08/03/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE D’ANNE-MARIE ORLER, NOUVELLE CONSEILLÈRE POUR LES QUESTIONS DE POLICE AU DÉPARTEMENT DU MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ONU


Partout dans le monde, dans l’accomplissement de ses tâches, la police doit traiter les personnes avec respect et dignité, conformément à leurs droits, a déclaré cet après-midi Anne-Marie Orler, la nouvelle Conseillère pour les questions de police du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations Unies.  Mme Orler a expliqué que la priorité des agents de police des Nations Unies était de protéger les droits sociaux, économiques et politiques de tous les individus.


Depuis les années 1960, le rôle de la police de l’ONU a évolué, passant d’une surveillance passive à l’accomplissement de tâches de police et à la fourniture d’une assistance dans la mise en œuvre des réformes opérées par les polices nationales.  Aujourd’hui, 30 000 agents de police provenant de quelque 100 États Membres sont déployés à travers le monde par la police de l’ONU.


Donnant des détails sur le voyage qu’elle a effectué en Haïti la semaine dernière, Mme Orler a signalé les trois défis principaux que la police de l’ONU doit relever dans ce pays.  Le premier est de faire face aux conséquences du tremblement de terre et au décès de plusieurs collègues.  Il faut aussi aider la police nationale haïtienne à retrouver sa capacité opérationnelle.  En outre, la police de l’ONU contribue à l’élaboration de stratégies par les autorités nationales d’Haïti en vue de créer un système de justice pénale holistique.


Une autre mission de la police des Nations Unies est de préserver la paix fragile dans des endroits aussi divers que le Darfour, le Tchad, le Libéria, le Timor-Leste et la République démocratique du Congo, a indiqué Anne-Marie Orler.  Au Timor-Leste, les responsabilités sont progressivement transférées à la police nationale timoraise qui, lors des élections nationales et des troubles de janvier 2008, a montré qu’elle était suffisamment capable d’assumer ces tâches.


S’agissant du Darfour, Mme Orler a parlé des programmes communautaires qui ont été lancés par la police des Nations Unies dans les camps de personnes déplacées et de réfugiés.  Cette police initie aussi les nouveaux agents de police qui viennent d’être formés au sud Soudan.  Au Libéria, la nouvelle unité de police entièrement féminine renforce la sensibilisation du public sur les questions d’égalité entre hommes et femmes.


Mme Orler a indiqué que l’objectif qu’elle s’était assigné est d’améliorer l’efficacité des unités de police, notamment en faisant le lien avec tous les acteurs, comme la société civile et les éléments de police opérant dans les situations post-conflit.  Son autre priorité est d’arriver à mener à 20% le niveau de la composante en femmes des contingents de la police onusienne dans les opérations de maintien de la paix, d’ici 2014.


Répondant à des questions sur les abus sexuels qui se sont produits dans les camps de fortune en Haïti, Mme Orler a indiqué avoir personnellement constaté combien il est difficile de patrouiller dans ces camps.  Les tentes sont les unes contre les autres et il n’y a pas d’électricité, a-t-elle précisé, ce qui met les camps totalement dans l’obscurité la nuit.  Une évaluation commune est actuellement en cours, conduite notamment par des organisations non gouvernementales, la police, les militaires, et des organisations de droits de l’homme, en vue de trouver une solution au problème.  Mme Orler a en outre invité les personnes qui travaillent pour le respect des droits de l’homme à accompagner la police nationale et la police des Nations Unies au cours de leurs patrouilles.


Il faut aussi trouver les moyens de sensibiliser la population, à majorité analphabète, par le biais de la radio par exemple, dans des langues comprises de tous, comme le français ou le créole.  Des tracts sont déjà distribués dans ces langues, a-t-elle indiqué.


Alors que la saison des pluies approche en Haïti, Anne-Marie Orler a souligné le problème de sécurité, qui peut s’aggraver, si les personnes sans logement ne sont pas inscrites et hébergées dans des camps.  La situation est calme dans l’ensemble, a assuré Mme Orler, tout en reconnaissant qu’il y a quelques incidents.  La police haïtienne est visible, car elle patrouille dans les rues, mais elle manque de ressources pour être pleinement opérationnelle, a-t-elle regretté.  À cet égard, Mme Orler s’est réjouie des promesses de dons faites en faveur de la police haïtienne par certains États Membres, comme la Turquie.  Mais la priorité est actuellement de trouver des agents de police francophones, a-t-elle ajouté.


Interrogée sur les agents de maintien de la paix accusés de violence sexuelle, elle a rappelé que toute allégation d’exploitation ou d’abus sexuels était prise très au sérieux et soumise à la politique de tolérance zéro.  L’année dernière, il y a eu trois affaires de ce genre, a-t-elle indiqué.  Les accusés sont poursuivis en justice si le délit est grave, mais on peut aussi prendre des mesures disciplinaires telles qu’une retenue de salaire.  Une autre mesure possible est le rapatriement dans le pays d’origine, qui a alors l’obligation de poursuivre la personne en justice.  En outre, une base de données a été mise en place pour éviter d’envoyer à nouveau sur le terrain un soldat de la paix coupable d’abus sexuel.


Les États Membres ont la responsabilité de former les agents de police avant leur déploiement au sein de la police de l’ONU, a aussi dit Mme Orler.  Le Bureau du Conseiller sur les questions de police au DOMP est en train d’élaborer un programme d’enseignement standard pour les unités de police, a-t-elle ajouté.


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