20/09/2011
Assemblée générale
AG/11145

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Assemblée générale

Soixante-sixième session

Table ronde 3 – matin


UNE TABLE RONDE SUR LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES PRÉCONISE UN RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

POUR FAIRE FACE AUX DÉFIS POSÉS PAR CES MAUX


Dans le cadre de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT), dont les travaux ont été ouverts hier, une série de tables rondes interactives sur certains aspects de cette thématique a eu lieu depuis hier, au Siège de l’ONU, à New York.  Au cours des deux premières tables rondes d’hier, les participants avaient discuté de la progression des maladies non transmissibles et de leurs incidences socioéconomiques; puis du renforcement des capacités nationales et de la mise au point de politiques adaptées en vue de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles.  Tenue ce matin, la troisième et dernière table ronde de la série avait pour thème de discussion, « la promotion de la coopération internationale et de la coordination face aux maladies non transmissibles ».


Au cours des échanges de points de vue, la plupart des délégations ont reconnu que la situation des personnes affectées par les MNT laisse à désirer, bien souvent à cause du manque de ressources financières ou scientifiques.  Le représentant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a regretté que 70% des personnes affectées par des cancers dans les pays en développement n’aient pas accès à la radiothérapie et que 80% de ces patients soient à des stades avancés de la maladie quand ils sont diagnostiqués.  Le représentant de la Fondation « Livestrong » a rappelé que 17 millions de personnes vont mourir de cancer dans les années à venir si rien n’est fait pour leur venir en aide, tandis que la représentante de l’Australie a tenu à attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que « les compagnies de tabac vont lutter bec et ongles pour défendre leurs profits, alors que les gouvernements luttent pour sauver des vies affectées par le tabagisme ». 


Les délégations ont également souhaité une intensification de la coopération internationale pour faire face aux MNT.  Révélant que son pays est l’un des plus touchés par le cancer du col de l’utérus, la représentante de la Serbie a plaidé pour que des mesures soient prises dans le cadre de la coopération internationale pour fournir un appui au traitement des personnes affectées par ce mal.  La représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a pour sa part souhaité que les secteurs de la nutrition et de la santé collaborent plus étroitement pour faire face au fléau des maladies non transmissibles, tandis que la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé à une coopération internationale plus responsable que par le passé, tout en soulignant que l’OMS jouera le rôle qui lui incombe dans cette optique.


TABLE RONDE SUR LE THÈME: « PROMOTION DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE ET DE LA COORDINATION FACE AUX MALADIES NON TRANSMISSIBLES »


Cette table ronde était coprésidée par M. DENZIL DOUGLAS, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis et M. WALTER GWENIGALE, Ministre de la santé et du bien-être social du Libéria.


Discussion interactive 


Prenant la parole au début de cette table ronde, le représentant de Maurice a déclaré que le respect des brevets d’invention et le paiement des droits de propriété intellectuelle ne devraient pas devenir un obstacle qui empêche les populations les plus démunies d’avoir accès aux transferts de technologies, aux médicaments et aux soins pour faire face aux MNT ou s’en prémunir.  Abondant dans la même veine, le représentant de la République-Unie de Tanzanie a regretté que les médicaments, même les plus essentiels, soient trop chers et hors de la portée des bourses de la plupart des populations des pays en développement.  La représentante de l’OMS a de son côté estimé que le manque de ressources freine l’obtention de succès face à la propagation des MNT, et elle a souhaité que l’industrie pharmaceutique fasse preuve de plus de souplesse en ce qui concerne les prix des médicaments.  Regrettant que les stratégies de marketing dictent les goûts et finalement les habitudes de consommation, même en ce qui concerne des produits comme le tabac et les boissons sucrées chez les classes les plus jeunes et les enfants, elle a appelé à une coopération internationale responsable dans ce domaine et a affirmé que son organisation jouera son rôle en ce sens.


Dans la perspective de cette coopération internationale, la représentante de l’Australie a souligné que les compagnies de tabac sont des multinationales.  De ce fait, a-t-elle relevé, il faudrait prendre des mesures coordonnées à l’échelle internationale pour lutter contre les méfaits du tabagisme.  Annonçant la mise en place, par l’Australie, d’un fonds pour lutter contre le tabagisme dans les pays en développement, elle a averti que « les compagnies de tabac allaient certainement lutter bec et ongles pour préserver leurs ventes et leurs profits ».  « Mais nous devons lutter pour sauver les vies humaines mises en danger par le tabagisme et d’autres excès », a dit la représentante.  Pour sa part, la représentante de la Serbie a révélé que son pays présente l’un des taux les plus élevés au monde de cancers du col de l’utérus.  Elle a lancé un appel pour que des mesures soient prises au niveau de la coopération internationale pour apporter une aide et un appui au traitement des personnes affectées par ce mal pernicieux.


Le représentant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a regretté que 70% des personnes atteintes d’un cancer dans les pays en développement n’aient pas accès à la radiothérapie et que 80% de ces patients sont généralement à des stades où la maladie est déjà très avancée quand ils sont diagnostiqués.  Il a également relevé que l’AIEA a lancé en 2004 un programme d’action pour la guérison du cancer en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Pour sa part, la représentante du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a estimé que les MNT sont un frein au développement.  Elle a souhaité que le système des Nations Unies accompagne les pays dans la mise en place d’un système efficace de gestion des MNT.  De son côté, la représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a souhaité que les secteurs de la nutrition et de la santé collaborent plus étroitement pour faire face au fléau des MNT.  Le représentant de l’Union internationale des télécommunications a quant à lui estimé que les télécommunications, qui ont joué un rôle majeur dans le déclenchement et le déroulement du « printemps arabe », pourraient également être un puissant catalyseur pour l’éducation des populations et pour l’amélioration des soins de santé ayant un rapport avec des MNT.  Il a également indiqué que les télécommunications permettaient de dispenser des formations à distance ainsi que la pratique de la télémédecine.


Certains États ont pris de l’avance dans le cadre de la coopération face aux MNT.  Dans ce contexte, la représentante de l’Inde a affirmé que son pays participe à la coopération internationale en formant les spécialistes du secteur médical de nombreux pays du Sud et en offrant des technologies médicales aux pays en développement.  Le représentant du Japon a réaffirmé l’engagement de son pays à poursuivre la coopération internationale dans le domaine des MNT, alors que le délégué de la Fédération de Russie a indiqué que son pays a fourni 275 millions de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  La représentante des Maldives a assuré pour sa part que la coopération internationale avait permis à son pays d’éradiquer des fléaux de santé comme la poliomyélite, et elle a souhaité que cette collaboration devienne plus dynamique. 


Le représentant du Mexique a évoqué la coopération du Mexique avec les instances du football à l’échelle nationale et internationale tandis que le représentant du Bureau des Nations Unies pour le sport pour le développement et la paix a encouragé le rôle que joue le sport dans la promotion de la santé générale des populations.  Dans la même lancée, le représentant de l’organisation « Livestrong » a évoqué la coopération de son institution avec l’équipementier sportif Nike dans la lutte contre le cancer.  Il a fait mention de son histoire personnelle car, a-t-il indiqué, il a été diagnostiqué d’un cancer auquel il a pu survivre grâce à des soins appropriés.  Il a souhaité que toutes les personnes atteintes de cancer aient accès aux traitements, et a rappelé que 17 millions de personnes vont certainement mourir de cancer dans les années à venir. 


Certaines interventions ont mis en garde contre le risque de marginalisation de certains groupes sociaux.  Ainsi, le représentant de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a souhaité que la coopération internationale face aux MNT soit équitable, car, a-t-il affirmé, « tous les acteurs de cette coopération doivent trouver leur intérêt dans toute plateforme de collaboration de lutte contre les MNT ».  La représentante de l’Organisation internationale des migrations a estimé qu’avec près d’un milliard de migrants dans le monde, il faudrait prendre en compte les facteurs de risque auxquels les migrants sont exposés, notamment les problèmes cardiovasculaires découlant d’une exposition élevée des migrants au stress.  


Le représentant du Groupe de travail des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine a évoqué l’injustice et le désespoir dans lesquels vivent les Palestiniens face au blocage des négociations politiques pour la paix au Moyen-Orient.  Cette situation bloque les aspirations au bien-être des populations palestiniennes.  La représentante de la Ligue des États arabes a lié les MNT à la santé maternelle, et a souhaité que soit promu le partage d’expériences fructueuses entre pays pour leur permettre de mieux venir à bout des MNT.  Le représentant de l’Algérie a déclaré que « si le terrorisme tue dans le bruit et le fracas, le cancer pour sa part tue en silence ».  Il a regretté que les malades du cancer, en Afrique, souffrent du manque de structures de prise en charge.  Enfin, la représentante de l’Association internationale des consommateurs a appelé l’industrie agroalimentaire à produire des aliments plus sains, et elle a suggéré la mise en place d’un code éthique auquel les entreprises de l’agroalimentaire seraient astreintes.


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