16/09/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

C ONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. BAN KI-MOON, SUR LE RAPPORT DU GROUPE DE RÉFLEXION SUR LE RETARD PRIS DANS LA RÉALISATION DES OMD


Face aux retards considérables qui, à cinq ans à peine de la date butoir de 2015, subsistent dans la réalisation du huitième Objectif du Millénaire, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a exhorté, ce matin, lors d’une conférence de presse, les dirigeants du monde à « renouveler leur engagement en faveur du partenariat mondial pour le développement ».


Même si « les déficits sont sérieux, il ne faut pas se laisser impressionner par eux », a déclaré le Secrétaire général, qui présentait à la presse le rapport* du Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Malgré les revers, les lacunes et les obstacles, nous avons les outils et les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs d'ici à 2015 », a-t-il ajouté.


Selon M. Ban, le rapport « dresse un tableau qui devrait motiver les dirigeants du monde à agir de toute urgence » lors du Sommet sur les OMD, du 20 au 22 septembre au Siège des Nations Unies à New York.


Lors du Sommet du Millénaire en 2000, les dirigeants du monde s’étaient engagés à « créer un environnement, aussi bien au niveau national que mondial, favorable au développement et à l’élimination de la pauvreté ».


« En investissant dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, nous investissons dans la croissance économique mondiale », a assuré le Secrétaire général, notant que la reprise économique mondiale dépendait de la croissance dans les pays en développement.  «  En se concentrant sur les besoins des plus vulnérables, nous jetons les bases d’un avenir plus durable et plus prospère. »


Le rapport a été rédigé par le Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des OMD, créé en 2007 par le Secrétaire général pour évaluer les progrès du partenariat mondial pour le développement, le huitième objectif du Millénaire pour le développement.


Dans ce rapport, le Groupe, coprésidé par le  Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)  et le Département des affaires économiques et sociales (DAES), et qui réunit plus de 20 institutions des Nations Unies, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), souligne que l’insuffisance des fonds destinés à des mesures visant à combattre la pauvreté et à relever les niveaux de vie met en danger la réalisation des OMD.


Les auteurs du rapport observent en outre que si la transparence s’est améliorée en matière d’aide, il reste nécessaire de poursuivre les efforts de responsabilisation mutuelle en vue de garantir l’efficacité de l’aide publique au développement (APD).


Le rapport, a expliqué le Secrétaire général, « met largement et nécessairement l'accent sur l'impact de la crise économique mondiale ».  «  Il montre que la perturbation a provoqué des déficits sur l’aide, le commerce et la dette, et sur un accès abordable aux médicaments et aux technologies. »


Ainsi, a poursuivi M. Ban, si les flux d’APD ont atteint la somme inégalée de 120 milliards de dollars en 2009, il manque 20 milliards de dollars par rapport au niveau d’aide annuel convenu.  À l’heure actuelle, a-t-il dit, le déficit de financement pour les engagements en faveur de l'Afrique est de 80%, soit 16 milliards de dollars.  Il est « particulièrement inquiétant de constater » que l'endroit qui a le plus grand besoin d’aide est aussi « celui qui représente la part du lion du manque à gagner », a relevé le Secrétaire général.


M. Ban a en particulier souligné la nécessité de « créer des emplois et des opportunités de revenus ».  De même, « les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques doivent travailler ensemble pour rendre les médicaments abordables pour tous », tandis que le secteur privé « a un rôle évident à jouer » dans l'accès aux nouvelles technologies et la réduction de la fracture numérique.  D’importants investissements publics et privés sont nécessaires en matière de technologies de production d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique et de protection de l’environnement, a-t-il estimé.


Également présent au côté de M. Ban lors de cette conférence de presse, le Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au Département des affaires économiques et sociales,  M. Jomo Kwame Sundaram, a insisté sur le fait que les engagements relatifs à l’APD n’avaient pas été remplis dans une large mesure.  « Il y a un déficit sérieux », a-t-il confirmé, se déclarant préoccupé par les décisions récentes prises par des gouvernements de réduire leurs dépenses budgétaires, de nature à « affecter les engagements en matière d’aide publique au développement ».  Si la Belgique et le Royaume-Uni semblent, parmi d’autres, en mesure de tenir leurs engagements en augmentant leur contribution, il n’y a aucune raison pour que d’autres pays développés ne les imitent pas, a-t-il dit.


M. Olav Kjørven, Sous-Secrétaire général au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a affirmé, pour sa part, que l’accent serait placé, lors du Sommet sur les OMD, sur des situations particulières, comme les inondations au Pakistan.  L’ONU, a-t-il indiqué, effectue une évaluation de l’impact de ces inondations sur la réalisation des OMD par le Pakistan.


Enfin, M. Rob Voss, Directeur de la Division des politiques et de l’analyse du développement au Département des affaires économiques et sociales, a notamment rappelé que le rapport du Groupe mentionnait l’importance des flux d’aide entre les pays du Sud, qui se situent entre 10 et 15 milliards de dollars par an.


* www.un.org/esa/policy/mdggap


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