11/05/2010
Conseil de sécurité
CS/9923

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6310e séance – matin


CONTRE-TERRORISME: LES ÉTATS MEMBRES SALUENT LES MESURES VISANT À AMÉLIORER

LE FONCTIONNEMENT DES TROIS COMITÉS DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Ils appuient la nomination d’un médiateur pour étudier

les demandes de radiation de la Liste des personnes sanctionnées par l’ONU


Les délégations ont réaffirmé aujourd’hui leur plein appui aux travaux des trois Comités du Conseil de sécurité concernant la lutte contre le terrorisme.


Lors d’un débat au cours duquel ont participé une trentaine de pays, les États Membres -qui ont entendu les exposés semestriels des Présidents de ces organes subsidiaires du Conseil formant le dispositif de lutte contre le terrorisme de l’ONU- ont appelé au renforcement des capacités des trois Comités. 


Le fonctionnement du Comité créé en vertu de la résolution 1267 (1999) concernant Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées, a fait l’objet de nombreux commentaires.


Quelques mois après l’adoption de la résolution 1904, qui crée le poste d’un médiateur ayant pour mission d’étudier de façon impartiale les demandes de radiation de la Liste des personnes sanctionnées par l’ONU (Liste récapitulative), les délégations ont considéré que l’amélioration du fonctionnement du Comité créé en vertu de la résolution 1267 doit être suivie d’avancées réelles en termes d’efficacité, de transparence et d’équité.


C’est ce qu’a assuré le Président du Comité 1267 et Représentant permanent de l’Autriche, M. Thomas Mayr-Harting.  La création du bureau du médiateur, a-t-il dit, est « l’innovation la plus importante de la résolution 1904 ».  « Le médiateur, qui sera nommé prochainement par le Secrétaire général, va s’acquitter de ses tâches d’une façon indépendante », a-t-il précisé, indiquant qu’un certain nombre « d’excellentes candidatures » étaient actuellement examinées. 


Pour plusieurs pays, dont le Brésil et la Norvège, intervenant au nom des pays nordiques, il est en outre essentiel que les procédures d’inscription et de radiation du Comité 1267 soient placées sous supervision constante et que le Comité reste ouvert à toute proposition visant l’amélioration de son régime de sanctions.


Pour ce qui est du Comité créé par la résolution 1373 (2001) concernant la lutte contre le terrorisme, les États Membres ont salué la tenue de visites, menées conjointement par le Comité et sa Direction exécutive (CTED), dans plusieurs pays et auprès d’organisations régionales comme l’Union africaine (UA) et l’Organisation des États américains (OEA).


Le Président du Comité 1373 et Représentant permanent de la Turquie, M. Ertuğrul Apakan, a mis en avant la teneur de discussions conduites lors de ces visites pour accroître la coopération entre la communauté des donateurs et les États récipiendaires, car « la réponse aux besoins en matière de capacités est l’un des principaux défis à relever pour améliorer la lutte contre le terrorisme ».


« Nous attachons une grande importance à la coordination et à la coopération entre les groupes d’experts des trois Comités, qui sont encouragés à échanger les informations obtenues lors des visites de pays, en particulier dans les domaines du renforcement des capacités nationales et de l’assistance technique », a déclaré pour sa part M. Claude Heller, Président du Comité 1540 chargée de la prévention de la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques et Représentant permanent du Mexique.


Abordant les travaux du Comité proprement dits, M. Heller s’est félicité de ce que de plus en plus d’États Membres fournissent des rapports détaillés sur les mesures prises pour faciliter chez eux la mise en œuvre de la résolution 1540.  « Depuis 2006, cette tendance se confirme, les États Membres démontrant régulièrement les progrès réalisés pour contrer la menace de prolifération des armes de destruction massive et leurs vecteurs », a-t-il assuré, précisant que 160 pays avaient rendu compte des capacités dont ils disposent et des lacunes à combler pour stopper ce risque.


« Certains incidents récents, comme la tentative d’attentat qui a eu lieu à Times Square, à New York, le 8 mai dernier, montrent que le terrorisme demeure une des menaces les plus compliquées », a considéré de son côté la représentante des États-Unis. 


Mme Susan Rice a affirmé qu’aucun pays, à lui seul, ne peut contrer cette menace, assurant que les États-Unis étaient prêts à renforcer leur partenariat avec l’ONU, « notamment avec ses trois Comités chargés de la lutte contre le terrorisme ».  Saluant en particulier la résolution 1904 qui prévoit la création du poste de médiateur, la représentante des États-Unis a estimé que le Conseil de sécurité fournissait des efforts considérables pour garantir que le régime de sanctions de l’ONU soit « juste et pertinent pour contrer les menaces ». 


Des États, à l’instar de l’Inde, ont par ailleurs plaidé pour la finalisation rapide du projet de convention générale sur le terrorisme international, qu’examine un Groupe de travail mandaté par l’Assemblée générale.  « L’adoption d’un tel instrument est dans l’intérêt de tous les États Membres et relancerait l’action antiterroriste multilatérale », a affirmé le délégué de ce pays, qui se déclare convaincu que « seule la volonté politique peut mener à l’adoption » de ladite convention.


La représentante d’Israël a également insisté sur la volonté politique de tous pour assurer le succès de la lutte contre le terrorisme.  Il existe un cadre juridique en la matière, a-t-elle dit, rappelant qu’il incombe aux pays abritant des terroristes de l’appliquer, faute de quoi « ils seront tenus responsables des conséquences de leur soutien ». 


Le représentant de la République islamique d’Iran a, quant à lui, condamné tous les actes de terrorisme, « y compris ceux commis par les États contre des peuples innocents et vivant sous occupation étrangère ».  M. Eshagh Al Habib a ensuite estimé que le combat contre les risques de terrorisme nucléaire ne doit pas être mené pour justifier « en réalité » le maintien et le renforcement d’arsenaux nucléaires. 


EXPOSÉS DES PRÉSIDENTS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


M. CLAUDE HELLER (Mexique), Président du Comité créé en vertu de la résolution 1540 (2004), a d’abord déclaré, au nom des trois Comités, que ces derniers attachaient une grande importance à la coordination et à la coopération entre leurs groupes d’experts.  Les Comités encouragent ainsi leurs groupes d’experts à renforcer leurs échanges d’informations obtenues lors des visites de pays, en particulier dans les domaines du renforcement des capacités nationales et d’assistance technique, a-t-il dit.  M. Heller a évoqué la dernière réunion commune des groupes d’experts, qui s’est tenue en janvier dernier à New York, à la Mission permanente de l’Australie auprès de l’ONU, et qui avait pour but d’examiner l’état d’avancement de mise en œuvre des résolutions pertinentes dans la région du Pacifique.


Le représentant a ensuite abordé les travaux du Comité qu’il dirige au cours des six derniers mois.  Il s’est félicité de ce que de plus en plus d’États Membres fournissent des rapports détaillés sur les mesures prises pour faciliter la mise en œuvre de la résolution 1540 au niveau national.  Depuis 2006, cette tendance se confirme, les États Membres démontrant régulièrement les progrès réalisés pour contrer la menace de prolifération des armes de destruction massive et leurs vecteurs, a assuré M. Heller.  Près de 160 pays ont ainsi rendu compte des capacités dont ils disposent et des lacunes à combler pour stopper ce risque, a-t-il ajouté.  Le représentant a souligné que le nombre d’États indiquant avoir pris des mesures législatives pour pénaliser l’implication d’acteurs non étatiques dans des activités de prolifération a considérablement augmenté. 


Le Président du « Comité 1540 » a en outre reconnu que, compte tenu du large éventail d’obligations découlant de la résolution 1540, des États ont du mal à l’appliquer pleinement.  Au cours de la période allant du 1er février 2010 au 31 janvier 2011, a-t-il assuré, le Comité s’emploiera à mettre en œuvre les recommandations figurant dans le document final issu de l’examen complet mené par son prédécesseur, l’Ambassadeur Urbina, du Costa Rica.  Il faudrait faciliter la contribution d’experts, encourager celle de membres non permanents du Conseil de sécurité qui ont quitté le Conseil et rendre les dispositifs en matière d’assistance plus accessibles, a-t-il suggéré.  M. Heller a par ailleurs expliqué qu’au cours de ces six derniers mois, les visites au siège de différentes organisations intergouvernementales, l’envoi de lettre aux États sur les moyens pratiques de faciliter la coopération avec le Comité ainsi que la tenue d’ateliers thématiques au niveau régional avaient eu pour objectif de rendre les travaux du Comité plus efficaces et, ce faisant, de renforcer le régime international de non-prolifération. 


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche), Président du Comité créé en vertu de la résolution 1267 (1999) concernant Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées, a indiqué que ceux-ci demeuraient toujours actifs en Asie et au Moyen-Orient.  Il a souligné la nécessité de faire en sorte que les régimes de sanctions restent un outil pertinent et efficace pour lutter contre le terrorisme.  Le Président du Comité s’est concentré en particulier sur l’examen de la mise en œuvre des résolutions 1822 (2008) et 1904 (2009) du Conseil de sécurité. 


Le Président a rappelé que, par la résolution 1822, le Comité devrait procéder à l’examen des 488 noms de la Liste consolidée d’ici au 30 juin 2010.  Ce processus d’examen, a-t-il souligné, est une des priorités essentielles du Comité.  Il a expliqué que le Comité avait achevé la première phase de l’examen en envoyant entre décembre 2008 et novembre 2009 aux États concernés, à savoir ceux de la citoyenneté, de la résidence ou de la localisation, les 488 noms de la Liste consolidée.  Les États avaient trois mois pour répondre, a-t-il dit, précisant que tous les États n’avaient pas été en mesure de fournir des réponses en temps voulu.  Il est essentiel, a-t-il ajouté, que les membres du Comité soient tenus au courant de toutes les informations disponibles et des positions de tous les États concernés.  Dans cette phase finale, il est important que les États fournissent au Comité toutes les informations nécessaires.  Il s’est engagé à ce que le processus d’examen soit conduit de manière sérieuse et approfondie.


La résolution 1904 (2009) améliore considérablement les procédures des régimes de sanctions, a-t-il en outre expliqué.  La création du bureau du médiateur est l’innovation la plus importante de cette résolution, a-t-il dit.  Le médiateur va s’acquitter de ses tâches d’une façon impartiale et indépendante, a-t-il souligné.  Un certain nombre de candidats excellents ont déjà présenté leurs candidatures, a-t-il précisé, notant que sa désignation appartenait au Secrétaire général.  M. Mayr-Harting a souligné qu’au cours de ces derniers mois, les membres du Comité se sont efforcés d’adapter les principes directeurs du Comité afin qu’ils prennent en compte les dispositions de la nouvelle résolution.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie), Président du « Comité créé en vertu de la résolution 1373 », a indiqué qu’au cours des six derniers mois, le Comité s’était penché sur les questions importantes que sont le contrôle des frontières, la mise en œuvre de la résolution 1624 (2005), la sécurité maritime et l’application des demandes d’extradition.  Le représentant a ajouté que le Comité 1373 avait également décidé de tenir prochainement des réunions régionales, où les défis et besoins spécifiques des pays à ce niveau seront examinés à la loupe.  Pour renforcer la transparence des activités liées à la lutte contre le terrorisme menées sous l’égide de l’ONU, le Comité a établi un guide technique d’application de la résolution 1373, qui est désormais disponible sur son site Web, dans toutes les langues des Nations Unies, a précisé M. Apakan.  « C’est dans un même souci de transparence que le Directeur exécutif du Comité et moi-même avons, le 8 avril dernier, fait un exposé complet aux États Membres sur les travaux du Comité au cours des trois premiers mois de 2010 », a-t-il rappelé. 


M. Apakan a ensuite évoqué les visites conduites par le Comité 1373 dans plusieurs pays de différentes régions, saluant le haut degré de coopération des gouvernements hôtes.  Le Comité a également mis l’accent sur la nécessité de mobiliser davantage les donateurs pour accélérer l’assistance technique devant être fournie aux États qui en font la demande, a-t-il précisé.  Le Président du Comité 1373 a souligné qu’il faudrait accroître la coopération entre la communauté des donateurs et les États récipiendaires, car la réponse aux besoins en matière de capacités est l’un des principaux défis à relever pour améliorer la lutte contre le terrorisme, a estimé à ce propos M. Apakan.  Il a relevé qu’à ce jour, 108 États Membres ont soumis leur rapport sur la mise en œuvre de la résolution 1624, et il a encouragé l’ensemble des États Membres à devenir parties aux 16 instruments internationaux de lutte contre le terrorisme.  « Dans les discussions que nous avons eues avec les pays, nous avons continué de leur rappeler que toute mesure prise pour combattre le terrorisme doit être appliquée dans le respect des obligations internationales des États, en particulier celles touchant aux droits de l’homme, au droit international humanitaire et au droit relatif aux réfugiés, a souligné le Président du Comité 1373.    



Déclarations


M. LI BAODONG (Chine) a salué les travaux menés par le Comité 1267 qui continue, a-t-il dit, à jouer son rôle de dissuasion.  Le représentant s’est félicité en particulier de la création d’un poste de médiateur.  Il s’est félicité en outre que le Comité créé en vertu de la résolution 1373 ait poursuivi l’exécution de son programme d’activités.  Le représentant a également souligné que la Chine avait participé de manière constructive aux travaux du Comité créé en vertu de la résolution 1540.  Elle a appuyé les efforts du Comité en matière de renforcement de la coopération et du dialogue avec les États Membres, a-t-il déclaré.


La violence et le terrorisme continuent de menacer la paix et la sécurité, a-t-il dit.  Le Conseil de sécurité doit, a estimé le représentant, continuer à jouer un rôle actif.  Il doit continuer à entendre la voix des pays en développement, afin que le mécanisme de lutte contre le terrorisme trouve son efficacité.  La Chine estime que les trois Comités, dans leurs domaines d’activité respectifs, continuent de renforcer les piliers de l’Organisation.  Leurs travaux, a-t-il dit, sont complémentaires et renforcent les activités menées par l’ONU en matière de lutte contre le terrorisme.  


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a estimé que les activités des trois Comités créés respectivement en vertu des résolutions 1267, 1373 et 1540 du Conseil de sécurité sont importantes pour le travail du Conseil lui-même.  C’est pourquoi, a-t-il dit, il faut renforcer leur coordination pour mieux harmoniser leur action.  Pour le représentant, il est également essentiel que les trois Comités soient en mesure de veiller à une mise en œuvre des résolutions pertinentes, notamment par le biais d’un partage d’informations accru et transparent entre d’une part les trois Comités et les États et, d’autre part, entre les États eux-mêmes.  Al-Qaida et les Taliban constituent toujours une menace grave à la paix et à la sécurité internationales, comme en témoignent les incidents survenus récemment à New York, a poursuivi le représentant ougandais.  Il a en outre estimé que la Liste récapitulative demeure un instrument déterminant pour contrer les activités terroristes et traduire en justice les auteurs ou organisateurs d’actes terroristes.  M. Rugunda a par ailleurs salué le rôle des groupes d’experts des trois Comités, « qui aident à sensibiliser le public aux enjeux de la non-prolifération et à promouvoir le dialogue avec les États Membres sur des questions particulièrement sensibles ».  Il a aussi plaidé pour une coopération plus étroite entre l’ONU et les organisations internationales et régionales, « l’Ouganda se félicitant de la visite du Comité contre le terrorisme à l’Union africaine, en mars dernier ».  Il est nécessaire, a souligné par ailleurs M. Rugunda, de prendre en compte le lien qui existe entre trafic de drogues et terrorisme.  Les États Membres, a-t-il dit, doivent appuyer les travaux menés par l’Équipe spéciale de l’Office des Nations contre la drogue et le crime (UNODC) et Interpol.


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a rappelé certains attentats récents, citant notamment la tentative d’attentat à Times Square, à New York, il y a quelques jours.  Ces événements, a-t-elle dit, montrent que le terrorisme demeure une des menaces les plus compliquées.  Aucun pays à lui seul ne peut contrer cette menace, a-t-elle affirmé.  Les États-Unis, a-t-elle assuré, continueront de travailler avec ceux qui ont un intérêt commun pour forger une coalition.  Mme Rice a souligné la détermination de son pays à travailler avec tous les organes de l’ONU.  Elle a appelé à renforcer le partenariat avec l’ONU, notamment avec ses trois Comités chargés de la lutte contre le terrorisme.  Elle a souhaité un engagement plus durable de la part des États Membres de manière générale afin de parvenir aux objectifs fixés.  La représentante a mis l’accent sur la nécessité de l’inclusion et de la transparence des trois Comités.  Elle a plaidé pour un renforcement des capacités plus novateur et plus étendu.  Il faut veiller, a-t-elle ajouté, à ce que les travaux de lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité et au sein du système se poursuivent et tiennent compte des efforts nationaux.


S’agissant du Comité 1373, la représentante a en particulier jugé important que celui-ci, ainsi que sa Direction exécutive se concentrent sur les activités stratégiques.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1267, le régime de sanctions demeure l’un des outils les plus efficaces de la lutte contre le terrorisme, a-t-elle souligné.  Le Conseil de sécurité a fourni de grands efforts en vue de faire en sorte que ce régime de sanctions soit juste et pertinent pour contrer les menaces.  Elle s’est en particulier félicitée que la résolution 1904 prévoit la création d’un poste de médiateur.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1540, elle a souligné que ses activités étaient essentielles pour prévenir la prolifération des armes de destruction massive.  Elle a appuyé son plan de travail et mis l’accent sur la nécessité d’une coopération multilatérale.


M. NORIHIRO OKUDA (Japon) a estimé que les trois Comités jouent un rôle central dans le cadre des efforts internationaux de contre-terrorisme.  Il a notamment estimé que la Liste récapitulative était un outil précieux pour juguler et sanctionner les ambitions des terroristes.  Fort d’un nouveau mécanisme et d’un médiateur chargé d’examiner les demandes de radiation, le Comité créé en vertu de la résolution 1267 peut contribuer encore davantage, et de manière plus juste et transparente, au combat contre le terrorisme, a estimé le représentant.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1373, le représentant a salué la décision du Président du Comité de réduire le nombre de réunions en choisissant des thèmes clefs pour les discussions.  Le Japon accorde une importance particulière aux travaux de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme dans le domaine de l’assistance technique, a indiqué le représentant.  Les visites menées conjointement par cet organisme et le Comité 1373 sont indispensables, a-t-il dit, pour évaluer les besoins en matière de capacités antiterroristes, pour discuter avec les autorités concernées et pour identifier les meilleurs moyens devant permettre une pleine mise en œuvre de la résolution.  Pour ce qui est du Comité créé en vertu de la résolution 1540, il a expliqué que son pays organisait fréquemment des séminaires sur la non-prolifération des armes de destruction massive, l’année 2010 ayant par exemple été marquée par de nombreuses discussions sur le contrôle des exportations de matériaux sensibles dans les pays d’Asie.  Avant de conclure, le représentant du Japon a affirmé que par une coopération accrue et efficace entre les trois Comités, l’ONU doit être en mesure de tirer le meilleur parti des ressources dont elle dispose, en évitant notamment les chevauchements en matière de lutte contre le terrorisme.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a salué les travaux réalisés par les trois Comités, dont la contribution, a-t-il dit, est importante dans le cadre des efforts du Conseil de sécurité dans la lutte mondiale contre le terrorisme.  S’agissant du Comité créé en vertu de la résolution 1373, il a plaidé pour un dialogue plus solide avec les États Membres et les organisations internationales.  Il a appelé à la tenue de réunions régulières avec les organisations régionales, et souligné la nécessité de mettre l’accent sur des sujets d’actualité tels que l’extradition et l’entraide judiciaire, conformément aux exigences de la résolution 1373.  Le représentant a rappelé que les « terroristes kamikazes » continuaient de commettre des actes de terrorisme sanglants.  Il a en particulier fait état de l’attentat perpétré dans le métro de Moscou, en mars dernier.  Ces horribles attentats ont montré que les efforts internationaux étaient indispensables pour lutter efficacement contre le terrorisme, a-t-il dit.


S’agissant du Comité créé en vertu de la résolution 1267, le représentant s’est dit préoccupé par les liens entre les Taliban et Al-Qaida et a exhorté les États à prendre des mesures contre les individus et entités figurant sur la Liste récapitulative.  La procédure de radiation de cette Liste doit être effectuée, conformément aux procédures établies, a-t-il rappelé.  Le représentant s’est félicité de la création d’un poste de médiateur.  Sa délégation, a-t-il poursuivi, estime qu’il est important de lutter contre le trafic illicite de la drogue car il contribue au financement des terroristes.  M. Churkin a également mis l’accent sur la nécessité pour le Comité 1540 de continuer à veiller à l’application de la résolution.  Il a ajouté que son pays poursuivrait ses efforts en vue de travailler avec d’autres États Membres dans ce domaine.


M. ALFRED MOUNGARA MOUSSOTSI (Gabon) a estimé que grâce au travail des trois Comités, le Conseil de sécurité avait mis à la disposition des États des instruments palpables leur permettant de lutter plus efficacement contre le phénomène du terrorisme international.  Le représentant a dit apprécier la grande expertise qu’apporte le Comité créé en vertu de la résolution 1267 aux États dans la lutte contre le terrorisme, et a souligné que les activités d’Al-Qaida n’étaient plus uniquement localisées à certaines parties du globe, touchant d’autres pays et d’autres continents, comme l’Afrique.  S’agissant du Comité créé en vertu de la résolution 1373, il a soutenu l’idée de multiplier les débats thématiques, cette approche permettant, selon lui, d’accroître la sensibilisation des États Membres et de faciliter la prise de décisions.  Il importe néanmoins que ces échanges se traduisent par des recommandations concrètes permettant de faire avancer l’action commune contre le terrorisme international.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1540, il l’a encouragé à poursuivre une approche favorisant une implication plus grande de tous les acteurs concernés par cette question.  Il l’a exhorté à tenir plusieurs réunions auxquelles seront invités les experts des différentes capitales.  Le renforcement de la coopération entre le « Comité 1540 » et les organisations régionales et sous-régionales est indispensable.  D’une manière générale, une plus grande collaboration et un échange d’informations entre les trois Comités, mais aussi avec les entités pertinentes des Nations Unies est absolument nécessaire pour faire face aux menaces que pose le terrorisme international, a-t-il conclu.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a estimé que ces dernières années, le Conseil de sécurité a pris des décisions importantes pour renforcer la légitimité des mesures de lutte contre le terrorisme appliquées sous l’égide de l’ONU.  La plus importante de ces décisions fut l’adoption de la résolution 1904 (2009) destinée à faciliter les travaux du Comité créé en vertu de la résolution 1267, a-t-elle dit.  Cette résolution, a-t-elle dit, doit contribuer à rendre ces travaux à la fois plus efficaces et transparents.  La nomination prochaine d’un médiateur, de même que la mise en place de nouvelles procédures de radiation de la Liste récapitulative contribueront sans nul doute à améliorer une lutte contre le terrorisme tout en respectant les droits de l’homme, a souligné Mme Ribeiro Viotti.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1373, la représentante a salué l’amélioration du dialogue et de la coopération entre le Comité et les États Membres ainsi que les efforts visant à améliorer l’assistance technique en faveur des pays qui en font la demande pour mettre pleinement en œuvre la résolution 1373.  Elle s’est, à son tour, félicitée des échanges entre le Comité et les organisations régionales et internationales, en particulier l’Union africaine et l’Organisation des États américains.  Pour ce qui est du Comité 1540, la représentante a estimé que le partage d’informations entre États Membres, encouragé par le Comité, était indispensable pour mettre fin, collectivement, au risque que pose la prolifération des armes de destruction massive. 


M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) faisant référence à certains attentats récents, a rappelé à quel point la menace terroriste demeurait présente, y compris pour les Nations Unies elles-mêmes.  Les trois Comités ont, a-t-il dit, non seulement une grande valeur politique, mais aussi une véritable efficacité opérationnelle.  S’agissant du Comité créé en vertu de la résolution 1267, le représentant a mis l’accent sur le point focal créé en 2006 à l’initiative de la France.  La résolution de décembre dernier va plus loin, a-t-il déclaré, constituant ainsi, selon lui, une aide utile au Comité dans le cadre de la prise de décisions.  Le représentant français s’est félicité de la création envisagée par la résolution d’un poste de médiateur.


Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1373, le représentant a estimé qu’il avait lui aussi accompli un travail essentiel.  Le Comité, a-t-il ajouté, doit s’attacher non seulement à analyser et à rendre compte mais aussi à faire des recommandations à tous les États Membres.  Il a appelé le Comité à jouer un rôle plus stratégique.  Il a souhaité en outre qu’il soit en mesure de présenter des guides de bonnes pratiques à l’usage de tous.  Au sujet du Comité créé en vertu de la résolution 1540, il reste beaucoup à faire, a-t-il fait observer.  Tous doivent être concernés par les dispositions de la résolution et tous doivent soumettre leurs rapports périodiques, a-t-il ajouté, notant que l’un des domaines où des progrès étaient possibles était celui de l’assistance technique.  Sa délégation, a-t-il assuré, continuera à appuyer les travaux de l’Équipe spéciale contre le terrorisme, qu’il a qualifiée d’outil essentiel.


M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a salué les améliorations apportées aux procédures d’inscription et de radiation de la Liste tenue par le Comité 1267 concernant les sanctions contre Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées, ainsi que la décision de nommer un médiateur chargé de ces questions.  Le Comité doit accomplir un travail important dans les mois à venir pour revoir la Liste et tous les États Membres doivent apporter leur concours, a demandé le représentant.  Il a souligné la nécessité de poursuivre les efforts pour que le régime de ces sanctions demeure un instrument crédible de maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a salué en particulier les dispositions de la résolution 1904 qui confirment que les mesures visant le financement du terrorisme s’appliquent aux rançons payées aux individus ou entités figurant sur la Liste consolidée.  M. Parham s’est ensuite félicité du travail d’information accompli par la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, tout en invitant le Comité lui-même à jouer un plus grand rôle dans l’architecture de lutte internationale contre le terrorisme.  C’est dans cette perspective qu’il a appuyé les réformes récentes concernant la procédure de ce Comité et l’organisation plus fréquente de réunions publiques.  S’agissant du Comité sur la prolifération d’armes de destruction massive, le délégué a espéré que les recommandations résultant de l’examen de la mise en œuvre de la résolution 1540 permettront d’adopter de meilleures méthodes de travail et de mobiliser les fonds nécessaires pour répondre aux demandes d’assistance.


M. BUKUN-OLU ONEMOLA (Nigéria) a salué la qualité des activités de suivi de mise en œuvre de la résolution 1540.  Il faut que les implications en termes de capacités qu’entraîne le plein respect des obligations internationales prévues par ce document soient pleinement prises en compte, a-t-il souligné.  Le représentant a ensuite félicité le Comité créé en vertu de la résolution 1267 pour son examen exhaustif de la Liste récapitulative, conduit rigoureusement malgré de sérieux obstacles.  Le régime de sanctions du Comité 1267 doit être constamment amélioré afin d’assurer l’application d’une procédure fiable et transparente, une collaboration accrue avec les États hôtes ou abritant des personnes et entités visées par la Liste étant absolument nécessaire à cette fin.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1373, le représentant s’est félicité du dialogue actif et des consultations entre le Comité, les États Membres et les organisations régionales et internationales.  Il a appelé à un rapprochement entre la communauté des donateurs et les pays récipiendaires de l’assistance technique pour accélérer la mise en œuvre de la résolution 1373.  Avant de conclure, le représentant du Nigéria a noté que la visite conjointe de la Direction exécutive et du Comité 1373 dans son pays était le signe d’une volonté partagée par les parties d’intensifier l’échange d’informations dans le domaine de la lutte contre le terrorisme


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a indiqué que les défis posés au monde et aux sociétés humaines par les différentes formes et manifestations du terrorisme international exigeaient une approche globale et soutenue, en matière de prévention et de lutte contre le phénomène.  À cet égard, il a estimé que les trois Comités établis par le Conseil de sécurité constituaient des outils effectifs pour s’attaquer au terrorisme sous toutes ses formes, et a encouragé ces trois organes subsidiaires à renforcer leur coopération et leur coordination.  Le Comité créé en vertu de la résolution 1267 (1999) demeure l’un des instruments clefs dans la lutte contre la menace que représente Al-Qaida et les Taliban, a également déclaré le représentant, en saluant l’adoption de la résolution 1904 (2009) qui, a-t-il dit, aidera les États Membres à mettre en œuvre de façon plus effective le régime de sanctions contre Al-Qaida.


M. Barbalić a ensuite salué le travail accompli par le Comité créé par la résolution 1373 (2001), avant de souligner que le Comité établi par la résolution 1540 (2004) était aujourd’hui également l’un des instruments fondamentaux des Nations Unies dans sa lutte contre le terrorisme et, en particulier, pour prévenir que les armes de destruction massive et leurs vecteurs ne soient acquis par des groupes terroristes.  Les États doivent coopérer pleinement avec le Comité pour mettre en œuvre la résolution 1540 (2004) et agir efficacement contre la menace terroriste dans le monde.


Mme CAROLINE ZIADE (Liban), soulignant la nécessité de renforcer la transparence et le respect des droits de l’homme, s’est penchée en particulier sur les méthodes de travail du Comité créé en vertu de la résolution 1267.  Le Liban, a-t-elle dit, appuie l’amendement des directives de ce Comité, conformément aux dispositions de la résolution 1904.  La révision des noms cités par la résolution 1822 doit être un processus périodique afin de parvenir à une liste qui ne présente aucune lacune, a-t-elle dit.  La représentante a également espéré que le Secrétaire général nommera prochainement un médiateur comme le prévoit la résolution 1904 et a mis l’accent sur son indépendance et sa contribution à la justice, à la transparence et au dialogue.  La représentante a en outre salué les nouvelles méthodes de travail adoptées par le « Comité 1373 » depuis le début de cette année.  Dans le cadre du « Comité 1540 », elle a appelé à la pleine mise en œuvre des instruments multilatéraux visant à prohiber la prolifération des armes de destruction massive, notamment au Moyen-Orient.  La représentante a réaffirmé l’importance de l’assistance aux pays qui en font la demande afin de faciliter la mise en œuvre de la résolution 1540.  Elle a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre la résistance légitime à l’occupation d’une part et le terrorisme d’autre part.


M. KIRSTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) a souligné les efforts de son pays pour renforcer la législation de lutte contre le terrorisme.  Il a cité la révision du régime de lutte contre le blanchiment de l’argent aux fins du financement du terrorisme, pour qu’il réponde aux normes du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux.  La nouvelle législation qui a été adoptée en octobre 2009 est maintenant mise en œuvre dans les secteurs privé et public.  S’agissant de la désignation d’entités terroristes qui ne figurent pas à la liste de l’ONU établie en vertu de la résolution 1267, il a indiqué que le Premier Ministre néo-zélandais avait procédé à l’inscription de quatre entités au mois de février 2010.  La Nouvelle-Zélande se prépare à ratifier les différents instruments relatifs à la lutte contre le terrorisme maritime adoptés en 2005 et à mettre en œuvre la Convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire de 2005.  Au niveau régional, la Nouvelle-Zélande assiste les pays insulaires de la région du Pacifique pour leur permettre de faire face à leurs obligations en matière de lutte contre le terrorisme.  En Asie du Sud-Est, a-t-il précisé, la Nouvelle-Zélande participe au renforcement des forces de police et appuie toute une série de mesures régionales et multilatérales contre les messages lancés par des groupes extrémistes et les tentatives de recrutement par les terroristes.  Par ailleurs, il a salué l’amélioration du régime de sanctions du Comité 1267, en application de la résolution 1904 en décembre 2009.  Le représentant a souligné l’importance pour le Comité 1267 de revoir la composition de sa Liste consolidée.  En matière de prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, il a précisé que la Nouvelle-Zélande coparrainera un séminaire organisé à l’intention des États de l’Asie du Sud-Est sur la mise en œuvre de la résolution 1540, en juillet prochain.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a plaidé pour la finalisation rapide du projet de convention générale sur le terrorisme internationale, qu’examine un Groupe de travail mandaté par l’Assemblée générale.  L’adoption d’un tel instrument est dans l’intérêt de tous les États Membres et relancerait l’action antiterroriste multilatérale, a-t-il affirmé, ajoutant que seule la volonté politique peut mener à l’adoption de ladite convention.  Le représentant a ensuite rappelé que son pays appuyait tous les mécanismes de lutte contre le terrorisme de l’ONU ainsi que les amendements apportés aux résolutions pertinentes pour renforcer les trois Comités.  La législation de l’Inde prévoit les dispositifs requis pour assurer la mise en œuvre de ces résolutions, a-t-il assuré.  Notant que pour renforcer l’application des mesures de lutte contre le terrorisme, le Conseil de sécurité a mis l’accent sur l’élargissement des mandats des trois Comités, M. Puri a estimé qu’il faut en outre intensifier la coopération en impliquant davantage les experts régionaux.


M. PEDRO SERRANO, Chef par intérim de la délégation de l’Union européenne, a souhaité que le régime des sanctions imposées à Al-Qaida et les Taliban soit revu constamment pour être amélioré en fonction de l’évolution des menaces.  Il a appelé à poursuivre les efforts visant à assurer la transparence des procédures d’inscription et de radiation de la Liste, notamment en publiant les résumés des motifs d’inscription sur la Liste.  À cet égard, le représentant a émis l’espoir que le poste de médiateur qui vient d’être créé soit pourvu rapidement.  M. Serrano a insisté sur la nécessité de créer un processus dynamique pour toute inscription ou radiation, tout en saluant les efforts du Comité 1267 pour réexaminer les informations de la Liste d’ici à la fin juin.  L’Union européenne, a-t-il rappelé, a toujours appuyé ce processus.


M. Serrano a ensuite salué les travaux de qualité accomplis par le Comité créé en vertu de la résolution 1373 –désigné également « Comité contre le terrorisme »-, sa Direction exécutive et son Équipe spéciale, notamment grâce à la simplification des procédures et à une meilleure coopération avec les autres organes de l’ONU.  La Direction exécutive du CCT a offert une assistance technique aux États Membres et mené un dialogue utile avec les pays donateurs, a-t-il indiqué.  Passant au Comité chargé de la question de la prolifération des armes de destruction massive ou « Comité 1540 », M. Serrano a appuyé pleinement les efforts visant à créer des mécanismes de contrôle de la mise en œuvre de la résolution 1540.  Ce texte, a-t-il précisé, donne une base solide aux efforts entrepris par l’Union européenne pour s’attaquer aux réseaux de trafic et d’acquisition de ces armes, par des acteurs non étatiques, notamment des terroristes, comme le souligne la Stratégie de l’Union européenne (UE) de 2003 contre la prolifération des armes de destruction massive qui a été complétée en 2008.  L’Union européenne a participé à la mise en œuvre de la résolution 1540, y compris dans des États tiers, et continuera à le faire.  Elle a prévu d’y consacrer 300 millions d’euros pour la période 2007-2013, a-t-il indiqué. 


M. PEDRO NUNEZ MOSQUERA (Cuba) a affirmé que son pays condamnait tous les actes de terrorisme sous toutes leurs formes et manifestations, quels qu’en soient leurs auteurs, leurs cibles ou leurs motivations.  Il a indiqué que Cuba soutenait la position de 118 États membres du Mouvement des pays non alignés s’opposant à l’établissement unilatéral de listes accusant des États de soutenir le terrorisme, ce qui, a-t-il dit, est incompatible avec le droit international et les résolutions des Nations Unies.  Le représentant a déclaré que, depuis 1982, les États-Unis maintenaient Cuba sur la liste d’États censés parrainer le terrorisme international.  Cuba exige son exclusion immédiate de cette liste, a-t-il dit, rappelant que cette décision était injuste, arbitraire et motivée par des objectifs politiques.


Le représentant a estimé qu’en maintenant Cuba sur cette liste, le nouveau Gouvernement des États-Unis poursuivait les décisions erronées de ses prédécesseurs, ainsi que ses manipulations politiques et ses mensonges flagrants justifiant une politique discréditée et non viable.  Il a affirmé que les États-Unis avaient été impliqués depuis 51 ans dans de nombreux actes terroristes contre son pays qui ont conduit à la mort de 3 478 personnes et provoqué 54 milliards de dollars de dégâts.  De même, les États-Unis protègent le terroriste Luis Posada Carriles.  Cuba, a-t-il ajouté, exige que les États-Unis jugent Luis Posada Carriles en tant que terroriste et qu’il soit extradé au Venezuela, conformément à la demande faite par le Gouvernement vénézuélien le 15 juin 2005. 


Mme GABRIELA SHALEV (Israël) a déclaré que la communauté internationale et les Nations Unies en particulier ont un rôle clef à jouer dans la coordination des efforts de lutte contre le terrorisme.  Le soutien à des actes de terrorisme et les activités menées par un groupe terroriste en toute impunité à partir d’un territoire donné ne constituent pas des prérogatives de souveraineté, a-t-elle rappelé.  Un État qui n’est pas résolu à s’attaquer à des activités de ce type menées sur son territoire doit être tenu responsable de leurs éventuelles conséquences, a également affirmé Mme Shalev.  De l’avis de sa délégation, les traités de l’ONU fournissent déjà un cadre juridique pour appréhender cette question.  Pour qu’il soit efficace, il faut qu’il y ait « une volonté politique suffisante ».  « Nous, Israéliens, connaissons trop bien les ravages causés par le terrorisme », a-t-elle poursuivi, indiquant que dans certaines zones du Moyen-Orient, les terroristes bénéficient de véritables sanctuaires.  Dans ces mêmes zones, le transfert d’armes aux organisations terroristes et l’incitation au terrorisme sont monnaie courante, a-t-elle soutenu. 


Mme Shalev a déclaré que les organisations terroristes les plus dangereuses pour la sécurité de son pays étaient, au Sud, le Hamas, et au Nord, le Hezbollah.  C’est pourquoi, a-t-elle insisté, il est absolument nécessaire que tous les États mettent en œuvre les résolutions 1373 et 1624.  La représentante a en outre évoqué l’étroite coopération qui existe entre Israël et la Direction exécutive du Comité 1373 (CTED).  « Nous sommes désireux, de par notre unique et tragique expérience du terrain, de faire partager notre expertise, notamment par le biais d’une coopération technique accrue », a-t-elle indiqué.  Mme Shalev a toutefois tenu à demander que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme respecte son mandat, qui est de faciliter la mise en œuvre de la résolution 1373 et d’appuyer le travail du Comité chargé de cette mise en œuvre.  Pour ce qui est du Comité créé en vertu de la résolution 1267, elle a salué l’adoption de la résolution 1904 qui envisage la création d’un poste de médiateur et qui se penche sur les aspects fondamentaux en matière de droits de l’homme.  Concernant la non-prolifération, elle a considéré que le Comité créé en vertu de la résolution 1540 devrait concentrer ses efforts sur la fourniture d’une assistance technique, notamment en matière juridique, pour renforcer la prévention internationale de la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. 


M. JORGE ARGÜELLO (Argentine) s’est félicité de l’adoption, en décembre 2009, de la résolution 1904 qui prévoit la création d’un poste de médiateur pour s’assurer que la mise en œuvre du régime de sanctions se fasse en conformité avec les droits de l’homme et l’état de droit.  Il a salué la contribution du Danemark qui a introduit l’idée d’un tel poste.  Il a jugé urgent de mettre en œuvre la résolution 1904 et de nommer un médiateur qui soit à la fois très qualifié et intègre.  Il a souligné qu’il était important pour le Comité de procéder à un examen efficace de la Liste, conformément à la résolution 1822 (2008), en souhaitant que le Comité puisse s’appuyer sur toutes les informations à la disposition des États.  Pour assurer la crédibilité de la Liste récapitulative, il est nécessaire de retirer de la Liste les noms des personnes décédées et de continuer à travailler sur l’identification des personnes et entités qui demeurent inscrites sur la Liste, a t—il ajouté.  En ce qui concerne les travaux du Comité de la résolution 1540 (2004), il a réaffirmé que l’Argentine était déterminée à contribuer à la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de ses vecteurs.  Il a précisé que l’Argentine avait soumis son rapport national et les mises à jour nécessaires en application des résolutions 1540 (2004) et 1810 (2008).  L’Argentine, a-t-il ajouté, a mis en place un groupe technique qui forme les experts nationaux et étrangers à l’identification de matériaux sensibles.  Le représentant a précisé que l’Argentine était partie des cinq régimes de contrôle des exportations de matériel stratégique.  Tout en rappelant que l’Argentine fêtait 60 ans d’activités nucléaires à des fins pacifiques, il a réaffirmé le droit inaliénable des États à développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.        


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) s’est félicité des efforts entrepris dans le sens du renforcement, de la coordination et de la coopération entre les trois Comités et entre les groupes d’experts qui les assistent dans l’accomplissement de leurs mandats.  S’agissant du Comité créé en vertu de la résolution 1373, il a indiqué que son pays avait accueilli avec intérêt le programme de travail ambitieux annoncé par la présidence turque du Conseil de sécurité.  Concernant le Comité créé en vertu de la résolution 1267, le représentant a salué les efforts continus visant à améliorer l’efficacité, la crédibilité et la transparence des trois volets du régime des sanctions.  Pour ce qui est du Comité créé par la résolution 1540, le représentant a salué les activités visant à favoriser la sensibilisation, la concertation, l’assistance et la coopération pour promouvoir la mise en œuvre de tous les aspects de la résolution 1540, notamment en rapprochant activement l’offre et la demande d’assistance.  Le représentant a, enfin, mis l’accent sur l’établissement d’une coopération régionale et sous-régionale systématique et sans faille.  Le Maroc, a-t-il assuré, n’épargnera aucun effort pour apporter sa contribution à toutes les initiatives sincères qui pourraient appuyer les actions collectives aussi bien au niveau régional qu’au niveau international pour combattre et éradiquer cette menace.


      M. MORTEN WETLAND (Norvège), qui s’exprimait au nom des pays nordiques, a appelé tous les pays à participer à l’examen complet de la Liste récapitulative entrepris par le Comité créé en vertu de la résolution 1267, faisant remarquer qu’« à la mi-avril, seulement 136 sur 488 entrées avaient été examinées ».  Il a salué la nomination prochaine d’un médiateur, prévue par la résolution 1904 et que proposaient de longue date les pays nordiques.  Sa délégation, a-t-il dit, est d’avis que les procédures d’inscription et de radiation doivent être placées sous supervision constante et que le Comité 1540 doit rester ouvert à toute proposition visant l’amélioration de son régime de sanctions, comme par exemple l’établissement d’un panel indépendant d’examen, a encore indiqué M. Wetland.  Il a également souligné la nécessité de limiter les appels à la violence extrémiste,  en mettant en place des programmes de réhabilitation sociale d’individus ou de groupes qui avaient été frappés par les mesures de sanctions. 


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a réaffirmé que son pays avait toujours condamné le terrorisme.  Il a appelé à lutter contre le terrorisme international sur toutes ses formes.  La Syrie, a-t-il dit, a été au premier plan, depuis les années 1980, des efforts visant à éliminer le terrorisme international.  Il a rappelé la position de son pays en faveur d’une définition claire et précise du concept de terrorisme qui, a-t-il dit, doit être séparé de celui de la lutte légitime des peuples vivant sous occupation.  Le représentant a mis l’accent sur le terrorisme d’État, qu’il a qualifié de forme de terrorisme la plus dangereuse.  Il a cité, à cet égard, les interventions d’Israël contre Gaza en 2008 et contre le Golan syrien occupé en 2006.  Il s’agit là d’exemples explicites de terrorisme d’État, a-t-il soutenu, évoquant également le terrorisme nucléaire pratiqué par Israël contre les États de la région.  La Syrie est convaincue que le terrorisme représente une menace constante contre la paix et la sécurité internationales.  Il s’est dit convaincu du rôle central que doivent jouer les Nations Unies pour faire face à cette menace internationale et a mis l’accent sur le rôle de coordination des trois Comités 1267, 1373 et 1540.  Le représentant a par ailleurs affirmé qu’Israël était le seul pays du Moyen-Orient à posséder un arsenal colossal d’armes nucléaires et à refuser d’adhérer au Traité sur la non-prolifération, ce qui, a-t-il fait remarquer, explique son manque de respect à l’égard de la résolution 1540 et des dispositions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Il a conclu en formulant le vœu que le Moyen-Orient devienne une région exempte d’armes nucléaires. 


M. GHAZI JOMMA (Tunisie) a indiqué que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme s’était rendue dans son pays au mois de mars où elle avait pu prendre part à des discussions « ouvertes et constructives » avec les autorités de l’État.  « Ma délégation, a-t-il ajouté, se félicite d’avance du suivi de cette visite, notamment en ce qui concerne la question de l’assistance technique ».  Le représentant a estimé que le renforcement des capacités, par l’intermédiaire de l’octroi d’un appui technique, était capable de produire des résultats tangibles dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.  « C’est un domaine où les organes de l’ONU pourraient jouer un rôle plus efficace et pertinent, et apporter ainsi une valeur ajoutée à la lutte contre ce fléau », a-t-il dit.


Concernant le travail du Comité créé en vertu de la résolution 1267, M. Jomma a estimé que l’examen des listes des personnes et entités ciblées par des mesures de sanctions ne devrait pas se faire dans la hâte.  Tout en affirmant l’engagement de la Tunisie à contribuer à cet examen, le représentant a estimé que le Comité 1267 devrait accorder davantage d’attention à la transparence afin de permettre aux États qui n’en sont pas membres d’être consultés avant que le nom de leurs ressortissants ne soit inscrit ou retiré de cette Liste.  Il a également souhaité la nomination rapide, par le Secrétaire général, d’un médiateur pour les relations entre le Comité et les individus ou entités cherchant à obtenir la radiation de leur nom de la Liste.  M. Jomma a par ailleurs souhaité que des mesures supplémentaires soient prises pour condamner « sans ambigüité »  le versement de rançons à des groupes terroristes.


M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a estimé que l’élimination du terrorisme exige de la part de tous les États une volonté politique sans faille.  Cela suppose l’abandon de la politique des « deux poids deux mesures » et le respect des dispositions de la Charte des Nations Unies, du droit international et du droit international humanitaire, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, la lutte antiterroriste ne doit pas s’effectuer en violation des principes fondamentaux de la Charte, en particulier la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique des États.  Il a renchéri en répétant que l’application de politiques de « deux poids deux mesures » en matière de terrorisme sape l’effort collectif de la communauté internationale. 


La République islamique d’Iran condamne tous les actes de terrorisme, y compris ceux commis par les États contre des peuples innocents et vivant sous occupation étrangère, a déclaré M. Al Habib.  Poursuivant, il a indiqué que son pays avait soumis aux Comités du Conseil de sécurité pas moins de six rapports nationaux sur les mesures prises pour appliquer la résolution 1373, en particulier pour intensifier le contrôle et la sécurité de ses frontières.  En outre, l’Iran continue de lutter énergiquement contre le trafic de la drogue au niveau régional, a-t-il assuré, rappelant que cette activité représentait une source importante de financement de certains groupes terroristes.  Avant de conclure, il a souligné que le combat contre les risques de terrorisme nucléaire ne doit pas être mené pour justifier « en réalité » le maintien et le renforcement d’arsenaux nucléaires. 


M. JORGE VALERO (Venezuela) a affirmé que l’efficacité du Comité créé en vertu de la résolution 1373 risquait d’être affaiblie par les pouvoirs que s’attribuent certains pays.  Il s’est dit préoccupé par le fait que « le terrorisme d’État se pratiquait en invoquant des menaces à la paix et à la sécurité internationales, comme le fait, a-t-il dit, Israël ».  Le représentant a rappelé l’affaire concernant le terroriste Luis Posada Carriles, dont l’acte, a-t-il dit, a visé un avion cubain avec à son bord 73 personnes et qui se trouve actuellement aux États-Unis.  Il a rappelé qu’en 2005, son pays avait demandé qu’il soit jugé au titre de 73 chefs d’accusation et extradé.  La stratégie suivie par les États-Unis est de retarder l’examen du cas, a-t-il affirmé, soulignant que cette attitude à leur engagement et leur promesse de lutter contre le terrorisme.  Le représentant a réitéré la demande de son pays pour que la résolution 1373 soit respectée et pour que l’extradition de Luis Posada Carriles soit possible.  Il a également évoqué le cas de « cinq héros cubains » luttant contre le terrorisme et incarcérés dans des prisons américaines. 


Mme CLAUDIA BLUM DE BARBERI (Colombie) a déclaré qu’aucun pays ne peut régler à lui seul le problème du terrorisme.  Ce fléau appelle une riposte mondiale concertée, a-t-elle estimé.  Ces huit dernières années, la Colombie a axé la lutte contre la criminalité sur le contrôle des frontières et la lutte contre les enlèvements, ce qui a permis à la fois de démanteler de nombreux cartels et organisations, d’améliorer le bien-être et de moderniser les institutions démocratiques colombiennes, a expliqué la représentante.  Sa délégation, a-t-elle assuré, appuie les travaux des trois Comités ainsi que la Stratégie antiterroriste mondiale, auxquels la Colombie a contribué ces dernières années à hauteur de 150 000 dollars.  Cet effort était consacré pour l’essentiel à fournir une assistance technique et juridique aux pays désireux de mettre pleinement en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a précisé Mme Blum.  La lutte contre la planification d’actes terroristes, qui constitue une des priorités du Gouvernement colombien, exige une pleine coopération de tous les pays au niveau régional, a souligné la représentante.



Droits de réponse


Le représentant des États-Unis a exercé son droit de réponse pour affirmer que les procédures visant Luis Posada Carriles étaient conformes au droit international, de même qu’au cadre juridique national qui garantit la régularité des procédures établies en vertu de la Constitution américaine.


La représentante de Cuba a affirmé que les autorités américaines se limitaient à répéter ce qui est une justification de leurs actes.  Le Gouvernement américain a toutes les preuves et les informations qui montrent la responsabilité de Luis Posada Carriles dans l’explosion d’un avion qui a coûté la vie à 73 personnes.  Cuba demande une nouvelle fois à ce que Luis Posada Carriles soit jugé en tant que terroriste et soit extradé vers le Venezuela et demande également que soient libérés les Cubains détenus injustement dans les prisons américaines.


Le délégué des États-Unis a indiqué qu’un individu ne pouvait pas être présenté devant un tribunal ou être extradé sans preuves suffisantes.  Luis Posada Carriles est entré illégalement aux États-Unis en 2005 et, c’est pourquoi, il a été détenu, a-t-il expliqué.  En septembre 2005, les autorités judiciaires américaines ont ordonné son extradition en raison de violation à la législation américaine en matière d’immigration.  Cette mesure est toujours en vigueur, a-t-il précisé.


Le représentant de Cuba a soutenu que Luis Posada Carriles est un terroriste international et qu’il était en train d’être jugé aux États-Unis pour des crimes mineurs.


Le représentant du Venezuela a demandé aux États-Unis qu’ils donnent suite à la demande d’extradition formulée par les autorités compétentes de son pays, en application des traités et conventions en vigueur.  Il a rappelé que Luis Posada Carriles s’était présenté lui-même comme le cerveau de l’attentat.


Intervenant en sa qualité de représentante du Liban, Mme CAROLINE ZIADE a regretté que le sujet du débat ait été détourné et que le nom du Hezbollah ait été mentionné.  Le pays qui a cité ce nom continue de commettre des actes d’agression contre ses voisins, a-t-elle déclaré. 


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