25/06/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL (ECOSOC)

POUR PRÉSENTER LES ENJEUX   DE LA SESSION DE FOND DE 2010


En perspective de la session de fond de 2010 du Conseil économique et social (ECOSOC), qui se tiendra au Siège de l’ONU du 28 juin au 22 juillet 2010, son Président, M. Hamidon Ali, de la Malaisie, a présenté les grandes questions à l’ordre du jour d’une session qui se concentrera sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  L’ECOSOC avait consacré sa session de l’année dernière à la santé publique.


« Nous espérons, a-t-il ajouté, que la session de cette année profitera de l’élan important donné par la Conférence Beijing +15 qui a eu lieu récemment ».  Il a assuré qu’il entendait promouvoir les engagements à long terme et partager les enseignements tirés des approches réussies en matière d’autonomisation des femmes et d’égalité des sexes, en examinant les moyens de les appliquer dans d’autres pays ou régions.


M. Ali a rappelé que le mandat de l’ECOSOC est d’améliorer la coordination des activités de l’ONU dans le domaine du développement économique et social.  Le Conseil, a-t-il dit, sert de plate-forme d’information visant à encourager l’accès de tous les acteurs du développement aux travaux du système des Nations Unies.  Au cours de cette session de fond, dans le cadre de l’Examen ministériel annuel et du Forum pour la coopération en matière de développement, des décideurs politiques, la société civile et le secteur privé examineront les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Le débat de haut niveau de 2010 se déroulera deux mois avant le Sommet sur les OMD, qui aura lieu du 20 au 22 septembre à New York, avant le débat général annuel de l’Assemblée générale.  Les discussions de la semaine prochaine seront une contribution importante de l’ECOSOC à ce Sommet, a estimé M. Ali.


Il a précisé que six pays en développement présenteront leurs exposés nationaux facultatifs (Brésil, Guatemala, République de Moldova, Mongolie, Namibie, République du Congo) pour faire état de la mise en œuvre de leurs stratégies de développement nationales, tandis que sept pays développés (Australie, États-Unis, France, Norvège, Pays-Bas, Portugal, République de Corée) présenteront leurs progrès en matière d’aide au développement.


Parallèlement à l’Examen ministériel annuel, se tiendra le Forum pour la coopération en matière de développement au cours duquel seront examinées les tendances au niveau de la coopération en matière de développement, en particulier la promotion d’une plus grande cohérence, une coopération en matière de développement à la fois responsable et transparente, et le rôle des divers types de coopération dont la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire.


« Je peux maintenant confirmer la participation à ce Forum de l’ancienne Présidente du Chili, du Secrétaire d’État pour le développement international du Royaume-Uni, du Commissaire européen au développement, et de l’actrice Geena Davis, lauréate des Oscars ».  Plus de 40 ministres venant de différentes régions du monde y participeront également, a précisé M. Ali.


Parmi les messages importants que l’ECOSOC veut faire passer, le Président a d’abord souligné l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, qui sont au cœur même de la réalisation des OMD.  La condition de la femme dans la société a des incidences directes sur le bien-être des foyers, a-t-il expliqué.  Sans une participation égale des femmes dans la société, a-t-il fait remarquer, il sera difficile d’éliminer la faim et la pauvreté, d’assurer la santé maternelle et infantile, de parvenir à l’éducation universelle, de combattre efficacement le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, et de protéger l’environnement.


Il est vital pour le développement d’un pays d’augmenter les opportunités économiques des femmes, a ajouté M. Ali, soulignant que les femmes sont des outils importants du changement.  Alors qu’elles accomplissent 66% du travail dans le monde et produisent 50% de l’alimentation, elles ne gagnent que 10% du revenu et ne possèdent que 1% des biens.  Elles représentent en outre 60% des plus pauvres dans le monde et souffrent beaucoup du chômage.  Mettre fin à la violence fondée sur le sexe devrait demeurer une des plus grandes priorités dans le monde, a-t-il dit, rappelant que cette forme de violence constitue une des violations des droits de l’homme les plus répandues.


Un des autres messages appelle à renforcer la coopération en matière de développement car, malgré les progrès enregistrés au cours de ces dernières années pour atteindre les OMD, beaucoup trop de pays sont encore en retard dans la réalisation de l’objectif du développement d’ici à 2015.  Il faut aussi renforcer la cohérence dans cette coopération en donnant la parole à tous les acteurs du développement.  Cela contribue à une plus grande efficacité de l’aide, a-t-il déclaré.


À la clôture du débat de haut niveau, l’ECOSOC adoptera une déclaration ministérielle ou une feuille de route qui présentera des recommandations sur les moyens d’avancer sur la voie des objectifs internationaux dans le domaine de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes, a indiqué M. Ali.


L’ECOSOC poursuivra ensuite sa session de fond avec des débats consacrés aux questions de coordination (6 au 8 juillet), aux questions opérationnelles (9 au 13 juillet), aux affaires humanitaires (14 et 15 juillet) et aux questions diverses (16 au 22 juillet).


Le Président a annoncé que des événements seront organisés en marge de la session de fond, et auxquels participeront la société civile, des États Membres et des experts en matière de politiques.  Le Département des affaires économiques et sociales (DESA), a-t-il ajouté, lancera une première série de débats télévisés intitulés « Face à face ».


En outre, le 30 juin 2010, le DESA, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) réuniront des experts au Siège de l’ONU pour débattre du thème « Autonomisation des femmes, coopération et culture de développement ».  Les intervenants seront Mme Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive du FNUAP; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO; Kavita Ramdas, Présidente et directrice générale du Fonds mondial pour les femmes (FMF); et M. Kwame Anthony Appiah de Princeton University.


Répondant à la presse sur la réalité des changements positifs concernant les femmes ces dernières années, M. Ali a noté que certains pays ont réussi à avoir une représentation de plus de 50% de femmes au sein de leur parlement.  « Mais les changements ne s’opèrent pas du jour au lendemain », a-t-il fait remarquer.


Le Directeur du Bureau de l’appui au Conseil économique et social et de la coordination du DESA, M. Nikhil Seth, a estimé que les progrès, tout en étant peu nombreux, étaient significatifs.  L’ONU œuvre pour la promotion et la sensibilisation sur les questions de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes.  Elle encourage ainsi les États Membres à prendre des mesures au niveau national.  « Au cours de la session de fond, nous examinerons les raisons de la lenteur des progrès », a-t-il assuré.


Des questions ont aussi porté sur le rôle de la nouvelle entité au sein de l’Organisation qui sera chargée de promouvoir les droits et la condition des femmes à travers le monde et de travailler en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes.  M. Seth a rappelé que la création de cette nouvelle entité entraîne la fusion de quatre institutions et bureaux des Nations Unies, à savoir le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), la Division pour l’avancement des femmes (DAW), le Bureau du Conseiller spécial sur les questions de genre et l’Institut des Nations Unies sur la formation et la recherche internationale pour l’avancement des femmes (UN-INSTRAW).  À ce stade, a-t-il dit, les détails de sa composition, son organisation et son fonctionnement ne sont pas encore fixés.


Les intervenants ont aussi été interrogés sur les travaux du Groupe consultatif spécial pour Haïti, qui a été créé en 1999.  M. Ali a précisé que ce Groupe examine la façon dont la communauté internationale peut mettre en œuvre son aide à long terme et de façon coordonnée.  Le Groupe présentera son rapport et ses recommandations au cours de la session de fond, a-t-il indiqué.


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