31/03/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE: L’UNION EUROPÉENNE ANNONCE UNE DONATION EN FAVEUR DU REDRESSEMENT D’HAÏTI D’UN MONTANT DE 1,6 MILLIARD DE DOLLARS


La promesse de don de l’Union européenne (UE) en faveur de la reconstruction d’Haïti s’élève à 1,2 milliard d’euros (1,6 milliard de dollars), a annoncé ce matin Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et la sécurité commune, au cours d’une conférence de presse organisée en marge de la Conférence internationale des donateurs vers un nouvel avenir pour Haïti, qui se déroule aujourd’hui au Siège des Nations Unies.


« Après la terrible tragédie du tremblement de terre survenu le 12 janvier, qui a fait 230 000 morts en Haïti, 300 000 blessés et 1 million de sans-abris, il était évident qu’il fallait un plan à long terme pour le rétablissement économique du pays », a noté Mme Ashton.  Ce plan, qui sera mené par le Gouvernement d’Haïti, touche notamment le secteur de l’éducation et celui des infrastructures.  Il prévoit aussi d’apporter les changements nécessaires aux institutions législatives et constitutionnelles haïtiennes, afin de soutenir l’économie du pays et d’y attirer les investissements, tout en continuant de lui fournir une aide humanitaire.


Au cours des premières semaines qui ont suivi le tremblement de terre, tous les pays de l’Union européenne ont apporté leur soutien à Haïti, a souligné Mme Ashton.  Étant un des coprésidents de la Conférence, avec le Brésil, le Canada, la France et l’Espagne, et en tant que donateur important, l’Union européenne entend, par cette contribution, soutenir le rétablissement à moyen terme d’Haïti.  Mme Ashton a, en effet, précisé que les 1,6 milliard de dollars sont destinés à couvrir la première période de mise en œuvre du plan, qui va durer de 18 mois à 2 ans.  Il est important de commencer à travailler en vue d’établir un avenir économique stable pour la population d’Haïti et pour fournir aux enfants « le miracle quotidien d’une vie normale », a dit Mme Ashton.


Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne pour la coopération internationale, l’assistance humanitaire et la réaction aux crises, a salué la réaction efficace de la communauté internationale dans des circonstances particulièrement difficiles.  Si les besoins humanitaires, comme la fourniture d’alimentation, d’eau et de logements temporaires, ont été comblés, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire, a-t-elle noté.  Pendant au moins un an, il faut trouver un équilibre entre les secours d’urgence et les mesures de transition vers le rétablissement et le développement du pays.  Il ne faut cependant pas négliger certains problèmes émergeants, a ajouté Mme Georgieva, qui a parlé à cet égard de la sécurité dans les camps et de la saison des pluies qui commence.


Pour garantir le succès de la reconstruction, il faut absolument élaborer un système de préparation et de réaction aux catastrophes naturelles, a-t-elle poursuivi.  Elle a aussi appelé à faire d’Haïti une économie durable sur le plan de l’environnement, en prenant en compte des questions à long terme comme la reforestation.  L’Union européenne s’est engagée à mobiliser 322 millions d’euros à cet effet, ce qui s’ajoute à la promesse de don faite ce matin en faveur du développement et de la reconstruction.


On discute actuellement de la meilleure façon d’allouer les fonds promis, a expliqué Mme Ashton, avant de rappeler la longue expérience de l’Union européenne dans le domaine de l’aide apportée à Haïti.  L’Union a en effet aidé le pays à renforcer des infrastructures physiques, comme les routes, a-t-elle rappelé.  L’Union européenne est, en outre, connue pour son engagement à renforcer les institutions, étape essentielle pour améliorer les capacités d’un pays à se redresser.  Si on ne sait pas exactement comment les fonds vont être utilisés, car c’est le Gouvernement haïtien qui sera le maître de la mise en œuvre du plan de reconstruction, on sait déjà qu’ils serviront à soutenir les prochaines élections et les institutions locales, a indiqué Mme Ashton.


Mme Georgieva a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’augmenter la durabilité du secteur agricole, qui emploie environ 50% de la population d’Haïti, mais qui ne parvient pas à satisfaire les besoins alimentaires du pays.  L’Union européenne a l’intention de soutenir la décentralisation, ceci pour promouvoir un meilleur développement rural, car « la République d’Haïti n’est pas la République de Port-au-Prince », a-t-elle souligné.


Il y a actuellement 500 000 personnes vivant dans les zones inondables et qui doivent être relogées, a ajouté Mme Georgieva.  Leur déplacement a été retardé par manque de sites adaptés, a-t-elle fait remarquer.  Cependant, a-t-elle ajouté, le Gouvernement a mis à leur disposition une grande parcelle de terre sur laquelle sont construits des logements de transition.  Il faut aussi s’assurer que les emplois, les écoles et les hôpitaux se trouvent là où la population est relogée, a-t-elle relevé.  Elle a aussi expliqué l’importance des liens sociaux créés après le tremblement de terre dans les camps, et qu’il faut éviter de rompre lors des opérations de relogement.


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