15/06/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU REPRÉSENTANT DE LA RPDC SUR LA SUITE À DONNER À L’ENQUÊTE INTERNATIONALE SUR LE NAUFRAGE D’UN NAVIRE SUD-CORÉEN


« Une guerre peut éclater à tout moment », a dit craindre aujourd’hui le Représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), en imputant ce risque aux manœuvres navales « inconscientes » de la République de Corée.


M. Sin Son Ho réaffirmait ainsi, au cours de la longue conférence de presse qu’il a donnée aujourd’hui au Siège de l’ONU à New York, le point de vue qu’il a défendu hier devant les membres du Conseil de sécurité. 


Mon pays, a-t-il dit, n’est pour rien dans le naufrage du navire sud-coréen.  Le 26 mars dernier, le navire militaire, Cheonan, a mystérieusement coulé, faisant 46 morts, alors qu’il naviguait dans les eaux territoriales sud-coréennes et au large des côtes de la RPDC.


Une enquête internationale dont les conclusions ont été rendues publiques le 22 mai dernier, a imputé l’accident à une torpille tirée d’un sous-marin nord-coréen.  La seule manière de faire toute la lumière sur cette affaire, a estimé aujourd’hui M. Sin, est d’autoriser son pays à mener sa propre enquête.


Ce sont les autorités sud-coréennes et américaines qui ont concocté cette affaire, a-t-il accusé, en jugeant qu’elle bénéficie bien aux États-Unis.  Devant une salle comble, le Représentant permanent a démonté plusieurs points de l’enquête internationale et a regretté la position de la République de Corée.


Plutôt que d’accepter la proposition de mon pays, a-t-il dit, elle a préféré saisir le Conseil de sécurité des conclusions de l’enquête qu’ont menée des experts civils et militaires américains, australiens, britanniques, sud-coréens et suédois.


« Les résultats sont complètement fabriqués », a plaidé le diplomate nord-coréen, en voyant là une « affaire montée de toute pièce » pour servir les intérêts du voisin du Sud.  Il a dit avoir remarqué que la date de parution du rapport d’enquête a coïncidé opportunément avec les élections locales en République de Corée et la visite au Japon de la Secrétaire d’État américaine, Mme Hillary Clinton.


Remettant en cause la composition, les règles, les procédures et l’indépendance des enquêteurs, le Représentant permanent s’est demandé pourquoi des navires de guerre américains et sud-coréens nombreux à ratisser la zone de l’accident, avec des moyens de pointe, n’ont pas réussi à collecter des « preuves substantielles ».


« C’est une farce.  C’est de la fiction », a-t-il commenté.  Comment se fait-il, s’est-il interrogé, que les restes de la torpille ou encore des inscriptions toujours très lisibles aient résisté à l’explosion et à la chaleur? 


Le Représentant permanent a affirmé que le jour même du naufrage, les Américains et les Sud-Coréens menaient un exercice militaire commun sur les lieux de l’incident.  Il est improbable, dans ces conditions, que « les petits » sous-marins nord-coréens aient atteint le Cheonan, s’est-il défendu.


Dénonçant les restrictions imposées aux enquêteurs internationaux et le silence auquel ont été contraints les survivants du naufrage, le Représentant permanent a accusé les États-Unis d’être à l’origine du naufrage, en arguant, par exemple, du fait que le Premier Ministre japonais ait reconnu que cet incident était la raison pour laquelle il avait accepté la demande des États-Unis de déplacer leur base militaire.


De leur côté, a ajouté M. Sin, les autorités sud-coréennes ont vu dans cet incident l’occasion de renforcer les forces conservatives dans leur pays, de créer des tensions avec la RPDC et de la brouiller avec la Chine.


Hier, à la séance informelle du Conseil de sécurité, a-t-il dévoilé, certains pays ont dit que cette affaire devrait être discutée au sein de la Commission d’armistice militaire.  Mais, a-t-il rétorqué, les États-Unis ont déjà paralysé le fonctionnement de la Commission en mars 1991, en remplaçant le chef du Commandement des Nations Unies par un général sud-coréen.


Le Conseil de sécurité, a-t-il averti, risque de se faire duper par une seule partie, comme ce fut le cas en février 2003, pour l’Iraq.  Les États-Unis et le Conseil de sécurité devraient partager la responsabilité des conséquences de cet incident, a-t-il estimé.


Le Représentant a refusé de s’étendre sur le retour de son pays aux Pourparlers à Six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, se contentant de souligner que l’arme nucléaire est une arme de dissuasion.  Quant au dixième anniversaire de la Déclaration commune du 15 juin 2000 sur la réunification de la péninsule coréenne, il a regretté que le nouveau Gouvernement sud-coréen, au pouvoir depuis deux ans, ait renié cet accord.


M. Sin n’a pas non plus voulu commenter la participation de son pays à la Coupe du monde de football.  Jouant aujourd’hui son premier match, la RPDC a perdu par 2-1 contre le Brésil. 


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