25/01/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE RAPPORT « ÉLIMINER LES ARMES NUCLÉAIRES » DE LA COMMISSION INTERNATIONALE DE LA NON-PROLIFÉRATION ET DU DÉSARMEMENT NUCLÉAIRES


Le Président de la Commission internationale de la non-prolifération et du désarmement nucléaires (ICNND) (www.icnnd.org) et ancien Ministre des affaires étrangères de l’Australie, M. Gareth Evans, a présenté, ce matin, le rapport de l’année 2009 intitulé « Éliminer les armes nucléaires ».


Au cours d’une conférence de presse tenue ce matin au Siège de l’ONU à New York, M. Evans a souligné que les travaux de la Commission, une initiative conjointe des Gouvernements australien et japonais, avaient lieu dans un contexte « positif ».  Les efforts multilatéraux de désarmement et de non-prolifération nucléaires doivent profiter de « la dynamique impulsée par l’Administration du Président des États-Unis, M. Barack Obama », a déclaré Gareth Evans.  « En plaidant devant le Conseil de sécurité, en septembre dernier, pour un monde exempt d’armes nucléaires, le Président américain a relancé un objectif ancien dont la réalisation exige que nous passions dès maintenant des mots aux actes », a-t-il recommandé.


M. Evans a indiqué que le rapport de la Commission représentait « une réelle valeur ajoutée », en particulier dans la perspective de la tenue, en mai prochain, de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). 


« Le régime du TNP devra être renforcé à cette occasion pour que les engagements pris en matière de non-prolifération soient réaffirmés et tenus d’ici à 2012.  Nous invitons ainsi les parties au Traité à prendre des mesures énergiques pour faire avancer le projet de mise en œuvre d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient; à négocier de la manière la plus large possible une résolution sur les dossiers nucléaires de l’Iran et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC); et à prendre des initiatives pour affermir les régimes de non-prolifération établis en dehors du TNP », a expliqué Gareth Evans. 


Il a ainsi noté que la Commission, à l’instar des États parties au Traité, « ne s’habituait pas » au fait que l’Inde, le Pakistan et Israël demeurent en dehors du TNP: « L’Inde est irréprochable en matière de non-prolifération, mais ce pays, comme le Pakistan et Israël, pourrait se joindre aux efforts entrepris dans le cadre du TNP, notamment pour définir le nouvel environnement sécuritaire mondial que le Président Obama et le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, appellent de leurs vœux, à savoir un monde débarrassé des 23 000 ogives nucléaires dont l’existence même constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales ».


Sur ce dernier point, M. Evans a indiqué que la Commission plaidait pour que, d’ici à 2025, l’arsenal nucléaire mondial fasse l’objet de réduction pour passer de 23 000 ogives nucléaires à 2 000 et que, parallèlement, les armes restantes ne fassent l’objet d’aucune amélioration technique.  Il a mis l’accent sur la nécessité, dans ce contexte, que les États-Unis et la Fédération de Russie parviennent sous peu à un accord sur la réduction d’un tiers de leurs arsenaux nucléaires, ces pays possédant à eux-seuls 95% des stocks mondiaux d’armes atomiques.


Le conférencier a ajouté que la Commission voyait « au-delà » de la Conférence d’examen du TNP de mai 2010.  Il a en effet indiqué que les auteurs du rapport plaidaient pour l’entrée en vigueur sans délai du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ainsi que pour la conclusion, à la Conférence du désarmement (CD) à Genève, d’un traité d’interdiction des matières fissiles, et en faveur du renforcement de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


« Toutes ces mesures sont nécessaires pour instaurer la transparence et restaurer la confiance interétatique, au moment où nombre de pays en développement parties au TNP se positionnent pour faire valoir leurs droits aux usages civiles de l’énergie nucléaire. ».  Gareth Evans a ajouté, à ce propos, que les ambitions nucléaires civiles devront être réalisées dans le cadre prévu par le Programme de coopération technique de l’AIEA. 


M. Evans a par ailleurs évoqué le Sommet sur la sécurité nucléaire qui aura lieu aux États-Unis au mois d’avril à l’initiative du Président Obama, et où « devront être abordées la question centrale de la pertinence des doctrines de défense actuelles et celle de la lutte contre les risques de terrorisme nucléaire ».  Concernant les doctrines de dissuasion, M. Evans a affirmé que la Commission ne reconnaissait qu’une seule réalité, à savoir « que tant qu’existeront des arsenaux nucléaires, les pays qui n’en possèdent pas voudront immanquablement en développer un ».  Il a également estimé que le moindre usage qui peut être fait d’une arme atomique « ne peut pas avoir d’effets autres que catastrophiques.  C’est pourquoi la Commission recommande que les puissances nucléaires aillent plus loin dans les garanties négatives de sécurité qu’elles doivent donner aux États non dotés de l’arme nucléaire ».


Le Président de la Commission internationale de la non-prolifération a conclu son intervention en exprimant ses doutes envers l’intérêt qu’il y aurait à s’engager, à ce stade, dans des débats et concernant la mise au point d’une convention interdisant les armes nucléaires, une idée chère au Secrétaire général de l’ONU.  Il a justifié sa position en mettant en avant les obstacles qui ne manqueraient pas d’être posés devant toute recherche de consensus autour de questions « aussi complexes et sensibles que celles touchant au nucléaire militaire et civil ».


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