09/08/2010
Secrétaire général
SG/SM/13051

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CONFÉRENCE DE PRESSE MENSUELLE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

DES NATIONS UNIES, M. BAN KI-MOON


Lors de sa conférence de presse mensuelle qu’il a donnée aujourd’hui au Siège de l’ONU, à New York, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a annoncé la création du Groupe de haut niveau sur la viabilité de l’environnement mondial. 


Ce Groupe, coprésidé par la Présidente de la Finlande, Mme Tarja Halonen, et le Président de l’Afrique du Sud, M. Jacob Zuma, aura pour mission de réfléchir aux moyens « de sortir les gens de la pauvreté tout en respectant et préservant le climat et les systèmes naturels dont nous dépendons », a-t-il précisé.


« J’ai demandé au Groupe de voir les choses en grand », a indiqué M. Ban, qui a estimé que « le temps de la pensée étroite » était révolu.  Soulignant la nécessité de promouvoir une croissance économique qui consomme peu de carbone et de renforcer la résistance aux effets des changements climatiques, le Secrétaire général a dit attendre du Groupe des réponses concrètes pour permettre, aux plans institutionnel et financier, de traduire en actes les initiatives en faveur d’un futur viable pour tous. 


M. Ban a indiqué que le Groupe lui remettra son premier rapport d’étape à la fin 2011, « à temps pour alimenter les processus intergouvernementaux clefs, comme la Conférence de l’ONU sur le développement durable, qui aura lieu à Rio en 2012, ainsi que les sessions annuelles de la Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ». 


Répondant aux questions des journalistes sur le climat, le Secrétaire général a reconnu qu’il serait peu probable qu’un accord international juridiquement contraignant soit trouvé cette année.  « Pour autant, la position de l’ONU à l’égard de cette question ne doit pas varier: la question des changements climatiques demeure une priorité de l’Organisation et une priorité personnelle, comme le montre la création du Groupe », a souligné M. Ban. 


Évoquant la prochaine Conférence de l’ONU sur le réchauffement climatique, qui se tiendra à Cancún, au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre 2010, le Secrétaire général a souhaité qu’elle soit l’occasion « d’avancer de manière concrète sur les points clefs que sont l’adaptation, le financement, le renforcement des capacités, le transfert des technologies et le reboisement ».  Pour M. Ban, les parties prenantes aux négociations doivent œuvrer à la restauration de la confiance entre pays en développement et pays développés.  « Le fossé doit être comblé en matière technologique », a-t-il insisté, rappelant qu’à Copenhague, les États Membres s’étaient fixés comme objectif de consacrer 100 milliards de dollars aux mesures d’adaptation jusqu’en 2020.  « Pour couvrir les besoins immédiats, les pays en développement doivent disposer de 30 milliards de dollars pour faire face à l’impact du réchauffement climatique », a-t-il ajouté. 


Le Secrétaire général a ensuite abordé divers points d’actualité. 


Il a d’abord confié avoir été « extrêmement bouleversé » en participant, au Japon, aux cérémonies commémoratives du soixante-cinquième anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.  Commentant ses rencontres avec des survivants, il a déclaré avoir été inspiré par leur courage et leur force devant des souffrances « qui dépassent l’imagination ». 


M. Ban a expliqué que cette participation « historique » -la première du genre effectuée par un Secrétaire général de l’ONU- avait renforcé sa détermination à travailler avec tous les États Membres à l’édification d’un monde sans armes nucléaires.  Il a ainsi annoncé la tenue, le 24 septembre prochain au Siège de l’ONU, d’une réunion de haut niveau sur le désarmement.  Cet évènement, a-t-il précisé, aura pour thème principal la revitalisation de la Conférence du désarmement et l’intensification des efforts en faveur d’un traité d’interdiction de production des matières fissiles à des fins militaires. 


Répondant aux questions des journalistes, M. Ban a précisé que la réunion du 24 septembre sera ouverte à tous les États Membres et ne sera donc pas limitée aux seuls membres de la Conférence du désarmement.  Cette réunion de haut niveau, a-t-il dit, s’inscrira à la suite « du discours de Prague du Président Obama, de la réunion des chefs d’État et de gouvernement des membres du Conseil de sécurité de l’an dernier sur le désarmement nucléaire et du Sommet de Washington sur la sécurité nucléaire ».  Autant d’évènements « sans précédent » qui devraient, selon lui, nourrir la réflexion des dirigeants du monde lors du prochain Sommet des chefs d’État sur la dénucléarisation devant se tenir en 2012, à Séoul.


Concernant la situation au Proche-Orient, le Secrétaire général a fait savoir qu’il rencontrera, demain, les membres de la «  Commission chargée d’enquêter » sur l’incident de la flottille se dirigeant vers Gaza, survenu le 31 mai dernier.  Saluant « l’esprit d’engagement constructif » qui a permis la création « sans précédent » de cette « Commission », il s’est dit confiant que l’initiative contribuera à instaurer la stabilité dans la région. 


Aux journalistes qui lui demandaient de confirmer que les membres de la « Commission » ne pourront pas interroger des membres de l’armée israélienne, M. Ban s’est contenté de répondre que la « Commission » s’acquittera de son mandat « en toute transparence, conformément à la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 1er  juin 2010 ».  Il a également assuré qu’il n’y avait eu « aucun accord préalable entre l’ONU et le Gouvernement israélien » sur les conditions dans lesquelles doit être menée l’enquête sur la flottille.  « Cette Commission n’a pas seulement pour mandat d’établir les faits en tenant compte du contexte dans lequel ils se sont produits, mais aussi d’éviter que d’autres incidents de ce type ne se reproduisent », a-t-il tenu à souligner. 


Pour ce qui est de la situation au Liban, M. Ban a assuré que les actions de la Force intérimaire des Nations Unies dans le pays (FINUL) avaient permis de réduire les tensions et de rétablir le calme.  « Lorsque l’enquête de la FINUL sur les circonstances qui ont conduit à l’échange de tirs entre les Forces armées libanaises et les Forces de défense israéliennes sera achevée, nous ferons un exposé devant les membres du Conseil de sécurité sur les conclusions de l’enquête», a-t-il dit.


S’agissant du Darfour, M. Ban a indiqué que la situation en matière de sécurité continuait à se détériorer.  « Nous avons régulièrement exhorté le Gouvernement du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) de s’abstenir de toute violence et de retourner à la table des négociations, et nous continuerons d’agir de la sorte », a-t-il assuré.  Il a aussi indiqué que son Représentant spécial, M. Ibrahim Gambari, travaillait en étroite collaboration avec le Gouvernement soudanais à réduire les tensions dans le camp de personnes déplacées de Kalma et que les Nations Unies insistaient auprès du Gouvernement de poursuivre les auteurs d’attaques contre l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).


Pour ce qui est du Myanmar, le Secrétaire général a fait observer que son Conseiller spécial et lui-même poursuivaient leurs efforts de rapprochement avec les autorités du pays.  M. Ban s’est dit préoccupé par l’absence de coopération des autorités concernant la tenue des élections dans le courant de l’année et exprimé sa frustration.  Il a qualifié l’attitude du Gouvernement du Myanmar « d’occasion perdue » pour le pays.  Le Secrétaire général a fait savoir qu’il était sur le point de finaliser son rapport annuel sur le Myanmar, qu’il transmettra ensuite à l’Assemblée générale. 


M. Ban s’est par ailleurs dit choqué par le meurtre de 10 médecins dans le Badakhshan, en Afghanistan.  Après avoir condamné « ce crime grave », il a souligné que les membres du personnel de santé doivent avoir accès aux populations dans le besoin, sans avoir à craindre pour leur vie.  Il a rappelé qu’en vertu du droit international, le personnel de santé doit être protégé dans l’exercice de sa mission « nécessaire pour la survie des personnes ». 


Passant ensuite à la situation au Pakistan résultant des récentes inondations, le Secrétaire général a indiqué que les conséquences dévastatrices de cette catastrophe naturelle dépassaient largement celles du tremblement de terre de 2005.  Il a expliqué que son Envoyé spécial, M. Jean-Maurice Ripert, se trouvait actuellement aux côtés des autorités pakistanaises pour évaluer les besoins et mobiliser l’aide.  M. Ban a ajouté que l’ONU fournissait déjà de la nourriture, des abris, de l’eau potable et des médicaments.  « Nous prendrons bientôt des mesures pour faire face à cette situation d’urgence et nous allons lancer un appel à des contributions de plusieurs centaines de millions de dollars », a-t-il annoncé, demandant aux bailleurs de fonds d’appuyer les efforts du Pakistan en cette période difficile. 


M. Ban a dit un mot sur le retour d’une présence limitée de l’ONU en Somalie au cours des 60 prochains jours.  Il a notamment expliqué qu’un retour à Mogadiscio, la capitale somalienne, au moment où la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), dotée de 8 000 personnes, a atteint sa pleine capacité, dépendra de la situation sécuritaire. 


Le Secrétaire général a, enfin, répondu aux questions sur le rapport de fin de mandat établi par l’ancienne Secrétaire générale adjointe au Bureau des services de contrôle interne (BSCI), Mme Inga-Britt Ahlenius.  « Si un collègue au sein du Secrétariat me reproche mon manque d’éthique, je trouverai cela tout à fait injuste », a-t-il notamment déclaré.  Défendant son action en matière de renforcement de la transparence et des capacités d’enquête de l’ONU, M. Ban a notamment rappelé qu’il avait été le « premier à imposer un niveau aussi élevé de responsabilité » aux Nations Unies. 


Cet effort, a-t-il ajouté, doit s’appliquer à tous les fonds et programmes de l’Organisation ainsi qu’aux institutions spécialisées qui y sont rattachées.  M. Ban a également indiqué qu’il trouvait difficile d’accepter les attaques de Mme Ahlenius alors qu’il avait accordé « au BSCI une entière indépendance ».  « Je sais que l’on ne peut pas plaire à tout le monde, mais je sais aussi que j’agis toujours de manière raisonnable, claire et concrète », s’est défendu le Secrétaire général, qui a assuré n’avoir jamais entravé la marge de manœuvre du BSCI et respecté, au contraire, les processus de sélection des membres du personnel de l’Organisation. 


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