22/01/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

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CONFÉRENCE DE PRESSE DU REPR É SENTANT SPÉCIAL PAR INTERIM DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, EDMOND MULET, SUR L’ÉVOLUTION DE LA SITUATION HUMANITAIRE EN HAÏTI


Le Représentant spécial par intérim du Secrétaire général de l'ONU en Haïti a fait aujourd’hui un nouveau point dela situation humanitaire dans le pays, avant d’appeler à une meilleure coordination des efforts, lors d’une vidéoconférence donnée à la base logistique de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).


Pour illustrer ce manque de coordination, aggravée par la destruction des moyens de communication, Edmond Mulet, qui s’exprimait aux côtés du Ministre dominicain des affaires étrangères, s’est exclamé « si les ONG nous avertissaient à temps, nous pourrions mieux assurer leur sécurité ».  Il est tout aussi important, a estimé le Représentant spécial, d’assurer une meilleure coordination avec les États pour mieux identifier les besoins les plus urgents, comme les véhicules dont la Mission manque cruellement.


Pour des raisons évidentes de capacités logistiques, a ajouté Edmond Mulet, la responsabilité première de l’organisation et de la sécurisation de l’aide humanitaire a été confiée aux troupes américaines et canadiennes.  Il a indiqué que la Mission prépare actuellement l’arrivée du nouveau bataillon militaire brésilien prévu dans le cadre des troupes additionnelles demandées par la résolution 1908 du Conseil de sécurité.


Le 19 janvier dernier, soit sept jours après le tremblement de terre, le Conseil décidait ainsi que la MINUSTAH comprendra jusqu’à 8 940 militaires et 3 711 policiers, contre 7 031 soldats et 2 034 agents de police, au 30 novembre 2009.


Le bataillon brésilien devrait être à Port au Prince dans trois semaines et demie, a annoncé le Représentant spécial, tandis que des policiers français et chiliens sont déjà sur place.  La Mission a demandé aux pays d’envoyer à leurs troupes plus de soutien logistique, car la MINUSTAH ne peut le faire mais la République dominicaine l’a fait, a souligné son Ministre des affaires étrangères, Carlos Morales Troncoso, qui a ajouté que de nombreux hôpitaux de son pays accueillent des blessés haïtiens.


Comme la population ne se déplace pas seulement vers la République dominicaine mais aussi vers l’intérieur du pays, il faut organiser l’assistance humanitaire dans tout le territoire, a prévenu Edmond Mulet en insistant sur l’apport logistique.  Il a annoncé que la MINUSTAH présentera sa stratégie pour Haïti, lundi prochain à Montréal, à la réunion préparatoire de la Conférence internationale pour la reconstruction d’Haïti.


Le Représentant spécial s’est refusé à donner le décompte spécifique des victimes du tremblement de terre, compte tenu de plusieurs facteurs dont l’absence de registres d’état civil ou le fait que les familles emportent elles-mêmes leurs morts.  La Mission de l’ONU a ouvert de nouveaux cimetières tout en contribuant à l’identification et à l’enregistrement des morts.


Ce matin, à l’Assemblée générale, le Représentant permanent d’Haïti auprès des Nations Unies évoquait les chiffres de 100 000 morts et plus, 200 000 blessés et des milliers de disparus, alors que le Secrétaire général de l’ONU déplorait 70 morts et 146 disparus parmi le personnel civil et militaire de la Mission de l’ONU.


Comme beaucoup de victimes se trouvent encore sous les décombres, « il sera impossible de toutes les extraire et d’avoir un chiffre exact du nombre total des personnes décédées », a prévenu le Représentant spécial par intérim.


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