04/11/2010
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Commémoration de la Journée

mondiale d’alimentation 2010

Matin


M. BAN KI-MOON SOUHAITE QUE CHAQUE ANNÉE, LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

SOIT CÉLÉBRÉE DANS UN MONDE QUI COMPTE MOINS DE PERSONNES SOUFFRANT DE LA FAIM


« En travaillant ensemble, nous pouvons commémorer chaque année la Journée mondiale de l’alimentation dans un monde qui compte à chaque fois moins de personnes souffrant de la faim, jusqu’à ce que nous atteignions la sécurité alimentaire pour tous », a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la célébration à New York de la Journée mondiale de l’alimentation.


Chaque année depuis 1981, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) célèbre la Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre, jour anniversaire de la fondation de l’Organisation en 1945.  Les célébrations s’étalent en réalité sur une période plus longue.  Après une série d’événements organisés depuis le 8 octobre dans différents endroits, la célébration de New York a réuni, outre le Secrétaire général et le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf; le Président de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss; le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. Hamidon Ali; la Vice-Présidente du Fonds international de développement agricole (FIDA), Mme Yukiko Omura; et le Directeur du bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) à New York, M. Pedro Medrano.  En outre, étaient également présents Mme Justine Pasek, Ambassadrice de bonne volonté de la FAO et Miss Univers 2002, ainsi que le guitariste virtuose brésilien Marcos Vinicius.


Après avoir entendu M. Ban, tous les dirigeants se sont félicités que le nombre des personnes souffrant chroniquement de la faim dans le monde, qui avait atteint un milliard l’an dernier, soit redescendu à 925 millions cette année, selon les chiffres publiés cet automne par la FAO.  Mais ils ont également jugé inacceptable que ces personnes se voient ainsi dénier un droit de l’homme fondamental.  Alors que Mme Pasek faisait remarquer que toutes les huit secondes un enfant mourait de faim dans le monde, M. Deiss a rappelé que la tendance actuelle à la baisse « n’est pas consolidée » et que « le risque de crise alimentaire est toujours là ».  M. Ali a, quant à lui, constaté que tous les pays, grands ou petits, riches ou pauvres, avaient été frappés par la récession mondiale et que, malgré les récents progrès, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde restait, à la fin de 2010, plus élevé qu’avant les crises alimentaire et financière. 


Rappelant le récent Sommet des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Président de l’Assemblée générale a réaffirmé que la promesse faite en 2000 d’éradiquer la pauvreté et la faim serait tenue.  Parlant de « devoir moral », il a ajouté: « Nous avons le savoir-faire et les moyens de réussir, nous pouvons le faire ».  L’ensemble des mesures à prendre a déjà été identifié dans la déclaration adoptée à l’issue du Sommet de Rome de la FAO en 2009, a précisé M. Deiss, qui a répété: « Nous savons ce qu’il faut faire, nous voulons le faire et il faut le faire, sans délai ».  Il a ensuite appelé les institutions publiques, la société civile et le secteur privé à établir un authentique partenariat pour faire front commun contre la faim et la malnutrition, en étant « unis contre la faim », slogan de la campagne menée par la FAO à l’occasion de cette Journée mondiale.


M. Medrano a, pour sa part, dénoncé « l’absence de volonté politique ou d’imagination, mais plus encore l’absence d’espoir ».  Il a cité a contrario le cas du Cap-Vert.  Rappelant que certains avaient estimé qu’il ne pourrait pas devenir indépendant du fait de son absence de ressources, le Directeur du bureau du PAM à New York a fait observer que ce pays est aujourd’hui en passe de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Comme Mme Pasek, qui a parlé d’un « problème d’accès et non de disponibilité », M. Medrano a affirmé que « ce n’est pas l’absence de moyens » qui fait que tant d’adultes et d’enfants se couchent, le soir, en ayant faim.  Il a réclamé des politiques qui assurent les filets de sécurité sociaux, permettent de fournir des tickets d’alimentation ou d’utiliser les aliments produits localement.  Il a aussi rappelé qu’éliminer la faim et la malnutrition était « dans notre intérêt car ces conditions favorisent l’instabilité, y compris politique et les conflits ». 


Le Secrétaire général a estimé que l’approche globale de la campagne « Unis contre la faim » correspondait exactement à l’approche privilégiée par l’Équipe spéciale de haut niveau sur la crise mondiale de la sécurité.  Il a aussi rappelé que le Comité sur la sécurité alimentaire avait été réformé l’an passé pour donner plus de voix aux organisations de paysans, centres de recherche et groupes de la société civile qui, a-t-il ajouté, ne sont pas de simples observateurs mais des participants actifs.


Ce Comité est devenu le « forum le plus inclusif sur la sécurité alimentaire » depuis la réforme de sa composition, a estimé M. Diouf.  Le Directeur général de la FAO a insisté sur le fait que la situation dramatique actuelle était le résultat de la négligence dont a été victime l’agriculture dans le cadre des politiques de développement du dernier quart de siècle, qui a entraîné un sous-investissement dans le secteur agricole, surtout dans les pays en développement.  La part du financement de l’agriculture dans l’aide publique au développement avait ainsi chuté de 19% en 1980 à 3% en 2006, avant de remonter à  environ 6% aujourd’hui, a-t-il rappelé.  Le Directeur général de la FAO a également mentionné le fait que plus de 100 pays avaient besoin d’une assistance alimentaire d’urgence et que 20 se trouvaient en situation de crise alimentaire, avant de s’en prendre aux biocarburants, affirmant que 100 millions de tonnes de céréales étaient détournées chaque année de la consommation humaine au profit de ces derniers.  Il faudra augmenter la production agricole mondiale de 70% et la doubler dans les pays en développement, pour nourrir les 9,1 milliards d’êtres humains que comptera la planète en 2050, avec une croissance qui se fera essentiellement dans les pays en développement, a fait remarquer M. Diouf.


Face à l’instabilité accrue des marchés agricoles, à la volatilité croissante des prix qui a des effets directs sur les investissements des producteurs et sur le niveau de vie des consommateurs pauvres, le Directeur général de la FAO a demandé la création de mécanismes de régulation des marchés et des prix, afin de garantir la qualité de la production et la sécurité alimentaire des consommateurs.  Le travail de la FAO montre que la planète peut se nourrir à condition que des actions complètes et ciblées soient prises aujourd’hui, a affirmé M. Diouf, qui a insisté sur la nécessité d’accorder la priorité aux petits cultivateurs des pays à faible revenus. 


Trop longtemps négligés, ces petits agriculteurs représentent 80% de la production alimentaire dans les pays en développement, a renchéri Mme Omura, qui a estimé que « sans eux, nous ne pouvons nourrir le monde ».  La Vice-Présidente du FIDA a dit sa crainte que, faute d’une mobilisation immédiate des ressources tant que la crise alimentaire de 2008 est dans les mémoires, la faim soit de nouveau négligée et « redevienne ce qu’elle a longtemps été: une crise urgente permanente ».  Pour réduire l’extrême pauvreté et la faim -Objectif du Millénaire numéro un-, il faut mettre au point une stratégie alimentaire mondiale qui permette à ces petits producteurs des pays en développement d’être plus productifs et de préserver leur vie, leur donner un accès plus rapide aux intrants, à l’eau, aux technologies modernes, à la formation et au crédit, ainsi qu’aux marchés, où qu’ils se trouvent.  Mme Omura a cité différents exemples de réussites basées sur ces principes, du Pérou à l’Érythrée.  M. Deiss a prôné un soutien approprié aux femmes rurales, dont il a rappelé le rôle déterminant à tous les stades de la production agricole, et a rappelé qu’il fallait aussi tenir compte de l’environnement et des conséquences des changements climatiques.


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