25/08/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE: LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL POUR LA RDC DÉNONCE L’AMPLEUR

DE LA TRAGÉDIE DES VIOLS COMMIS CONTRE 154 CIVILS EN RDC


Ne pouvant supporter la honte et le rejet social, de nombreuses femmes

victimes de ces abus se sont abstenues de témoigner, déplore Roger Meece


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo (RDC), M. Roger A. Meece, a fait part de sa vive émotion après l’annonce faite, hier mardi le 24 août, de viols et d’agressions sexuelles commis dans la province du Nord-Kivu par des éléments armés appartenant aux milices Maï-Maï et aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), contre au moins 154 civils innocents.  Cette attaque contre des populations civiles survenue à l'est de la République démocratique du Congo « est une tragédie particulièrement horrible en terme d’ampleur et de brutalité », s’est indigné Roger Meece. 


« Comme beaucoup, je partage le choc provoqué par cette tragédie », a déploré le Représentant spécial du Secrétaire général, qui s’adressait aujourd’hui à la presse par vidéoconférence lors du point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général.  « Les gens qui vivent dans cette zone », a-t-il dit, « sont victimes depuis des années d’une violence extrême.  Des millions de personnes sont mortes, et des millions d’autres ont été victimes de violences sexuelles », a ajouté avec consternation le Représentant spécial. 


M. Meece a souligné que la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et sa devancière, la MONUC, ont été établies en vue de démobiliser les groupes armés dans le pays, et notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).  Mais cet acte grave commis au début de ce mois d’août en RDC illustre le niveau de violence qui persiste dans l’est du pays, a estimé Roger Meece.  Il a notamment rappelé que trois Casques bleus onusiens ont été tués le 18 août dernier dans cette partie du territoire de la RDC. 


Reprenant le déroulement des faits, M. Meece a indiqué que « des mouvements des FDLR dans cette partie du pays » ont été enregistrés le 31 juillet dernier.  « Mais ceci n’avait rien d’inhabituel, et ne semblait ressembler à rien qui ait pu laisser penser au lancement d’éventuelles attaques », a-t-il dit.  Le 1er août, des informations faisaient mention de nouveaux déplacements des éléments armés Maï-Maï dans la même zone du pays, a ajouté le Représentant spécial du Secrétaire général. 


Alors que des troupes de la MONUSCO, qui patrouillent cette zone du pays, s’étaient arrêtées le 2 août à Livungu, « village où les viols ont été commis », « aucun incident n’avait alors été signalé à la Mission », a indiqué avec regret le Représentant spécial. 


Pendant quatre jours, des éléments armés Maï-Maï et ceux des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont cependant attaqué les villageois et violé au moins 154 civils congolais, dont des femmes et des enfants, à Luvungi et dans ses environs. 


« Les premiers récits faisant état de violences sexuelles n’ont été rapportés à la Mission que le 12 août », a indiqué M. Meece, soit plus de 10 jours après les faits.  Souvent, « les villageois ont peur des représailles, ou alors ils sont paralysés par un sentiment de honte après ce qu’on vient de leur faire subir, à eux-mêmes ou à leurs proches », a déploré M. Meece, en répondant à la question posée par un journaliste sur la raison qui a poussé les villageois à ne faire état d’aucun incident lors du passage de la patrouille de la MONUSCO, le 2 août.  Le Représentant spécial a indiqué qu’il était probable que des femmes se soient abstenues de parler après les viols qu’elles ont subis « pour éviter d’être rejetées par leur famille et leurs communautés ».


M. Meece a insisté sur le fait que « les quatre bases d’opérations de la MONUC, dans cette partie du pays, avaient été établies afin de faciliter la communication avec les populations locales et de garantir leur sécurité ». 


Tandis que la Mission tient des « réunions hebdomadaires avec les autorités locales » et « que des patrouilles sont déployées pour assurer la sécurité des villageois », aucune « de ces activités n’a permis de prévenir cette tragédie », a déploré le Représentant spécial.  Depuis le 12 août, les patrouilles ont été renforcées, a-t-il dit en conclusion. 


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