14/06/2010
Conseil de sécurité
CS/9952

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6338e séance – matin


LES MEMBRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ SOULIGNENT L’IMPORTANCE DES ÉCHÉANCES À VENIR AU SOUDAN


Le Conseil de sécurité a procédé, ce matin, à un tour d’horizon complet de la mise en œuvre de l’Accord de paix global au Soudan et du processus de paix au Darfour, grâce aux exposés du Président du  Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Darfour, M. Thabo Mbeki; du Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, M. Hailé Menkerios; du Représentant spécial conjoint Union africaine-ONU pour le Darfour, M. Ibrahim Gambari; et du  Médiateur en chef conjoint de l’Union africaine et de l’ONU pour le Darfour, M.  Djibrill Bassolé.


Recensant les tâches immédiates à accomplir pour la mise en œuvre de l’Accord de paix global, M. Menkerios a cité notamment la formation d’un gouvernement d’unité nationale et du gouvernement du Sud-Soudan.  Il a affirmé que les référendums de janvier 2011 au Sud-Soudan et à Abyei devraient se dérouler de manière « crédible ».  Ensuite, a-t-il dit, il faudra s’assurer de la proclamation pacifique des résultats de ces deux processus, ce qui, selon lui, « représente probablement le plus grand défi ».

Afin de prévenir tous risques de troubles et d’affrontements, M. Menkerios recommande la mise en place de « commissions pour organiser les référendums » et de procéder « à la démarcation des frontières entre les deux régions ».  La situation de la sécurité au Sud-Soudan reste une « grande préoccupation », a poursuivi le Représentant spécial qui a signalé des incidents récents entre des milices armées.

M. Gambari a, lui aussi, déploré la poursuite des hostilités entre les parties belligérantes, précisant que la situation restait « tendue et instable ».  « La confrontation militaire continuera si la communauté internationale ne prend pas les mesures qui s’imposent », a-t-il prévenu.  « Le Darfour ne peut pas être considéré de manière isolée par rapport au reste du Soudan » et c’est pourquoi, a-t-il dit, l’appui du Conseil de sécurité sera nécessaire pour encourager les États Membres à aider l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) à renforcer son efficacité.


M. Bassolé a, pour sa part, attiré l’attention du Conseil de sécurité sur le fait que le Gouvernement du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) aient réaffirmé leur attachement au processus de paix de Doha comme unique cadre des négociations de paix sur le Darfour.  Pour réaliser une paix définitive et durable au Darfour, « il est impératif d’obtenir l’adhésion de tous les mouvements armés sans exclusion aux pourparlers de paix », a-t-il déclaré.


« Le Gouvernement du Soudan et le MJE doivent mettre fin à leurs affrontements armés, afin de préserver les efforts entrepris en faveur de la paix, la sécurité, la réconciliation et le développement économique tant du Darfour que de la région est, dans le Tchad voisin », a-t-il déclaré.


Auparavant, l’ancien Président sud-africain, M. Thabo Mbeki, avait souligné l’importance de la « coopération étroite » entre le Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Darfour et les trois institutions qui jouent un rôle central dans l’assistance au peuple du Soudan, à savoir la MINUAD, la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et le Médiateur en chef conjoint Union africaine-ONU pour le Darfour.


M. Mbeki a notamment fait état de la réunion conjointe Union africaine-Nations Unies sur le Soudan, qui a eu lieu à Addis-Abeba, le 7 mai dernier.  À l’issue de cette réunion, les deux organisations avaient fait une déclaration conjointe « reflétant leur compréhension mutuelle et leur approche coordonnée ». 


Les 15 membres du Conseil de sécurité, qui étaient intervenus après ces quatre exposés, ont reconnu l’importance des défis à venir, le Soudan vivant « une étape cruciale de son histoire », comme l’ont rappelé les représentants de la Fédération de Russie et de la France.


« Il est important, à sept mois des référendums, de voir comment soutenir les parties concernées en vue de garantir la mise en œuvre de l’Accord de paix global », a estimé le représentant du Royaume-Uni.  « Les référendums doivent se tenir à la date prévue et de façon crédible » et il convient de « tout faire pour garantir leur déroulement de façon pacifique », a-t-il ajouté.


Son homologue des États-Unis a mis l’accent sur les violences intercommunautaires au Darfour et déploré les attaques perpétrées contre le personnel de la MINUAD, soulignant la nécessité pour le Gouvernement du Soudan de lui donner un accès aux zones de conflit afin de fournir aux populations concernées l’aide humanitaire dont elles ont besoin.  Les délégués américain et français ont également appelé le Gouvernement soudanais et toutes les parties au conflit à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI) et son Procureur. 


Plusieurs pays ont souligné la nécessité pour l’ONU de poursuivre son soutien après le scrutin.  La France, par exemple, souhaite que le Secrétariat réfléchisse aux modalités de la présence des Nations Unies après la période intérimaire de l’Accord de paix global.  « La communauté internationale devrait explorer les moyens permettant de mieux répondre aux défis qui se poseront au lendemain des référendums », a considéré pour sa part le Gabon.


Nombre de délégations, à l’instar de celle de l’Ouganda, ont salué le rôle de la MINUAD et de la MINUS dans les efforts visant à ramener la paix et la stabilité au Soudan.  Le représentant de la Chine a jugé nécessaire de se servir « pleinement du rôle unique que joue l’Union africaine ».  « Ce modèle de coopération a donné à la communauté internationale une nouvelle expérience sur la façon de traiter des points chauds dans le monde », a-t-il fait observer.


Certains représentants, comme ceux du Liban ou de la Turquie, ont également insisté sur la nécessité de respecter l’intégrité et la souveraineté territoriale du Soudan.  De même, pour le délégué de la Fédération de Russie, toutes les tentatives visant à s’ingérer dans la formation à venir du Gouvernement seraient « inacceptables ».  « Ce processus appartient aux seuls Soudanais », a-t-il soutenu. 



RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN


Déclarations


M. THABO MBEKI, Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Darfour, a informé le Conseil de sécurité que, sur la base d’un accord commun, le Groupe de haut niveau travaillait en étroite collaboration avec les trois institutions qui jouent un rôle central dans l’assistance au peuple du Soudan, à savoir l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et le Médiateur en chef conjoint Union africaine-ONU pour le Darfour.  Il a ainsi souligné l’importance de cette coopération qui permet aux quatre institutions de partager les informations, de coordonner leurs actions et de se soutenir mutuellement, tout en respectant leurs différents mandats.


L’ancien Président sud-africain a fait en particulier état de la réunion conjointe Union africaine-Nations Unies sur le Soudan, qui a eu lieu à Addis-Abeba, le 7 mai, laquelle a donné lieu à une déclaration des deux organisations qui reflète leur compréhension mutuelle et leur approche coordonnée.  La réunion organisée par l’Union africaine et l’ONU, le 8 mai, qui s’est également tenue dans la capitale éthiopienne, a rassemblé des représentants des gouvernements et des organisations intergouvernementales activement impliquées dans le travail en vue de résoudre les défis auxquels sont confrontés le Soudan et les pays voisins.  Les deux organisations, a-t-il ajouté, ont convenu de réunir deux fois par mois un forum consultatif afin d’assurer la coordination des interventions de la communauté internationale dans son ensemble.


M. Mbeki s’est dit convaincu qu’une amélioration de la situation au Darfour contribuerait à créer les conditions nécessaires pour les réfugiés et les personnes déplacées de retourner dans les villages qu’ils ont été contraints de quitter.  À cet égard, a-t-il ajouté, il est évident qu’un tel retour volontaire n’aura lieu que s’il est accompagné d’un processus de reconstruction et de développement en faveur des réfugiés et des personnes déplacées.


S’agissant de l’Accord de paix global, le Groupe de haut niveau a convoqué le 21 juin la première réunion des équipes chargées de négocier les arrangements post-référendum, prenant en compte les éventuels résultats du référendum au Sud-Soudan.  Cette réunion, a-t-il dit, marquera le début des négociations post-référendum.


Le Président du Groupe de haut niveau a également indiqué que le Groupe continuera de travailler avec les partis politiques au Sud-Soudan, ainsi qu’il l’a fait lors des élections générales, afin de préparer les conditions visant à assurer des référendums libres et justes au Sud-Soudan et à Abyei, en janvier 2011.  La MINUS, a-t-il dit, jouera un rôle essentiel dans l’organisation de ces référendums.


De même, le Groupe continuera de participer à la démocratisation du Soudan.  À cet égard, a-t-il souligné, le Groupe œuvre pour convoquer un Forum des partis politiques soudanais qui s’efforcera d’élaborer un consensus national sur les défis importants auxquels le Soudan est confronté, y compris le processus de démocratisation.


Comme les Soudanais eux-mêmes, ainsi que les partenaires des Nations Unies, le Groupe de haut niveau est conscient, a affirmé M. Mbeki, de la complexité de toutes ces questions et de l’urgence à trouver des solutions adéquates.


M. HAILE MENKERIOS, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, a indiqué que les deux signataires de l’Accord de paix global demeurent engagés en faveur de sa mise en œuvre, y compris le référendum au Sud-Soudan, Abyei et les consultations dans les États du Nil Bleu et du Sud-Kordofan.  Les parties concernées ont progressé dans cette mise en œuvre, a-t-il assuré, avant d’expliquer les deux phases qui se présentent maintenant.  Les référendums du 9 janvier 2011 au Sud-Soudan et à Abyei doivent se dérouler de manière crédible, de même que les consultations dans les États concernés, a-t-il souligné.  Ensuite, il faudra s’assurer de la proclamation pacifique des résultats de ces deux processus, ce qui, a-t-il dit, représente probablement le plus grand défi.  Recensant les tâches immédiates à accomplir pour la mise en œuvre de l’Accord de paix global, il a cité notamment la formation d’un gouvernement d’unité nationale et du gouvernement du Sud-Soudan.  En outre, il faut mettre en place les commissions pour les référendums et engager des consultations populaires dans les régions du Sud-Kordofan et du Nil Bleu.  M. Menkerios a aussi indiqué qu’il faudrait procéder à la démarcation des frontières entre ces deux régions.


Les deux parties à l’Accord de paix global sont préoccupées par la formation de leurs gouvernements respectifs, mais le report des élections nationales, de janvier 2009 à avril 2010, a réduit le temps de préparation, a expliqué le Représentant spécial.  S’agissant du référendum au Sud-Soudan, les parties sont convenues sur la formation d’une commission, condition préalable pour permettre aux Nations Unies de commencer leur travail, a-t-il indiqué.  La Commission devra, entre autres, mettre sur pied des bureaux et recruter du personnel.  Si les parties coopèrent, la tenue du référendum dans les temps sera possible, a espéré M. Menkerios.


S’agissant du référendum à Abyei, les parties ne sont pas encore d’accord sur les personnes pouvant y participer en qualité d’électeur, a-t-il précisé, faisant observer que c’est à la Commission chargée de l’organisation de ce référendum de le faire.  Il faudrait, au préalable, que la Commission soit dotée d’un président, a-t-il indiqué.  En ce qui concerne la délimitation des frontières, M. Menkerios a indiqué qu’un Comité technique spécial a pu commencer à démarquer certaines zones, ajoutant qu’il reste aux parties de trouver un accord sur les autres zones avant le référendum.


Pour ce qui est des consultations populaires dans les États du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, M. Menkerios a souhaité que le processus soit géré de manière transparente et ouverte.  En raison du report des élections, il reste désormais peu de temps pour le faire, a-t-il fait remarquer.  M. Menkerios a encouragé les deux parties à continuer à coopérer, aussi bien en faveur de l’unité qu’en faveur de la séparation.  S’il y a séparation, il faudra maintenir un lien étroit entre le Nord et le Sud, a-t-il suggéré, avant de préciser que les consultations devraient commencer le 21 juin en Éthiopie.


La situation de la sécurité au Sud-Soudan reste une grande préoccupation, a poursuivi le Représentant spécial qui a signalé des incidents récents entre des milices armées.  La situation générale au Sud-Soudan appelle à entreprendre des efforts concertés, en adoptant une stratégie cohérente pour renforcer les capacités institutionnelles, a-t-il souligné, avant d’indiquer que le Gouvernement du Sud-Soudan est en train de mettre en œuvre un tel plan et que la MINUS et l’Équipe de pays des Nations Unies contribuent à ce processus.  En ce qui concerne le référendum, les Nations Unies sont déterminées à fournir un appui technique et ont déjà commencé à redéployer du personnel à cet effet.  « Nous avons mis en œuvre une approche plus efficace pour la protection des civils qui est une composante importante de la Mission », a assuré M. Menkerios, qui a estimé qu’un déploiement militaire plus souple permettra également de renforcer ces efforts.


Le contrôle international du référendum est une autre question importante, a-t-il ajouté, les deux parties souhaitant la participation de l’ONU à un niveau plus élevé que pendant les élections.  Cela dépasse le mandat actuel de la MINUS et il faut que les parties concernées définissent conjointement cette demande qui sera ensuite présentée au Secrétaire général.  Le Soudan est un microcosme pour l’Afrique et il doit être encouragé à poursuivre le processus démocratique ouvert, a-t-il dit avant de conclure.


M. IBRAHIM GAMBARI, Représentant spécial conjoint de l’Union africaine et des Nations Unies pour le Darfour, a déploré que les hostilités entre le Mouvement pour la justice et l’égalité de Khalil Ibrahim et les forces gouvernementales se poursuivent et que la situation reste tendue et instable. Il s’est dit préoccupé par le nombre élevé de morts résultant des récents affrontements.  La confrontation militaire continuera si la communauté internationale ne prend pas les mesures qui s’imposent, a-t-il prévenu.


M. Gambari a souligné que la MINUAD renforce ses patrouilles pour réagir aux attaques perpétrées contre le personnel de police et militaire.  La MINUAD planifie l’ouverture de nouvelles routes pour mieux s’acquitter de son mandat en matière de protection et pour étendre l’espace humanitaire, en partenariat avec l’UNICEF et le HCR.  Depuis la reprise des combats, la population civile a fui vers la frontière tchadienne ou a trouvé refuge dans des endroits plus sûrs.  Le Représentant spécial conjoint a estimé qu’entre 10 000 et 50 000 personnes ont été déplacées.  Préoccupé par le manque d’accès aux secours humanitaires, il a déclaré que ces nouveaux déplacements représentent un défi considérable pour la fourniture de secours humanitaires.


La MINUAD continue à négocier pour obtenir un plus grand accès à l’aide humanitaire, a assuré M. Gambari, indiquant que le Gouvernement du Soudan a levé hier l’interdiction de vol imposée aux hélicoptères.  Il faut que les hostilités prennent fin immédiatement et que l’accès sans entrave de la MINUAD aux populations déplacées soit assuré, a-t-il insisté.  Toutes les parties concernées au Darfour doivent comprendre qu’il ne peut pas y avoir de solution militaire au conflit.  M. Gambari a indiqué qu’il travaillait avec le Médiateur en chef conjoint de la MINUAD pour que les parties concernées parviennent à un accord de paix global.  La MINUAD a un rôle clef à jouer pour faire participer la société civile, a-t-il ajouté.  Une conférence régionale pour le Darfour doit être organisée d’ici à la fin de cette année, avant la tenue du référendum sur le Sud-Soudan pour faciliter la conclusion d’un règlement politique inclusif global pour le Darfour.  Le Darfour ne peut pas être considéré de manière isolée par rapport au reste du Soudan.  L’appui du Conseil de sécurité sera nécessaire pour encourager les États Membres à aider la MINUAD à renforcer son efficacité et à contribuer à l’instauration de la paix et de la stabilité dans l’ensemble du Soudan.


M. DJIBRILL BASSOLÉ, Médiateur en chef conjoint de l’Union africaine et des Nations Unies pour le Darfour, a porté à l’attention du Conseil de sécurité le fait que le Gouvernement du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) ont réaffirmé leur attachement au processus de paix de Doha comme unique cadre des négociations de paix sur le Darfour.  Pour réaliser une paix définitive et durable au Darfour, il est impératif d’obtenir l’adhésion de tous les mouvements armés sans exclusion aux pourparlers de paix, a-t-il souligné.  C’est pourquoi, la Médiation poursuivra les consultations avec M. Khalil Ibrahim dans le but de ramener le MJE à la table des négociations afin que conformément à leurs engagements contenus dans les accords du 17 février 2009 et du 23 février 2010, le Gouvernement et le MJE finalisent et adoptent le projet d’accord de cessez-le-feu que leur a présenté la médiation le 3 mars 2010.


M. Bassolé a déclaré que le Gouvernement du Soudan et le MJE doivent mettre fin à leurs affrontements armés, afin de préserver les efforts entrepris en faveur de la paix, la sécurité, la réconciliation et le développement économique tant du Darfour que de la région est, dans le Tchad voisin.  Le rôle de la société civile revêt également une importance particulière.  C’est pourquoi, la Médiation et le Qatar, avec l’appui de la MINUAD, tiendront dans la première quinzaine du mois de juillet 2010 le deuxième Forum des représentants de la société civile du Darfour.  Un groupe d’une centaine de réfugiés et de personnes déplacées prendront part aux négociations de Doha à partir du 24 juin 2010 aux côtés des délégations du Mouvement pour la justice et l’égalité et du Soudan.  La Médiation proposera alors aux parties la signature d’un protocole d’accord sur les indemnisations, le retour volontaire des personnes déplacées et leur réinsertion économique et sociale.


Pour le Médiateur en chef conjoint, les efforts en faveur d’une paix globale sont perceptibles. Il revient toutefois au Gouvernement du Soudan de faire d’importantes concessions qui permettront la création d’un réel environnement de sécurité et de justice au Darfour, le règlement des litiges fonciers, la réparation et l’indemnisation pour les dommages causés par le conflit armé, la réinsertion sociale des personnes déplacées et des réfugiés ainsi que le développement économique et social, les réformes institutionnelles susceptibles de garantir aux populations du Darfour les bienfaits de la décentralisation et de la bonne gouvernance.  M. Bassolé a rappelé que tous les efforts doivent être faits pour assurer qu’un accord politique sur la crise du Darfour soit obtenu avant le référendum de janvier 2011.  MM. Ibrahim Gambari, Hailé Menkerios et lui-même ont entrepris des consultations entre eux et avec M. Thabo Mbeki, l’ancien Président sud-africain et Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine, pour une approche coordonnée des actions au Soudan. 


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a affirmé qu’il n’y avait pas de défi plus important pour le Conseil de sécurité que l’appui aux parties au Soudan en vue d’assurer la paix et la prospérité pour le peuple soudanais.  Il est important, à sept mois des référendums, de voir comment soutenir les parties concernées en vue de garantir la mise en œuvre de l’Accord de paix global, a-t-il dit.  Les référendums doivent, a estimé le représentant, se tenir à la date prévue et de façon crédible.  Il convient, a-t-il ajouté, de tout faire pour garantir leur déroulement de façon pacifique.  Il faut non seulement mettre l’accent sur les préparatifs des référendums, mais aussi voir au-delà, a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’encourager les parties à se pencher sur les problèmes à long terme.  Les parties, a-t-il dit, devront coopérer si elles veulent bénéficier d’un avenir prospère et pacifique. 


Le représentant du Royaume-Uni a souligné l’urgence d’assurer une démarcation de la frontière entre le Nord et le Sud et de définir le partage des ressources, en particulier le pétrole.  Il faut également développer les capacités du Sud-Soudan pour l’aider à faire face aux problèmes de sécurité et de développement.  Ce n’est qu’en s’attaquant à tous les problèmes en même temps que l’on pourra garantir un avenir au peuple du Soudan, a-t-il dit, mettant en particulier l’accent sur la situation au Darfour.  Il a souligné qu’il était nécessaire pour les parties de réaffirmer leurs engagements afin de répondre aux défis qui subsistent.  Les parties soudanaises doivent faire preuve, a-t-il estimé, d’une volonté politique et de la vision nécessaire.  Le Conseil de sécurité a un rôle central à jouer, a-t-il poursuivi.  De même, le travail des missions des Nations Unies sera crucial pour accompagner la mise en œuvre de l’Accord de paix global, l’organisation du référendum et la sécurité des populations.     


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a appelé à redoubler d’efforts pour les préparatifs du référendum et pour résoudre notamment le problème délicat de l’inscription des électeurs.  Il faut également préparer les consultations populaires qui permettront aux populations du Sud-Kordofan et du Nil Bleu de s’exprimer face à Khartoum, a-t-elle ajouté.  Mme Rice a souligné qu’il faudrait que les parties concernées soient en mesure d’établir des relations durables au-delà de juillet 2011, en réglant notamment les questions des ressources et de la citoyenneté.  Outre l’engagement de la communauté internationale, il faut que les parties témoignent de leur volonté de résoudre ces questions, a-t-elle rappelé.  Mme Rice s’est inquiétée des problèmes sérieux qui ont marqué les élections d’avril, faisant remarquer que certaines circonscriptions devraient tenir de nouvelles élections.  Elle s’est aussi dite préoccupée par l’oppression populaire à Khartoum et les restrictions à l’exercice des droits fondamentaux imposées dans le nord du pays.


En ce qui concerne la situation au Darfour, la représentante a souhaité que la communauté internationale continue de soutenir le processus de négociation à Doha.  Les États-Unis soutiennent les efforts internationaux pour traduire en justice les auteurs de crimes de guerre, a-t-elle ajouté, avant d’appeler le Gouvernement soudanais et toutes les parties au conflit à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI) et son Procureur.  Elle a aussi demandé à tous les États de s’abstenir d’offrir un soutien à des personnes poursuivies par la CPI.  Sa délégation, a-t-elle dit, est également préoccupée par la violence permanente que subit la population au Darfour, regrettant que les forces armées aient lancé une offensive qui a fait de nombreux blessés parmi la population civile.


Mme Rice a également cité les violences intercommunautaires qui ont lieu au Darfour et déploré les attaques perpétrées contre le personnel de la MINUAD.  Cette Mission continue de jouer un rôle important pour la fourniture de l’aide humanitaire au Soudan, a-t-elle fait remarquer, soulignant la nécessité pour le Gouvernement du Soudan de lui donner un accès aux zones de conflit.  Il y a des vies en jeu, a-t-elle rappelé.  Davantage d’efforts doivent être entrepris pour combattre la violence sexuelle, a estimé la représentante des États-Unis, qui a invité la MINUAD à présenter un rapport sur la question.  Les autorités soudanaises doivent s’engager à poursuivre les auteurs de tels actes, a-t-elle insisté.  En ce qui concerne le Sud-Soudan, elle a invité le Gouvernement soudanais à mettre en place un cadre pour assurer la sécurité des civils.  Les États-Unis gardent l’espoir que le référendum pourra se tenir dans un climat pacifique et qu’il sera couronné de succès, a-t-elle dit, avant de conclure.


M. NAWAF SALAM (Liban) a exprimé le soutien de son pays à un processus pacifique, la meilleure solution, a-t-il dit, pour trouver une solution au Soudan.  Le représentant a noté que, cinq ans après sa signature, l’application de l’Accord de paix global est assurée de manière efficace.  Cela aurait été impossible de parvenir à de tels résultats sans la volonté politique du Gouvernement soudanais et de toutes les parties concernées, a-t-il estimé.  Le représentant a mis l’accent sur l’importance du référendum de janvier 2011 concernant le Sud-Soudan.  Il a souligné également la nécessité de respecter l’intégrité et la souveraineté territoriale du Soudan.  Le processus électoral du mois d’avril dernier constitue une étape importante pour garantir la stabilité et la mise en œuvre de l’Accord de paix global, a-t-il souligné. 


M. Salam a ajouté que son pays soutenait les négociations pour la période postréférendum, indépendamment des résultats.  Il a également appuyé les efforts visant à améliorer les relations entre le Soudan et le Tchad.  Il a mis en garde contre les dangers de la politisation et contre la pratique des « deux poids-deux mesures ».  Avant de conclure, le représentant a mis l’accent sur l’importance de la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine.


M. EMANUEL ISSOZE-NGONDET(Gabon) a souligné la nécessité d’une bonne coordination de l’action de la communauté internationale en vue d’adopter une approche holistique pour le Soudan.  L’Accord de paix global doit être mis en œuvre dans son intégralité, a-t-il rappelé, invitant les groupes rebelles qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre le processus de paix.  Il a apprécié l’évolution des discussions en cours en vue de parvenir à un accord politique global sur le Darfour.  Le représentant a ensuite salué les efforts entrepris par la MINUAD et les pays contributeurs, et le Gouvernement soudanais.  Il a appuyé les efforts de la MINUS visant à assurer la protection de la population civile, tout en soulignant la nécessité de coordonner ces efforts.


Le représentant a exhorté le Gouvernement du Sud-Soudan et les Nations Unies à tout mettre en œuvre pour organiser le référendum de 2011 dans les meilleures conditions.  « Nous sommes convaincus que l’appui des pays de la région et de l’Union africaine contribuera également à ce processus », a-t-il dit.  La communauté internationale devrait explorer les moyens permettant de mieux répondre aux défis qui se poseront au lendemain du référendum.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que le Soudan connaissait une étape cruciale pour son histoire.  Il a souligné la nécessité de maintenir une approche intégrée au processus de paix dans ce pays.  Il a affirmé que les dernières élections constituaient une étape importante dans la mise en œuvre de l’Accord de paix global.  Le défi prioritaire est la mise en œuvre des conditions indispensables pour l’organisation des référendums au Sud-Soudan et à Abyei.  Le représentant a souligné également la nécessité de conclure les accords indispensables entre les parties, de cesser les hostilités et de créer un mécanisme de contrôle.  Il a jugé indispensable pour la communauté internationale de soutenir la ligne du Gouvernement soudanais et d’encourager les différents groupes à reprendre sans préalable les négociations politiques.  Le règlement du conflit au Darfour contribue à l’amélioration des relations entre le Soudan et le Tchad, s’est-il félicité, mettant l’accent sur la nécessité de poursuivre sur cette voie.  Avant de conclure, M. Churkin a souligné que toutes les tentatives visant à s’ingérer dans la constitution à venir du Gouvernement étaient inacceptables.  Ce processus appartient aux seuls Soudanais, a-t-il insisté. 


M. GÉRARD ARAUD (France) a affirmé que la période qui s’ouvrait constituait un moment crucial pour le Soudan et les Soudanais, citant la mise en œuvre de l’Accord de paix global, les négociations lancées à Doha concernant le Darfour, deux processus, a-t-il dit, porteurs de défis qu’il convient de relever ensemble pour sauvegarder la paix du Soudan et la stabilité de la région.  Le Gouvernement du Soudan, a-t-il ajouté, doit en premier lieu mettre en œuvre ses engagements.  Il est essentiel, a-t-il estimé, que les conditions nécessaires à un bon déroulement du référendum soient réunies sans délai.  Il a précisé que la France et l’Union européenne se tenaient prêtes à apporter un soutien technique et financier pour l’organisation du référendum.


Le représentant a mis l’accent sur la nécessité pour les Nations Unies de poursuivre leur soutien après le scrutin, lorsqu’il s’agira de mettre en œuvre la décision qui aura été prise par les Sud-Soudanais.  C’est pourquoi, a-t-il dit, il a d’ores et déjà été demandé au Secrétariat de réfléchir aux modalités de la présence des Nations Unies après la période intérimaire de l’Accord de paix global.  Outre cet accompagnement politique, les Nations Unies devront veiller à la situation humanitaire au Soudan, a-t-il ajouté, notant que la communauté internationale pourrait renforcer son appui au développement du Sud-Soudan.


L’Ambassadeur Araud a affirmé qu’il était impératif que toutes les parties au Darfour participent de bonne foi aux négociations conduites par le Médiateur en chef conjoint de l’Union africaine et de l’ONU, M. Djibrill Bassolé, et le Qatar et a encouragé l’Union africaine à poursuivre ses efforts pour soutenir ce processus politique.  Le représentant de la France a jugé que l’on ne pouvait plus accepter, sur le terrain, que la libre circulation de la MINUS et de la MINUAD soit entravée par les autorités et les groupes rebelles.  Ces missions, a-t-il dit, doivent pouvoir assurer la protection des populations civiles et faciliter la délivrance de l’aide humanitaire partout au Soudan, sans exception.


Soulignant que la paix ne peut être assurée sans la stabilité de la justice et la lutte contre l’impunité, M. Araud a rappelé l’obligation du Soudan à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI), conformément à la résolution 1593.  Il s’est dit, à cet égard, très préoccupé par la décision qui vient d’être communiquée au Conseil par la CPI indiquant l’absence de coopération de la part du Soudan.  « Nous devons y donner suite », a-t-il déclaré.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) s’est félicité des progrès accomplis en faveur de la paix et de la stabilité au Soudan, citant notamment les récentes élections, la mise en œuvre de l’Accord de paix global et les efforts de paix au Darfour, menés par le biais du processus de Doha.  Il a félicité la MINUAD et la MINUS pour leur contribution à ces efforts.  Le représentant a salué l’engagement du Gouvernement du Soudan à travailler avec le Groupe d’experts de haut niveau de l’Union africaine pour promouvoir la paix, la justice et la réconciliation.  Le Soudan s’engage actuellement vers une phase essentielle, même si des questions importantes, comme  les mesures à prendre au lendemain du référendum, doivent être réglées, a-t-il noté.  Le représentant a appelé les parties à respecter le cessez-le-feu et à s’engager dans un processus pacifique de règlement du conflit au Darfour, par le biais des négociations de Doha.  La composition de la Commission chargée du référendum à Abyei doit être finalisée au plus vite, a-t-il souligné.  La Commission devra s’assurer que le référendum se tienne dans des conditions libres, transparentes et crédibles, a-t-il ajouté.


M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a déclaré que le Soudan se trouve à la croisée des chemins et qu’il faut aller de l’avant pour assurer la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix global dans un esprit de dialogue.  À cet égard, il a souligné que le référendum de 2011 est un pilier essentiel de l’Accord de paix global.  La communauté internationale doit appuyer les processus conduisant au référendum.  Ni le Gouvernement du Soudan, ni l’Union africaine ne pourraient agir seuls.  Le Conseil de sécurité a un rôle clef à jouer en vue de créer la stabilité au Soudan et, en particulier, au Darfour.


Le représentant a appelé les parties, entre lesquelles il y a beaucoup de méfiance, à établir un dialogue et à s’engager de façon constructive en faveur de l’Accord de paix global.  L’ONU doit, pour sa part, intégrer ses efforts en fournissant une assistance importante au Darfour afin de faciliter le retour des personnes déplacées.  Le succès de ce retour dépendra en effet de la prévisibilité, de la durabilité et de la souplesse du financement.  L’Union africaine n’a pas les capacités nécessaires pour mener, seule, toutes les activités, a fait remarquer le représentant du Nigéria.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a affirmé que le Soudan se trouvait politiquement à la croisée des chemins, les mois à venir étant lourds de conséquences.  Il s’est félicité des progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de paix global et de l’amélioration des relations entre le Soudan et le Tchad.  Il a cependant jugé que la situation demeurait fragile et volatile au Sud-Soudan et au Darfour.  Il reste beaucoup à faire pour parvenir à une situation sécuritaire stable.  M. Apakan a souligné que son pays était attaché à l’intégrité et à la souveraineté territoriale du Soudan.  Il a ajouté que son pays appuyait l’Accord de paix global et a jugé que le rôle de l’ONU était essentiel dans le cadre de sa mise en œuvre.  Le représentant a estimé que la présence constante de l’ONU après le référendum sera tout aussi essentielle.  De l’avis de M. Apakan, le référendum au Sud-Soudan ne constitue pas une fin en soi, mais fait partie d’un processus plus large qui devrait être géré avec prudence.  L’ONU, et en particulier le Conseil de sécurité, ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, doivent veiller à ce que les choix faits maintenant favorisent la paix, la stabilité, l’harmonie, le respect et la compréhension mutuelle, a-t-il conclu, en mettant l’accent sur la nécessité de promouvoir la coexistence pacifique à long terme entre le Nord-Soudan et du Sud-Soudan. 


M. YUKIO TAKASU (Japon) a appelé les parties au Soudan à poursuivre leurs efforts pour assurer la mise en œuvre de l’Accord de paix global.  La nomination des membres de la Commission chargée de l’organisation du référendum au Sud-Soudan en est un exemple, a-t-il souligné.  Le représentant a demandé que la communauté internationale appuie ces efforts, afin que le référendum de 2011 soit couronné de succès.   Sa délégation, a-t-il ajouté, encourage les parties à discuter des mesures à prendre après le référendum, a-t-il dit, soulignant combien il est important que les parties acceptent les résultats du référendum.  M. Takasu a ensuite appelé les pays voisins et, en particulier l’Union africaine, à aider le peuple soudanais dans ce processus et à encourager la confiance entre le Nord et le Sud.  Le représentant a également appelé à examiner les questions de sécurité.  Le représentant a appelé à travailler avec la société civile en vue de parvenir à un accord qui puisse instaurer une paix durable entre le Nord et le Sud.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) s’est félicité de la nouvelle approche intégrée de l’ONU en ce qui concerne le Soudan et du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine. C’est la raison pour laquelle il est important d’avoir des mécanismes de coordination adéquats.  La représentante a salué les mesures positives prises dans cette direction à la suite des consultations qui se sont tenues à Addis-Abeba, au début du mois de mai.  


Mme Ribeiro Viotti a souligné la nécessité de s’assurer que les référendums au Sud-Soudan et à Abyeisoient non seulement justes et crédibles mais qu’ils soient également perçus comme tels par les parties concernées et par la population.  Les Nations Unies doivent être prêtes à assister les parties, à leur demande, dans la préparation des consultations et pour organiser la question du partage des ressources et du pouvoir, la démarcation des frontières, la question de la monnaie, quel que soit le résultat du référendum sur le Sud-Soudan.  La stricte impartialité de l’ONU est la condition politique sine qua non de cet exercice de diplomatie préventive, a  rappelé la représentante du Brésil.  L’acceptation des résultats du référendum de 2011 dépendra aussi de l’existence d’un climat pacifique.  À cet égard, la MINUAD et les donateurs bilatéraux et multilatéraux ont un rôle particulier à jouer.   Concernant la situation au Darfour, la représentante a estimé qu’il serait important d’obtenir un accord de paix avant janvier 2011 et, à défaut, d’instaurer un cessez-le-feu durable.  Le Brésil, a-t-elle assuré, appuie pleinement les efforts de la Médiation de la MINUAD pour encourager une représentation unifiée de tous les mouvements rebelles.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche), notant que 2010 est une année cruciale pour le Soudan, a appelé les parties à respecter leur engagement en faveur de la mise en œuvre de l’Accord de paix global, les invitant notamment à tenir un référendum crédible et à en respecter les résultats.  Sans préjuger de ces résultats, la communauté internationale doit poursuivre ses efforts diplomatiques, a-t-il souhaité.  Il faut tout faire pour assurer la stabilité dans la région.  La MINUS joue un rôle important dans ce domaine, a-t-il estimé, rappelant la stratégie de protection des civils dont a parlé M. Menkerios.  Le représentant a également estimé que la communauté internationale doit appuyer la réforme du secteur de la sécurité.  Si des progrès ont été réalisés dans les relations entre le Soudan et le Tchad, la situation sécuritaire au Darfour demeure préoccupante, a regretté le représentant de l’Autriche.  La communauté internationale, a-t-il insisté, ne peut pas attendre qu’un accord soit conclu à Doha pour améliorer la situation de la population au Darfour.  Il faut également garantir le retour des réfugiés soudanais qui se trouvent actuellement au Tchad, a-t-il dit.  Concernant la question de l’enlèvement des civils, il a souhaité que le Gouvernement soudanais fasse tout son possible pour assurer la sécurité au Darfour.  Il a enfin encouragé le Gouvernement soudanais à mettre en œuvre les recommandations concernant la justice présentées par le Groupe d’experts de haut niveau de l’Union africaine, présidé par l’ancien Président sud-africain, M. Thabo Mbeki.


M. IVAN BARBALIC (Bosnie-Herzégovine) a noté les progrès accomplis par les parties à l’Accord de paix global sur un certain nombre de questions, notamment la promulgation des lois pertinentes.  La démarcation des frontières, les conditions permettant d’assurer un climat pacifique pour la tenue du référendum de 2011 et les mesures devant être prises au lendemain de ces référendums sont prioritaires.  Le représentant a estimé que le niveau de coopération entre le Gouvernement du Soudan et le Gouvernement du Sud-Soudan avant et après le référendum déterminera l’avenir non seulement du Soudan mais également de toute la région.  Si l’unité prévaut, il faudra assurer un partage équitable du pouvoir.  En revanche, si l’indépendance s’impose, les deux parties devront s’unir sur la base des valeurs et des principes de relations de bon voisinage et de bonne coopération.


M. Barbai a estimé que la coopération entre l’ONU et l’Union africaine au Soudan était un bon exemple.  L’expérience de la MINUAD devrait contribuer à anticiper des solutions pour d’autres conflits ou crises dans la région.  Il a souligné qu’il faudrait trouver une solution juste pour le peuple du Darfour qui a souffert trop longtemps.  Une solution durable au Darfour doit inclure la participation égale de tous les peuples du Darfour dans le processus de prise de décisions pour éviter toute marginalisation.  La Bosnie-Herzégovine appuie le processus politique et les efforts de médiation de Doha et appelle toutes les parties à s’engager de manière constructive pour arriver à un accord de paix qui mette fin au conflit au Darfour, a indiqué son représentant.  Sa délégation se félicite également de l’amélioration des relations entre le Tchad et le Soudan et de leur influence positive sur le processus de paix de Doha.


M. DU XIAOCONG (Chine) a affirmé que le Conseil de sécurité avait déployé beaucoup d’énergie sur la question du Soudan.  Celle-ci, a-t-il dit, est très complexe.  Il a néanmoins souligné que des progrès importants avaient été obtenus dans ce très grand pays d’Afrique.  Les résultats auront un effet sur les pays de la région et le continent africain dans son ensemble, a-t-il dit.  Il a ainsi noté que des progrès avaient été réalisés pour le maintien de la paix, les négociations politiques dans la région du Darfour, ajoutant que les élections se sont tenues avec succès et que les préparatifs du référendum sont en cours.  Pour affronter les défis des mois à venir, les parties concernées devront faire preuve de la sagesse politique nécessaire, a-t-il notamment observé.


Le représentant a estimé qu’il était nécessaire de se servir pleinement du rôle unique joué par l’Union africaine sur la question du Soudan.  L’Union africaine, a-t-il rappelé, a lancé l’opération de maintien de la paix au Darfour et a joué un rôle crucial pour contenir le conflit au Darfour.  De même, le mécanisme conjoint des Nations et de l’Union africaine fonctionne très bien au Darfour.  Ce modèle de coopération a donné à la communauté internationale une nouvelle expérience sur la façon de traiter des points chauds dans le monde, a-t-il souligné.  La Chine, a-t-il également insisté, a fourni des efforts inlassables pour promouvoir une solution au Soudan.  Le représentant a expliqué également que la Chine et les entreprises chinoises avaient apporté une contribution pratique à l’amélioration des conditions de vie des Soudanais.  Il a ajouté que la Chine continuera à jouer son rôle en faveur de la paix au Soudan et sur l’ensemble du continent africain.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que les défis auxquels la communauté internationale fait face portent sur la responsabilité de garantir le bien-être du peuple soudanais pour éviter tout retour au conflit et assurer le meilleur avenir pour la population grâce à la paix, au dialogue et au respect mutuel entre les parties.  C’est pourquoi, les signataires doivent surmonter le manque de confiance.  La MINUS devra, au cours des prochains mois, axer ses efforts sur la préparation du référendum.  Tout en étant conscient des ressources limitées dont dispose la Mission, le Mexique souligne l’importance de son rôle en matière de protection des civils.


Pour M. Heller, les parties doivent avoir une vision claire du cadre qui régira leurs relations après le référendum.  Les Nations Unies pourront collaborer dans d’autres domaines d’importance vitale comme le renforcement des capacités du Gouvernement du Sud et l’élaboration de plans d’urgence. Quel que soit le résultat final du référendum, la communauté internationale doit être prête à réagir rapidement et efficacement.  Des milliers de réfugiés et de personnes déplacées seront touchés par les décisions stratégiques, a-t-il rappelé.  Le représentant a préconisé l’adoption d’une vision intégrale, holistique pour faire face à la situation au Darfour et au Soudan.  L’ONU doit maintenir une coordination étroite pour mieux répondre aux défis qui se posent.  Les Nations Unies doivent maintenir des canaux de communication pour servir le processus politique au Soudan.  Le représentant du Mexique a souligné qu’il était important que les hostilités prennent fin et que toutes les parties retournent à la table des négociations.  Les dirigeants des groupes rebelles doivent savoir que la communauté internationale ne peut pas appuyer leurs aspirations si cela se fait au détriment de la population, a déclaré M. Heller.  Les Nations Unies doivent continuer à œuvrer pour améliorer la situation de milliers de personnes au Soudan, a-t-il avant de conclure.


Dans ses remarques de clôture, le Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Darfour a constaté qu’il existait un accord au sein du Conseil de sécurité sur l’approche nécessaire à adopter face aux défis de la situation au Soudan et au Darfour, et s’en est félicité.  M. Mbeki s’est dit très optimiste.  Après les dernières élections, a-t-il expliqué, les deux acteurs principaux sont sortis renforcés.  Cela a montré l’importance de leur bonne coopération.  M. Mbeki a mis l’accent sur la nécessité de poursuivre avec eux le dialogue qu’ils continuent d’honorer leurs responsabilités.  L’atmosphère est très encourageante, malgré tous les problèmes et tous les défis, a-t-il dit, en soulignant la nécessité pour le Conseil de sécurité de leur adresser un message fort pour faire avancer le processus de paix.


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