07/01/2010
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU RAPPORTEUR SPÉCIAL SUR LES EXÉCUTIONS EXTRAJUDICIAIRES À PROPOS DES ÉVENTUELS CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ COMMIS AU SRI LANKA


Au cours d’une conférence de presse tenue au Siège de l’ONU à New York, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires s’est dit convaincu de l’authenticité d’une vidéo montrant des exécutions sommaires de Tamouls par les troupes gouvernementales du Sri Lanka. 


Philip Alston a engagé le Gouvernement sri-lankais à mener une enquête « indépendante et impartiale » sur les crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité qui auraient été commis durant la phase finale de la guerre civile qui a déchiré cet État insulaire pendant plus de 20 ans.  C’est en mai 2009 que Colombo a annoncé la défaite totale des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE).


Le Rapporteur spécial a rappelé que la vidéo, qui a vraisemblablement été filmée par un téléphone mobile, a été diffusée à la fin du mois d’août dernier par la chaîne de télévision britannique « Channel 4 ».  Il a néanmoins reconnu que la date du 17 juillet encodée sur la bande vidéo le laissait « perplexe ». 


« Si cette date s’avère exacte, elle prouverait alors que la vidéo n’a pas été filmée durant la phase finale du conflit ».  Philip Alston a émis l’hypothèse que la vidéo aurait peut-être été filmée par un soldat qui, soucieux de ne pas être identifié, aurait changé lui-même la date.


La vidéo avait provoqué un tel émoi dans le monde que le Secrétaire général et d’autres membres importants de la communauté diplomatique ont engagé le Gouvernement sri-lankais à mener une enquête, a également rappelé le Rapporteur spécial.  Or, a-t-il commenté aujourd’hui, le rapport du Gouvernement sri-lankais paraît « plus impressionniste que scientifique » dans son approche.  Philip Alston a regretté que ce document, qui conclut à la non-authenticité de la vidéo, n’ait jamais été diffusé dans son intégralité.


Deux des quatre experts nommés par le Gouvernement sri-lankais étaient des membres des Forces armées du Sri Lanka, principal intéressé dans l’affaire, a souligné M. Alston pour expliquer pourquoi il avait formé sa propre équipe d’experts médico-légaux.  « Chacun de ces trois experts a conclu que cette vidéo n’était pas un faux et a systématiquement réfuté les arguments de ses homologues sri-lankais », a affirmé le Rapporteur spécial.


De telles conclusions, a-t-il insisté, soulignent l’importance pour le Gouvernement du Sri Lanka de mener une enquête « indépendante et impartiale », aussi bien dans cette affaire que dans tous les autres cas où des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité auraient été commis, que ce soit par la partie tamoule ou par les troupes gouvernementales.  Il a également réclamé une enquête pour identifier les victimes des exécutions.


Philip Alston s’est dit préoccupé par le fait que l’ancien commandant des Forces sri-lankaises, le général Sarath Fonseka, soit aujourd’hui accusé de trahison, après qu’il eut déclaré que les troupes gouvernementales avaient tué de sang-froid des dirigeants des Tigres tamouls au moment où ils tentaient de se rendre, contrairement à un accord établi au préalable entre les parties.


Le Rapporteur spécial a reconnu que l’implication éventuelle de la Cour pénale internationale (CPI) était peu probable, étant donné que le Sri Lanka n’est pas partie au Statut de Rome.  Quant à la participation de soldats sri-lankais aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, il a estimé que ces opérations devaient prendre en compte un large éventail de points liés à la question des droits de l’homme.


Les trois experts médicaux-légaux nommés par le Rapporteur spécial dans son enquête sont: Jeff S. Spivack, expert en analyse de documents multimédias; Daniel Spitz, spécialiste en pathologie et toxicologie; et Peter Diaczuk, expert en armes et Directeur du programme de formation en sciences légales du « John Jay College of Criminal Justice ».


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