25/02/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

C ONFÉRENCE DE PRESSE DE MELVIN LEVITSKY, DE L’ORGANE INTERNATIONAL DE CONTRÔLE DES STUPÉFIANTS (OICS )


« La légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques, en dehors de toute considération scientifique, est contraire aux dispositions des conventions internationales en vigueur en matière de drogue », a affirmé ce matin au cours d’une conférence de presse, M. Melvin Levitsky, membre de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS).


Venu présenter le rapport annuel de cet Organe, M. Levitsky a expliqué qu’en vertu des principes directeurs de ces instruments juridiques internationaux, les substances considérées comme des stupéfiants ne peuvent être prescrites que sur ordonnance, à condition toutefois que la preuve de leurs bienfaits ait été établie sur une base scientifique vérifiable.  Or, en Californie par exemple, la culture, la possession et l’usage de cannabis pour les patients munis d’une recommandation de leur médecin ont été dépénalisés en l’absence d’éléments convaincants, a-t-il répondu à un journaliste.


Cette situation est d’autant plus regrettable que l’Administration américaine continue de s’opposer à tout usage thérapeutique de cette substance, a poursuivi l’expert, qui estime qu’il incombe au Gouvernement fédéral, et non aux États fédérés, de faire appliquer les instruments internationaux pertinents auxquels les États-Unis sont parties.


Jugeant que la dépénalisation du cannabis, souvent entérinée à la suite de référendums, ne contribue qu’à affaiblir les efforts de prévention en cours, M. Levitsky a prévenu des risques d’abus, d’autant que les effets du cannabis en circulation aujourd’hui seraient « 10 fois » plus forts que ceux du « haschich » consommé dans les années 1960 et 1970 aux États-Unis.  Le nombre de personnes soignées aux urgences à la suite d’une overdose de cannabis a augmenté de manière considérable ces dernières années, a-t-il fait remarquer.


Évoquant ensuite la situation au Mexique, l’expert a salué les efforts du Gouvernement mexicain pour combattre les cartels de drogues qui ont prospéré en toute impunité pendant des années dans des régions où l’état de droit n’est pas respecté.  Il a également estimé que l’Administration américaine prenait cette situation très au sérieux, mais que la forte demande de stupéfiants en provenance des États-Unis expliquait les difficultés à mettre fin à un marché aussi lucratif.


« La prévention reste un aspect fondamental de la lutte contre les stupéfiants », a rappelé ce matin M. Levitsky, qui a expliqué que c’était l’un des aspects principaux du rapport de cette année.  Ainsi, si l’Organe reconnaît que les programmes d’échange de seringues « bien gérés » sont conformes avec la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, il n’en reste pas moins, de l’avis de M. Levitsky, que la réduction de la consommation de drogues contribuerait pour beaucoup à la réduction des cas de VIH/sida.


Alors que la production mondiale de cocaïne a sensiblement baissé en 2009, l’OICS a lancé un avertissement contre l’augmentation de l’usage des « drogues du viol ».  L’OICS met également en garde, dans son rapport, contre l’abus de médicaments sur ordonnance qui constitue une préoccupation à laquelle il faudrait répondre.


L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) est un organe de contrôle indépendant et quasi-judicaire chargé de surveiller l’application des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues.  Établi en 1968 par la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, il est composé de 13 membres élus par le Conseil économique et social (ECOSOC), qui siègent à titre individuel et en toute indépendance.


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