07/09/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNICEF ET DE LA VICE-PRÉSIDENTE EXÉCUTIVE DE « SAVE THE CHILDREN »


Lancement de rapports mettant en évidence la nécessité de cibler les enfants

les plus pauvres pour leur donner autant de chances de survie que ceux de familles plus aisées


Selon deux rapports lancés aujourd’hui par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’organisation « Save the Children », il serait possible de sauver des millions de vies chaque année en s’investissant en priorité auprès des enfants et des communautés les plus désavantagées.  Une telle approche permettrait également de s’attaquer aux disparités grandissantes qui accompagnent les progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Au cours d’une conférence de presse organisée au Siège des Nations Unies à New York,  M. Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF, a présenté une nouvelle étude intitulée « Réduire les écarts pour réaliser les objectifs », ainsi que le rapport phare de l’UNICEF, intitulé « Progrès pour les enfants: atteindre les OMD avec équité », qui se basent sur une constatation inquiétante: alors que de grands progrès sont en train d’être réalisés grâce aux efforts internationaux pour atteindre les OMD, l’écart entre les enfants des milieux les plus riches et ceux des familles les plus pauvres se creuse.


L’UNICEF a récemment examiné la situation dans 26 pays où le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 10% ou plus depuis 1990, a expliqué M. Lake.  Sur 18 d’entre eux, l’écart entre les taux de mortalité des enfants les plus avantagés et celui des enfants les plus défavorisés a augmenté ou stagné, l’écart ayant même augmenté de 10% dans 10 de ces pays.


« Les enfants pauvres des pays en développement ont deux ou trois plus de chances d’être maigres et mal nourris; ont moins de chances d’aller à l’école, et meurent plus souvent que les enfants des familles les plus riches », a-t-il précisé.  Le rapport présente les disparités qui existent non seulement entre les enfants des pays en développement, mais aussi entre enfants de pays développés, qu’ils soient de zones urbaines ou rurales.


Parmi les principales conclusions de l’étude de l’UNICEF, il apparait qu’une approche fondée sur l’égalité améliore le retour sur l’investissement, par rapport aux autres approches, et qu’elle permet d’éviter un grand nombre de décès d’enfants et de décès maternels ainsi que des épisodes de retard de croissance. 


En suivant cette approche, un investissement d’un million de dollars pour des actions destinées à diminuer la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans dans un pays à faible revenu et à mortalité élevée empêcherait 60% de plus de décès par rapport au nombre de pertes de vies que permet d’atteindre l’approche actuelle, a indiqué M. Lake.


Le rapport ne remet pas en question ce que l’UNICEF et ses partenaires ont fait jusqu’à présent, a-t-il assuré, mais il aide à trouver la meilleure façon de faire fond sur ce que l’on a déjà accompli.


Les rapports de l’UNICEF ont été publiés en même temps que celui de « Save the Children », intitulé « Une chance équitable dans la vie: pourquoi l’équité est importante pour les enfants », que Mme Carolyn Miles, Directrice générale de l’administration de « Save the Children », a présenté, alors qu’elle revient tout juste du Pakistan.  Elle a expliqué que les problèmes principaux à résoudre étaient ceux liés aux  soins prénataux et postnataux, à l’assistance professionnelle à l’accouchement, et à l’accès au traitement à moindre frais pour les principales maladies responsables de décès (pneumonie, diarrhée, paludisme).  Des millions d’enfants meurent chaque année de maladies qui pourraient être évitées, a-t-elle regretté.  Comme M. Lake, elle a souligné que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres se creusait dans des pays qui pourtant voient une baisse de leur taux de mortalité infantile.


Jugeant cette situation insupportable, Mme Miles a expliqué comment « Save the Children » prodigue des formations visant en particulier les femmes des communautés locales, afin de les doter de compétences simples qu’elles peuvent appliquer dans les régions rurales et isolées.  Cette organisation cherche aussi à rassembler les groupes communautaires et les fournisseurs de services locaux, dans le but de fournir des soins de santé pour tous.


Mme Miles a aussi précisé que les données recueillies par « Save the Children » devaient aider les gouvernements à investir aussi bien dans le sort des enfants pauvres que dans celui des enfants de milieux plus favorisés.


Répondant à une série de questions sur le Pakistan, M. Lake a indiqué que les Nations Unies et leurs partenaires faisaient des progrès dans les efforts déployés en vue d’alléger les souffrances subies par la population dans les régions affectées par les inondations.  Ayant lui aussi visité la région, il a promis le soutien du personnel de l’UNICEF aux sinistrés et a appelé la communauté internationale à fournir plus de ressources.  Des efforts sont aussi menés en vue de limiter l’étendue d’une seconde vague de maladies transmises par les eaux polluées, a-t-il ajouté.


Répondant à d’autres questions portant sur les jeunes filles qui sont mariées à un trop jeune âge, il a indiqué que, selon les données disponibles, les filles qui restent plus longtemps scolarisées ont une meilleure santé que les autres.


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