10/05/2010
Conseil de sécurité
CS/9921

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Conseil de sécurité

6309e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE REPRÉSENTANT EXÉCUTIF DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AU BURUNDI AFFICHE UN « OPTIMISME PRUDENT » AVANT LE DÉBUT DU MARATHON ÉLECTORAL


Le représentant du Burundi assure que les élections communales, présidentielles, législatives, sénatoriales et « collinaires » seront un succès


Le Représentant exécutif du Secrétaire général et Chef du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), M. Charles Petrie, a affiché, ce matin devant le Conseil de sécurité, son « optimisme prudent » 11 jours avant le début d’un marathon électoral qui se déroulera jusqu’au mois de septembre prochain, et a invité la communauté internationale à ne pas relâcher son engagement « afin que les gains réalisés soient irréversibles ».


Le Burundi, a déclaré M. Petrie, s’apprête à donner « un exemple extraordinaire de maturité politique ».  « Un pays qui était jusqu’à une date récente en proie à la violence interne est, nous l’espérons, sur le point de prouver comment un gouvernement démocratiquement élu peut remplacer un autre », a-t-il affirmé.


Le Représentant exécutif du Secrétaire Général a rappelé les dates du calendrier électoral qui débutera le 21 mai avec les élections communales.  Celles-ci seront suivies par les élections présidentielles, législatives, sénatoriales et « collinaires », qui auront lieu respectivement le 28 juin, le 23 juillet, le 28 juillet et le 7 septembre.


La préparation de ces élections autorise un « optimisme prudent », a déclaré M. Petrie.  L’un des défis du calendrier, a-t-il relevé, est la période très serrée pendant laquelle doivent se dérouler les élections, ainsi que la « gestion de tensions » qui pourraient survenir le jour des scrutins, à l’annonce des résultats ou pendant le règlement de contentieux électoraux ultérieurs.


Une équipe spéciale a été mise en place pour suivre de près la situation et répondre à tout besoin, en termes logistiques ou autres, de la Commission électorale nationale indépendante, a-t-il expliqué.  De même, cette dernière a dispensé des formations aux partis politiques afin de les sensibiliser à la gestion pacifique des résultats électoraux.  Enfin, le BINUB travaille en étroite collaboration avec ses partenaires pour appuyer un processus visant à assurer une « gestion ordonnée, prudente et non partisane des différends ».


Ces élections « représenteront le point culminant de presque deux décennies de travail acharné pour la cause de la paix » réalisé par le peuple burundais, ses responsables politiques, les dirigeants de la région et du continent africain, ainsi que les amis et partenaires du Burundi au niveau international, a fait observer M. Petrie.


Elles sont « importantes non seulement pour le pays, mais aussi pour l’ensemble de la sous-région ».  « Des élections réussies et pacifiques au Burundi permettraient d’élever la barre et d’établir de véritables normes pour des progrès remarquables dans le reste de la région », a-t-il expliqué.


Après les élections, le Burundi continuera d’être confronté à des défis socioéconomique, politique et sécuritaire qui nécessiteront, a-t-il dit, que la communauté internationale demeure engagée « afin que les gains réalisés soient irréversibles » et que le pays se maintienne « sur la voie du redressement économique et du développement durable ».  Il a ainsi indiqué que le Gouvernement burundais avait déjà commencé à discuter, dans ses grandes lignes, de la question de la forme d’engagement que les Nations Unies devront envisager après l’installation du nouveau gouvernement.


De son côté, Mme Heidi Grau, représentante de la Suisse, qui s’exprimait au nom du Président de la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix (CCP), M. Peter Maurer, a jugé que la réussite des élections était essentielle « à la fois pour solidifier les fondations politiques du Burundi et avancer sur la voie de la consolidation de la paix, mais aussi pour envoyer un message d’espoir aux autres pays d’une région qui demeure troublée ». 


Elle a assuré qu’au cours des trois dernières visites de la Commission de la consolidation de la paix sur place, des progrès réels avaient pu être constatés dans la préparation des différents scrutins.  Elle a cependant noté que la Commission restait préoccupée par les difficultés rencontrées par les parties pour créer un environnement propice à la conduite d’élections pacifiques, libres et équitables. 


Mme Grau a notamment insisté sur les problèmes d’identification auxquels se heurtent les citoyens burundais désireux de voter ou encore les agissements des jeunes groupes politiques, « qui sèment la peur et intimident des individus de diverses sensibilités ».  Elle a indiqué que la présidence de la Formation Burundi de la CCP avait reçu l’assurance des ministères burundais concernés que ces problèmes seraient bientôt réglés. 


Concernant le financement des élections, la représentante a fait savoir que la Commission de consolidation de la paix et le Gouvernement du Burundi avaient réussi à mobiliser pratiquement toutes les ressources prévues à cette fin.  Elle a toutefois appelé les donateurs potentiels à fournir un effort pour combler les derniers déficits.  Mme Grau a par ailleurs considéré qu’après les élections, les investisseurs privés et les institutions financières internationales devraient continuer d’aider le Burundi à réintégrer des centaines de milliers de personnes déplacées et de combattants démobilisés, à développer son agriculture et, de manière générale, à lutter contre la pauvreté dont souffrent encore des millions de Burundais.


Le représentant du Burundi a estimé, quant à lui, que les élections de 2010 se dérouleraient « à la satisfaction des Burundais et de la communauté internationale ».  Plusieurs « signes avant-coureurs » et les étapes significatives déjà franchies « présagent déjà un bon déroulement de ces élections », a-t-il dit, citant notamment « la mise en place de la Commission nationale indépendante, la promulgation du Code électoral et la finalisation d’un calendrier électoral de consensus ».


Le représentant burundais s’est également félicité de la « réussite incontestée » du recensement électoral et d’un « climat politico-militaire calme et apaisé ».  « Le plan de sécurisation des élections a été bien élaboré et sa mise en exécution se fait avec professionnalisme afin d’éviter toute bavure susceptible de compromettre le bon déroulement des scrutins », a-t-il précisé.  La présence de nombreux observateurs régionaux et internationaux constitue de même un « gage » pour la tenue d’élections « libres et indépendantes », tandis que la liberté de la presse au Burundi connaît une « grande éclosion ».


Le représentant a mis l’accent sur le déficit budgétaire du cycle électoral, dont le montant est de 1,8 million de dollars, lançant un appel aux partenaires du pays pour qu’ils apportent un « supplément de financement ».


Ces différents scrutins constituent « le plus long marathon électoral de l’histoire récente du Burundi », a-t-il souligné.  Entre-temps, a-t-il ajouté, le « moteur économique et social doit continuer à tourner » et bénéficier de « l’aide destinée aux projets de développement pour le long terme » et d’investissements étrangers.


En outre, la stratégie nationale de réintégration économique et sociale des personnes affectées par le conflit et les priorités identifiées lors de la première Conférence du Groupe consultatif pour le Burundi « devraient bénéficier de l’attention permanente de la communauté internationale », a-t-il affirmé.


En début de séance, les membres du Conseil de sécurité ont observé une minute de silence à la mémoire du Président du Nigéria, Alhaji Umaru Musa Yar’Adua, décédé le 5 mai dernier.


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