08/06/2011
Assemblée générale
AG/11086

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Assemblée générale                                        

Soixante-cinquième session                                 

90e & 91e séances plénières

matin & après-midi


RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LE VIH/SIDA: LES ÉTATS SE DISENT DÉTERMINÉS À RÉALISER L’OBJECTIF « ZÉRO NOUVELLE INFECTION, ZÉRO DISCRIMINATION ET ZÉRO MORT DUE AU SIDA »


De nombreux chefs d’État et de gouvernement ont répondu présents à l’invitation du Président de l’Assemblée générale de venir assister à une Réunion de haut sur le VIH/sida, 30 ans après la découverte du premier cas et 10 ans après l’adoption par cette même Assemblée de la « Déclaration d’engagement ».  Tous ont manifesté leur détermination à remporter une victoire définitive sur cette maladie au cours de la prochaine décennie.


« Nous nous réunissons pour mettre fin au VIH/sida », a d’emblée déclaré le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, qui a fixé dans son rapport* l’objectif du « triple zéro » à savoir « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort due au sida ».  Le Secrétaire général a voulu que l’on affronte « avec audace » les questions sensibles des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, des toxicomanes et du commerce du sexe.


Le Président de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, s’est d’ailleurs félicité que les heures « d’intenses négociations » aient abouti, tard dans la nuit hier, à une déclaration finale « ambitieuse ».


Des progrès ont été accomplis dans la lutte contre le sida, ces 10 dernières années.  Le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies (ONUSIDA), M. Michel Sidibé, a indiqué qu’à ce jour, 56 pays, dont 36 en Afrique, ont pu stabiliser l’épidémie et même réduire le nombre des nouvelles infections de manière significative.  Il a parlé des « success stories » de l’Afrique du Sud, qui a réduit de 35% le taux d’infection, ce chiffre étant de plus de 50% pour l’Inde et de 64% en Chine.  Le taux annuel mondial d’infection du VIH a baissé de presque 25% entre 2001 et 2009.


La Présidente d’amFAR, fondation de recherche sur le sida, a affirmé que les recherches actuelles laissent penser qu’un antidote contre le VIH/sida est à portée de main.  Elle a évoqué le cas d’un patient à Berlin qui est entièrement guéri du VIH/sida après une greffe de moelle osseuse. 


En attenant, les chiffres restent préoccupants.  Il y avait encore, fin 2010, plus de 34 millions de personnes vivant avec le VIH et parmi elles seules 6,6 millions de personnes reçoivent une thérapie antirétrovirale, alors que 9 millions d’autres devraient pouvoir bénéficier d’un traitement.


L’objectif déclaré est donc d’ouvrir d’ici à 2015 l’accès de ces personnes aux traitements, ce qui coûtera, comme disait hier « Médecins sans frontières », quelque 6 milliards de dollars supplémentaires par an.  Ces faits ont conduit le Ministre indien de la santé à vanter les prouesses de son industrie pharmaceutique dont les médicaments « ne sont en aucun cas de moindre qualité ».  Le Ministre a dit craindre que les intérêts commerciaux et l’appât du gain ne conduisent à « des barrières artificielles entre la vie la mort ». 


Appuyé par de nombreuses délégations, il a jugé essentiel d’exploiter pleinement le potentiel de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC), garant d’une baisse du coût des médicaments et des taux de transmission de la mère à l’enfant.


Dans le sud, 360 000 bébés naissent encore chaque année avec le VIH, a alerté le Directeur exécutif d’ONUSIDA, comparant cette situation à celle du Nord où une nouvelle génération naît sans VIH. 


La baisse du coût des traitements fait partie de l’attaque sur cinq fronts que le Secrétaire général a préconisée.  Il a aussi cité la solidarité entre tous les partenaires, l’amélioration des programmes de lutte contre le VIH, une meilleure responsabilisation des acteurs et la promotion de la santé, des droits de l’homme, de la sécurité et de la dignité des femmes et des filles. 


Nous devons, a dit M. Ban Ki-moon, tirer profit du pouvoir des jeunes et des nouvelles technologies de l’information et des communications.  S’improvisant porte-parole de la jeunesse, après le Sommet mondial des jeunes sur le VIH/sida qu’il vient d’accueillir à Bamako, le Président du Mali, M. Amadou Toumani Touré, a plaidé pour une réelle participation des jeunes aux processus de prise de décisions, en particulier aux Nations Unies.


La Réunion de haut niveau, qui fermera ses portes le 10 juin, tiendra sa prochaine séance demain, jeudi 9 juin, à partir de 10 heures.


* A/65/797


RÉUNION DE HAUT NIVEAU VISANT À PROCÉDER À L’EXAMEN D’ENSEMBLE DES PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA RÉALISATION DE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA ET DE LA DÉCLARATION POLITIQUE SUR LE VIH/SIDA


Mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et de la Déclaration politique sur le VIH/sida: rapport du Secrétaire général (A/65/797)


Ouverture de la Réunion de haut niveau


M. JOSEPH DEISS, Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, a estimé que nous sommes arrivés à un moment critique.  La Réunion de haut niveau représente une occasion unique de réaffirmer notre engagement collectif et d’intensifier notre mobilisation contre le sida.  Il s’est félicité que les heures d’intenses négociations aient abouti, tard dans la nuit, à une déclaration finale « ambitieuse ».  Pour réussir dans notre mission, a poursuivi le Président, nos actions doivent être basées sur un large partenariat entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile qui met les gouvernements face à leur responsabilité et qui joue un rôle essentiel pour le respect des droits de l’homme, dans le contexte de la réponse au VIH/sida.


Le Président a ajouté que les personnes vivant avec le VIH doivent être parties prenantes de tous les efforts.  Leurs expériences et leur histoire sont essentielles pour développer des stratégies efficaces.  M. Deiss a estimé qu’il est crucial d’harmoniser les négociations multilatérales sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) avec les efforts de lutte contre le VIH/sida.  Il ne faut pas, a-t-il insisté, mettre en concurrence la lutte contre le sida et les autres priorités en matière de développement et de santé.  Inverser la tendance dans la propagation du VIH est un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et une étape essentielle pour réaliser les autres sept Objectifs.  Il nous faut une approche holistique qui intègre la réponse au VIH/sida dans les programmes plus larges de développement. 


Aujourd’hui, le défi a changé, a dit M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies.  Nous nous réunissons pour mettre fin au VIH/sida dans la décennie à venir.  « Zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort due au sida », a-t-il souligné.  Nous devons faire preuve d’audace, et pour le Secrétaire général, cela signifie affronter les questions sensibles des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, des toxicomanes et du commerce du sexe. 


M. Ban a avoué qu’il s’est inspiré des initiatives de son prédécesseur, Kofi Annan, pour mettre en place sa Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants qui traite aussi du VIH/sida.  Il a cité un nouveau plan d’action pour éliminer, d’ici à 2015, les infections du VIH/sida chez les enfants et garder leur mère en vie.


Le Secrétaire général a appelé à l’action sur cinq fronts.  Il faut d’abord que tous les partenaires travaillent plus que jamais dans la solidarité.  Deuxièmement, il a réclamé la baisse du coût des traitements et l’amélioration des programmes.  Il a ensuite appelé à une meilleure reddition des comptes et à faire en sorte que la réponse au VIH/sida promeuve la santé, les droits de l’homme, la sécurité et la dignité des femmes et des filles. 


Le Secrétaire général a aussi estimé qu’il faut lancer une « révolution de la prévention » en tirant profit du pouvoir des jeunes et des nouvelles technologies de l’information et des communications pour atteindre le monde entier.  Si nous prenons ces mesures, nous pourrons arrêter le VIH/sida, nous pourrons tuer la peur et nous pourrons mettre fin à la souffrance et à la mort.  Nous pourrons créer un monde débarrassé du VIH/sida, a conclu le Secrétaire général.


« J’ai un an de plus que l’âge de l’épidémie.  Je vis avec le VIH et prend des médicaments depuis 13 ans. J’ai une hépatite C depuis 11 ans.  J’ai un mari et un enfant de 8 ans et aucun d’eux n’est infecté par le VIH », a déclaré Mme TETYANA AFANASIADI, représentante de la société civile, qui, il y a trois ans, a pris part à un programme de substitution aux opiacées qui lui a permis de vivre, de travailler et de devenir une citoyenne active de son pays, l’Ukraine.  Elle a indiqué que 70% des toxicomanes d’Europe de l’Est et d’Asie centrale sont séropositifs, plus de 90% ont différents types d’hépatites virales et seulement une personne sur cinq a accès aux antirétroviraux.  « Chaque jour, rien qu’en Ukraine, 8 personnes meurent du sida et 56 personnes sont infectées par le VIH ». 


L’accès aux soins et aux programmes de réhabilitation de qualité est insuffisant, a-t-elle poursuivi.  L’addiction à la drogue est considérée comme un crime et non comme une maladie.  Les programmes de substitution aux opiacées sont un instrument très puissant de lutte contre l’épidémie de VIH/sida.  Elle a félicité son gouvernement pour avoir instauré cette mesure très progressiste, qui touche désormais plus de 6 000 personnes en Ukraine.  « Je prends de la buprenorphine tous les jours mais je ne peux me rendre dans les pays voisins parce que là-bas mon traitement est illégal », a dit l’oratrice.


Nous demandons, a-t-elle conclu, un accès à 100% aux traitements contre le VIH/sida, la tuberculose, les infections opportunistes et la dépendance aux drogues.  Nous demandons l’implication des communautés concernées dans l’élaboration des programmes.


M. MICHEL SIDIBÉ, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, a rappelé qu’il y a 30 ans à peine, le sida était appelé « la peste des homosexuels ».  Le mouvement contre le sida est l’histoire d’une population qui a brisé la conspiration du silence et d’un appel passionné à la justice sociale, a-t-il ajouté.  Ce mouvement a permis de forger un nouveau pacte entre le Nord et le Sud, en mobilisant des ressources sans précédent grâce à un fort leadership.  En 2001, on nous disait qu’on n’avait pas les moyens de traiter les malades du sida et que les stratégies de prévention ne marcheraient pas, a-t-il rappelé. Aujourd’hui, nous avons plus de 6,6 millions de personnes traitées dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire, s’est-il réjoui.  Si le Sénégal, l’Ouganda et la Thaïlande étaient les seuls pays à avoir accompli des progrès significatifs, il y a quelques années, il y a aujourd’hui 56 pays, dont 36 en Afrique, qui ont pu stabiliser l’épidémie et même réduire le nombre de nouvelles infections de manière significative.  M. Sidibé a donné l’exemple des « success stories » de l’Afrique du Sud, qui a réduit de 35% le taux d’infection de sa population, ce chiffre étant de plus de 50% pour l’Inde et de 64% en Chine.  Le Botswana, le Mali, le Maroc et le Brésil, parmi d’autres, ont atteint l’accès universel, a-t-il ajouté.  Il a remercié le Gabon qui a permis l’adoption, hier par le Conseil de sécurité, de la résolution 1983, texte qui reconnaît le lien mortel entre le VIH et la violence contre les femmes dans les situations de conflit et d’après-conflit.


Dans le monde en développement, 1,8 millions de personnes meurent du sida chaque année et 9 millions de personnes attendent toujours un traitement, a-t-il ajouté.  Alors que, dans le Nord, une nouvelle génération naît sans VIH, chaque année 360 000 bébés naissent avec le VIH dans le Sud, a fait remarquer le Directeur exécutif d’ONUSIDA.  « Nous sommes à la croisée des chemins. »  Si on peut arriver à un accès universel à la prévention et au traitement, à mobiliser les jeunes comme acteurs du changement, à promouvoir le transfert des technologies et à l’appropriation par les pays de valeurs et de responsabilités communes, si on met un terme à la violence à l’encontre des femmes et des enfants, si on arrive à ouvrir un débat franc sur la sexualité, si les populations touchées par l’épidémie échappent à la discrimination et ont accès aux services essentiels, on pourra relever le défi du VIH/sida, a dit M. Sidibé.  On pourra aussi renforcer les systèmes de santé et protéger les femmes.  Il nous faut aussi soutenir l’investissement dans la recherche et le développement, pour que, dans 5 ans, on dispose d’un diagnostic et de médicaments disponibles partout et pour tout le monde.  L’objectif « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort due au sida » doit devenir « notre plan commun », a-t-il conclu.


Mme MATHILDE KRIM, Présidente et fondatrice d’amFAR, a fait part des progrès remarquables dans la recherche médicale, dont les divers tests du sang qui existent actuellement.  Elle a confirmé le caractère préventif de la circoncision et souligné qu’une trentaine d’antirétroviraux ont été mis sur le marché.  Un essai clinique vient de démontrer, a-t-elle signalé, que les personnes séropositives en bonne santé sont moins susceptibles de transmettre le virus à leur partenaire.  Mme Krim s’est aussi fait l’avocate des programmes d’échange de seringues pour les toxicomanes.


Mais, a-t-elle prévenu, nous perdons toujours du terrain face au VIH/sida, car aucune des mesures de prévention et aucun traitement ne peuvent mettre fin à l’épidémie.  Pour mettre un terme à l’épidémie, il nous faut un vaccin, a-t-elle souligné, avant d’affirmer que les recherches actuelles laissent penser qu’un antidote contre le VIH/sida est à portée de main.  Elle a ainsi évoqué le cas d’un patient à Berlin qui est entièrement guéri du VIH/sida après une greffe de moelle osseuse. 


Trente ans après le début de l’épidémie, nous devons faire un choix, a prévenu Mme Krim.  Allons-nous continuer avec des programmes très forts coûteux qui ne bénéficient qu’à qu’une fraction de personnes?  Réussirons-nous à mobiliser suffisamment de volonté politique pour des programmes de prévention, pour l’accès universel aux traitements et pour des investissements massifs dans la recherche? 


Déclarations


M. PORFIRIO LOBO SOSA, Président du Honduras, a reconnu que les personnes infectées par le VIH/sida sont généralement victimes de la stigmatisation et de la discrimination.  Il a signalé que la prévalence de l’infection dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans est passée de 1,5% en 2005 à 0,68% en 2010.  Nous avons mis au point un des services publics avantageux pour les personnes vivant avec le VIH/sida qui ont permis à 7 664 personnes d’accéder aux antirétroviraux.  Le Président a mentionné une augmentation de 50% du nombre de centres de conseil et de dépistage.  Afin de réduire la prévalence du VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles, le Honduras met en œuvre un plan d’action dont l’objectif est de promouvoir le contrôle prénatal et prévenir la transmission de la mère à l’enfant.  Il a aussi parlé de la « Vision du pays 2010-2038 » et du « Plan de santé 2010-2014 ».


Malgré les efforts déployés, le Président du Honduras a déploré le fort impact économique et social du VIH/sida et des autres maladies sexuellement transmissibles, étant donné que la maladie affecte une population jeune et productive.  Il a indiqué que le Ministère de la justice est chargé de lutter contre la discrimination à l’égard des personnes touchées par le sida.  Le Président a rappelé que son pays sera l’hôte du premier Sommet mondial des personnes d’ascendance africaine. 


M. PAUL KAGAME, Président du Rwanda, s’est félicité de l’adoption, hier, de la résolution du Conseil de sécurité relative au VIH/sida.  Il a rappelé que cette maladie avait fait reculer les avancées de nombreux pays, en Afrique notamment.  Pour le Président du Rwanda, le moment est venu de s’engager pour un « agenda de transformation » qui permette de dépasser les obstacles.  Dans un contexte de crise économique, des actes courageux continuent de nous solidariser dans notre réponse au VIH/sida, a-t-il ajouté, citant les programmes de sensibilisation mis dans les pays en développement.  La prévention a fonctionné et les traitements ont permis de sauver des vies, s’est-il félicité. 


Il est indubitable qu’aucun pays à lui seul ne peut faire face à cette pandémie, a enchaîné M. Kagame qui a appelé à l’adoption d’une approche globale.  Il faut lutter contre les effets secondaires de certains médicaments et contre la stigmatisation, et adopter une approche intégrée et décisive à tous les niveaux du gouvernement.  Notre détermination à lutter contre le VIH/sida est une question de justice sociale, a lancé le Président rwandais qui a plaidé une fois de plus pour l’adoption d’une approche globale.


M. GOODLUCK EBELE JONATHAN, Président du Nigéria, s’est enorgueilli du fait que dans son pays, les services liés au VIH/sida sont ceux qui grandissent le plus rapidement.  L’approche multisectorielle a permis de mobiliser plus de ressources et d’améliorer la coordination entre le secteur public, le secteur privé et la société civile.  Au nombre de ses succès, le Président a cité l’intégration du programme « Leadership de la jeunesse » sur le VIH/sida dans le schéma des services civil et militaire, l’engagement stratégique des médias et le travail de sensibilisation mené par une industrie cinématographique en pleine expansion.  En outre, s’est félicité le Président, une loi sera présentée prochainement à l’Assemblée nationale pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination.


En dépit de ces succès modestes, a relevé M. Jonathan, de nombreux défis demeurent, le principal d’entre eux étant l’accès aux antirétroviraux aux quelque 1,5 million de personnes vivant avec le VIH.  La prévention reste aussi une préoccupation majeure, en raison d’un accès insuffisant aux services pour la prévention de la transmission de la mère à l’enfant dans les milieux ruraux, a également souligné le Président.  Après avoir cité comme autre défi, l’insuffisance des ressources financières, le Président a indiqué qu’à partir d’aujourd’hui jusqu’en 2015, le Gouvernement va mener et coordonner la mise en œuvre du Cadre stratégique national et du Plan contre le VIH/sida.  L’objectif est d’accroître les ressources gouvernementales de 7% à 50% d’ici à 2015, en tablant sur l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant, d’ici à la même année.  Nous allons aussi travailler avec l’Assemblée nationale pour veiller à ce qu’au moins 15% du budget fédéral soit réservé au secteur de la santé, conformément à la Déclaration d’Abuja, a-t-il ajouté en conclusion.


M. AMADOU TOUMANI TOURÉ, Président du Mali, a rappelé qu’il y a quelques semaines, son pays a accueilli le Sommet mondial des jeunes sur le VIH/sida, qui a aboutit à la Déclaration de Bamako.  « Je suis ici le porte-parole de cette jeunesse, car les jeunes ont conscience que leurs seuls efforts ne seront pas suffisants pour venir à bout de l’épidémie ».  Les jeunes, a-t-il poursuivi, m’ont chargé de vous dire qu’il est urgent de mettre en œuvre la résolution 58/133 de l’Assemblée générale appelant à les inclure dans les réunions officielles des Nations Unies et des organisations régionales.  Les jeunes doivent pouvoir participer aux processus de prise de décisions.  M. Touré a relayé le souhait des jeunes de créer et d’institutionnaliser les instances des jeunes au sein des organes nationaux et locaux de coordination sur le VIH/sida.  Les jeunes souhaitent aussi que soient sécurisés les financements de la réponse au VIH et que les droits de l’homme soient protégés, par une lutte contre la discrimination appuyée par des lois.


M. RATU EPELI NAILATIKAU, Président de Fidji, a expliqué que pour un pays comme le sien, la menace du VIH était comme « une bombe à retardement », menaçant la population et une économie nationale qui dépend principalement du tourisme.  Il a expliqué que la religion et la tradition, qui ont beaucoup d’influence dans son pays, sont au cœur de la réponse contre le VIH/sida.  M. Nailatikau a également expliqué qu’en 2004, les parlementaires du Pacifique avaient adopté une déclaration de lutte contre le VIH/sida, prévoyant des réunions régulières des ministres de la santé. 


Le Président de Fidji a avoué que l’amendement des lois était un défi notable, au regard des mesures punitives et de la gravité de la stigmatisation et de la discrimination.  Cette année, Fidji a tout de même réussi à adopter un décret.  M. Nailatikau a prévenu que les principales sources de financement risquaient de s’épuiser d’ici à deux ans.  Fidji s’efforce de trouver d’autres ressources financières.


M. ALI BONGO ONDIMBA, Président du Gabon, a déclaré que son pays fait partie de ceux qui, malgré la conjoncture économique internationale défavorable, « continuent à investir d’importantes ressources dans la lutte contre la pandémie de VIH/sida ».  Il a toute de même invité la communauté internationale à mettre en place des mécanismes novateurs de financement pour générer de nouvelles ressources nécessaires. 


Le Président a attiré l’attention sur la vulnérabilité particulière des jeunes face au VIH/sida.  « Mon prédécesseur, feu le Président Omar Bongo Ondimba, dont mon pays commémore ce jour même le deuxième anniversaire de son décès, avait coutume de dire que la jeunesse est sacrée », a-t-il commenté, ajoutant qu’en affectant la jeunesse, le VIH/sida « compromet l’avenir commun et obscurcit le flambeau de l’humanité ». 


Pour M. Bongo, « nous devons intensifier les actions de prévention auprès des jeunes », le recours aux nouveaux médias étant selon lui une solution permettant de les impliquer dans la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la pandémie.  En conclusion, le Président du Gabon a souhaité que la nouvelle déclaration politique qui sera adoptée à l’issue de la Réunion « traduise la volonté commune de bâtir une nouvelle plate-forme de coopération internationale plus ambitieuse, plus dynamique et à la mesure des défis que pose aujourd’hui la lutte contre le VIH/sida ».


M. IDRISS DEBY ITNO, Président du Tchad, a indiqué que, lors de la dernière enquête nationale de prévalence de l’infection du VIH/sida, menée en 2005, seulement 4% de la population tchadienne âgée de 15 à 49 ans était infectée et 210 000 personnes vivaient avec le VIH/sida.  Le Gouvernement du Tchad a pris des décisions volontaristes pour organiser la riposte au sida, a-t-il expliqué.  Il a cité notamment la gratuité de la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH/sida.  En 2007, 7 500 personnes en ont bénéficié et ce chiffre a doublé en 2008 avec 18 800 personnes qui ont reçu un traitement antirétroviral.  En 2009, c’étaient 32 000 personnes qui en ont bénéficié, s’est-il félicité.  La lutte contre le sida est intégrée dans la lutte nationale contre la pauvreté, a poursuivi le Président du Tchad.  Le Gouvernement a créé un Conseil national de lutte contre le sida et encouragé la société civile à s’engager dans la riposte nationale.  Un observatoire des droits de l’homme et des personnes vivant avec le VIH a d’ailleurs été créé par la société civile, a-t-il dit.


Le Président a affirmé que tous les efforts du Gouvernement cadrent avec l’objectif du « triple zéro ».  Le sida n’est pas seulement un problème de santé mais aussi une question de développement, a dit le Président, expliquant l’intégration de cet objectif dans les efforts de développement du pays.  Il s’est ainsi félicité des investissements importants pris dans le secteur de la santé ainsi que pour la construction d’écoles et infrastructures routières.  Le Tchad est un pays carrefour qui a des frontières communes avec six pays, a-t-il aussi fait observer, expliquant que son gouvernement a uni ses forces avec celles des pays voisins pour renforcer la lutte contre le sida.  Mais le Tchad compte aussi sur la mobilisation des ressources internationales, a-t-il ajouté, avant d’encourager les pays riches à ne pas diminuer leur engagement, à cet égard.


M. KGALEMA PETRUS MOTLANTHE, Vice-Président de l’Afrique du Sud, a affirmé que son gouvernement met en œuvre des programmes qui cherche non seulement à répondre aux maladies dues au VIH/sida et à la tuberculose mais à traiter des déterminants sociaux de ces maladies, de manière stratégique.  Par ces programmes sociaux, le Gouvernement a été capable d’atténuer l’impact du VIH/sida et d’aider les individus à mieux se protéger.  Le Vice-Président s’est félicité de ce que de la transmission de la mère à enfant soit passée de 8,3% à 3,5%, que 12 millions de personnes aient fait un test de dépistage et que 1,4 million de personnes aient accès aux antirétroviraux. 


Le Gouvernement a augmenté son financement de 40% par an.  Cette année, il consacrera 1 milliard de dollars à la lutte contre le VIH/sida.  Le Vice-Président a indiqué que l’Afrique du Sud accueillait en ce moment même la cinquième Conférence sur le sida qui devrait déboucher sur un cadre stratégique pour la période 2012-2016.  Le Vice-Président a ensuite appelé la communauté internationale à continuer d’augmenter ses investissements et à maintenir son appui aux pays les plus pauvres.  La solidarité internationale est d’une importance critique, a-t-il souligné.


M. PAKALITHA MOSISILI, Premier Ministre du Lesotho, a rappelé que son pays faisait partie des pays les moins avancés (PMA) et les plus touchés par l’épidémie de VIH/sida en Afrique subsaharienne.  Le Lesotho continue à réaliser des progrès importants dans sa lutte contre le VIH/sida, a expliqué M. Mosisili.  Sa stratégie est de lutter sur tous les fronts, en particulier en matière de prévention chez les jeunes et les femmes enceintes pour empêcher la transmission de la mère à l’enfant.  La proportion de femmes et d’hommes qui se font tester pour le VIH est passée de 12% à 65% et de 9 à 39% respectivement entre 2004 et 2009.


Le Premier Ministre a noté que 58% des personnes infectées suivaient un traitement rétroviral et que ce chiffre augmentait, mettant une pression accrue sur les faibles ressources du Lesotho.  Ce pays doit également faire face au problème des maladies non transmissibles. 


Le Lesotho a révisé son plan stratégique national sur le VIH/sida conformément aux directives de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’ONUSIDA.  M. Mosisili a ainsi espéré renforcer l’évolution des comportements sociaux notamment au sein des groupes à risque.  Une étude est en cours pour cibler les enfants vulnérables et les orphelins.  Des efforts ont également été faits pour protéger les droits de la femme et prévenir la violence sexuelle.


Notant que le Lesotho était limité par le manque de ressources humaines et matérielles, son Premier Ministre a exhorté la communauté internationale à allouer à la lutte contre le VIH/sida des moyens supérieurs à ceux qui sont utilisés dans les conflits politiques.


M. DILEÏTA MOHAMED DILEÏTA, Premier Ministre de Djibouti, a estimé que des « efforts constants » restaient encore à faire en matière de lutte contre le VIH/sida.  Il a notamment évoqué la nécessité de réduire la stigmatisation et la discrimination, de poursuivre la « lutte contre l’ignorance de la réalité de cette maladie » et contre les barrières socioculturelles.  Nous devons encore plus lutter pour défendre les droits de la femme et assurer une meilleure santé de nos enfants, a-t-il ajouté.


M. Dileïta a ensuite fait savoir que dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden, les migrations étaient nombreuses et le suivi des malades nécessitaient une attention « très particulière ».  Il a notamment estimé qu’une harmonisation des politiques des pays de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en matière de lutte contre le VIH accélérera la prévention, l’accès aux soins et la réduction de la discrimination pour les populations « dont les itinéraires migratoires augmentent la vulnérabilité et l’exposition au risque du VIH ».


Le Premier Ministre a ensuite passé en revue les initiatives lancées par Djibouti sur le plan national, s’attardant notamment sur l’Initiative nationale de développement social et le Plan national de développement sanitaire pour la période 2008-2012.  Des progrès ont été accomplis, mais d’énormes défis restent à surmonter, a reconnu M. Dileïta, ajoutant que la volonté politique nécessite des mesures d’accompagnements, des ressources humaines et des moyens financiers.  Il a appelé à ce qu’un engagement politique uni de la communauté internationale soit accompagné d’un engagement financier et technique qui, a-t-il affirmé, doit tenir compte des difficultés propres à chaque pays.


M. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, Premier Ministre de la République centrafricaine, a indiqué que pour réaliser l’objectif du « triple zéro » dans un pays où la prévalence est encore estimée à 4,7%, « avec des besoins non couverts en matière de traitement estimés à 67% », il est crucial de mobiliser des ressources supplémentaires internes et internationales.  M. Touadera a indiqué que la République centrafricaine menait en ce sens des actions visant notamment la promotion du dépistage volontaire, le marketing social des préservatifs, la protection des groupes à risque et le respect des protocoles de l’OMS. 


Il a également souligné que son gouvernement s’efforce de renforcer les mesures destinées à éviter les ruptures de stocks de médicaments en cas de retard d’acquisition par le biais d’un financement du Fonds mondial de lutte contre le sida et d’autres partenaires.  À titre d’exemple, a-t-il fait observer, en 2009 et 2010, le Gouvernement a mobilisé des ressources qui ont permis de faire face à des ruptures d’antirétroviraux et d’antituberculeux dues à un gel du financement du Fonds mondial.


M. Touadera a interpellé le Directeur exécutif du Fonds mondial afin, a-t-il dit, de permettre à son pays de continuer à bénéficier de l’appui de son institution « sans lequel la vision que nous sommes fixée restera une utopie ».  Il a mis en avant la bonne gouvernance des différents programmes de lutte contre le sida et insisté sur le fait que la délégation centrafricaine était disposée à engager des discussions avec les responsables du Fonds mondial « pour qu’un terrain d’entente soit trouvé ».  


M. YVES LETERME, Premier Ministre de Belgique, a indiqué que son pays adhère sans réserve aux recommandations et aux objectifs de la nouvelle stratégie d’ONUSIDA et du rapport du Secrétaire général intitulé: « Ensemble pour l’accès universel à l’objectif: zéro nouveau cas d’infection à VIH, zéro discrimination et zéro mort due au sida ».  Il a estimé que la priorité commune d’arrêter la propagation du sida et d’aider ceux qui sont infectés par le virus relève en grande partie des droits de l’homme, notamment du droit à la dignité et à l’intégrité de chaque être humain.  C’est une question de volonté politique, a-t-il expliqué.  Comment pouvons-nous parler sérieusement de prévention si nous continuons à tolérer un commerce international qui fait des enfants et des femmes des esclaves sexuels et les transforme en vecteurs de la contamination? a-t-il demandé.  Il a posé la même question en ce qui concerne les traditions qui foulent du pied la dignité des femmes, les pratiques sexuelles irrespectueuses d’autrui, ainsi que la violence sexuelle. 


Le Premier Ministre a aussi invité à renforcer l’aide aux malades, domaine qui relève aussi des droits de l’homme, en combattant la discrimination fondée sur le genre, la conviction religieuse, la couleur ou la préférence sexuelle.  M. Leterme a également insisté sur le lien entre prévention, traitement, soin et soutien aux personnes.  En Belgique, le secteur privé et les établissements de recherche universitaires ont joué un rôle charnière dans la recherche et le développement de nouvelles technologies de prévention et de médicaments, a-t-il indiqué, citant le développement d’un microbicide ainsi que d’un comprimé journalier prometteur pour le traitement contre le virus. 


Outre la volonté politique et la recherche scientifique, le Premier Ministre a mentionné un autre facteur important de lutte contre le sida, qui est la générosité des pays.  Entre 2008 et 2010, la part de la Belgique spécialement affectée à la lutte contre le sida est passée de 34,6 à 46,5 millions d’euros.  La Belgique a aussi intensifié son aide au développement qui compte un volet sida, pour atteindre 404 millions d’euros en 2010.  M. Leterme a enfin invité les donateurs à coordonner et à harmoniser leurs efforts, afin que les moyens mobilisés atteignent effectivement les populations qui en ont besoin.


M. BARNABAS SIBUSISO DLAMINI, Premier Ministre du Swaziland, a reconnu les « chiffres effrayants » du VIH/sida dans son pays, en arguant que le taux d’infection a toutefois diminué ces dernières années, passant de 4,9% en 2000 à 2,1% en 2010.  M. Sibusiso Dlamini a indiqué que des études sur les comportements sexuels étaient en cours, afin d’éclairer les décisions à prendre pour les prochaines stratégies nationales.  Il a parlé en outre d’un Conseil national, qui a pour mission de superviser les politiques en matière de VIH/sida, et d’un projet pilote mené en 2009 pour l’introduction des antirétroviraux.  Depuis7 ans, a-t-il ajouté, nous avons aussi augmenté le nombre de centres de protection maternelle et infantile, ce qui a permis de réduire de 10% la transmission de la mère à l’enfant.


Nous avons aussi renforcé les services de santé sexuelle et génésique, ainsi que les traitements des femmes enceintes séropositives, a poursuivi M. Sibusiso Dlamini.  Conscient aussi des avantages de la circoncision masculine, le Swaziland a renforcé son programme en la matière, a indiqué le Premier Ministre.  Il a aussi mentionné les actions en faveur des orphelins du VIH/sida qui bénéficient notamment de l’éducation gratuite.  Tous nos efforts sont cependant atténués par le manque de ressources humaines et financières, a expliqué le Premier Ministre.  Exprimant sa reconnaissance à l’égard de ses partenaires au développement, il a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats et de mieux les cibler. 


M. JOHN DRAMANI MAHAMA, Vice-Président du Ghana, a indiqué que son pays avait réussi à faire baisser le taux de prévalence du VIH/sida grâce, notamment à un plan thérapeutique antirétroviral qui a ouvert l’accès aux médicaments à 58 000 personnes en 2011, contre 6 000 en 2006.  Il a cependant relevé que le manque de données fiables concernant les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes posait problème.  M. Mahama a reconnu que le défi principal pour lutter contre le VIH/sida sur le plan international consiste à parvenir à un accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins.  Pour ce faire, il a appelé à une amélioration des systèmes de santé, observant que le nombre inadéquat de dispensaires sanitaires en Afrique subsaharienne était particulièrement préoccupant.  Les pauvres qui vivent dans les zones reculées ou dans les bidonvilles en banlieue sont particulièrement vulnérables, a-t-il relevé.


Afin d’assurer un accès universel, M. Mahama a estimé que des traitements antirétroviraux de deuxième et de troisième générations devront être créés pour combattre un virus qui ne manquera de devenir résistant aux médicaments actuels.  Plaidant pour la baisse du coût de ces traitements, il a néanmoins appelé les pays en développement à augmenter le budget de la lutte contre le virus, pour améliorer l’accès aux médicaments et parvenir à zéro transmission de la mère à l’enfant d’ici à 2015.


Mme MONIQUE AGNÈS OHSAN-BELLEPEAU, Présidente de la République de Maurice, a qualifié de multisectorielle l’approche de Maurice depuis 2007.  Notant que 10 000 personnes vivent avec le VIH dans son pays, elle a précisé que c’est d’abord dans les groupes difficiles à cibler et à traiter que la contamination se propage.  Soixante-quinze pourcent des cas détectés concernent des toxicomanes, a-t-elle fait savoir, ajoutant que la loi sur le VIH avait été établie à la fois pour poser un nouveau cadre juridique pertinent, pour mettre en place des programme d’échanges de seringues et de distribution de méthadone et pour mettre fin aux discriminations.  Elle a assuré que depuis l’application de cette loi, les taux de transmission au sein de la population toxicomane ont chuté de 74% en 2010.  En outre, l’application stricte du nouveau protocole de traitement de l’OMS a permis d’élargir l’accès aux antirétroviraux, de lutter efficacement contre la transmission de la mère à l’enfant et d’améliorer la prise en charge de 25% des détenus vivant avec le VIH, a-t-elle encore souligné. 


M. RAFAEL ESPADA, Vice-Président du Guatemala, est revenu sur les débuts de la maladie, estimant que l’ONU avait rapidement compris qu’« une menace mondiale nécessitait une réponse mondiale ».  Il a expliqué qu’au Guatemala les efforts de lutte contre le VIH/sida mettaient l’accent sur la prévention parmi les groupes les plus vulnérables ainsi que sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation.  Il a par ailleurs indiqué que le Guatemala disposait de ressources limitées pour faire face à l’épidémie qui, a-t-il précisé, était concentrée dans une tranche qui représente moins de 1% de la population totale.  Il a indiqué que le Guatemala déployait de nombreux efforts pour assurer l’accès au test de dépistage.  Comme une augmentation du nombre d’infections est prévue pour les deux prochaines années, le Gouvernement entend poursuivre sa campagne de dépistage, a-t-il ajouté.


Mme RUKIYA KURBONOVA, Vice-Première Ministre du Tadjikistan, a notamment déclaré que son gouvernement met l’accent sur l’accès universel aux soins, comme partie intégrante du nouveau cycle national de planification stratégique.  Elle a ajouté que, dans ce nouveau cadre, il avait été décidé que le dépistage soit proposé dans les sanatorium, les centres pour maladies sexuellement transmissibles et dans les maternités ».  Le Gouvernement vient de décider d’allocations mensuelles pour les enfants contaminés de moins de 16 ans, a-t-elle encore dit, saluant en outre le rôle accru de la société civile dans la sensibilisation du public et l’harmonisation des politiques nationales et internationales.  Malgré nos succès, des défis de taille demeurent, le premier étant le manque de ressources et la propagation du virus dans les populations toxicomanes et celle qui est provoquée par la migration. 


M. SALOMON NGUEMA OWONO, Vice-Premier Ministre et Ministre de la santé et du bien-être social de la Guinée équatoriale, a indiqué que son pays se trouvait dans une zone d’épidémie généralisée avec un taux de prévalence de 3,5% chez les personnes sexuellement actives.  Son pays a donc mis sur pied un programme national de lutte contre le sida qui adopte une approche multisectorielle.  Différents décrets et lois en matière de prévention et de protection des personnes vivant avec le VIH/sida ont également été adoptés.  M. Owono a par ailleurs fait savoir que dans son pays, 5 700 personnes répondaient aux critères pour recevoir des traitements antirétroviraux et que 47% d’entre elles y avaient accès.  Des centres de traitements supplémentaires ont été ouverts et des soins de santé primaire sont intégrés aux mesures de prise en charge des malades, a-t-il ajouté.  Le Vice-Premier Ministre a également évoqué les mesures mises sur pied pour veiller à la santé des enfants et permettre aux femmes enceintes séropositives d’accoucher dans de bonnes conditions.  Il a précisé que le taux de prévalence du virus chez les femmes enceintes était de 7,4%.


Mme SARAH WESTCOT-WILLIAMS, Première Ministre de Saint-Martin, au nom du Royaume des Pays-Bas, a déclaré que la lutte contre le VIH dans son pays était fondée sur le respect des droits de l’homme et faisait pleinement partie des programmes généraux de santé.  Elle a ensuite reconnu les problèmes nouveaux que posent le vieillissement de la population séropositive, la persistance des discriminations et le coût des traitements « encore élevés pour certaines catégories de la population des îles néerlandaises ».  Elle a ajouté que malgré cela, la transmission de la mère à l’enfant n’existe plus et que les jeunes, ayant intégré les risques et les enjeux, se comportent de manière plus responsable.  Le monde doit se donner les moyens de mettre fin à la pandémie, a-t-elle dit en jugeant que le financement relève de la responsabilité partagée.  Enfin, Mme Westcot-Williams a appelé les politiques à s’unir pour que soient levées les barrières sociales et culturelles qui empêchent l’accès universel aux traitements, et cela par une éducation spécifique qui ne nie pas la réalité de certains groupes.  « Notre démarche doit être pragmatique et tenir compte, après 30 ans de lutte mondiale contre la pandémie de VIH/sida, de ce qui a fonctionné », a-t-elle conclu.


M. MODOU DIAGNE FADA, Ministre de la santé et de la prévention du Sénégal, qui intervenait au nom des États d’Afrique, a déclaré que le triste bilan de la pandémie requiert une action appropriée et urgente de la communauté internationale.  Il a appelé à une mise en œuvre « appropriée » de la résolution 60/262 en appelant au renforcement des capacités nationales des pays à faible revenu.  Il a estimé urgent d’appuyer les efforts en cours dans ces pays.  L’Afrique, a-t-il ajouté, appelle à intensifier les investissements consacrés aux vaccins, aux méthodes microbicides, sans oublier le renforcement des capacités de formation de cadres qualifiés.  Le Ministre a aussi convenu qu’il fallait faciliter l’accès de tous aux médicaments antirétroviraux, notamment dans les pays à faible revenu.


M. Fada a, par ailleurs, affirmé qu’il était d’une « importance capitale » de raffermir la coopération régionale et de mettre en place un centre africain visant à promouvoir la coopération dans la lutte contre le VIH/sida.  Il a en outre estimé que la communauté internationale devait fournir non seulement des ressources financières adéquates, mais aussi apporter des solutions « judicieuses » pour l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) afin de favoriser l’accès aux médicaments à des prix abordables pour tous.  Pour M. Fada, la lutte contre le VIH/sida exige un processus de développement global visant à améliorer l’infrastructure économique, éducative et sanitaire et à assurer le transfert du savoir-faire et des technologies, notamment dans le domaine de l’industrie pharmaceutique.


M. DENZIL DOUGLAS, Premier Ministre et Ministre des finances, du développement durable et du développement des ressources humaines de Saint-Kitts-et-Nevis, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné la nécessité d’éliminer les stigmatisations liées au VIH et d’élargir l’accès au traitement.  Après l’Afrique subsaharienne, nous sommes la deuxième région la plus touchée par la prévalence du VIH, a-t-il indiqué.  Mais c’est la CARICOM qui a réagi le plus rapidement à la Déclaration d’engagement de 2001, en adoptant la Déclaration de Nassau dès juillet 2001, a-t-il aussi fait valoir.  Il a signalé notamment la mise en place d’un plan de partenariat des Caraïbes contre le VIH et le sida, ainsi que la création de l’Institut de santé publique des Caraïbes, qui devrait permettre de réaliser d’ici à 2015 l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif au VIH/sida.  Les progrès accomplis dans les pays de la région, qui a vu le taux de prévalence baisser de 14%, témoignent aussi de l’engagement des universités et autres institutions régionales, des organisations non gouvernementales (ONG) et des médias.


Cependant, 17 000 personnes ont été infectées par le VIH en 2009, a indiqué le Premier Ministre.  La transmission augmente parmi les populations les plus touchées, comme les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.   Les travailleurs du sexe sont le principal vecteur de transmission dans les Caraïbes, a ajouté le Premier Ministre; le taux d’infection étant très élevé chez les prostituées dont 27% au Guyana.  La plupart des pays de la région ont ciblé ces groupes dans leurs activités de prévention du VIH.  Le Premier Ministre a voulu que l’on imprime un nouvel élan aux efforts de prévention et de traitement du VIH.  Il faut mettre l’accent sur la baisse du coût des médicaments et responsabiliser les gouvernements par le biais d’un nouveau pacte sur le partage des responsabilités.  Sans financement durable à long terme, on risque de réduire à néant les résultats de ces dernières années.  Nous sommes aussi conscients de la nécessité de prôner une utilisation efficace des fonds consacrés à la lutte contre le sida, a admis le représentant.


M. AIRES BONIFACIO BAPTISTA ALI, Premier Ministre du Mozambique, a indiqué que son pays mettait actuellement en œuvre son troisième Plan stratégique national contre le HIV pour la période 2010-2014.  Il a affirmé que le Mozambique avait atteint des « niveaux historiques » en matière de fourniture des services et d’accès aux traitements antirétroviraux, notamment pour les orphelins et enfants âgés de moins de 15 ans, ainsi qu’en matière de prévention de la transmission de la mère à l’enfant.  Il a également indiqué que des efforts particuliers étaient consacrés à la réduction de la vulnérabilité et des risques grâce à des mesures de lutte contre les stigmas, l’inégalité entre les sexes et la violence sexiste.  Le Premier Ministre a reconnu que le faible taux d’utilisation du préservatif et de dépistage présentait des défis notables, tandis que la faisabilité d’une promotion généralisée de la circoncision masculine devait être davantage évaluée.  Il a en outre estimé que le renforcement des systèmes de santé devait privilégier la santé maternelle et infantile.


M. MOHAMMED GHARIB BILAL, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie, a parlé d’une campagne de dépistage à l’échelle nationale menée depuis 2007 par le Président et son épouse.  Depuis cette initiative, plus de 13 millions de Tanzaniens ont pu faire un test de dépistage.  Depuis 2010, l’usage du préservatif a augmenté ainsi que l’accès aux antirétroviraux; la lutte contre la transmission de la mère à l’enfant ayant été renforcée.  Aujourd’hui, le taux de prévalence est de 5,7% en Tanzanie et de 1% à Zanzibar.  M. Bilal s’est par ailleurs enorgueilli de ce qu’en décembre 2010, près de 400 000 personnes ont eu accès aux antirétroviraux. 


Sur le front de la prévention, le Gouvernement a mis en place des mesures de diagnostic rapide et consolidé les moyens d’accès aux traitements contre les maladies favorisant la transmission du VIH/sida, comme la tuberculose et les maladies sexuellement transmissibles.  En conclusion, M. Bilal a exhorté la communauté internationale à intégrer le soutien nutritionnel aux programmes en faveur des personnes contaminées et traitées pour renforcer leur système immunitaire et améliorer, ce faisant, leur état de santé général.


S’exprimant au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), M. RICHARD NCHABI KAMWI, Ministre de la santé et des services sociaux de la Namibie, a indiqué qu’il s’exprimait aussi au nom des 11 millions de personnes vivant avec le VIH/sida dans la région.  Il a assuré l’Assemblée générale que les États membres de la SADC continueraient d’apporter une réponse coordonnée, sur le plan régional, à la pandémie, sur la base de la Déclaration de Maseru.  Il a évoqué des progrès au cours des dernières années, puisque le pourcentage d’adultes vivant avec le VIH a chuté de 25% dans neuf des pays les plus touchés.  En outre, la plupart de nos pays ont mis en place des programmes pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant couvrant plus de 70% des besoins, trois pays ayant atteint le seuil de 90%, s’est-il félicité.


Toutefois, a souligné le Ministre, il convient de rester prudent, dans la mesure où le nombre de personnes nouvellement infectées dépasse toujours celui des personnes ayant accès à un traitement.  En outre, a poursuivi M. Kamwi, il est impératif de prendre les décisions qui s’imposent alors que des recherches démontrent que le traitement peut réduire de 96% le taux de transmission du virus à un conjoint.  Au niveau régional, le plus grand défi, a-t-il dit, reste le manque de ressources.  Aussi, la SADC s’est-elle réengagée à augmenter les budgets de la santé vers le seuil de 15% fixé par la Déclaration d’Abuja.  Si elle s’engage également à faire un meilleur usage des ressources, la SADC ne pourra pas cependant répondre à la pandémie de VIH/sida sans le soutien de la communauté internationale, a prévenu le Ministre.


Parlant en sa capacité nationale, M. RICHARD NCHABI KAMWI, Ministre de la santé et des services sociaux de la Namibie, a indiqué que, au cours de la décennie écoulée, la Namibie avait bénéficié de soutiens techniques, après l’adoption de la Déclaration d’engagement de 2001.  Ce soutien a été essentiel pour mettre en place un mouvement national contre le VIH/sida, a-t-il dit.  Nous avons en conséquence dépassé nos objectifs pour 2010 en ce qui concerne notamment l’accès aux antirétroviraux.  Actuellement nous visons un niveau zéro de discrimination, a-t-il indiqué, assurant que les efforts du Gouvernement portent sur le respect des droits de l’homme.  Nous devons agir rapidement et de manière déterminée, a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité pour les gouvernements concernés de s’approprier les efforts.  Nous continuerons cependant à compter sur les partenariats internationaux et régionaux, a-t-il précisé.  Mon pays est prêt à changer la donne pour parvenir à une situation avantageuse pour tous. 


M. EDGAR GIMÉNEZ, Vice-Ministre de la santé du Paraguay, au nom de l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR), a indiqué que dans les pays de sa région, la prévalence du VIH était concentrée dans des groupes spécifiques qui souffrent de discrimination et qui, a-t-il affirmé, détenaient la clef du contrôle de l’épidémie.  Il a expliqué que les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleurs du sexe et les toxicomanes étaient les personnes les plus frappées par le VIH/sida.  La promotion et la protection des droits des personnes vivant avec le VIH constituent la base des efforts déployés.  Le droit à la santé est un droit de l’homme.


M. Giménez a poursuivi en appelant à la levée des barrières qui empêchent les gouvernements de l’UNASUR de garantir l’accès à la prévention, aux traitements et à l’appui.  Il a dénoncé le prix des médicaments.  Il a fait remarquer que si les pays de sa région sont classés dans la catégorie des pays à revenus moyen et haut, ce classement ne tient pas compte des inégalités qui persistent.  Le Vice-Ministre a appelé à la pleine exploitation du potentiel de l’ADPIC et à la mise en œuvre de des Stratégies mondiales de l’OMS sur la santé publique.


M. SØREN PIND, Ministre de la coopération au développement et Ministre chargé de l’immigration et de l’intégration du Danemark, a appelé à s’attaquer de front à la question de la stigmatisation et de la violation des droits de l’homme.  Il a regretté que certains pays aient du mal à accepter de parler de droits de l’homme lorsqu’ils abordent ces questions de santé publique.  Nous devons examiner la réalité de la sexualité humaine, a-t-il dit.  Les toxicomanes, les travailleurs du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes sont les personnes les plus touchées par le VIH, a-t-il rappelé, expliquant l’importance de ne pas les stigmatiser.  C’est la raison pour laquelle nous avons donc décidé d’axer nos efforts dans la lutte contre la stigmatisation, a expliqué le Ministre. 


Le Danemark entend aussi accroître ses efforts pour éliminer la transmission de la mère à l’enfant.  Il appelle de ses vœux la mise au point d’un vaccin efficace.  Les défis que nous devons relever demeurent considérables, a observé le Ministre, mais les chances de succès sont plus importantes que jamais.  Il faudra pour cela utiliser au mieux nos ressources, a souligné M. Pind.


M. TRUONG VINH TRONG, Vice-Premier Ministre du Viet Nam, a indiqué qu’en 2010, son pays avait déjà atteint plusieurs des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment ceux concernant la réduction de la pauvreté, l’éducation universelle et la promotion de l’égalité des sexes.  S’agissant du VIH/sida, le Viet Nam a réussi à réduire le taux de prévalence qui est passé de 30% en 2001 à 17% en 2010, a-t-il indiqué.  La Stratégie nationale de prévention a été élaborée et intégrée dans celle du développement socioéconomique du pays.  Le Gouvernement axe également ses efforts sur la lutte contre la prostitution et la toxicomanie.  Le Ministre s’est félicité de la coopération offerte dans ces domaines par les Nations Unies et, en particulier, par ONUSIDA.


Malgré ces réalisations nationales, le Viet Nam demeure un pays pauvre et ses résultats restent fragiles, a averti le Ministre.  M. Trong a réaffirmé son attachement aux objectifs des Nations Unies dans ce domaine et appuyé le projet de document final qui sera adopté à l’issue de la Réunion de haut niveau.  Il a notamment appelé la communauté internationale à rester en alerte face aux problèmes du VIH/sida et à mobiliser des ressources.  Le VIH/sida représente l’obstacle le plus redoutable au développement, a-t-il rappelé, soulignant à cet égard l’importance de la prévention.  Celle-ci doit viser en particulier les jeunes, a-t-il estimé.  M. Trong a également plaidé en faveur d’un meilleur accès au traitement, en parallèle avec une amélioration du dépistage qui doit pouvoir être pratiqué rapidement.


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a appelé les bailleurs de fonds et les partenaires à accroître leurs investissements et à redoubler d’efforts car, a-t-elle affirmé, l’histoire de la pandémie a démontré que des progrès sont possibles quand nous sommes unis.  Elle a rappelé que les États-Unis avaient joué un rôle fondamental dans la mise en place du Fonds mondial dont ils sont le principal bailleur de fonds.  Mme Rice a ensuite passé en revue les grandes lignes du PEPFAR, le plan d’urgence américain contre le sida mis en place en 2005 et qui, a-t-elle précisé, a permis d’atteindre près de deux millions de personnes, principalement en Afrique. 


La représentante des États-Unis a appelé les États Membres à s’engager de nouveau afin de voir l’avènement d’une nouvelle génération débarrassée du VIH/sida.  Elle s’est félicitée de ce que son pays fournisse 58% de l’ensemble des contributions gouvernementales.  Le VIH/sida, a-t-elle souligné, est une véritable crise mondiale qui nécessite une réaction mondiale.  Mme Rice a appelé les bailleurs de fonds et le secteur privé à faire encore plus.  Les pays touchés doivent également débloquer des ressources en fonction de leurs moyens, a-t-elle tout de même ajouté.


M. ABDELKADER MESSAHEL, Ministre des affaires maghrébines et africaines de l’Algérie, a noté que si le taux des personnes qui ont reçu un traitement antirétroviral a considérablement augmenté en Afrique, il reste insuffisant.  Les ressources allouées au VIH/sida se sont accrues nettement au cours des dernières années mais elles stagnent depuis 2009, a-t-il aussi relevé.  Il a plaidé pour que l’on contienne l’escalade du coût des traitements et de la prévention.  Il est pour cela indispensable, a-t-il estimé, de lever les obstacles posés par les accords commerciaux sur l’importation des médicaments génériques.


M. Messahel a voulu que la recherche s’intensifie pour trouver des médicaments moins toxiques et plus simples à réaliser et pour élargir l’accès aux tests de dépistage.  Après avoir salué la mise en œuvre de la Déclaration d’Abuja de 2001, il a jugé que l’objectif du « triple zéro » fixé par le Secrétaire général contient des thèmes mobilisateurs.  En Algérie, a-t-il conclu, le Gouvernement a doté le pays de 61 centres de dépistage anonyme et de 8 centres de traitement.  L’accès gratuit aux médicaments et aux antirétroviraux est garanti, le très faible taux de prévalence incitant à poursuivre les efforts.


M. GHULAM NABI AZAD, Ministre de la santé et du bien-être familial de l’Inde, a souligné l’efficacité du programme de prévention de son pays, qui a permis de contenir la pandémie en limitant la prévalence à un taux de 0,31%.  « Nous avons également fait baisser de moitié le nombre de nouvelles infections annuelles », a-t-il ajouté, assurant qu’au cours de la dernière décennie la pandémie en Inde a été stabilisée avec succès.  Le Ministre indien de la santé a précisé que l’accent avait été mis sur les groupes à haut risque, l’amélioration des services et l’accès aux antirétroviraux. 


Après avoir noté les progrès en cours en matière d’accès universel au traitement de seconde ligne et de diagnostic précoce des enfants, il a reconnu que la lutte contre la transmission de la mère à l’enfant était toujours un défi. 


Pour M. Azad, l’objectif de l’Inde est de faire que les 27 millions de grossesses annuelles bénéficient des meilleurs services de dépistage et de prévention.  Le Ministre a ainsi annoncé que les examens de dépistage, les médicaments, les régimes alimentaires et les transports seront bientôt fournis gratuitement à toutes les femmes enceintes et les enfants nés malades.  Il s’est dit confiant qu’un tel progrès permettra d’éliminer la transmission de la mère au nouveau-né.  Concernant la lutte contre la stigmatisation, le Ministre a affirmé que son pays était déterminé à assurer une vie digne aux personnes vivant avec le VIH. 


Au sujet des ressources, M. Azad a jugé essentiel que la communauté internationale continue de financer à hauteur des besoins le combat contre la pandémie de VIH/sida.  Surtout, il a plaidé pour un abaissement des barrières qui bloquent l’accès universel aux traitements, évoquant en particulier « le coût élevé des médicaments antirétroviraux ».  « Les compagnies pharmaceutiques indiennes produisent des médicaments efficaces et abordables vendus non seulement en Inde mais dans près de 200 autres pays ». 


Affirmant avec force que les génériques produits par l’Inde ne sont pas d’une qualité moindre, il a prévenu que les considérations commerciales et l’appât du gain pourraient conduire à « des barrières artificielles entre la vie la mort ».  Nous devons, a insisté M. Azad, faire en sorte que le potentiel de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) soient pleinement exploité pour élargir l’accès aux médicaments. 


M. ABDULLA BIN KHALID AL QAHTANI, Ministre de la santé publique du Qatar, a affirmé que la nouvelle stratégie ambitieuse adoptée par ONUSIDA pour la période 2011-2015 offrait une réelle opportunité de mettre fin à la pandémie, surtout au moment où le taux de transmission aurait baisée de 25% et où l’accès aux antirétroviraux aurait été facilité dans plusieurs pays.  Au Qatar, a-t-il poursuivi, en dépit d’un taux de transmission relativement faible, nous avons œuvré à la réduction de la pandémie en nous dotant d’un Comité national sur le VIH/sida. 


En outre, les États membres du Conseil de coopération du Golfe ont renouvelé leur engagement en faveur de la lutte contre le VIH/sida le 16 avril dernier.  À cette occasion, une recommandation a été faite de fournir des services complets de sensibilisation, de prévention, de diagnostic et de soins de santé.  Le Ministre a réitéré son appel à la communauté internationale pour qu’elle intensifie ses efforts auprès des pays qui font toujours face à un taux de prévalence élevé.  Aussi les pays développés doivent-ils tenir leurs promesses de contribution, a-t-il ajouté.


M. NUTH SOKHOM (Cambodge) a déclaré que l’Autorité nationale sur le sida mise en place en 1999 demeurait le mécanisme de coordination de la réponse multisectorielle du Cambodge face au VIH/sida.  Il a précisé que cette Autorité se décline au niveau sous-national dans l’ensemble du pays.  Il a ajouté que la loi de prévention et de contrôle du VIH et du sida a été promulguée en 2002.  Grâce à l’implication du Roi du Cambodge et de la Première Dame, qui préside la Croix-Rouge cambodgienne, la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/sida ont été remarquablement réduites, a-t-il ajouté.  Il a dit que le Cambodge avait pu, avec le soutien du Fonds mondial, augmenter sa réponse en matière de prévention et de soins et a presqu’atteint, ce faisant, l’objectif d’accès universel en 2010. 


Le taux de prévalence parmi les adultes est passé de 2% en 1998 à 0,7% en 2010.  Plus de 90% de la population est sensibilisée à la prévention et plus de 80% de la population la plus exposée utilise des préservatifs, s’est aussi félicité le représentant du Cambodge.  Il a ajouté que plus de 90% des personnes touchées par le VIH avaient accès à un traitement et que plus de 70% des orphelins et enfants vulnérables bénéficiaient d’une aide sociale, dont une aide alimentaire et un soutien en matière de santé et d’éducation.  Néanmoins, M. Sokhom s’est inquiété de l’impact des travailleurs du sexe sur la réalisation de l’objectif d’un taux d’utilisation des préservatifs de 100%.  Il s’est aussi inquiété de la proportion grandissante des consommateurs de drogues parmi les jeunes et de la vulnérabilité croissante des migrants et des populations mobiles. 


M. JOSÉ ÁNGEL CÓRDOVA VILLALOBOS, Ministre de la santé du Mexique, a indiqué que l’Amérique latine avait la meilleure couverture en matière de sida, 51% des malades recevant un traitement antirétroviral.  Il a estimé indispensable que tous les pays disposent de mécanismes durables afin de pouvoir proposer des traitements antirétroviraux dès que possible.  Il faut également s’attacher à en réduire le coût et redoubler d’efforts pour accélérer les stratégies de prévention, notamment auprès des groupes les plus vulnérables, a estimé le Ministre.


M. Villalobos a indiqué que dans le cadre d’une réaction globale, il faut les meilleures informations possibles sur les groupes concernés.  Il faut mieux connaître la situation des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleurs sexuels et les toxicomanes, a estimé le Ministre.  Après avoir appelé à l’élimination de la transmission verticale du VIH et de la syphilis congénitale, le Ministre s’est dit favorable à une éducation sexuelle « intégrale ».  M. Villalobos a engagé les États Membres à fonder leurs actions sur le respect des droits de l’homme sans stigmatisation, discrimination, homophobie, phobie des transsexuels ou autre type de violence.


Mme ESTHER MURUGI MATHENGE, Ministre chargée des programmes spécifiques du Kenya, a indiqué que, dans son pays, le nombre de personnes ayant bénéficié de conseils et du dépistage a fortement augmenté.  Mais nous voulons encore améliorer ce taux.  Il en est de même pour la réduction de la transmission de la mère à l’enfant, ainsi que pour la demande de préservatifs et la circoncision médicale volontaire des hommes.  Des progrès ont aussi été réalisés pour le traitement par antirétroviraux dans le pays qui espère passer à 80% des personnes traitées, d’ici à 2015.  La Ministre a mentionné le problème de la féminisation de l’infection, ainsi que celui de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.  Le nombre des nouvelles infections annuelles, de 122 000, reste très élevé, a-t-elle déploré, tout en indiquant espérer réduire ce chiffre de 50% d’ici à 2015.  Elle a appelé à la solidarité mondiale dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination.  Nous appelons également à une prise de décision informée et visionnaire de la part non seulement des gouvernements mais aussi des autres parties prenantes.  Mme Mathenge a en outre souligné l’importance pour les acteurs de s’approprier les efforts de lutte contre le VIH, invitant notamment les gouvernements à améliorer leurs systèmes de santé.


M. NAMAN KEÏTA, Ministre de la santé de la Guinée, a fait savoir que dans son pays, la séroprévalence était relativement faible (1,5%), mais que l’épidémie affectait les secteurs clefs du développement; les groupes les plus touchés étant les hommes en uniforme, les pêcheurs, les routiers et les miniers chez qui la prévalence varie entre 5% et 6%.  Il a relevé que la dépendance des pays vis-à-vis du financement externe, la crise économique qui a frappé les bailleurs de fonds et la pauvreté croissante dans les pays africains compromettaient les acquis de la riposte au VIH/sida.  M. Keïta a ensuite fait savoir que la lutte contre le VIH/sida faisait partie des actions prioritaires du nouveau Gouvernement guinéen.  Il a notamment indiqué qu’une ligne de crédit avait été créée sur le budget national et qu’un mécanisme de mobilisation local des ressources avait été mis en place.  Il a appelé les États d’Afrique à rechercher des solutions novatrices pour le financement de la riposte aux plans national et continental, y compris la production de médicaments.


Mme VARBAH GAYFLOR, Ministre du genre et du développement du Libéria, a noté que compte tenu de la petite taille de son pays et de sa population, le Libéria ne peut ignorer l’impact de la pandémie de VIH/sida sur les efforts nationaux de développement et de reprise économique.  La maladie représente un sérieux obstacle à la réalisation des objectifs de développement humain, a-t-elle dit, ajoutant que le Libéria appuie les recommandations du Secrétaire général afin de parvenir à l’objectif du « triple zéro ».  Mme Gayflor a remercié les donateurs bilatéraux et multilatéraux du Libéria et a cité, au nombre des réponses nationales, la mise en place d’indicateurs ventilés par sexe, la couverture santé de 42% des 10 028 personnes ayant besoin d’un traitement antirétroviral ou encore le renforcement du réseau national des personnes vivant avec le VIH.  Enfin, elle a assuré que la paix dont jouit le Libéria donnait à son peuple et aux autorités nationales l’occasion d’intensifier la lutte antisida. 


M. RUHAL HAQ, Ministre de la santé et de la famille du Bangladesh, a estimé qu’il était temps de créer une chaîne de prévention pour informer correctement les femmes et les jeunes.  M. Haq s’est dit convaincu que la pauvreté, l’inégalité entre les sexes et la mobilité de la population étaient autant de facteurs qui favorisent la propagation de virus.  Il a aussi cité une trop faible utilisation du préservatif, les transfusions sanguines dangereuses, les rapports sexuels entre hommes et la toxicomanie.  Le Ministre a engagé les pays développés à accroître leur appui aux pays en développement, en accordant une attention particulière aux aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce pour faire baisser le coût des médicaments.


M. JOHN SEAKGOSING, Ministre de la santé publique du Botswana, a indiqué que 17,6% de jeunes au Botswana vivent avec le sida, la prévalence étant de 20,4% chez les femmes par rapport à 14,2% chez les hommes.  Il a néanmoins exposé les progrès réalisés, expliquant par exemple que plus de 93% des adultes au Botswana qui commencent une thérapie survivent après un traitement d’un an.  En outre, les enfants orphelins et vulnérables sont couverts à 100%, a-t-il dit, et des ressources budgétaires ont été dégagées pour fournir des services de qualité.  Le Botswana continue à développer des réponses innovantes pour veiller à l’accès universel aux soins de santé.  Nous avons adopté un cadre stratégique 2010-2016 pour la prévention et le traitement, a aussi indiqué le Ministre.  Il est prévu d’atteindre l’objectif de zéro nouvelle infection en 2016, a-t-il dit.  Au cœur de ces efforts, figurent le respect des droits de l’homme et le respect des populations les plus à risque et les plus touchées.  Nous veillons à ce que notre réponse nationale prenne en compte les besoins particuliers des femmes et des filles, a-t-il ajouté, avant d’appeler la communauté internationale à faire preuve de solidarité et de courage pour créer un monde débarrassé du VIH/sida.


M. KEITH MONDESIR, Ministre de la santé, du bien-être, des affaires familiales, de la mobilisation nationale et des relations entre les sexes de Sainte-Lucie, a indiqué que malgré les progrès réalisés, son pays continuait à faire face à de nombreux défis et avait conscience de la nécessité d’élaborer une réponse informée accordant la priorité aux groupes les plus vulnérables.  Il a fait savoir que de nombreuses subventions externes touchaient à leur fin et qu’il importait donc pour Sainte-Lucie de déployer les ressources existantes avec la plus grande efficacité.


Le plan stratégique national met l’accent sur les populations les plus à risque, à savoir les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes et les travailleurs sexuels.  Sainte-Lucie entend également éliminer la transmission de la mère à l’enfant et accorde une attention particulière aux jeunes et aux filles.  Le Ministre a expliqué que les programmes pédagogiques mettraient l’accent sur les risques associés à une vie sexuelle précoce ainsi que sur la « vulnérabilité biologique » des filles.  Il a souligné le fait que l’accès aux soins était une partie intégrante de la prévention ainsi que la promotion d’un comportement sexuel sain.


M. RUDYARD SPENCER, Ministre de la santé de la Jamaïque, a souligné les progrès significatifs de la Jamaïque où le nombre de personnes vivant avec le VIH ou le sida a diminué de 18% en 2009 par rapport à 2008.  Les décès liés au sida ont également diminué pour passer de 665 en 2004 à 378 en 2009.  Le dépistage dans le secteur public a permis de couvrir 84% des femmes enceintes et 98% des nouveau-nés, a indiqué le Ministre.  Le dépistage précoce et l’accès rapide à un traitement antirétroviral ont permis de maintenir la transmission de la mère à l’enfant à un taux inférieur à 5%.  Il a expliqué que la Jamaïque avait besoin d’un appui de la communauté internationale pour renforcer les capacités humaines et consolider les acquis.  Il a précisé que son pays allait amender sa législation sur la santé publique, afin de lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les personnes porteuses du VIH.  Il a ajouté que la signature de la Déclaration d’engagement de 2011 par le Premier Ministre et le leader de l’opposition, Portia, démontrait un engagement et une volonté politique au plus haut niveau.  


M. HENRY MADZORERA, Ministre de la santé du Zimbabwe, a indiqué que le taux de prévalence dans son pays était passé de 29% en 1999 à 13,7% aujourd’hui.  Après avoir signalé que son pays a ajouté la circoncision des hommes à ses programmes de prévention, le Ministre a affirmé que son pays est en pointe s’agissant du dépistage et des conseils aux malades.  Concernant l’accès aux médicaments, il a noté qu’à la fin 2010, sur les 600 000 personnes concernées 350 000 reçoivent un traitement.  Il a expliqué ce succès par la décentralisation des services de santé, qui existent désormais dans tous les districts, y compris les zones les plus reculées.  Soulignant qu’au cours des deux dernières années, le nombre d’enfants malades traités a doublé, M. Madzorera a tenu à associer le Fonds mondial et les Fondations Bill Clinton et Bill et Melinda Gates à ce succès. 


M. GEORGES MOYEN, Ministre de la santé et de la population de la République du Congo, a indiqué qu’un cadre institutionnel a été mis en place en 2003 dans son pays pour la promotion et la coordination de la lutte contre le VIH/sida.  Il a en outre indiqué que le Gouvernement a instauré la gratuité du dépistage, du bilan biologique et du traitement par antirétroviraux.  Le nombre de patients traités par cette thérapie a d’ailleurs été multiplié par 4 en 5 ans, a-t-il indiqué, au titre des progrès accomplis.  Si on peut se féliciter des résultats obtenus, d’autres défis doivent encore être relevés dans la lutte contre le VIH, a expliqué M. Moyen, sollicitant à cet égard le partenariat mondial.  Il a salué les initiatives internationales prises en faveur de l’Afrique, en général, et du Congo, en particulier.  Il a aussi remercié les organisations de la société civile mais s’est inquiété de la féminisation de l’épidémie, de la vulnérabilité particulière des populations à risque et de la double infection « VIH-tuberculose ». 


M. PAIJIT WARACHIT, Secrétaire permanent pour la santé publique de la Thaïlande, a fait savoir qu’au cours des cinq prochaines années, certaines tranches de la population thaïlandaise représenteraient plus de 90% des nouveaux cas d’infection, à savoir les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleurs du sexe, les utilisateurs de drogues par intraveineuse, entre autres.  Afin d’atteindre l’objectif du « triple zéro », M. Warachit a misé sur l’innovation et le changement en matière de prévention, ainsi que sur l’identification des facteurs juridiques, sociaux et environnementaux qui entravent l’accès à la prévention et aux soins et qui alimentent la stigmatisation et la discrimination. 


Il a expliqué que la Thaïlande entendait aussi renforcer l’autonomisation des populations.  Il faut maximiser les synergies entre le Gouvernement et les services non gouvernementaux d’une manière cohérente et intégrée et améliorer la coordination des efforts au-delà des frontières.  Les négociations de l’ADPIC sont un des facteurs essentiels pour assurer l’accès universel aux soins et aux traitements, a-t-il souligné en appelant la communauté internationale à en prendre conscience si elle veut réaliser l’objectif du « triple zéro ».


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