souveraineté de Porto Rico.  Il a jugé indispensable que la question de Porto Rico soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée générale.  Il a jugé indispensable que Porto Rico soit réinscrite à la liste des territoires non autonomes et qu’elle y reste jusqu’à ce que le droit inaliénable du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance soit reconnu. 


Mme LAURA GARAZ, SocialistWorkers Party (SWP), a dénoncé l’utilisation des Portoricains comme « chair à canon » en Iraq, en Afghanistan ou ailleurs, alors qu’ils ne jouissent pas des mêmes droits que les autres citoyens américains.  Selon elle, seule une prise de conscience des travailleurs portoricains, aux États-Unis et à Porto Rico, peut parvenir à faire avancer l’agenda de l’autodétermination.  Une lutte efficace pour l’indépendance aura un impact positif sur tous les peuples d’Amérique latine et sur l’Amérique dans son ensemble, a-t-elle argué.  Après avoir rappelé que les Portoricains qui vivent aux États-Unis étaient victimes de discrimination, la pétitionnaire a demandé la libération des prisonniers politiques, et notamment d’Oscar López Rivera, emprisonné depuis 30 ans.


M. RICARDO GABRIEL, Réseau de Solidarité avec Porto Rico (PRSN), a présenté les activités du réseau qui lutte contre la privatisation des services publics ainsi que le démantèlement de l’éducation publique à Porto Rico et à New York.  Il a estimé que le projet de mise en place d’un gazoduc à Porto Rico était contraire à l’intérêt du peuple et significatif du rapport de domination avec les États-Unis.  Il a jugé indispensable que l’on appuie la lutte du peuple portoricain pour l’autodétermination et l’indépendance, conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale.


M. FRANCK VELGARA, Frentesocialista de Porto Rico (FSPR), a défendu le droit du peuple portoricain d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.  Il a exhorté le Comité à rappeler aux États-Unis ce droit et affirmé que des milliers de personnes ont manifesté lors du passage de Barack Obama à Porto Rico, le 14 juin dernier.  Il a appelé à la libération d’Oscar López Rivera emprisonné depuis 30 ans parce qu’il lutte pour l’indépendance de Porto Rico.  Il a fustigé la création d’une nouvelle dénomination de « Terroristes nationaux » qui permet au Gouvernement américain de poursuivre les militants indépendantistes portoricains, comme s’ils étaient des terroristes. 


Il a dénoncé la volonté du Gouvernement américain d’imposer la peine de mort à Porto Rico où elle est interdite, « un exemple de plus de la violation des droits démocratiques de Porto Rico ».  Il a exigé le retrait de tout l’appareil militaire américain à Porto Rico, la restitution de tous les pouvoirs au peuple portoricain et la libération de tous les prisonniers politiques.


M. JOSE ADAMES, LiteracyCenter Anacaona (LCA), a estimé, en tant que citoyen dominicain résidant à Porto Rico, que ce territoire souffrait de discriminations depuis 100 ans.  Il a jugé indispensable la libération de tous les prisonniers politiques et a regretté que les citoyens de Porto Rico n’aient pas les mêmes droits que les autres citoyens des États-Unis, alors que les jeunes portoricains ont le « droit » de donner leur vie à l’armée américaine.  Il a en effet précisé que le Pentagone a reconnu que Porto Rico était le principal centre de recrutement de l’armée américaine. 


Il est trop tard pour faire marche arrière, a estimé le pétitionnaire en défendant le point de vue selon lequel Porto Rico est un État des États-Unis comme tout autre État, même si l’histoire montre que Porto Rico a été et reste l’objet de beaucoup plus de discrimination que n’importe quel autre État.  L’armée de Porto Rico fait partie de l’armée américaine et il semble impensable de changer cela, a-t-il estimé avant de suggérer l’adoption d’une déclaration portant création de l’État fédéral de Porto Rico


M. EDWIN MOLINA, MovimientoAlternativo del Pueblo 12 de Septiembre (MAP-12-S), a rappelé que, dans sa lutte contre le colonialisme, aucun peuple ne pouvait pleinement exercer son droit à l’autodétermination tant que son gouvernement était dominé comme l’est, aujourd’hui, celui de Porto Rico.  Il a dénoncé le Gouvernement américain qu’il a accusé d’invasion et de colonisation; de pillage des ressources naturelles et humaines; d’assassinats de dirigeants depuis 1898; de détention « de héros et d’héroïnes » de la libération de Porto Rico; et de pollution des îles de Vieques et Ceiba.


Mme LEONOR DATIL, Soho Art Fest, LLC,(SAF) a dénoncé le sort fait aux îles de Vieques et Ceiba, où la marine américaine multiplie les opérations sans considération aucune pour les populations locales, lesquelles sont touchées par la pollution et la destruction des terres arables.  Elle a également pointé du doigt la fiscalité qui pousse de nombreux habitants à émigrer vers d’autres États de l’Union.


M. EDGARDO M. ROMAN ESPADA, Coalition portoricaine contre la peine de mort (CPCPM), a déclaré que son organisation demandait, pour la quatrième année consécutive, au Comité d’examiner la question de Porto Rico dans la perspective de l’autodétermination.  Il a dit que la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance et larésolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale insistent sur le fait que la soumission d’un peuple à une autorité étrangère est contraire à la Charte et aux principes de la coopération internationale.  Il a demandé au Comité de discuter de ce grave conflit entre droit à l’autodétermination et imposition par les États-Unis de la peine de mort à Porto Rico.  Il s’est prononcé en faveur d’un moratoire sur l’application de la peine de mort à Porto Rico.


Adoption de la Décision du 17 juin 2010 concernant Porto Rico (A/AC.109/2011/L.6)


Intervenant au nom du Mouvement des pays non alignés, M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a dit que l’élimination du colonialisme était essentielle pour protéger les droits fondamentaux de tous les peuples.  Il a jugé essentiel de respecter les principes de la Décennie internationale de l’élimination du colonialisme et a rappelé que le Document final de la quinzième Conférence au Sommet du Mouvement des pays non alignés, qui s’est tenue à Charm el-Cheikh en 2009, stipule le droit du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale. 


Il a lancé un appel au Gouvernement des États-Unis pour qu’il assume la responsabilité qui lui incombe d’accélérer le processus qui permettra au peuple portoricain d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.


Le représentant du Venezuela a réitéré l’appel déjà lancé par sa délégation au Gouvernement américain pour qu’il assume ses responsabilités face au droit à l’indépendance et à l’autodétermination de Porto Rico.  C’est dans cet esprit que le Venezuela soutient et se porte coauteur de la décision adoptée aujourd’hui par le Comité spécial, a déclaré le représentant.


Le représentant du Nicaragua a voulu que l’Assemblée générale se saisisse de la question de Porto Rico sous tous ses aspects.  Il a appuyé la décision comme un texte qui reflète le « consensus anticolonial » qui prévaut non seulement au sein du Comité mais aussi au sein de la communauté internationale dans son ensemble.  Il a enfin exigé la libération de tous les prisonniers politiques portoricains.


Le représentant de l’Équateur a rappelé que la situation de Porto Rico, une nation d’Amérique latine et des Caraïbes, est examinée par le Comité depuis plus de 30 ans.  Soulignant que le droit à l’autodétermination est un droit de l’homme, il a regretté qu’aucune des nombreuses résolutions adoptées sur la question n’ait permis de faire évoluer cette situation coloniale.  Il a jugé indispensable que la question de Porto Rico soit examinée sous tous ses aspects par l’Assemblée générale, particulièrement dans le cadre de la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2011-2020).


Le représentant de l’État plurinational de Bolivie a rappelé, à son tour, que le Comité a adopté 29 résolutions depuis 1972 sur la question de Porto Rico, réaffirmant le droit inaliénable du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance.  Il a précisé que le texte adopté aujourd’hui insiste sur la responsabilité des États-Unis d’accélérer le processus qui permettra au peuple portoricain d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.  Il a dit que son gouvernement, conformément à la lutte anticoloniale qu’il mène, notamment en faveur de ses peuples autochtones, réaffirme son appui au peuple portoricain et à son droit de décider de son avenir.


Le représentant de la République arabe syrienne a rappelé, à l’instar de son homologue de l’Égypte, que le Document final de la quinzième Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés avait réaffirmé le droit du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance.  Cette position a été réitérée dans le Document ministériel du Mouvement des non-alignés, adopté en mai 2011, et aujourd’hui par cette décision, s’est félicité le représentant.


Le représentant de la République islamique d’Iran a déclaré que l’adoption, par consensus, de cette décision enverrait un message clair au peuple de Porto Rico, celui d’un changement en cours.  Il a exprimé l’appui sans réserve de son gouvernement à l’élimination du colonialisme sous toutes ses formes.


Le représentant de Sainte-Lucie a expliqué qu’il s’est joint au consensus parce que son pays, en tant que pays indépendant et libre, souhaitait que tous les peuples puissent devenir indépendants s’ils le souhaitent et quand ils le souhaitent.  Il a souligné l’importance du paragraphe du dispositif 1 de la décision qui réaffirme le droit inaliénable du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale, et l’applicabilité à Porto Rico des principes fondamentaux énoncés dans la résolution.


Le représentant de Cuba s’est félicité de l’adoption, par les 120 États du Mouvement des non alignés (NAM), d’une Déclaration appuyant le droit inaliénable du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance.  Il a rappelé que les luttes pour l’indépendance de Cuba et de Porto Rico ont commencé presque simultanément dans les années 1950.  En 1982, en fondant le parti révolutionnaire cubain, JoséMartí a déclaré que ce parti avait été constitué pour obtenir l’indépendance absolue de Cuba, mais aussi d’encourager celle de Porto Rico.  Le représentant a rappelé que dans les rangs de l’Armée de libération de Cuba, figuraient de nombreux Portoricains, dont 2 000 ont fait le sacrifice ultime pour l’indépendance de Cuba.  Le peuple de Porto Rico pourra compter sur la solidarité de Cuba jusqu’à la victoire finale, a promis le représentant.  


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