18/02/2010
Secrétaire général
SG/SM/12755
IHA/1278

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LA TRAGÉDIE DU TREMBLEMENT DE TERRE PEUT ÊTRE L’OCCASION D’INVESTIR POUR UN AVENIR MEILLEUR, ESTIME LE SECRÉTAIRE

GÉNÉRAL LORS DU LANCEMENT DE L’APPEL INSTANTANÉ RÉVISÉ EN FAVEUR D’HAÏTI


On trouvera ci-après les remarques formulées par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, lors du lancement de l’appel instantané révisé en faveur d’Haïti, à New York, le 18 février:


Je vous remercie pour votre patience et vous présente toutes mes excuses pour le retard.  Je sais que cela vous a tous occasionné de nombreux désagréments, mais j’espère pouvoir compter sur votre compréhension.


Alors que nous sommes réunis ici cet après-midi, permettez-moi de commencer par vous exprimer toute ma reconnaissance.  Monsieur le Président [Bill] Clinton [Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti], je peux dire, sans crainte d’exagérer, que votre présence parmi nous aujourd’hui nous touche profondément.  C’est un témoignage éloquent de votre engagement en faveur d’Haïti et de son peuple.  Je suis heureux de vous voir en bonne santé, débordant d’énergie, de dynamisme, comme à l’accoutumée.


Excellences, Mesdames et Messieurs, nous comptons sur vous pour nous guider avec ténacité en cette heure critique.  Représentants de la communauté internationale, je remercie ceux d’entre vous qui ont répondu si rapidement et si généreusement à cette crise.  Nous sommes particulièrement reconnaissants à ceux qui ont envoyé des troupes et des forces de police, en particulier les voisins d’Haïti dans les Caraïbes et en Amérique latine.  Merci encore pour vos efforts; grâce à la MINUSTAH [Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti], les conditions de sécurité dans le pays sont globalement bonnes.


N’oublions pas le travail remarquable accompli par le Président [René] Préval et le Gouvernement haïtien pour faire face à cette catastrophe.  Malgré les terribles pertes, malgré les difficultés extraordinaires, le Gouvernement s’est relevé.  Nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec le Premier Ministre [Jean-Max] Bellerive pour engager Haïti sur la voie du redressement.


Enfin, au peuple d’Haïti, qui, malgré les nombreuses pertes en vies humaines, la destruction des foyers et des moyens de subsistance, fait preuve de détermination, de patience et de solidarité dans un climat de détresse à peine concevable, nous disons une fois de plus que nous sommes à ses côtés.  Nous vous aiderons à redresser et à reconstruire votre pays.  C’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui.


Jour après jour, la situation humanitaire s’améliore.  Il est toutefois évident que d’importants besoins doivent encore être satisfaits.  Comme vous le savez tous, la saison des pluies va bientôt arriver.  Il faut donc donner la priorité à la construction d’abris, à l’assainissement et à la santé.  Au cours des six prochaines semaines, nous fournirons 30 000 tentes supplémentaires et suffisamment de bâches imperméables pour répondre aux besoins d’un million de personnes.  Nous établissons aussi des plans pour construire des centres d’hébergement capables de mieux résister aux tempêtes tropicales.


Un tremblement de terre de cette magnitude pose un problème particulier, en ce sens que nous devons commencer à travailler au relèvement du pays alors même que nous poursuivons les secours d’urgence.  Avant que la catastrophe du mois dernier ne dévaste le pays, nous avions un plan pour assurer le développement et la reconstruction d’Haïti à long terme.  Désormais, notre défi consiste à reformuler ce plan pour aider les Haïtiens à reconstruire « en mieux ».


Si nous nous y prenons bien, nous pouvons profiter de cette tragédie comme d’une occasion; l’occasion de « réinventer Haïti », comme l’a dit le Président Clinton, l’occasion de transformer l’aide internationale en investissements pour offrir à Haïti et à son peuple un avenir meilleur.  Pour mener à bien cette mission d’importance vitale, nous avons besoin de votre soutien indéfectible.


J’ai le plaisir de vous faire savoir que l’appel instantané lancé le 15 janvier pour mobiliser 570 millions de dollars a été intégralement financé, les promesses de dons ayant même dépassé cette somme de plus de 41 millions de dollars.  Toutefois, pour poursuivre notre action, nous devons une nouvelle fois laisser parler notre cœur et faire preuve de générosité, de solidarité et de compassion.


Aujourd’hui, nous faisons appel à la communauté internationale pour mobiliser 1,4 milliard de dollars sous forme d’aide humanitaire et d’assistance au relèvement rapide pour toute l’année à venir.  Comme ce chiffre comprend les 600 millions de dollars et quelques déjà recueillis pour six mois grâce au présent appel instantané, les besoins restant à couvrir s’élèvent à 768 millions de dollars.  Cette somme est destinée à financer les ressources qui continuent à être nécessaires au titre des secours d’urgence, mais c’est beaucoup plus que cela.  Il s’agit d’aider à bâtir les fondations qui permettront à Haïti de se redresser et de se reconstruire.


Nous avons besoin de fonds pour le programme des Nations Unies « travail contre rémunération », programme que nous avons mis en place pour aider les Haïtiens à reconstruire Haïti.  Chaque jour, nous permettons à plus de 75 000 personnes de travailler et nous espérons accroître ce chiffre de façon notable.  En rémunérant les Haïtiens pour leur travail, nous mettons de l’argent entre leurs mains, ce qui servira à nourrir des familles, à faire repartir l’économie et à offrir une sécurité matérielle et un filet de protection sociale.


Nous avons aussi besoin d’argent pour les programmes de santé, les hôpitaux, les écoles et l’agriculture.  Comme je l’ai dit, nous avons des plans pour permettre à Haïti de se développer sur le long terme.  Avec la détermination et la vision nécessaires, nous pouvons aider le pays à se reconstruire « en mieux ».


Le Président Clinton n’a épargné aucun effort pour coordonner les secours internationaux et les travaux de reconstruction, travaillant main dans la main avec le Gouvernement haïtien et la Mission des Nations Unies à Port-au-Prince.


Nous avons une dette incommensurable envers le personnel des Nations Unies, qui a tant donné malgré les lourdes pertes qu’il a lui-même subies.  À présent, c’est à nous tous d’aider le Gouvernement haïtien et de permettre à son peuple de prendre un nouveau départ.


J’aimerais de nouveau vous remercier, Monsieur le Président, pour l’esprit d’initiative dont vous avez fait preuve.  Je vous souhaite beaucoup de succès à venir et de rester en bonne santé.  Merci d’avoir été présent aujourd’hui.


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