10/05/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE SUR LES DÉFIS DES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES


Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui au Siège de l’ONU, à New  York, des représentants de petits États insulaires en développement (PEID) ont appelé à la reconnaissance des besoins spécifiques de leur pays face à la conjonction des crises climatique, énergétique, alimentaire et financière.


Organisée en marge des débats de la dix-huitième session de la Commission du développement durable, cette conférence de presse a permis au représentant des Îles Salomon et au Directeur général du Ministère des affaires étrangères des Maldives d’interpeller les États Membres sur l’urgence de la situation et sur la nécessité de parvenir rapidement à un accord sur l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant sur le climat.  Le Ministre des finances et de la planification économique de Tuvalu, M. Lotoala Metia, était également présent.


Tous les intervenants ont mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre da la Stratégie de Maurice, adoptée en 2005 et qui se veut une réponse à la vulnérabilité économique, sociale et environnementale des PEID.  La Stratégie de Maurice, ont-ils estimé, ne permet déjà plus de répondre efficacement aux défis principaux auxquels sont confrontés ces États. 


« Dans la perspective de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale qui se tiendra en septembre prochain pour examiner l’état d’avancement de l’application de la Stratégie de Maurice, nous continuerons à exhorter les États à respecter leurs engagements en matière d’appui financier et technologique », a insisté M. Colin D. Beck, le représentant des Îles Salomon.  Il a ajouté que de tous les groupes de pays de l’ONU, les PEID étaient de loin les plus exposés aux ravages potentiels causés par les changements climatiques.  « La communauté internationale nous demande par exemple de développer une économie et des activités sans effet sur les émissions de gaz à effet de serre, en feignant d’ignorer notre manque de ressources et de capacités à cette fin », a-t-il noté. 


Le Directeur général du Ministère des affaires étrangères des Maldives, M. Amjad Abdullah, a emboîté le pas de M. Beck en demandant à son tour aux États Membres qui en ont pris l’engagement au titre de la Stratégie de Maurice, « de tenir compte des besoins des PEID, y compris en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement ».  « Tandis que de notre côté, nous faisons tout ce qui est humainement et financièrement possible pour nous adapter à une réalité qui menace de nous détruire, les États les plus puissants réagissent à la crise financière à coups de milliards de dollars pour sauver leurs banques », a-t-il dit. 


Pour M. Abdullah, une première étape serait de doter les PEID du même statut que les pays les moins avancés et les pays sans littoral. « Nous serions alors sur un pied d’égalité pour accéder plus facilement aux divers programmes de financement du développement », a-t-il indiqué. 


Il a expliqué que depuis l’adoption de la Stratégie de Maurice, les PEID se sont employés à humaniser la question du changement climatique pour attirer l’attention sur les graves dangers qui les menacent. 


Il a ensuite souligné qu’il était important pour la communauté internationale d’aider ces pays à renforcer leurs systèmes de transport afin de leur permettre de répondre aux situations de crise pouvant résulter d’une catastrophe naturelle comme celle qui a ravagé une partie d’Haïti en janvier dernier.  « Voilà un exemple de l’utilisation qui pourrait être faite de l’aide publique au développement », a-t-il dit.  M. Abdullah a ajouté que dans le domaine de la santé, marquée dans les PEID par l’apparition de nouvelles épidémies causées par la dégradation du climat, « les pays développés doivent nous prêter main forte ».


Le représentant des Îles Salomon a insisté sur le fait que l’ONU, à travers l’Assemblée générale mais également son Conseil de sécurité, « doit prendre la mesure des risques que posent les changements climatiques sur la paix et la sécurité internationales et agir en conséquence ».  « Quatre-vingt-cinq pour cent de la population de mon pays dépendent de l’agriculture pour se nourrir », a-t-il fait remarquer, expliquant qu’en cas de crise alimentaire, les transferts massifs de populations forceraient des communautés ethniques qui,  jusqu’à ce jour, n’avaient pas de liens entre elles, à cohabiter durablement.  « Les tensions liées à ces possibles mouvements de populations et ses relocalisations dans nos pays sont une véritable bombe à retardement régionale », a-t-il prévenu. 


Pour sa part, le Ministre des finances et de la planification économique de Tuvalu, M. Lotoala Metia, a plaidé pour la conclusion d’un accord juridiquement contraignant lors de la prochaine Conférence de Cancun sur le climat, qui se tiendra à la fin de cette année.  « C’est uniquement dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qu’une solution peut être trouvée pour l’avenir de nos pays », a-t-il considéré, rappelant que la Conférence est la seule instance multilatérale ayant officiellement reconnu les besoins spécifiques des PEID.  M. Metia a, enfin, exhorté « ceux qui le peuvent à agir avant que la disparition de pays entiers ne devienne irréversible ».  « Ce qui sera demain notre tragédie sera, après-demain, celles des autres pays », a-t-il fait remarquer.


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