10/06/2011
Assemblée générale
AG/11093

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

94e & 95e séances plénières

matin - après-midi


D’ICI À 2015, LES ÉTATS S’ENGAGENT « SOLENNELLEMENT » À RÉDUIRE DE MOITIÉ LE TAUX DETRANSMISSION DU VIH/SIDA ET À STOPPER TOTALEMENT LA CONTAMINATION DU NOUVEAU-NÉ PAR LA MÈRE


Après une Réunion de haut niveau de trois jours sur le VIH/sida, les chefs d’État et de gouvernement et représentants des États Membres de l’ONU se sont fixé l’objectif « ambitieux », selon les mots du Président de l’Assemblée générale, de réduire de 50 % d’ici à 2015 le taux de transmission du VIH par voie sexuelle et parmi les usagers de drogues injectables mais aussi de stopper totalement la contamination du nouveau-né par la mère et d’assurer un traitement antirétroviral à 15 millions de personnes*.


La Réunion de haut niveau s’est ouverte le 8 juin dernier, par une intervention du Secrétaire général de l’ONU qui a dit « nous sommes ici pour mettre fin au VIH/sida », avant de présenter sa stratégie** en cinq points visant à réaliser d’ici à 2015 l’objectif du « triple zéro », à savoir « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort due au sida ».


Pour ce faire, dans la « Déclaration politique » qu’ils ont adoptée aujourd’hui par consensus, les États s’engagent « solennellement » à faire montre « d’une volonté politique renouvelée et d’un esprit d’initiative vigoureux ».


Intitulée « Intensifier nos efforts pour éliminer le VIH/sida », la « Déclaration politique » se décline en neuf chapitres sur le leadership, la prévention,le traitement, les droits de l’homme, les ressources,l’intégration de la lutte contre le VIH/sida dans l’action en faveur de la santé et du développement, la recherche, la coordinationet le suivi.


Les chefs d’État et de gouvernement et représentants des États Membres de l’ONU s’engagent ainsi à redoubler d’efforts pour assurer d’ici à 2015 l’accès « universel » à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien, en vue d’enrayer et commencer à inverser la propagation du VIH.  Ce faisant, ils promettent de veiller à ce que les femmes puissent exercer leur droit de décider librement de toutes les questions relatives à leur sexualité, y compris en ce qui concerne leur santé en matière de sexualité et de procréation.


D’ici à 2012, les États s’engagent à mettre en œuvre des plans nationaux multisectoriels et à demander aux partenaires internationaux de faire en sorte que, d’ici à 2013, ces plans soient financés.  À l’exécution de ces plans doivent être associés les jeunes, y compris ceux vivant avec le VIH, les dirigeants locaux et la société civile pour combattre la stigmatisation et la discrimination.  Les États s’engagent d’ailleurs à mettre en place un cadre juridique, social et politique facilitateur afin d’éliminer cette stigmatisation et la violence. 


Par cette mobilisation, ils pensent pouvoir assurer le plus rapidement possible l’accès universel au traitement antirétroviral.  Quid du coût?  Les États répondent en s’engageant à éliminer d’ici à 2015 les obstacles qui empêchent l’accès aux produits pharmaceutiques nécessaires.  Les moyens?  Utiliser pleinement les possibilités existantes au titre de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) et accepter la concurrence des produits génériques.


D’après le Programme commun des Nations Unies (ONUSIDA), il faut d’ici à 2015, 6 milliards de dollars par an.  Alors, les États rappellent aux pays développés la volonté qu’ils ont manifestée de porter leur aide publique au développement (APD) à 0,7% de leur PNB en 2015, au plus tard.  Ils engagent « fermement » les pays africains, qui ont adopté la Déclaration d’Abuja, à prendre des mesures concrètes pour affecter au moins 15% de leur budget annuel à l’amélioration du secteur de la santé publique.  Ils promettent, par ailleurs, de multiplier les mécanismes de financement nouveaux, volontaires et novateurs.


Les États s’engagent aussi à améliorer l’intégration des programmes de lutte contre le VIH/sida dans les soins de santé primaires, les services de santé de la sexualité et de la procréation et les services de lutte contre les maladies contagieuses.  Ils assurent de leur volonté d’accélérer la recherche-développement sur un vaccin fiable.


Ils prient le Secrétaire général de l’ONU de présenter un rapport sur les progrès accomplis dans la réalisation de cette « Déclaration politique », à la Réunion spéciale de 2013 sur les huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le sixième d’entre eux portant sur le sida.


Le temps presse malgré de réels progrès dont la réduction de plus de 25% des taux de séropositivité dans plus de 30 pays, la baisse « significative » de la transmission materno-foetale du VIH et l’extension « sans précédent » de l’accès au traitement antirétroviral à plus de 6 millions de personnes, des fonds qui sont passés en 30 ans de 1,8 milliard à 16 milliards en 2010 et des promesses de contributions de plus de 30 milliards de dollars.


L’épidémie reste une catastrophe humaine sans précédent.  Après la mort, en 30 ans de plus de 30 millions de personnes, environ 33 millions de plus vivent avec le VIH, plus de 16 millions d’enfants sont devenus orphelins du sida et plus de 7 000 nouveaux cas d’infection sont enregistrés chaque jour; les jeunes âgés de 15 ans à 24 ans représentant plus d’un tiers de ces cas. À ces chiffres il faut ajouter le fait qu’environ, 370 000 nouveau-nés auraient été infectés par le VIH en 2009 et que quelque 10 millions de personnes n’ont toujours pas accès aux traitements.  


Alors les États semblent avoir répondu à l’appel du Secrétaire général visant à ce que l’on affronte « avec audace » les questions sensibles des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, des toxicomanes et du commerce du sexe, la déclaration que le Saint-Siège a faite aujourd’hui a été ponctuée de manifestations de désaccord.  Les représentants de la Syrie, au nom du Groupe des États arabes et de l’Iran ont également émis des réserves sur la « Déclaration politique ». 


Convoquée par le Président de l’Assemblée générale pour parler 30 ans après le premier cas de VIH, de la mise en œuvre de la Déclaration d’engagement de 2001 et de la Déclaration politique de 2006 sur le VIH/sida, la Réunion de haut niveau a aussi été l’occasion d’organiser des tables rondes  sur les thèmes « Responsabilité partagée – Un nouveau pacte mondial pour la lutte contre le VIH/sida », « Comment atteindre l’objectif « zéro nouvelle infection »? « l’innovation et les nouvelles technologies », « Les femmes, les filles et le VIH » et « Intégrer la lutte contre le VIH/sida aux programmes portant sur la santé et le développement en général ». 


Dans sa déclaration de clôture, le Président de l’Assemblée s’est dit encouragé par la détermination dont ont fait montre les États.  Les mères et les enfants, a-t-il dit, profiteront énormément du nouveau « Plan mondial » lancé hier, pour prévenir les nouvelles infections chez les enfants d’ici à 2015 et garder leur mère en vie.  Il a aussi rappelé que le Conseil de sécurité a adopté mardi dernier, une résolution sur le VIH/sida qui traite de la violence sexuelle et du respect des droits des femmes et des filles dans les conflits armés.


*A/65/L.77

 **A/65/797


RÉUNION DE HAUT NIVEAU VISANT À PROCÉDER À L’EXAMEN D’ENSEMBLE DES PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA RÉALISATION DE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA ET DE LA DÉCLARATION POLITIQUE SUR LE VIH/SIDA


Mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et de la Déclaration politique sur le VIH/sida: rapport du Secrétaire général (A/65/797)


Suite et fin des déclarations


M. KIHUMURO APUULI, Directeur général de la Commission sur le sida de l’Ouganda, a indiqué que, dans son pays, 1,2 million de personnes sur une population totale de 32 millions, était porteuses du VIH/sida.  « La tâche à laquelle nous devons faire face est énorme », a-t-il dit.


Le docteur Apuuli a reconnu qu’il faut affecter les ressources à des actions fondées sur les faits qui seront efficaces et donneront des résultats, tout en assurant la promotion des initiatives nationales avec l’adhésion des populations.  De nouvelles poches d’infection ont émergé dans la société ougandaise.  Sur un total de 550 000 personnes ayant besoin de suivre un traitement antirétroviral, seulement 270 000 y ont accès.


L’Ouganda appuie la position de l’Union africaine (UA) concernant le droit de chaque pays de mettre en œuvre des programmes de lutte contre le VIH/sida conformes aux lois nationales, aux priorités du développement et à la culture, a poursuivi le docteur Apuuli.  L’épidémie touchant particulièrement les femmes et les filles, il est important de donner aux pays africains les moyens nécessaires pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. 


Mme ANN PETERS, Ministre de la santé de la Grenade, a notamment attiré l’attention sur les résultats obtenus dans son pays par le biais du Groupe national de contrôle des maladies qui a concentré, ces dernières années, ses efforts sur la lutte contre la transmission de la mère à l’enfant, l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH et l’intégration de la prévention dans les soins de santé primaire.  Elle a estimé que cette approche pouvait faciliter la réalisation de l’objectif dit du « triple zéro ». 


Mme DHARMASHILA CHAPAGAI, Ministre d’État pour la santé et la population du Népal, a estimé que la responsabilité partagée en matière de lutte contre le VIH/sida devait se fonder sur l’équité et l’égalité.  Elle a insisté sur l’aspect critique du financement, de la consolidation des systèmes de santé et de l’implication de toutes les parties prenantes.  Pour la Ministre, la prévention est la pierre angulaire de toute réponse mondiale au VIH/sida.  Elle s’est dite convaincue que l’accès à des médicaments efficaces, de bonne qualité et à bon marché, notamment aux génériques, contribue considérablement à ces efforts de prévention et de traitement. 


À ce titre, Mme Chapagai a appelé à ce que les droits de propriété intellectuelle favorisent l’accès aux médicaments abordables.  Elle a également insisté sur l’importance de lutter contre les inégalités entre les sexes.  Elle a ensuite passé en revue les grandes lignes de la politique du Népal en matière de lutte contre le VIH/sida qui, a-t-elle expliqué, cible en premier lieu les toxicomanes, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleurs migrants, les professionnels du sexe et leurs clients.


M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a appelé tous les gouvernements à faire preuve de responsabilité politique en matière de lutte contre le VIH/sida.  Il a expliqué que l’Allemagne adaptait régulièrement ses stratégies pour répondre aux nouveaux défis.  Il a appelé à l’abrogation des lois qui criminalisent l’homosexualité et qui ne reconnaissent pas la toxicomanie comme une maladie. 


Le représentant a passé en revue les initiatives de l’Allemagne en matière de coopération.  Il s’est attardé sur les ravages du VIH chez les jeunes qui, selon lui, devraient occuper un rôle de chef de file dans la réponse au VIH/sida.  Les politiques doivent faire preuve de responsabilité en associant les jeunes et la société civile aux efforts en cours, a-t-il estimé.


M. JARMO VIINANEN (Finlande) a souligné l’importance qu’il y a à offrir aux jeunes une éducation sexuelle globale, « priorité » de son pays depuis les années 70.  Il a souligné que son pays se fait fort de remplir tous ses engagements internationaux en matière de lutte contre le VIH/sida.  Mais, a-t-il estimé, en ces temps de contraintes budgétaires, il faut compléter l’aide publique au développement (APD) avec d’autres sources de financement.  La mobilisation des ressources nationales est essentielle, a-t-il insisté, avant de souligner le potentiel du secteur privé et des sources innovantes de financement.  Les économies émergentes doivent aussi jouer un rôle, a poursuivi le représentant.  Il nous faut plus que jamais, a-t-il conclu, poser la question de l’efficacité de l’aide qui passe par une véritable coopération entre tous les acteurs concernés.  Le représentant n’a pas manqué de souligner que les droits sexuels et reproductifs font partie intégrante des droits de l’homme et appartiennent à tout être humain, sans discrimination aucune. 


Mme HIND ALSHOUMER, Conseillère auprès du Ministère de la santé du Koweït, a souligné l’attachement de son pays à la lutte contre le VIH/sida, « conformément à son engagement en matière d’Objectifs du Millénaire pour le développement ».  Elle a ajouté que les plans stratégiques du Koweït mettent l’accent sur l’éducation préventive et l’accès universel au traitement.  « Le pays a financé de nombreuses recherches et organisé des conférences sur ces sujets, qui sont ouvertement débattus dans la société », a affirmé la représentante.  Le Koweït, a-t-elle dit, verse chaque année 500 000 dollars au Fonds mondial.


M. RODGER SAMUEL, Ministre d’État de Trinité-et-Tobago, a appelé à des engagements de mise en œuvre des différents instruments relatifs à la lutte contre le VIH/sida.  Il a passé en revue les grandes lignes de la réponse de son pays dont l’objectif principal est de veiller à l’universalisation de l’accès aux soins et aux traitements.  Il a notamment évoqué la gratuité des traitements antirétroviraux ainsi que l’existence d’un projet de loi sur la confidentialité des patients.  Le Ministre a, par ailleurs, reconnu que la stigmatisation et la discrimination entravaient de manière substantielle tous les efforts pour traiter les personnes touchées et éliminer le virus.  Le VIH est l’affaire de tous, a-t-il lancé en conclusion.


M. ITAMAR GROTTO (Israël) a parlé des efforts de son pays qui se concentre aussi sur les utilisateurs de drogues pour lesquels des programmes d’échange de seringues ont été mis en place.  Tirant les leçons de l’expérience israélienne, il a mis l’accent sur trois domaines dans lesquels les efforts collectifs peuvent avoir le plus grand impact.  Il s’agit d’abord, a-t-il dit, de l’amélioration des infrastructures de santé qui doivent être capables de traiter de la pandémie aux côtés des infrastructures spécialisées.  Il a également plaidé pour la promotion d’une collaboration entre pays aux niveaux local, régional et international.  Il a enfin prôné un système d’accès universel au dépistage et aux traitements qui tiennent compte des besoins et des pratiques des cultures locales.  Le représentant a conclu en attirant l’attention sur les activités de l’Agence de coopération internationale (MASHAV), en particulier en Éthiopie et en Europe de l’Est, ainsi que sur celles de « Tipat Chalav » qui s’occupe de la santé maternelle et infantile.  


Mme FÁTIMA FRANCO, Sous-Secrétaire pour les régions côtières auprès du Ministère de la santé d’Équateur, a relevé que malgré les stratégies de prévention, le nombre de cas continuait d’augmenter de manière « alarmante ».  Le déni, le refus, la minimalisation, les tabous et la discrimination s’ajoutent à la vulnérabilité de la population en général, a-t-elle fait observer.  Mme Franco a expliqué que son pays avait adopté une nouvelle Constitution « révolutionnaire » basée sur le principe quichua du « bon vivre ». 


Des progrès importants ont été enregistrés en matière de transmission de la mère à l’enfant et de transfusion sanguine.  Il importe cependant de déployer davantage d’efforts pour promouvoir une sexualité responsable et cibler les populations à risque, comme les professionnels du sexe.  La représentante a également appelé à une lutte acharnée contre la violence sexiste.


M. KEVIN RUDD, Ministre des affaires étrangères de l’Australie, a indiqué que malgré l’impact de la crise financière, son pays avait apporté une contribution majeure à la lutte contre le VIH/sida.  Il a expliqué qu’un programme australien de 72 millions de dollars vise à aider certains pays d’Asie du Sud-Ouest et d’Afrique.  L’Australie a formé le personnel pédiatrique de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce qui avait entraîné une chute du nombre de nourrissons séropositifs.  Le Ministre a souligné l’importance de la prévention et de la recherche et a prévenu que tous les efforts resteront vains si le partenariat entre les gouvernements et la société civile échoue.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a affirmé que depuis la signature de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida en 2001, son pays avait réalisé des progrès importants dans le règlement au niveau national de ce problème.  Il a notamment renforcé le cadre légal en adoptant en 2009 un code « sur la santé de la population et le système de soins, y compris la prévention et le traitement de l’infection VIH et du sida ».  Les dispositions clefs de ce code liées à la prévention et au traitement du VIH/sida, qui visent à la protection de la santé et des droits de l’homme, sont en conformité avec les engagements internationaux pris en matière de santé publique et de réponse au VIH/sida, a-t-elle expliqué.  Se concentrer sur la lutte contre le VIH/sida permettra d’accélérer les progrès dans les domaines du développement, de l’élimination de la pauvreté, de la réduction de la faim et de la santé maternelle et infantile, a-t-elle ajouté.  De même, la représentante a souligné que son pays appuyait totalement la série de recommandations faites par le Secrétaire général visant l’objectif « zéro nouvelle infection HIV, zéro discrimination et zéro mort due au sida ».


M. DANIELE D. BODINI (Saint-Marin) est intervenu brièvement pour souligner la nécessité impérieuse de mettre en place de nouvelles stratégies de prévention du VIH/sida, en particulier pour protéger les plus jeunes et les plus vulnérables.  Nous devons réduire le coût des médicaments essentiels et améliorer l’offre des traitements, a-t-il ajouté, jugeant que l’ONU est le forum indiqué pour catalyser les efforts des gouvernements, de la société civile et du milieu scientifique.  Notre objectif doit être de mettre fin au VIH/sida, a-t-il conclu.


M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a déclaré que mettre en œuvre des initiatives est une chose, s’assurer de leur efficacité en est une autre, « surtout dans un pays qui comme le nôtre affiche une prévalence de 14,% ».  Il a ajouté que le Gouvernement zambien avait mis en place des mécanismes de suivi des plans d’action en matière de prévention du VIH/sida et d’amélioration des conditions de vie des prisonniers vivant avec le VIH. 


De manière générale, les personnes touchées par la pandémie doivent être en mesure de participer à la vie sociale de leur communauté.  Les jeunes et les femmes aussi doivent être des parties prenantes à une lutte qui se mène au quotidien, a poursuivi le représentant.  Il a insisté sur l’importance de baser les réponses à la pandémie sur le respect des droits de l’homme; la Zambie ayant en ce sens renforcé, ces dernières années, les capacités de la société civile. 


M. JUAN PABLO DE LAIGLESIA (Espagne) a rappelé que son pays était, au début des années 1990, l’un des plus touchés en Europe par la pandémie de VIH/sida, qui sévissait principalement parmi les toxicomanes.  La participation de toutes les parties prenantes, l’exploitation des découvertes scientifiques successives et l’engagement des législateurs ont conduit à des mesures « courageuses et rigoureuses » et à l’inversion de cette dynamique au cours des 20 dernières années.  Pour relever les défis en suspens, l’Espagne considère qu’il est essentiel de comprendre que la pandémie de VIH/sida ne s’appuie pas seulement sur des facteurs biologiques et comportementaux, mais aussi sur des facteurs sociaux, culturels et économiques.  Aussi, la réponse au VIH devrait-elle être globale et intégrée dans les systèmes de santé. 


Forte de cette perspective, l’Espagne n’a cessé de maintenir une part importante de son aide publique au développement (APD) au renforcement des systèmes de santé, a assuré le représentant, qui a ajouté que son pays était disposé à partager son expérience et ses pratiques dans un dialogue politique avec le reste de la communauté internationale.  L’Espagne, a-t-il précisé, s’engage à porter son APD à hauteur de 0,7% de son PIB d’ici à 2015, dont 0,1% sera entièrement dédié au secteur de la santé.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) s’est dit convaincu de l’aspect essentiel de la prévention et de l’accès aux médicaments à des prix abordables, notamment dans les pays les plus touchés d’Afrique subsaharienne.  Il a prôné une approche détaillée incluant les traitements biomédicaux, le changement des comportements et les interventions structurelles pour modifier les normes néfastes du genre et mettre un terme à la violence sexiste.  Cette approche doit être complétée par l’accès à une éducation sexuelle globale, à la prévention et aux traitements, en particulier des jeunes. 


M. Mayr-Harting a poursuivi en insistant sur la nécessité de prêter attention aux besoins de prévention des populations à risque, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les utilisateurs de drogues par intraveineuse, les professionnels du sexe et leurs clients.  La protection des droits de l’homme et du droit à la santé des personnes vulnérables est essentielle à la lutte contre le VIH/sida, a-t-il affirmé.  Il s’est dit convaincu que les inégalités sexuelle et sociale sont les forces motrices de l’épidémie.  Il a donc prôné des progrès sérieux en matière d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes.  Inquiet de la féminisation de l’épidémie, il a défendu l’accès des femmes et des filles à la santé sexuelle et reproductive et a encouragé une lutte acharnée contre la violence sexiste.


Mme ANNE ANDERSON (Irlande) a indiqué que son pays allait contribuer à hauteur de 145 millions de dollars à la lutte contre le VIH/sida et les maladies sexuellement transmissibles.  La vérité est que la lutte contre le VIH/sida ne peut être gagnée si on ne fait pas mieux pour protéger et autonomiser les femmes.  L’autre priorité est de promouvoir le respect des droits de l’homme et la lutte contre la stigmatisation et la discrimination.  En ces temps de contraintes budgétaires, a poursuivi la représentante, l’ONU doit continuer à mener les efforts et assurer une utilisation efficace des ressources, ce qui exige la suppression des doubles emplois, le renforcement de la coordination sur le terrain, un système de suivi fiable et une détermination commune à parvenir à des résultats.  Concluant sur le leadership, elle a estimé que le Secrétaire général et le système des Nations Unies peuvent être fiers d’eux.


M. THAN SWE (Myanmar) a affirmé que son pays appuyait fermement les cinq recommandations faites par le Secrétaire général visant à renforcer la risposte au VIH/sida.  La mobilisation de ressources financières suffisantes et l’assistance nécessaire du système des Nations Unies et de la communauté internationale sont indispensables à une mise en œuvre efficace de ces recommandations, a-t-il déclaré.  Le représentant a expliqué que le Myanmar se tient aux côtés des Nations Unies pour combattre la pandémie.  Il a en particulier fait état d’un programme national coordonné avec différents partenaires comprenant des agences de l’ONU, des ONG et la société civile. 


Le représentant a indiqué que son pays avait déjà lancé un nouveau plan national stratégique de lutte contre le sida couvrant la période 2011-2015.  Il a ajouté qu’avec des ressources limitées et un soutien international maigre, le Myanmar tentait de surmonter ses difficultés dans la lutte contre le VIH/sida.  La prévalence du VIH parmi la population âgée de 15 à 49 ans est passée de 0,94% en 2000 à 0,61% en 2009, a-t-il précisé. 


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a affirmé que le niveau d’infection du HIV s’est réduit de manière importante dans son pays, grâce à un solide leadership politique, l’engagement du Gouvernement et le soutien des partenaires.  Une multiplication accélérée des dispensaires, associée à une politique de décentralisation des services ont eu un effet positif, a-t-il dit.  Par exemple, le nombre de personnes qui ont bénéficié d’un test de dépistage est passé de 564 000 en 2005 à 9,4 millions en 2010.  L’accès à une thérapie antirétrovirale gratuite a été élargi, ayant pour conséquence une amélioration significative de la survie et de la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, a-t-il ajouté. 


Il a également souligné que des progrès avaient été réalisés dans la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant.  Le combat n’est pas encore gagné, a-t-il néanmoins nuancé.  Il a ainsi jugé essentiel d’accélérer l’accès au traitement aux millions de gens vivant dans des pays à faible revenu.  Une coopération internationale et des financements prévisibles et adéquats sont primordiaux pour compléter les efforts nationaux, a poursuivi le représentant.


M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a déclaré qu’il faut modifier la riposte internationale pour contrecarrer le rythme de propagation de la pandémie de VIH/sida.  Il a ajouté qu’en matière d’accès universel à la prévention et au traitement, il est crucial de se fonder sur les éléments scientifiques disponibles.  L’appréhension de la situation des groupes à risque ne doit plus être entachée de considérations culturelles, car la santé publique est un droit pour tous dont les réponses ne doivent pas être conditionnées par des arguments tendancieux découplés des preuves techniques et épidémiologiques, a-t-il insisté. 


Après avoir plaidé pour un investissement accru dans la recherche sur un vaccin, le représentant a souhaité que l’ONU s’efforce d’endiguer plus efficacement une pandémie qui est, en outre, en train de se féminiser et de prendre de court les systèmes juridiques.  Il a estimé que le personnel de l’ONU déployé sur le terrain est une force pour lutter contre les abus sexuels « qui non seulement violent les droits fondamentaux des individus mais contribuent à la propagation du VIH/sida et d’autres maladies ». 


M. MILORAD ŠĆEPANOVIĆ, (Monténégro) a indiqué que l’Europe de l’Est connaissait une augmentation « alarmante » du nombre d’infections.  Il a indiqué que le taux de prévalence au Monténégro était de 0,013% mais la tendance régionale montre un vrai risque de propagation si l’on n’améliore pas les mesures de prévention auprès des groupes à risque.  Le représentant a présenté les grandes lignes de la première Stratégie nationale pour le VIH/sida.  Des normes et des protocoles de prévention et de traitement ont été publiés, certaines lois ont été amendées et des initiatives ont été lancées en faveur des groupes à risque.  Il a également parlé du renforcement des capacités du personnel de la santé, de système carcéral, de l’éducation et des ONG.  M. Šćepanović expliqué que le Monténégro entendait renforcer les efforts pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination et pour améliorer la recherche, les données, l’expertise technique et les capacités humaines.


M. MINAS A. HADJIMICHAEL (Chypre) a précisé que la politique de son gouvernement en matière de VIH/sida était formulée en accord avec les directives européennes et en coopération étroite avec ses partenaires européens et internationaux.  En 2008, a-t-il précisé, le cadre national de surveillance épidémiologique a été réévalué dans le souci de se conformer aux exigences de, le réseau européen en matière de surveillance du VIH/sida.  Il a déclaré que la prévention au VIH et la protection des droits de l’homme étaient les pierres angulaires du Plan stratégique 2010-2014 de Chypre.  Il a précisé que le traitement, incluant les thérapies antirétrovirales, les soins, le conseil et le dépistage, est dispensé gratuitement à tous les citoyens chypriotes, mais aussi à tous les citoyens de l’Union européenne et tous les réfugiés politiques. 


Bien que les données statistiques montrent une tendance stable en ce qui concerne la prévalence du VIH/sida, le Gouvernement de Chypre continue de mesurer de manière stricte la situation en menant des enquêtes sur les menaces liées à la consommation de drogues et aux mouvements de population.  En 2009, a-t-il précisé, Chypre a adhéré à la Facilité internationale d’achat de médicaments (FIAM/UNITAID), « groupe leader en matière de financement innovant », en participant activement à son financement avec une contribution de 2,5 millions d’euros sur six ans.  


M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a indiqué qu’avec 380 cas enregistrés en 2010, son pays était a priori peu concerné par la pandémie.  Mais le Bahreïn partage la préoccupation de la communauté internationale face à cet « ennemi implacable » qui ne connaît pas de frontières, a-t-il ajouté, avant de préconiser l’allocation de ressources adéquates pour répondre efficacement aux défis posés par le VIH/sida, en particulier pour atteindre les objectifs fixés en matière d’accès universel et de prévention.  Le représentant a également parlé des activités du Comité national de prévention santé, qui offre des services thérapeutiques de pointe et garantit l’accès gratuit au traitement et aux médicaments essentiels.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a affirmé que, malgré les succès « notables » réalisés par les pays individuels, on risquait d’échouer en ce qui concerne l’accès à la prévention, au traitement et à l’appui.  Trop de barrières persistent, qu’elles soient nationale, internationale, juridique, financière, sociale ou culturelle, a-t-il dénoncé.  Il s’est dit préoccupé par la discrimination juridique dans certains pays.  La criminalisation de l’homosexualité dans près de 80 pays continue d’être un obstacle à une réponse effective à l’épidémie, a-t-il accusé. 


M. Wenaweser a également dénoncé la marginalisation des toxicomanes, des professionnels du sexe et des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.  Une réponse adéquate au fléau doit reconnaître tous les déterminants structurels des risques et des vulnérabilités et aborder la dimension genre de l’épidémie.  Le représentant a notamment cité les mérites de l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive, notamment pour éliminer la transmission de la mère à l’enfant.  Il a regretté que la Déclaration politique de 2006 ait manqué de prendre en compte la dimension « droits de l’homme » de la lutte contre le VIH/sida.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie) a expliqué que son pays avait mis en place des stratégies de lutte qui avaient permis d’améliorer l’accès aux services et aux soins.  Des programmes de prévention de la transmission de la mère à l’enfant ont été mis en place et des traitements antirétroviraux ont été mis à disposition.  Face au problème de la féminisation du VIH/sida, la Colombie a mis en place des stratégies pour favoriser l’équité.  Il existe également des programmes destinés aux jeunes.  Pour assurer l’efficacité de la prévention, le coût des tests de dépistage et des traitements antirétroviraux doit baisser.  M. Ruiz a également appelé au renforcement des systèmes de santé et de recherche.  Des sources durables de financement doivent également être identifiées, a-t-il ajouté.


Mme EDITA HRDA (République tchèque) a estimé que la lutte contre le VIH/sida ne serait pas efficace si l’on ne cible pas les groupes vulnérables et les régions géographiques les plus touchées.  Elle a appelé à la promotion d’un comportement sexuel plus responsable, avant d’indiquer que la prévention était un des principaux piliers de la politique tchèque en matière de lutte contre le VIH/sida.  La représentante a expliqué que son pays avait mis en œuvre des programmes de prévention dans certains des pays les plus touchés d’Europe de l’Est, notamment l’Ukraine, le Bélarus et le Tadjikistan.


M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a déclaré que la prévention était au cœur de la stratégie italienne en matière de VIH/sida, une approche holistique permettant de combiner efficacement les progrès scientifiques et les politiques sociales.  Le représentant a ajouté que le Gouvernement italien s’efforce de lier la lutte contre la toxicomanie à celles contre la propagation du VIH, l’hépatite et la tuberculose, cela en suivant de près les guides techniques fournis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ONUSIDA et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).  Il a par ailleurs souligné que la lutte contre le sida faisait partie intégrante de la coopération au développement ; l’Italie souscrivant pleinement aux stratégies de développement figurant dans la Déclaration de Paris et l’Agenda d’Accra pour l’action.  Enfin, il a appuyé le projet de document final qui, selon lui, contribuera à la réalisation de la vision du Secrétaire général d’un monde sans nouvelle infection, sans discrimination et sans mort associée au VIH. 


M. GHULAM SEDDIQ RASULI (Afghanistan), a indiqué que malgré les contraintes sécuritaires, le Ministère de la santé publique avait réussi à fournir des services préventifs, des traitements et des soins, « même dans les régions les moins sécurisées et les plus reculées ».  Le dépistage a augmenté grâce à la mise en œuvre d’un service volontaire de conseil et de dépistage, a-t-il également fait savoir.  Le représentant a aussi indiqué que l’Afghanistan cherchait à lever les barrières sociales et économiques à l’accès aux services de santé, en fournissant des soins gratuits.  De plus, le Gouvernement a créé des partenariats avec la société civile afin d’atteindre les groupes les plus vulnérables, à savoir les toxicomanes, les prisonniers et les professionnels du sexe.  Des efforts sont également en cours pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination.


Mme PAULETTE A. BETHEL (Bahamas) a indiqué que le taux d’infection baissait dans son pays depuis l’introduction de traitements antirétroviraux en 2001.  Elle a cependant estimé qu’on ne devait pas laisser l’actuelle situation économique entraver les efforts de lutte contre le VIH/sida.  Elle a estimé qu’il fallait prêter une attention particulière à la situation des personnes marginalisées, ainsi qu’aux orphelins et aux mères.  Elle a prôné l’adoption d’une approche commune qui prenne en compte les maladies connexes et le financement des traitements antirétroviraux.  La télémédecine doit également être promue, a-t-elle ajouté.


Mme SUSAN WAFFA-OGOO (Gambie) a appelé au renforcement des mesures nationales et internationales ainsi qu’au recalibrage des pratiques optimales des trois dernières décennies.  Elle a fait part de la volonté politique de son pays de lutter contre le VIH/sida, évoquant notamment la création d’un secrétariat national à cet effet.  Elle a vanté les mérites des partenariats entre tous les acteurs de la société.  Mme Waffa-Ogoo a rappelé que le VIH entravait le développement.  Elle a évoqué les grandes lignes de la Stratégie de lutte pour la période 2009-2014, indiquant que la discrimination compromet les efforts déployés.  La représentante a défendu l’approche multisectorielle.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a expliqué que la réponse nationale à la pandémie de VIH/sida au Pakistan repose sur trois piliers: la prévention et le traitement, la communication et la gouvernance.  Il a assuré que la société civile partageait le poids de la mise en œuvre des mesures pertinentes, en particulier dans les zones rurales.  Le représentant a insisté sur le fait que la lutte antisida n’est pas qu’une question de santé.  Le VIH/sida est un problème de développement, a-t-il dit, cela tant que la pandémie sera associée au défi persistant de la pauvreté.  C’est pourquoi, a-t-il plaidé, combattre la pandémie et éradiquer la pauvreté doivent aller de pair.  Il a estimé qu’il faut à cette fin réduire d’urgence la dette des pays pauvres, renforcer l’accès au marché des génériques produits dans les pays en développement et faire en sorte que les pays industrialisés honorent leurs engagements au titre de l’aide publique au développement.


M. RAYKO S. RAYTCHEV (Bulgarie) a indiqué qu’en matière de lutte contre le VIH/sida, son pays s’efforçait de renforcer ses capacités humaines et institutionnelles et d’établir les normes des meilleures pratiques.  Des cliniques mobiles et des centres pour toxicomanes ont été crées et les personnes vivant avec le VIH ont accès à toute une gamme de services, a-t-il expliqué.  Le représentant a estimé que les États Membres devaient réaffirmer leur engagement à mettre en œuvre des programmes en faveur des groupes marginalisés. 


Il a également prôné une approche fondée sur le respect des droits de l’homme, avant d’appeler à l’intégration de services spécifiques de prévention et de contrôle dans les infrastructures chargées du VIH et des maladies infectieuses.  M. Raytchev a aussi appelé les gouvernements et les organisations internationales à réaffirmer leur engagement financier afin de garantir un accès universel aux médicaments, en particulier pour les femmes et les enfants touchés.


M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana) a déclaré que son pays avait enregistré ces dernières années des progrès significatifs dans la lutte contre le sida.  Depuis l’apparition du premier cas en 1987, le nombre de décès dus au sida décline au Guyana et l’appui aux malades s’améliore nettement, a-t-il dit.  Après avoir ajouté que le taux de la transmission mère-enfant était de 1,1% en 2009, il a noté qu’aujourd’hui l’accès aux traitements antirétroviraux concerne 83% des personnes ayant besoin de ces médicaments essentiels.  Le représentant a considéré que ces progrès avaient pu être accomplis grâce à un engagement politique au plus haut niveau, coordonné par la Commission nationale sur le sida.  Il a également salué l’appui des donateurs, au premier rang desquels les États-Unis.


M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a dit souscrire à la vision novatrice du Secrétaire général relative à l’objectif du « triple zéro ».  Il faut mettre au point des stratégies holistiques axées sur des résultats et des éléments objectifs, ce qui permettra de mettre fin au fléau du sida, a-t-il dit.  Les jeunes doivent être impliqués plus avant dans les politiques et faire profiter la société de leur connaissance des médias sociaux pour communiquer sur les réalités de la pandémie, a encore déclaré le représentant. 


M. FERIT HOXHA (Albanie) a félicité la communauté internationale et les Nations Unies pour leur engagement dans la lutte contre le VIH/sida et, notamment, pour leurs campagnes de sensibilisation et d’information.  Il a aussi salué l’engagement de la société civile dans la riposte à ce fléau, soulignant que tous ces efforts avaient abouti à la réduction du taux d’infection dans le monde.  Si l’Albanie subit faiblement l’incidence du sida, il accorde cependant à ce problème une attention de plus en plus prioritaire, a-t-il dit.  Il a précisé que le Gouvernement menait des campagnes de sensibilisation et concentrait ses efforts en faveur de la prévention et les soins des personnes touchées. 


La riposte est coordonnée au plan des institutions gouvernementales et de la société civile, a ajouté le représentant.  Il a cependant indiqué que l’Albanie enregistrait une progression du taux d’infection.  Ce sont les personnes âgées de 16 à 24 ans qui présentent le plus de risque, notamment celles qui abandonnent l’école, celles qui émigrent et celles qui changent de comportement sexuel, a-t-il précisé.  Certains secteurs de la société civile continuent de jouer un rôle essentiel dans la riposte contre le VIH/sida, s’est félicité le délégué, mais il a reconnu qu’il fallait en faire encore davantage et notamment renforcer les stratégies de lutte contre le virus mises en place.


M. ARAYA DESTA (Érythrée) a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les efforts collectifs déployés pour assurer un accès universel en matière de prévention, de soins, de traitement et d’appui.  Le facteur temps est essentiel car, a-t-il dit, même si les premiers cas d’infection sont apparus pendant les années 80, il a fallu plus d’une décennie pour admettre l’existence et les dangers du virus.  M. Desta a ensuite souligné que depuis l’adoption de la Déclaration d’engagement de 2001, le taux de prévalence du HIV en Érythrée était passé de 2,8% à moins d’1% grâce à l’amélioration des services de traitement et de soins.  Il a ajouté que la Déclaration politique que l’Assemblée générale s’apprêtait à adopter devrait être suivie d’actions concrètes.


M. RAFAEL ARCHONDO (Bolivie) a indiqué qu’avec plus de 18 000 Boliviens vivant avec le VIH/sida, le Gouvernement avait fait de la lutte contre ce fléau une priorité.  Il s’attache à lutter notamment contre la stigmatisation et la discrimination.  Le représentant a expliqué qu’un plan national stratégique visait à assurer le respect des engagements pris dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment l’OMD nº6 relatif au VIH/sida.  Son pays a adopté une loi sur la prévention du sida, qui réaffirme les droits des personnes touchées et notamment le droit aux soins sans discrimination a-t-il dit.  « Nous espérons que nous aurons maîtrisé l’épidémie d’ici à 2012, grâce notamment à la mobilisation des collectivités pour la prévention et le respect des droits de l’homme », a-t-il dit. 


Les priorités en Bolivie sont notamment la décentralisation des actions de contrôle et de soin, le renforcement du système d’information épidémiologique, la prévention de la transmission verticale et encore le renforcement des soins aux personnes touchées.  Le représentant a par ailleurs fait état de la Convention de coopération Sud-Sud, grâce à laquelle 800 trithérapies seront mises en place en Bolivie.  « Nous devons prendre des décisions audacieuses pour progresser vers une génération qui ne connaîtra plus de VIH », a-t-il conclu, avant d’appeler à faire tomber les barrières de la propriété intellectuelle et à tenir compte des avis des jeunes.


Explications de position


Le représentant de la République arabe syrienne, au nom du Groupe des États arabes, a déclaré attacher beaucoup d’importance au soutien aux efforts de lutte contre la maladie.  Les États de ce Groupe ont d’ailleurs intensifié leurs programmes de prévention, de traitement, de soins et de soutien, tout en cherchant à mieux intégrer les personnes vivant avec le VIH/sida dans les sociétés.  Ces mesures ont été efficaces, a-t-il dit.  Il s’est dit convaincu du rôle que jouent les familles dans la prévention de la propagation de la maladie.  Il faut présenter aux jeunes les dangers de ce fléau et ses effets dévastateurs, a-t-il expliqué.


Le représentant a réaffirmé le droit souverain des États de mettre en œuvre les programmes de lutte contre le VIH/sida d’une manière qui respecte pleinement le droit national, ainsi que les valeurs morales, culturelles et religieuses de chaque peuple et les droits reconnus au plan international.  Il a exigé que soient respectées les valeurs morales, culturelles et religieuses de chacun, sans politisation ni politique de deux poids deux mesures.  Il s’est joint au consensus dans l’adoption de la Déclaration politique en faisant preuve d’une grande flexibilité, a-t-indiqué.  Il a mis l’accent sur la nécessité de fournir des soins à tous, sans établir de priorité parmi les victimes du VIH/sida.  Le fait de définir des groupes vulnérables particuliers doit relever des compétences de chaque État en fonction de ses caractéristiques nationales, a-t-il estimé. 


Le représentant de la République islamique d’Iran a affirmé sa volonté d’offrir des soins au plus grand nombre de personnes touchées.  Il a cependant regretté que la Déclaration adoptée contienne des éléments discriminatoires.  Toute personne a droit à ces soins, qu’elle appartienne à un groupe ou à un autre, a-t-il observé.  En outre, a-t-il noté, la Déclaration ne reconnaît pas le rôle négatif des comportements à risque.  Il a donc émis des réserves sur le paragraphe 29 de la Déclaration politique sur le VIH/sida et indiqué qu’il ne se considérait pas comme engagé par les dispositions qui pourraient être interprétées comme promouvant des comportements non éthiques et qui iraient à l’encontre des valeurs morales et non éthiques de son pays. 


Le représentant du Brésil a salué l’engagement vigoureux du système des Nations Unies pour lutter contre le VIH/sida.  Il a jugé très important que des objectifs aient été clairement définis pour la première fois, comme l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant d’ici à 2015 et l’accélération de l’accès au traitement antirétroviral.  Il n’y a pas de succès possible sans cet accès.  Il est aussi important d’inclure les populations clefs comme les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, les professionnels du sexe et les toxicomanes qui utilisent des drogues injectables.


Le représentant a souligné l’importance de réagir face à l’épidémie.  Il a exigé que des médicaments abordables, y compris génériques, soient accessibles à tous et que les droits des personnes touchées soient protégés.  Beaucoup reste à faire pour progresser face à l’épidémie.  Il est nécessaire de garantir les droits des populations clefs, pas seulement les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et les professionnels du sexe, mais aussi les transsexuels et les prisonniers, notamment.  Le représentant a aussi plaidé en faveur de l’élimination des obstacles à travers les politiques de santé publique.  Les pays doivent mettre en œuvre les programmes nécessaires et les médicaments génériques doivent être vendus en toute sécurité une fois les délais des brevets échus, a-t-il exigé.  Le représentant a enfin appelé à travailler sur des mécanismes de financement nouveaux pour la lutte contre le sida, comme l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).


Le représentant du Mexique a estimé important que la Déclaration tienne compte des préoccupations de la société civile, notamment l’intégration d’une démarche centrée sur les droits de l’homme.  La pandémie d VIH ne connaît pas de frontières et il importe donc d’adopter une démarche aussi large que possible.  Des situations à risques existent dans toutes les sociétés et il faut combattre la discrimination, notamment l’homophobie et la transphobie, a-t-il souligné.


L’Observatrice du Saint-Siège a fait une déclaration. Elle a estimé qu’en se référant aux « jeunes », les États devaient toujours respecter les droits et les devoirs des parents d’élever et d’éduquer leurs enfants.  Elle a estimé que la famille, basée sur le mariage entre « un seul homme et une seule femme », était indispensable à la lutte contre le VIH.  Elle a ensuite fait savoir que sa délégation rejetait l’expression « populations à haut risque » car, a-t-elle dit, elle traite les personnes comme des objets » et donne « l’impression erronée que certains types de comportements irresponsables sont moralement acceptables ».  Elle a ajouté que le Saint-Siège n’appuyait pas l’utilisation de préservatifs dans les programmes de prévention contre le VIH/sida ni les  programmes d’éducation sexuelle ou à la sexualité.  Elle a ajouté que ceux-ci ne devaient pas chercher à convaincre que les comportements à risque étaient acceptables.  La seule méthode sûre pour prévenir la transmission sexuelle du HIV est l’abstinence avant le mariage et la fidélité mutuelle dans le mariage, a-t-elle avancé.


Elle a également rejeté les efforts de « réduction du mal » en matière d’utilisation de drogue, estimant que cette approche ne respectait pas la dignité des toxicomanes.  Elle s’est aussi insurgée contre le terme « professionnels du sexe » car, a-t-elle affirmé, il l’impression erronée que la prostitution est une forme de travail légitime.


L’intervention de cette délégation a été interrompue à plusieurs reprises par des manifestations de désaccord de certains participants.


Déclarations


M. JOSEPH DEISS, Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, a relevé que la Déclaration adoptée aujourd’hui avait fixé des objectifs clairement définis, comme l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant d’ici à 2015 et l’augmentation de l’accès universel au traitement antirétroviral.  « J’ai été encouragé par la ferme volonté des chefs d’État réunis cette semaine, pour garantir des sources novatrices et durables de soutien », a-t-il déclaré.  Les mères de famille bénéficieront grandement de ce plan d’action, a-t-il assuré. 


Le Conseil de sécurité a adopté mardi une résolution importante qui traite du problème de violence sexuelle et du droit des femmes et des filles au sortir de conflits, en lien avec le VIH/sida, a rappelé le Président.  M. Deiss a parlé à cet égard de la responsabilisation mutuelle dans ce domaine, qui, selon lui, est essentielle.  Il a enfin remercié les délégations qui ont mené les négociations, l’Australie et le Botswana, ainsi que les États Membres qui se sont engagés pour que les négociations soient couronnées de succès, ainsi que ONUSIDA.  « Nous devons gagner notre bataille contre le sida et nous y arriverons », a conclu le Président de l’Assemblée générale.


Mme JANE ADOLPHE, Observatrice du Saint-Siège, a appelé à reconnaître la dimension humaine de la lutte contre le VIH/sida.  Depuis le début de l’épidémie, les organisations et congrégations catholiques sont à l’avant-garde de la prévention et du soutien de millions de personnes affectées par le VIH/sida, a-t-elle souligné.  L’Église catholique gère 117 000 centres de santé et fournit à elle seule plus de 25% des soins apportés aux personnes touchées par le VIH/sida.  L’Église a toujours le désir de stopper la maladie en encourageant les seuls moyens universellement sûrs, comme l’abstinence avant le mariage, la fidélité mutuelle dans le mariage, des comportements sans risque, ainsi que l’accès universel aux traitements qui empêchent la propagation de la mère à l’enfant. 


Les programmes basés sur l’abstinence et la fidélité sont parvenus à réduire les nouvelles infections, a-t-elle fait valoir.  Selon elle, certains groupes continuent à nier ces résultats et se laissent guider par les intérêts financiers de la maladie.  L’observatrice a ajouté que le VIH/sida soulevait de nombreuses questions, dont des questions morales.  L’incidence de la maladie révèle une grande crise de valeur, a-t-elle estimé, avant d’inviter à aider tous les êtres humains à acquérir une dignité humaine.  Elle a estimé qu’il valait mieux encourager une personne à changer de comportement quand celui-ci était dangereux, plutôt que de penser qu’on ne pouvait rien y changer.


M. MARWAN JILANI, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a passé en revue les principales initiatives de son organisation en matière de lutte contre le VIH qui, a-t-il précisé, ont profité à plus 100 millions de personnes.  Il a relevé que le VIH se propageait dans les populations rurales, mais que la majorité des initiatives en cours ciblait plutôt le milieu urbain.  Observant que la majorité de la population de pays en développement vivait en milieu rural où les infrastructures sanitaires font souvent défaut, il a appelé à un effort concerté pour répondre aux besoins de ces populations et y renforcer les systèmes de santé communautaires.


M. WILLIAM LACY SWING, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a déclaré que la santé des migrants devait être une responsabilité partagée des États.  « Compte tenu de ce que les tendances migratoires façonneront les défis de la santé mondiale de demain, il faut que les stratégies de lutte contre le VIH/sida s’appliquent également au cas particulier des migrants, qui forment un des groupes humains les plus vulnérables », a-t-il dit.  Il a affirmé que les migrants devaient avoir accès aux services de prévention, de soins, de traitement des pays où ils transitent et où ils s’installent, ainsi qu’au bien-être. 


Mme URSULA SCHAEFER-PREUSS, Vice-Présidente de « Knowledge Management and Sustainable Development » à la Banque asiatique de développement, a indiqué que la région Asie-Pacifique abrite presque 5 millions de personnes vivant avec le VIH, dont 360 000 ont été infectées en 2009.  La bonne nouvelle est que la plupart des épidémies nationales ont été stabilisées et qu’aucun pays ne connaît une épidémie généralisée, a-t-elle dit.  Elle a estimé qu’il appartient aux pays de s’approprier la lutte contre le sida en y consacrant leurs ressources et en renforçant leurs systèmes de santé.  Elle a attiré l’attention sur la nécessité pour la région Asie-Pacifique d’étendre les services et programmes aux populations les plus touchées, comme les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les professionnels du sexe et leurs clients.  « Oui, l’Asie et le Pacifique ont les ressources et la force nécessaires pour relever le défi », a-t-elle déclaré. 


Mais elle a averti qu’il fallait que les gouvernements fassent preuve de volonté politique et de leadership et que le secteur privé et les partenaires du développement s’engagent.  Mme Schaeffer-Preuss a également souligné la nécessité d’avoir de meilleures données pour pouvoir toucher les populations les plus affectées.  Elle a dit craindre un danger, celui de voir les hommes qui ont recours à la prostitution contaminer leur conjointe.


Mme SYLVIA J. ANIE, Directrice de la Division des programmes de transformation sociale du Secrétariat du Commonwealth, a estimé que les obstacles à l’accès universel au traitement et la stigmatisation des victimes constituaient les principaux freins en matière de lutte antisida.  Elle a expliqué que, dans les 54 pays qui composaient cet ensemble, le Secrétariat du Commonwealth s’efforçait de sensibiliser aux enjeux du combat contre la pandémie.  Mme Anie a précisé que les programmes d’éducation du Commonwealth s’adressaient d’abord aux plus jeunes, qui représentent 60% de la population dans les pays concernés, et impliquaient des jeunes citoyens vivant avec le VIH.  Elle a conclu en assurant l’Assemblée générale que le Secrétariat du Commonwealth soutenait pleinement les recommandations issues de la Réunion de haut niveau.


M. MICHEL KAZATCHKINE, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué que le Fonds mondial assistait aujourd’hui la moitié des six millions de personnes qui suivent un traitement antirétroviral dans les pays en développement. Le Fonds mondial est aussi le principal donateur international en ce qui concerne la prévention du VIH.  Au cours des huit dernières années, les programmes appuyés par le Fonds mondial ont sauvé environ sept millions de vies.  Il a ajouté qu’il avait contribué à mobiliser de larges partenariats entre les gouvernements, la société civile, les agences multilatérales et le secteur privé.


Selon le Fonds mondial, il faut trouver un équilibre entre l’appropriation nationale des programmes et la nécessité de cibler les populations les plus à risque, telles que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les consommateurs de drogues et les travailleurs du sexe.  Il faut également protéger les droits de l’homme et garantir un accès équitable à la prévention et au traitement du VIH ainsi qu’aux soins.  Enfin, il faut affecter des ressources supplémentaires à la lutte contre le sida et les autres maladies.


M. RYUHEI KAWADA, Union interparlementaire, a attiré l’attention sur le fait que les lois peuvent être à double tranchant.  D’un côté, elles interdisent la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH, prévoient une éducation à la protection contre le VIH pour les enfants scolarisés et, de l’autre, elles pénalisent la consommation de drogues, le commerce du sexe et les relations sexuelles entre hommes.  Lorsqu’une personne est qualifiée de criminelle, il est plus difficile pour elle d’aller demander un traitement contre le sida, a-t-il expliqué.  Certains pays qualifient même de délit pénal la transmission du VIH. 


Il faut donc être vigilant à ce que les lois relatives au VIH/sida n’aboutissent pas à stigmatiser les personnes vivant avec le virus ou à les décourager de se faire tester, a averti M. Kawada.  Il a expliqué que le Groupe consultatif de l’UIP sur le VIH/sida offre aux parlementaires un accès aux expertises politiques permettant de mieux exercer leur devoir en élaborant les lois.  Il a appelé les législateurs à améliorer l’accès aux médicaments antirétroviraux par des lois sur les droits de l’homme, la propriété intellectuelle et les accords commerciaux. 


M. ROBERT L. SHAFER, Observateur permanent de l’Ordre militaire souverain de Malte, a parlé des activités de l’Ordre en Amérique latine, en Asie et en Afrique, avant de préciser que l’Ordre comble les lacunes des systèmes de santé en créant des structures et mécanismes qui participent à la lutte contre le VIH/sida.  Le représentant a donné l’exemple du Kenya où l’Ordre travaille dans des laboratoires et centres de santé dans les zones les plus désavantagées, traitant ainsi les nombreux patients infectés par le VIH/sida.  En Inde, l’Ordre se concentre sur les jeunes hommes migrants pour les sensibiliser aux maladies sexuellement transmissibles, a-t-il ajouté.  Dans toutes ses actions, l’Ordre de Malte respecte la dignité de chaque personne.


M. DAVID PATTERSON, Organisation internationale de droit du développement (OIDD), a déclaré que les réformes juridiques pour lutter contre la discrimination étaient un élément essentiel dans la réponse à apporter à la pandémie de VIH/sida, mais qu’elles n’étaient pas le seul élément.  En effet, des services juridiques à des tarifs abordables sont indispensables.  L’OIDD a lancé en 2009, dans huit pays pilotes, un programme juridique pour offrir des services relatifs au VIH/sida, qui devrait s’étendre à 17 pays en tout en 2011, a indiqué le représentant.  Également en 2009, l’OIDD a organisé le premier Séminaire régional de formation sur le droit et la politique en Asie-Pacifique, ainsi que des consultations régionales en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne.  Enfin, a précisé M. Patterson, en 2011, l’OIDD, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a organisé le premier atelier national sur les droits de propriété intellectuelle et l’accès aux traitements au Népal.


M. UFUK GOKCEN, Observateur permanent de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a indiqué que la résolution adoptée par l’OCI en mars 2009 a exhorté ses membres à se concentrer sur des programmes de prévention du VIH en coopération avec, entre autres, ONUSIDA, l’OMS et le Fonds mondial.  Ces programmes sont conçus et mis en œuvre dans le plein respect des valeurs culturelles, éthiques et sociales des États membres de l’OCI, a-t-il précisé.  Il a ajouté qu’un mémorandum d’accord avait été signé entre le Secrétariat général de l’OCI et le Fonds mondial, en mai 2009, afin de renforcer la coopération entre les deux organisations.  En outre, depuis la création du Fonds mondial, 46 États membres de l’OCI ont bénéficié du fonds, tandis que l’Arabie saoudite, le Koweït, la Malaisie et le Nigéria y ont versé des contributions. 


Mme SOPHIE KISTING, Organisation internationale du Travail (OIT), a indiqué que la stigmatisation et la discrimination sur le lieu du travail faisaient perdre leur emploi à des millions de travailleurs et de travailleuses dans le monde.  De plus, la peur de la discrimination entravent les efforts de prévention car nombreux sont ceux, notamment parmi les groupes à risques, qui évitent de faire un test de dépistage.  Mme Kisting a ajouté que dans certains pays, 40% des personnes vivant avec le VIH avaient perdu leur emploi à cause de la discrimination.


La représentante de l’OIT a expliqué qu’alors que les grandes multinationales avaient adopté des mesures pour contrer ces problèmes, il était souvent impossible d’avoir les mêmes résultats dans les petites et moyennes entreprises, sans appui extérieur.  Les secteurs où les gens sont les plus vulnérables sont ceux de l’extraction minière, du tourisme, du transport, de l’éducation et de la santé.  Après avoir souligné le sort des travailleurs migrants, Mme Kisting a averti que les mauvaises conditions de travail des agents de santé pouvaient augmenter leur risque d’être exposés au VIH.


M. BRIAN BRINK, Anglo American Plc, a consacré son intervention à une jeune femme morte du sida, il y a trois semaines, faute de soins appropriés.  C’est une situation courante en Afrique subsaharienne, où les femmes et les bébés continuent d’être infectés et où les traitements interviennent trop tard.  Il a jugé essentiel de fonder la lutte contre le VIH/sida sur le respect des droits de l’homme et d’insister sur le caractère volontaire des tests de dépistage ainsi que sur l’importance des mesures de suivi.  M. Brink a estimé qu’une entreprise qui consacre des fonds à l’accès de ses travailleurs aux traitements du sida fait un très bon investissement.  Il a appelé à l’augmentation de ce type d’investissements, relevant cependant que ceux-ci étaient bien inférieurs aux besoins.


Mme ESTHER BOUCICAULT STANISLAS, Fondation Esther Boucicault Stanislas, a, parlant d’Haïti, dénoncé le manque d’accès au logement, à la nourriture, à l’eau potable et à des soins de santé adéquats qui compromettent le système immunitaire des personnes vivant avec le VIH.  Elle a prévenu que les multiples villages de tentes installés après le séisme continuaient d’exposer les filles et les femmes à la violence sexuelle, accroissant ainsi le risque d’infection au VIH.


Mme Stanislas a insisté sur la nécessité de renforcer la capacité économique et financière des Haïtiens touchés par le VIH par l’éducation et l’emploi.  Elle a rappelé que les séropositifs ne pourront jamais accéder aux médicaments de deuxième ligne si « les intérêts des grands groupes pharmaceutiques passent avant la vie des gens ».


Mme SILVIA PETRETTI, Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH, a expliqué que les personnes vivant avec le VIH doivent participer à la réponse à l’épidémie.  Elle s’est toutefois demandée si on écoutait ces personnes, notamment les femmes vivant avec le VIH.  Si elle a applaudi la Déclaration, elle a regretté que l’on ne s’intéresse aux femmes que pour ce qui est de la transmission de la mère à l’enfant et de la santé reproductive.  Nous ne sommes pas que des « faiseuses de bébés », et notre vie doit être reconnue que l’on ait des enfants ou pas, a-t-elle déclaré.  La violence sexiste est une des causes du VIH, a-t-elle ajouté, avant de demander que soient fixés des objectifs quantifiés et concrets dans ce domaine. 


Mme Petretti a regretté le manque d’objectifs pour les populations clefs tels que les transsexuels.  Comment pouvons-nous aussi réussir et travailler ensemble quand les droits essentiels ne sont pas respectés? a-t-elle demandé.  Vous êtes liés par la Déclaration universelle des droits de l’homme qui consacre nos droits d’avoir une famille et de ne pas subir de traitement dégradants.  Elle reconnaît également notre droit à l’information, a-t-elle ajouté.  Mais ces droits sont bien souvent bafoués, ce qui conduit à la propagation du VIH.  La représentante a insisté pour que soit établie une véritable alliance avec la société civile, capable de forger une meilleure riposte à l’épidémie.  Faites-nous participer et utilisez notre expérience personnelle! a-t-elle lancé à l’adresse des délégations.


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