23/11/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA DIRECTRICE EXÉCUTIVE D’ONU-FEMMES, MICHELLE BACHELET, À L’OCCASION

DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE À L’ÉGARD DES FEMMES


Malgré les progrès accomplis en matière de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des jeunes filles, « il reste encore beaucoup à faire », a prévenu Mme Michelle Bachelet, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive d’ONU-Femmes, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au Siège de l’ONU, à New York. 


Le thème de cette année souligne le rôle que peuvent jouer les entreprises pour mettre fin aux violences faites aux femmes, ainsi que pour protéger les femmes et les filles et promouvoir leur autonomisation et leurs droits, a-t-elle souligné.


« Jusqu’à 70% des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie », a déclaré la Directrice exécutive d’ONU-Femmes.  Elle a rappelé, que dans le monde entier, une femme sur cinq est victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.  En Afrique, plus de trois millions de femmes subissent chaque année des mutilations génitales.  La violence à l’égard des femmes constitue une violation des droits de l’homme et une menace contre le principe de l’égalité des sexes.  Il s’agit aussi d’une entrave à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-elle prévenu.


Mme Bachelet a insisté sur l’importance du Fonds d’affectation spéciale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, précisant qu’il était alimenté par des contributions versées par des gouvernements, le secteur privé, des organisations à but non lucratif et des individus sensibilisés à ce problème.  La campagne menée par le Secrétaire général des Nations Unies, « Tous UNIS pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes », s’est fixée pour objectif d’obtenir pour le Fonds, d’ici à 2015, 100 millions de dollars par an.


Présente également à la Conférence de presse, Mme Sharon D’Agostino, Vice- Présidente pour les contributions des entreprises, de l’entreprise américaine « Johnson & Johnson », a évoqué la contribution du secteur privé dans l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  « Notre entreprise veut aider chaque année plus 120 millions de femmes et d’enfants dans les pays en développement grâce à une collaboration de cinq ans avec l’ONU », a-t-elle expliqué.  L’initiative prévoit des traitements contre plusieurs maladies, des campagnes d’information sur la santé pour les femmes enceintes, ainsi que la recherche et le développement de nouveaux médicaments pour le VIH/sida et la tuberculose.


La représentante de l’Organisation zambienne « Equality Now (Égalité maintenant) », Mme Shupe Makashinyi, a estimé que le travail de son organisation serait « impossible » sans le Fonds d’affectation spéciale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  Equality Now, qui travaille avec plusieurs organisations de la société civile en Zambie, vient notamment en aide aux femmes et aux jeunes filles victimes de violence.


Mme Makashinyi a évoqué le cas de la famille d’une adolescente de 13 ans, victime d’abus sexuel, qui a poursuivi son professeur, son école et le Ministère zambien de l’éducation.  Pour la première fois, s’est-elle félicitée, la justice zambienne a accordé réparation à la jeune victime. 


Répondant à la question d’un journaliste au sujet de la présence de l’Arabie saoudite au sein du Conseil d’administration d’ONU-Femmes au titre de pays membre bailleur de fonds, Mme Bachelet a assuré qu’elle allait travailler avec tous les États Membres afin de faire avancer l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  Nommée le 14 septembre dernier à la tête d’ONU-Femmes, l’ancienne Présidente du Chili dirigera cette nouvelle entité à partir de janvier 2011, date à laquelle elle sera opérationnelle.  Avant cette date, elle s’attachera à la préparation des dossiers prioritaires, a-t-elle précisé.


En 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies a fixé au 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  Depuis 1981, les défenseurs des droits des femmes célèbrent une journée contre la violence sexiste le 25 novembre.  En effet, c’est le 25 novembre 1960, en République dominicaine, que furent sauvagement assassinées les trois sœurs Mirabal, opposantes politiques, sur les ordres du dictateur Rafael Trujillo (1930-1961).


Les gouvernements, les organisations internationales et les ONG sont invités à organiser des activités durant cette journée pour sensibiliser le grand public au problème de la violence à l’égard des femmes.  La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes marque également le début des 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste, jusqu’au 10 décembre, date à laquelle est célébrée la Journée des droits de l’homme.


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