6/10/2010
Secrétaire général
SG/SM/13166

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CONFÉRENCE DE PRESSE MENSUELLE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. BAN KI-MOON


Le Secrétaire général a tenu aujourd’hui, au Siège de l’ONU, sa conférence de presse mensuelle au cours de laquelle il est revenu sur le rapport « mapping » concernant la République démocratique du Congo (RDC), le futur référendum au Soudan, le Tribunal spécial pour le Liban, le Moyen-Orient et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Ban Ki-moon a rejeté d’emblée les allégations selon lesquelles le rapport « mapping » sur les graves violations des droits de l’homme perpétrées entre 1993 et 2003 en RDC aurait été édulcoré.  « Aucun accord n’a été conclu pour sauver la face d’un quelconque pays contributeur de troupes. » 


Insistant sur l’indépendance de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, auteur; le Secrétaire général a aussi insisté pour que les responsables de ces crimes et leurs dirigeants soient arrêtés et inculpés pour crimes contre l’humanité, par des « tribunaux nationaux ou internationaux ». 


Ban Ki-moon s’est dit « encouragé » par l’arrestation hier du « lieutenant-colonel » Mayele, chef d’un groupe armé suspecté d’avoir commis de tels crimes.  C’est un bon exemple de coopération entre les autorités congolaises et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a-t-il considéré.  


Sur l’action de la Mission, il faut être « réaliste », a commenté le Secrétaire général, en disant: « le pays est trop grand, les Casques bleus trop peu nombreux et les ressources trop limitées ».  Dans ce contexte, la MONUSCO est en train de renforcer le système d’alerte pour la protection des civils.  


« La violence sexuelle est l’un des plus grands obstacles à la paix en RDC.  Si elle reste incontrôlée, elle pourrait détruire le tissu social du pays », a-t-il reconnu, en paraphrasant son Envoyée spéciale, Margot Wallström.


À moins de 100 jours du référendum sur l’autodétermination au Sud-Soudan fixé au 9 janvier 2011, une mission du Conseil de sécurité est arrivée aujourd’hui dans le pays, soit une semaine avant le panel créé par le Secrétaire général pour surveiller le scrutin et offrir ses bons offices. 


Ban Ki-moon s’est dit inquiet du peu de progrès dans la création de la Commission frontalière d’Abyei, tout en se félicitant de l’engagement affiché par les deux parties à respecter les résultats du référendum. 


Au cours de sa conférence de presse, il a aussi rappelé l’indépendance du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et le mandat « clair » qu’il tient du Conseil de sécurité de découvrir la vérité et mettre un terme à l’impunité.  Il a appelé tous les Libanais et les parties régionales à ne pas préjuger de l’issue des travaux et à ne pas s’y ingérer. 


Quant au financement du Tribunal, Ban Ki-moon a rappelé que le Conseil de sécurité a fixé la contribution du Liban à 49% et celle de la communauté internationale à 51%.  Le Secrétaire général s’est gardé d’émettre un quelconque avis juridique sur les mandats d’arrêts lancés par la justice syrienne contre 33 personnalités libanaises, arabes et étrangères.  Il a dit espérer que la visite du Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, prévue à la mi-octobre à Beyrouth, contribuera à la paix dans la région.


Le Secrétaire général a confié qu’il s’est entretenu ce matin-même avec la chef de l’opposition israélienne, Tzipi Livni.  Il a exhorté Israël à rétablir le gel des colonies, conformément à la Feuille de route et a lancé un appel urgent aux dirigeants arabes, réunis cette semaine à Syrte, en Libye, pour qu’ils laissent la porte ouverte et soutiennent le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.


La conférence de presse a aussi porté sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, les changements climatiques, la Somalie, le Myanmar et le Jammu-et-Cachemire.


Le Secrétaire général s’est, une nouvelle fois, réjoui du succès du Sommet sur les OMD, organisé en septembre dernier.  Il s’est félicité du soutien des États Membres à sa Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants qui a reçu plus de 40 milliards de dollars de « promesses fermes » de contributions. 


Pour le développement, le prochain test sera le Sommet du G-20 à Séoul dans six semaines, a-t-il poursuivi, en rappelant que le Président de l’Assemblée générale a prévu de tenir ce mois-ci, une réunion spéciale, en prévision du Sommet.


Quant à la future Conférence de Cancún sur les changements climatiques et l’échec qui se dessinerait à la réunion préparatoire de Tianjin en Chine, Ban Ki-moon a estimé qu’il ne faut pas préjuger des négociations en cours. 


On peut ne pas avoir un accord juridiquement contraignant à Cancún mais tout porte à croire qu’on peut espérer un accord dans certains domaines, a dit le Secrétaire général, en citant le financement, la réduction des émissions liées à la déforestation, l’adaptation, le transfert des technologies et le renforcement des capacités.


Concernant la situation en Somalie, M. Ban a déclaré qu’il s’agit d’un dossier prioritaire.  Nous devons accorder notre soutien politique et financier au Gouvernement de transition, a-t-il considéré.  Il a exprimé son intention de multiplier les visites des hauts responsables du Bureau politique des Nations Unies dans le pays (UNPOS) et d’essayer d’y installer du personnel de façon permanente, en particulier à Mogadiscio et dans le Puntland et le Somaliland. 


Au sujet du Myanmar, le Secrétaire général a indiqué qu’il a toujours transmis le même message, à savoir que les élections du 7 novembre, les premières organisées dans le pays depuis 20 ans, soient « transparentes, crédibles et ouvertes à tous » et qu’elles s’accompagnent de la libération de tous les prisonniers politiques.


Quant à une éventuelle mission de bons offices au Jammu-et-Cachemire, le Secrétaire général a, après avoir regretté la mort de 110 personnes dans les dernières violences, souligné qu’une telle mission se fait toujours à la demande des parties concernées. 


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