26/05/2010
Secrétaire général
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BAN KI-MOON INVITE LE CONSEIL DE SECURITÉ À INTEGRER DAVANTAGE LE DIALOGUE INTERCULTUREL

À SES EFFORTS DE MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SECURITÉ INTERNATIONALES


On trouvera ci-après le texte de la déclaration prononcée par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, lors de la séance du Conseil de sécurité sur le « dialogue entre les cultures au service de la paix et de la sécurité », le 26 mai:


Monsieur le Premier Ministre, c’est pour moi un grand plaisir que de vous accueillir au Siège de l’Organisation des Nations Unies.  Puisqu’il s’agit de votre première visite à l’ONU en votre qualité de Premier Ministre du Liban, je saisis l’occasion pour vous souhaiter plein succès et espérer que, sous votre direction, fleuriront la paix et la stabilité.  Je souhaite également la bienvenue, au Conseil de sécurité, au Ministre adjoint des affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni, M. Alistair Burt.


Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir profité de la présidence libanaise du Conseil de sécurité pour organiser cette séance sur le dialogue entre les cultures.  Cette question est d’importance pour le Liban et pour tous les États Membres et son examen est tout particulièrement d’actualité aujourd’hui, à la veille du troisième Forum de l’Alliance des civilisations, qui débute jeudi à Rio de Janeiro, où je me rends directement à l’issue de la présente séance.  Je salue de nouveau l’impulsion donnée à cet égard par les initiateurs de l’Alliance, la Turquie et l’Espagne, et je remercie également le Gouvernement brésilien d’accueillir ce forum.


L’Alliance bénéficie d’un appui de plus en plus important.  Nous venons d’en accueillir le centième membre, les États-Unis.  J’espère qu’elle va continuer de s’élargir et d’élargir ses activités.  Il s’agit d’une bonne initiative, prise au bon moment.  Notre monde évolue rapidement et les changements qu’il connaît sont imprévisibles.  Nous nous rapprochons de plus en plus, par les migrations, le commerce et les technologies.  Cependant, par certains aspects, nous nous éloignons également de plus en plus.  Non seulement les contacts entre pays se multiplient mais, au sein de chacun d’entre eux aussi, ils deviennent sans cesse plus divers et multiculturels.


Beaucoup de gens applaudissent à cet enrichissement; mais pour d’autres, il peut être déconcertant et inquiétant: les problèmes locaux peuvent facilement franchir les frontières nationales et régionales; de même, les solutions locales peuvent être partagées et encourager des changements ailleurs.  Cela démontre la nécessité de ménager une place à la coopération et de renforcer la compréhension et le respect mutuels, et ce, non pas pour nous donner bonne conscience, mais parce que c’est indispensable pour assurer la paix et la sécurité au sens le plus large.


Le dialogue peut désamorcer les tensions et empêcher que des situations ne se dégradent.  Il peut favoriser la réconciliation au lendemain d’un conflit.  Il peut permettre d’entendre des points de vue pondérés dans des débats polarisés.  À une époque où les préjugés et la haine ne sont que trop répandus, où les extrémistes jouent sur la provocation et les réflexes identitaires pour recruter de nouveaux membres et où les politiciens se servent de la division comme d’une stratégie pour remporter des élections, le dialogue peut être un antidote.  Le dialogue est une force dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits.  Il peut contribuer à la consolidation de la paix.  Il peut nous faire prendre la direction d’une coexistence pacifique, le projet humain fondamental.


Mais pour cela, des efforts doivent être déployés à de nombreux niveaux.  Il faut protéger la diversité culturelle, un droit de l’homme fondamental consacré par de nombreux instruments juridiquement contraignants.  Il y a tout juste cinq jours, à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, sept rapporteurs sur les droits de l’homme ont publié une déclaration conjointe dans laquelle ils appellent les États à assumer la responsabilité qui leur incombe en vertu du droit international de créer un environnement propice à l’exercice des droits culturels, y compris les droits des minorités ethniques, religieuses et linguistiques et des peuples autochtones.


L’éducation doit également être une priorité.  Savoir, c’est pouvoir, dit-on.  Nous devons renforcer les systèmes éducatifs afin que les jeunes puissent tirer parti de la diversité culturelle et ne se laissent pas abuser par ceux qui exploitent les différences.  Cela est d’autant plus nécessaire que les technologies de l’information et de la communication sont de plus en plus omniprésentes.  Nous devons aussi agir sur tous les plans pour trouver des solutions; les autorités locales, la société civile, les médias, les jeunes meneurs d’opinion et bien d’autres acteurs doivent être mis à contribution: nous sommes tous responsables.


L’Assemblée générale a proclamé 2010 Année internationale du rapprochement des cultures.  De nombreux sommets et initiatives louables ont également tenté de surmonter les clivages mondiaux.  Nous nous souvenons tous de la réunion de haut niveau sur la culture de la paix organisée il y a deux ans à l’Assemblée générale,à l’initiative du Gardien des deux saintes mosquées, le Roi Abdullah Bin Abdul Aziz d’Arabie saoudite.  Nous reconnaissons tous l’importance du dialogue entre les cultures et des valeurs communes liées à la paix et à la sécurité.


Le Conseil de sécurité, en particulier, doit maintenant s’atteler à assurer le suivi du débat d’aujourd’hui en intégrant davantage le dialogue interculturel à ses efforts dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Beaucoup de membres du Conseil ont été confrontés aux problèmes que peuvent entraîner les tensions entre les cultures et le sentiment d’injustice, mais ils connaissent également bien les effets positifs du dialogue et la grande force que la diversité confère.  J’appelle les membres du Conseil de sécurité à s’appuyer davantage sur ces expériences et à partager les enseignements qu’ils en ont tirés.  Le dialogue entre les cultures constitue un important outil de la palette diplomatique.  J’invite instamment les membres du Conseil à en faire un plus grand usage.


Je remercie une nouvelle fois le Premier Ministre libanais, M. Hariri, d’avoir attiré notre attention sur ce travail nécessaire.


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