18/03/2010
Conseil de sécurité
CS/9885

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6287e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT AIDER LES AFGHANS À CONDUIRE LA DESTINÉE DE LEUR PAYS, AFFIRME M. ALAIN LE ROY


De nombreux États Membres appuient la recommandation du Secrétaire général de renouveler pour un an le mandat de la MANUA


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, a affirmé aujourd’hui devant le Conseil de sécurité que la communauté internationale devrait entreprendre des « actions concrètes » afin de « permettre aux Afghans d’être pleinement en charge et de conduire la destinée de leur pays ».  De leur côté, les États Membres ont appuyé la recommandation du Secrétaire général de renouveler pour une nouvelle période de 12 mois le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).


M. Le Roy qui, à l’occasion d’un débat du Conseil de sécurité sur la situation en Afghanistan, présentait le dernier rapport* du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a ajouté que, « parallèlement, le Gouvernement afghan doit démontrer de manière concrète le sens des responsabilités et la capacité à rendre des comptes nécessaires pour que le processus de transition ait des résultats durables ».


Le Secrétaire général adjoint est revenu sur le « consensus sur le processus de transition » qui a « distinctement émergé le 28 janvier, lors de la Conférence de Londres sur l’Afghanistan », ajoutant que cette évolution devrait désormais « se matérialiser ». 


Comme M. Ban le souligne dans son rapport, les 78 pays et institutions qui ont participé à cette Conférence ont convenu d’entamer un nouveau chapitre du partenariat entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale fondé sur une transition vers un plus grand rôle et une responsabilité accrue des Afghans. 


Dans cette nouvelle phase de « transition », le Gouvernement afghan assumera une souveraineté de plus en plus grande sur sa propre sécurité et son propre développement, la communauté internationale se limitant à un rôle d’appui. 


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a jugé « impératif » que l’orientation stratégique définie à Londres soit « suivie avec détermination ».  « Ignorer cette stratégie pourrait aboutir à un échec de nos efforts communs », a-t-il déclaré, ajoutant: « cela n’est pas une option ».


M. Le Roy a, de même, souligné la nécessité d’affronter, pendant l’intensification des opérations militaires, un « calendrier politique chargé » avec, entre autres, les élections parlementaires, prévues pour septembre prochain, la Jirga consultative de paix nationale annoncée par le Président Hamid Karzai dans un peu plus d’un mois et la Conférence de Kaboul, au cours de laquelle le Gouvernement afghan s’est engagé à présenter des programmes concrets.  « Le risque existe, a-t-il dit, que cette transition clairement identifiée comme le fondement des stratégies politiques et sécuritaires en Afghanistan, soit supplantée par ces événements. »


« Pour la première fois depuis 2001, nous organisons un débat sur un mandat axé sur la transition vers l’appropriation nationale, le leadership et la responsabilité de l’Afghanistan », s’est félicité le représentant de ce pays.  « Cette transition est un nouveau départ et notre priorité sera l’« afghanisation », avec le soutien de la communauté internationale », a-t-il poursuivi. 


La trentaine de délégations qui se sont exprimées lors de ce débat du Conseil de sécurité ont partagé l’analyse du Secrétaire général dans son rapport, en considérant que la Conférence de Londres avait marqué le début d’une nouvelle phase de transition vers une plus grande responsabilité des autorités afghanes.  


Elles ont en outre appuyé sa recommandation de renouveler pour une période de 12 mois le mandat de la MANUA, qui arrive à expiration le 23 mars, « avec quelques ajustements, compte tenu de l’évolution de la situation au cours de l’année écoulée ».


La représentante des États-Unis a émis l’espoir que la MANUA continuera à travailler en étroite coopération avec les dirigeants afghans « pour développer les capacités du Gouvernement à tous les niveaux, en particulier pour l’aider à renforcer ses institutions dans l’ensemble de ses provinces et à lutter contre la corruption ».


Son homologue de la Fédération de Russie, qui a mis l’accent sur la nécessité de « neutraliser » les activités des Taliban et d’Al-Qaida et d’améliorer la sécurité en général pour la tenue des élections parlementaires en Afghanistan, a néanmoins regretté que le débat d’aujourd’hui n’ait pas abordé le problème du commerce et de la production de la drogue.


Plusieurs pays, comme la Chine, ont estimé que les donateurs et les institutions financières internationales devraient également « encourager les priorités nationales définies par l’Afghanistan dans le cadre de sa reconstruction ».


L’Union européenne, en tant que donateur majeur, a salué l’idée d’adopter « une approche multisectorielle destinée à accélérer la mise en œuvre de la Stratégie afghane de développement ».  Sa délégation a espéré que des « plans concrets » seront présentés lors de la Conférence de Kaboul. 


Enfin, pour le Pakistan, « tout effort de surmilitarisation du processus de paix marquerait un pas en arrière ».  Ainsi, a estimé son représentant, « la composante civile de la stratégie devrait se situer à l’avant-scène et la composante militaire pourrait appuyer l’ensemble des efforts ». 


*A/64/705-S/2010/127


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2010/127)


Le Secrétaire général, dans ce rapport trimestriel, fait le point de la situation dans le pays et des activités menées par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) depuis son rapport précédent, daté du 28 décembre 2009.  Le Secrétaire général y recommande de renouveler pour une période de 12 mois le mandat de la MANUA, qui arrive à expiration le 23 mars 2010, avec quelques ajustements, compte tenu de l’évolution de la situation au cours de l’année écoulée.


Les principaux faits nouveaux intervenus en Afghanistan au cours des trois derniers mois sont notamment la certification des élections aux conseils de province, la tenue de la Conférence internationale sur l’Afghanistan à Londres le 28 janvier, l’évolution de la situation en matière de sécurité et les progrès économiques enregistrés dans le pays.  Le rapport fait également le point en ce qui concerne la lutte contre les stupéfiants, les droits de l’homme et les questions humanitaires.


Le Secrétaire général estime que l’année en cours sera déterminée par les accords conclus à la Conférence de Londres sur l’Afghanistan.  Accueillie par le Gouvernement britannique et coparrainée par le Gouvernement afghan, le Royaume-Uni et les Nations Unies, cette conférence a été l’occasion de réaffirmer les engagements mutuels du Gouvernement afghan et de la communauté internationale à mettre en oeuvre un programme d’édification de la nation axé sur des réformes, sur la base du discours d’investiture du Président Hamid Karzai en date du 19 novembre 2009. 


Les 78 pays et institutions qui ont participé à cette conférence ont convenus d’entamer un nouveau chapitre du partenariat entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale fondé sur une transition vers un plus grand rôle et une responsabilité accrue des Afghans.  Dans cette nouvelle phase de « transition », le Gouvernement afghan assumera une souveraineté de plus en plus grande sur sa propre sécurité et son propre développement, la communauté internationale se limitant à un rôle d’appui. 


Le document final de la Conférence de Londres a défini des mesures propres à amener le Gouvernement afghan à jouer un plus grand rôle dans différents domaines, allant de la sécurité au développement économique en passant par la gouvernance et la coopération régionale.  La Conférence a également débouché sur un consensus au sujet d’une approche de la réconciliation et de la réintégration menée par les Afghans eux-mêmes vis-à-vis des éléments antigouvernementaux qui accepteraient de renoncer à la violence et de respecter la Constitution afghane.


La Conférence de Londres a fixé l’ordre du jour d’une autre conférence qui se tiendra à Kaboul au printemps de 2010.  Ce sera la première réunion de haut niveau qu’accueillera le Gouvernement afghan, au cours de laquelle celui-ci s’est engagé à présenter des programmes concrets.


M. Ban a prévu la tenue de la Conférence de Kaboul en juin.  Les trois prochains mois seront donc marqués par un calendrier chargé en Afghanistan, souligne-t-il, le Président Karzai se proposant en outre de tenir une jirga de paix sur la réconciliation en avril, les préparatifs des élections devant commencer et le renforcement de l’effort militaire se poursuivre.  Ces événements et opérations doivent être gérés de telle sorte qu’ils se renforcent mutuellement et qu’ils ne détournent pas l’énergie politique des priorités précédemment établies, écrit-il.


S’ils sont bien gérés, ces événements pourraient jeter les bases de la transition vers une situation où les Afghans exerceraient davantage l’autorité, affirme le Secrétaire général, pour qui il s’agit de faire de la souveraineté de l’Afghanistan une réalité.  L’objectif est de faire en sorte que le Gouvernement afghan ait la capacité et la responsabilité qu’il faut pour exercer une souveraineté effective.  Selon le Secrétaire général, ce processus pourrait être compromis si la communauté internationale se passait du Gouvernement.  Il est par conséquent indispensable de promouvoir un nouvel état d’esprit qui soit plus respectueux de l’idée que les Afghans eux-mêmes ont de leur pays.


Pour réussir la transition vers la souveraineté, il faut également concilier l’action militaire et l’action civile, ajoute M. Ban, qui met néanmoins en garde contre une militarisation de l’effort d’ensemble mené en Afghanistan.  Il faut transférer aux institutions civiles afghanes autant de tâches civiles que possible, affirme-t-il.


Sur le plan politique, les élections parlementaires prévues le 18 septembre constituent un autre défi que les institutions afghanes doivent relever et absorberont beaucoup d’énergie politique pendant la deuxième moitié de l’année.  Le Secrétaire général observe que ces élections seront plus complexes que l’élection présidentielle, s’agissant des aspects logistiques et politiques.  Si les institutions chargées des élections en Afghanistan fonctionnent d’une façon transparente, impartiale et indépendante qui permet aux électeurs légitimes de voter et à leur voix d’être comptée avec crédibilité, une étape cruciale sera franchie sur la voie de la consolidation de la démocratie.  Dans le cas contraire, les risques d’instabilité vont augmenter.


Exposé


M. ALAIN LE ROY, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a affirmé que depuis le renouvellement du mandat de la MANUA, il y a un an, un consensus avait été atteint quant au besoin de reconfigurer la relation entre l’Afghanistan et ses partenaires internationaux, par le biais d’un transfert croissant de responsabilités aux Afghans et d’un repositionnement de la communauté internationale pour appuyer ce transfert.  Le consensus autour du processus de transition a distinctement émergé le 28 janvier, lors de la Conférence de Londres sur l’Afghanistan, a-t-il dit, ajoutant que cette évolution devait désormais se matérialiser. 


La communauté internationale se doit d’entreprendre des actions concrètes pour permettre aux Afghans d’être pleinement en charge et de conduire la destinée de leur pays, tout en renforçant les capacités des institutions afghanes et en leur fournissant le soutien nécessaire pour qu’elles assument ce rôle, y compris dans le domaine civil.  Parallèlement, le Gouvernement afghan doit démontrer concrètement le sens des responsabilités et la capacité à rendre des comptes nécessaires pour que le processus de transition ait des résultats durables.


M. Le Roy a souligné, comme l’a indiqué le Secrétaire général dans son rapport, qu’il convient de faire face, pendant l’intensification des opérations militaires, à un calendrier politique chargé avec, entre autres, les élections parlementaires, prévues pour septembre prochain, la Jirga consultative de paix nationale annoncée par le Président Hamid Karzai dans un peu plus d’un mois et la Conférence de Kaboul.  Le risque existe, a-t-il dit, que cette transition, clairement identifiée comme le fondement des stratégies politiques et sécuritaires en Afghanistan, soit supplantée par ces événements. 


Il faut, a-t-il poursuivi, être vigilants afin que le concept d’« afghanisation » du slogan en vigueur jusqu’à présent devienne la base du processus politique qui se profile, notamment lors de la Conférence de Kaboul.  Les Nations Unies, et tout spécialement la MANUA, soutiennent leurs partenaires afghans, qui doivent mener l’élaboration du programme de cet événement, dans les préparations de la Conférence.  Il a encouragé la désignation rapide d’un ministère responsable de ces préparations, afin que tous les acteurs impliqués travaillent avec un partenaire unique. 


Il est impératif, a estimé M. Le Roy, que l’orientation stratégique définie à Londres qui réaffirme clairement l’engagement sur le long terme de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan et réitère sa détermination à évoluer vers un transfert croissant de responsabilités aux Afghans, soit suivie avec détermination.  Ignorer cette stratégie pourrait aboutir à un échec de nos efforts communs, a—t-il déclaré, ajoutant: « cela n’est pas une option ».


M. Le Roy a également indiqué que le Président Karzai avait officiellement demandé au Secrétaire général de fournir un appui technique et logistique et d’aider à mobiliser les donateurs pour financer les élections de l’Assemblée nationale, prévues au mois de septembre.  Conformément à cette requête et si elles sont mandatées pour le faire, les Nations Unies et la MANUA se tiennent prêtes à jouer ce rôle.


Le Secrétaire général adjoint a affirmé que le Siège, les dirigeants de la MANUA et son personnel continueraient à travailler ensemble pour assurer une mise en œuvre effective du mandat par une MANUA renforcée.  Les impératifs liés à la sécurité de l’ensemble du personnel en Afghanistan requièrent d’évaluer avec attention le caractère critique des opérations des Nations Unies en Afghanistan, y compris celles de la MANUA.


Déclarations


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré que la journée d’aujourd’hui représente une étape importante du partenariat entre son pays et la communauté internationale.  « Pour la première fois depuis 2001, a-t-il fait remarquer, nous organisons un débat autour d’un mandat qui met l’accent sur la transition vers l’appropriation nationale, le leadership et la responsabilité de l’Afghanistan ».  Cette transition est un nouveau départ et notre priorité, a-t-il souligné, sera l’« afghanisation », avec le soutien de la communauté internationale ».  Il a estimé que la première étape de ce processus est de mettre fin au mouvement des Taliban et d’améliorer la sécurité à travers le pays.  La nouvelle stratégie du général McChrystal, récemment mise à l’essai à Marjah, ira en ce sens, tandis que l’armée et la police afghanes remplaceront graduellement la communauté internationale dans le leadership de la défense et la sécurisation du pays.  Ces efforts militaires seront complétés par des efforts politiques et économiques, a expliqué M. Tanin, qui a déclaré que le plan et les ressources nationales étaient disponibles pour un programme de réintégration.  La seconde étape sera la réconciliation qui est de plus en plus devenue l’aspect principal de la promotion de la paix en Afghanistan.  La coopération de la région et l’unité de la communauté internationale seront essentielles à cet égard, mais ce processus doit être dirigé par les Afghans et guidé par les priorités nationales, a-t-il insisté.  À cet égard, l’étape suivante sera la Jirga consultative pour la paix nationale, dont la tenue est prévue à la fin du mois d’avril, et qui devra rassembler les dirigeants afghans, les leaders communautaires, les responsables gouvernementaux et les groupes de la société civile.


La dimension sécuritaire est seulement la première étape de cette transition vers l’appropriation afghane, a relevé M. Tanin.  « Notre pays, a-t-il dit, a déjà mis au point une stratégie visant à assurer la sécurité nationale, la bonne gouvernance, le développement, et à créer un cadre propice à la coopération régionale.  La Conférence de Kaboul, prévue pour l’été prochain, sera l’occasion de passer à la phase de mise en œuvre, s’est félicitée la délégation.  Le Gouvernement afghan axe ses efforts sur le renforcement des capacités, la lutte contre la corruption, l’encouragement à la participation et la promotion de la justice et de l’état de droit.  En septembre prochain, l’Afghanistan organisera des élections parlementaires, axées elles aussi sur les priorités nationales.  « En nous appuyant sur les leçons apprises, nous entreprendrons des réformes à court et à long termes pour veiller à ce que ce processus soit aussi transparent que possible ».  Dans cette perspective, le Président Karzai a adressé une lettre au Secrétaire général pour lui demander l’assistance technique et financière dont l’Afghanistan a besoin pour organiser un tel scrutin, a souligné le représentant, qui a insisté sur le soutien de la communauté internationale.  L’importance du rôle central des Nations Unies dans l’appui à l’Afghanistan ne peut être assez soulignée, a-t-il poursuivi, annonçant que son Gouvernement soutenait la prorogation du mandat de la MANUA et la nomination du nouveau Représentant spécial, M. Staffan de Mistura.


M. ERTUGRUL APAKAN (Turquie) a souligné l’importance de l’appropriation afghane et s’est félicité du soutien de la communauté internationale, qui a commencé à faire face aux défis actuels avec une nouvelle approche.  L’accent devrait être mis, a-t-il dit, sur l’unité nationale et la reconstruction, afin de renforcer les valeurs démocratiques et les mécanismes d’État pour lutter contre la corruption et les comportements illicites.  Un développement économique, une armée et une police afghanes bien formées et équipées et une justice moderne et impartiale devraient être également considérées comme des priorités.  Cette approche globale est directement liée aux activités des Nations Unies sur le terrain et c’est la raison pour laquelle la Turquie a espéré que le Conseil de sécurité parviendrait à un consensus sur un mandat qui donnerait à la MANUA les moyens de réaliser cette tâche ambitieuse.  La coopération régionale et le dialogue devraient également être renforcés, a-t-il poursuivi.  La déclaration d’Istanbul, récemment adoptée, est la première manifestation de l’appui des pays de la région à l’Afghanistan dans ce nouveau contexte.  Le représentant a enfin souligné l’importance d’accroître les efforts civils dans les années à venir et annoncé la création d’une nouvelle équipe provinciale pour la reconstruction.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a estimé que le débat d’aujourd’hui témoignait de la solidarité de la communauté internationale à l’égard de l’Afghanistan, alors qu’il s’apprête à passer à la phase de transition.  Il s’est dit confiant que la prochaine conférence internationale qui se tiendra à Kaboul sera l’occasion de renforcer les institutions afghanes qui leur permettront de lutter contre la corruption et les mauvaises pratiques.  C’est pourquoi, le Conseil de sécurité doit renforcer et élargir le mandat de la MANUA, pour lui donner les moyens de soutenir le Gouvernement afghan dans l’organisation des élections de septembre prochain, a noté le représentant.  Il a ensuite regretté la multiplication des incidents violents en 2009, qui a été l’année la plus meurtrière, avant de réitérer son rejet catégorique du terrorisme sous toutes ses formes.  M. Heller a souhaité que la coopération entre les Nations Unie, la FIAS et le Gouvernement afghan contribue à réduire ces incidents.  Le représentant s’est félicité des initiatives conjointes lancées pour lutter contre la production, le trafic, la consommation de stupéfiants dans la région, qui ont un impact négatif sur le développement afghan.  Par ailleurs, évoquant la loi de sécurité nationale et d’amnistie publique, M. Heller a réaffirmé que la lutte contre l’impunité jouait un rôle capital dans la réconciliation nationale.  Il faudrait également répondre aux besoins de 476 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui doivent être autorisées à prendre le chemin du retour.  Avant de conclure, il a souhaité qu’une nouvelle Commission des plaintes électorales soit mise en place et que des enquêtes soient menées pour déterminer s’il y a eu des fraudes pendant les dernières élections présidentielles.  La participation des femmes aux élections doit être encouragée, a-t-il ajouté.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a affirmé que le mois à venir devrait permettre à toutes les parties prenantes en Afghanistan de remplir leurs engagements.  La représentante a en particulier mis l’accent sur le problème de la sécurité dans le pays, se félicitant néanmoins des résultats des forces progouvernementales.  De l’avis de Mme Ribeiro Viotti, la solution au conflit afghan ne se trouve pas sur le champ de bataille mais grâce à un processus politique.  Le communiqué établi lors de la Conférence de Londres exprime un soutien international important à la politique de réintégration et de réconciliation annoncée par le Président Karzai dans son discours d’investiture.  Il est essentiel, a-t-elle également estimé, que l’Afghanistan reprenne la direction du processus électoral et démocratique.  La représentante a en outre souligné que la stabilité dépendait aussi de la capacité du Gouvernement afghan, avec le soutien de la communauté internationale, à assurer le développement économique et social.  Une politique vigoureuse des pays donateurs est nécessaire pour octroyer une assistance coordonnée avec les Nations Unies et les autorités afghanes, a-t-elle affirmé. 


M. LI BAODONG (Chine) a rappelé que les élections présidentielles de l’an dernier avaient été marquées par un succès et que des progrès avaient été enregistrés depuis cette date.  Aujourd’hui, l’Afghanistan s’engage dans une phase de transition primordiale au cours de laquelle la communauté internationale devrait plus que jamais réaffirmer son soutien à ce pays, a-t-il dit.  L’amélioration de la situation en matière de sécurité représente un grand défi pour faire de cette phase de transition un succès, a estimé le représentant, qui a également suggéré de privilégier une approche graduelle pour transférer les responsabilités des Nations Unies et de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) au Gouvernement.  Les donateurs et les institutions financières internationales devraient également encourager les priorités nationales définies par l’Afghanistan dans le cadre de sa reconstruction, a souligné le représentant. Appuyant la prorogation du mandat de la MANUA, le représentant de la Chine a souhaité que les élections parlementaires de septembre soient couronnées de succès.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a estimé que la Conférence de Londres a marqué le début d’une nouvelle phase de transition vers une plus grande responsabilité des autorités afghanes.  Il a rappelé que son pays, conjointement avec le Liechtenstein et l’université américaine de Princeton, avait organisé en février dernier un colloque sur la mise en œuvre des réformes en Afghanistan, qui a réuni un nombre important d’Afghans et d’experts internationaux et qui devrait être utile dans les préparatifs de la prochaine Conférence de Kaboul.  Le représentant a aussi jugé important de mener à bien la réforme électorale, en s’appuyant sur les engagements pris lors de la Conférence de Londres, pour que les élections parlementaires prévues en septembre prochain contribuent efficacement à la consolidation de la démocratie en Afghanistan.  Il a notamment souligné l’importance de la participation des femmes et des minorités à ce processus, tant en qualité de candidats que de votants.


Les femmes doivent aussi participer au processus de réconciliation, a estimé le représentant autrichien qui a appelé le Gouvernement afghan à mettre en place les concepts de réintégration et de réconciliation, dans le respect de la Constitution et des engagements au niveau international.  Il s’est réjoui de la radiation des noms de cinq anciens Taliban de la Liste établie conformément à la résolution 1267 (1999) du Conseil de sécurité, qu’il a qualifiée de mesure de confiance.  L’Autriche, qui assure la présidence du Comité 1267, souhaite coopérer avec le Gouvernement afghan et la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).  M. Mayr-Harting a également souligné la nécessité de protéger les civils, notant le nombre élevé de victimes.  Se félicitant, avant de conclure des progrès accomplis en matière de sécurité par la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), il a assuré que sa délégation se prononçait en faveur de la prorogation du mandat de la MANUA pour une nouvelle période de 12 mois.


M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a affirmé qu’après une année 2009 difficile, les premiers mois de 2010 donnaient une raison d’espérer une amélioration de la situation. Il a ainsi évoqué la Conférence de Londres et les engagements pris par le Président Karzai et son Gouvernement.  De même, sur le plan militaire, les efforts commencent à porter leurs fruits et affaiblissent les forces de rébellion, tandis que se renforce le combat contre le terrorisme.  Toutefois, la situation demeure fragile.  Les Nations Unies disposent de la légitimité, de l’impartialité et de l’expertise qui en font un acteur indispensable dans cette nouvelle phase, a-t-il déclaré, la MANUA jouant à cet égard un rôle clef.  Les Nations Unies, a-t-il dit, doivent accompagner activement le processus de transition lancé à Londres.


Le renouvellement du mandat de la MANUA est l’occasion de préciser les priorités d’action de la Mission, a-t-il souligné, citant trois priorités.  La première est celle des bons offices politiques qui constituent le cœur du mandat.  Ensuite, la MANUA aura aussi à s’engager en appui au processus électoral.  Enfin, elle doit poursuivre l’effort engagé lors de la Conférence de Paris en juin 2008.  Le représentant de la France a mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’efficacité et la cohérence de l’aide.  La situation en Afghanistan ne peut être abordée indépendamment de la situation dans la région, en particulier le Pakistan, a-t-il également fait observer.  La communauté internationale doit le soutenir et l’encourager dans la lutte contre tous les groupes terroristes, a-t-il ajouté.  Le représentant a plaidé en faveur de la création d’un mécanisme chargé d’assurer la promotion du dialogue régional.  Il a conclu en estimant que cette phase de transition ne signifiait pas un retrait de la communauté internationale, encore moins un abandon.  Comme l’a déclaré le Président Nicolas Sarkozy, la France restera engagée aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que les Afghans le souhaiteront, a assuré M. de Rivière. 


M.NAWAF SALAM (Liban) s’est réjoui de la nomination de M. Staffan de Mistura comme Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan et a appuyé la prorogation pour une nouvelle période d’un an du mandat de la MANUA.  Il a également appelé à appuyer les efforts de la MANUA et des autres parties internationales présentes en Afghanistan.  Avant le scrutin législatif, des réformes électorales sont indispensables, a-t-il dit, soulignant la nécessité d’identifier l’aide que peuvent apporter les Nations Unies dans ce domaine.  Il a en outre souligné l’importance de lutter contre l’impunité et la corruption, de promouvoir les droits de la femme, de consolider l’armée et la police nationales pour qu’elles puissent continuer à assurer la sécurité du pays.  De même, il convient, a-t-il estimé, de traiter les causes du conflit.  Le représentant a en outre mis insisté sur la nécessité de lutter contre le trafic de stupéfiants, qui, a-t-il rappelé, contribue à financer les activités terroristes. 


M. IVAN BARBALIC(Bosnie-Herzégovine) s’est tout d’abord félicité de « l’intensité » des récents efforts diplomatiques déployés pour appuyer l’Afghanistan. Il a engagé l’ONU à continuer de jouer un rôle de coordination « central et impartial » afin de promouvoir, avec le Gouvernement afghan, la paix et la stabilité en Afghanistan et d’assurer la mise en œuvre du Compact pour l’Afghanistan.  Après avoir fait part de ses préoccupations concernant la situation humanitaire et sécuritaire dans le pays, le représentant a engagé la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) à assurer la coordination de l’appui international aux élections parlementaires du 18 septembre 2010.  Il a également insisté sur « l’importance cruciale » que revêtent la Commission électorale indépendante et de la Commission des plaintes électorales.  « Ma délégation, a-t-il ajouté, appuie fermement les mesures destinées à améliorer la participation des femmes et des minorités à ce scrutin ».  Le représentant a également fait part de l’appui de sa délégation au processus de réintégration et s’est félicité de la proposition de créer un Fonds pour la paix et la réintégration financé par les donateurs.  Il a ensuite engagé la MANUA à assurer la coordination de l’aide internationale par l’intermédiaire des institutions afghanes.  Le représentant a souhaité que le Gouvernement afghan assume un rôle de coordination plus important, qui est crucial, a-t-il rappelé, pour le processus de transition.  Il a par ailleurs souligné l’importance d’assurer le retour des personnes déplacées. « Ces retours sont essentiels pour bâtir une société démocratique et pour rétablir un climat de sécurité et de confiance », a-t-il souligné avant de conclure.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a affirmé que le rapport du Secrétaire général soulignait clairement les progrès réalisés vers une nation stable et sécurisée.  Ce rapport décrit aussi l’ampleur des défis qui subsistent, a-t-il fait remarquer.  Le représentant a estimé que la Conférence de Londres du mois de janvier avait marqué un pas important.  Les priorités définies ont renouvelé les engagements de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan et ont reconnu une nouvelle phase vers l’« afghanisation ».  Le représentant a fait état de trois domaines prioritaires.  En premier lieu, les mois prochains présentent des défis de sécurité, a-t-il dit, se félicitant des efforts considérables entrepris par les forces internationales et afghanes.  Il a ensuite mis l’accent sur le processus politique, tâche critique pour 2010, soulignant la nécessité d’appuyer le Gouvernement dans ses efforts en vue d’élaborer un processus de réconciliation.  Les Afghans doivent diriger un tel processus politique, qui sera long, a-t-il dit, en plaidant pour un renforcement de l’engagement de la MANUA à cet égard.  Enfin, la MANUA devra jouer un rôle pour assurer le succès des élections législatives.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’un engagement visant à prévenir toute irrégularité et mauvaise conduite.  Le problème de la corruption, a-t-il dit, constitue actuellement une plus grande préoccupation pour les Afghans que l’insécurité.  Après avoir évoqué la prochaine Conférence de Kaboul, le représentant  a assuré que le Royaume-Uni appuie pleinement les efforts de l’Afghanistan et des Nations Unies.


M. PATRICK S. MUGOYA (Ouganda) a estimé que le rapport du Secrétaire général mettait l’accent sur les progrès notables accomplis en Afghanistan, tout en attirant l’attention sur ce qui doit être entrepris avant la tenue des prochaines élections parlementaires en septembre.  Des réformes importantes sont devenues nécessaires dans le système électoral afin de renforcer la démocratie, a-t-il notamment relevé.  Le représentant s’est dit préoccupé par la multiplication d’incidents violents et la persistance de mines terrestres antipersonnel et d’engins non explosés qui entravent l’accès des Afghans aux services de santé et aux établissements scolaires.  Reconnaissant qu’il incombe en premier lieu à l’Afghanistan d’assurer son développement et sa sécurité, le représentant a estimé que les Nations Unies devraient continuer à prêter assistance au Gouvernement dans la perspective de ce transfert.  Les efforts en matière de réinsertion et de réconciliation sont également essentiels pour parvenir à rendre viable le processus de paix, a ajouté le représentant.  Notant la baisse de la production de pavot à opium, il a demandé aux autorités afghanes d’accélérer la mise en œuvre du plan de contrôle des stupéfiants.  L’Ouganda, a-t-il assuré, appuie la prorogation du mandat de la MANUA.


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a réaffirmé le plein soutien de son Gouvernement à l’Afghanistan, ainsi que celui de la communauté internationale dans son ensemble, comme l’a reflété la conférence qui s’est tenue il y a deux mois à Londres.  Elle s’est félicitée de la nomination de M. Staffan de Mistura  au poste de Représentant spécial pour l’Afghanistan, qui, dès son arrivée, a encouragé la MANUA à soutenir le Gouvernement afghan dans le respect de ses priorités nationales.  La représentante a émis l’espoir que la Mission continuera à travailler en étroite coopération avec les dirigeants afghans pour développer les capacités du Gouvernement à tous les niveaux, en particulier pour l’aider à renforcer ses institutions dans l’ensemble de ses provinces et à lutter contre la corruption.  Pour Mme Rice, le test réel de cette « afghanisation »  sera la capacité du Gouvernement à répondre aux besoins des populations locales.  À mesure que la sécurité s’améliore, et que le Gouvernement afghan assumera ses responsabilités, les États-Unis seront en mesure d’encourager la réintégration des éléments armés et des Taliban qui choisiront de renoncer à la violence pour rejoindre le processus de paix et de réconciliation, a souligné la représentante.  La promotion des droits des femmes ne doit pas être négligée, a-t-elle rappelé.  Les États-Unis demeurent préoccupés par les résultats électoraux publiés en février dernier, a-t-elle dit, en soulignant qu’il était indispensable que la population afghane puisse avoir confiance en ses propres institutions et que l’intégrité des élections parlementaires de septembre 2010 soit respectée.


M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a rappelé les défis qui persistent en Afghanistan, en dépit des progrès accomplis et signalés par le Secrétaire général dans son rapport.  Prenant note de l’engagement du Président Karzai à veiller à ce que les erreurs commises lors du dernier scrutin présidentiel ne se reproduisent plus, il a souhaité que les élections parlementaires de septembre prochain se déroulent de manière juste et transparente.  Le représentant a souligné l’importance pour les Nations Unies et la communauté internationale de respecter la souveraineté de l’Afghanistan, qui doit renforcer ses capacités nationales pendant cette phase de transition.  Le représentant s’est félicité de la mise en place d’un groupe chargé de la lutte contre la corruption, du lancement d’un programme de justice nationale et d’un projet d’intégration des mécanismes de promotion de la paix.  La Conférence de Kaboul, a estimé le représentant du Nigéria, devra permettre de tirer parti des acquis de celle de Londres et d’affermir les progrès déjà réalisés par l’Afghanistan.  Avant de conclure, le représentant a soutenu la demande du Secrétaire général visant la prorogation du mandat de la MANUA pour une nouvelle période de 12 mois.


M. GENNADY V. KUZMIN (Fédération de Russie) a appuyé notamment les efforts en vue de permettre à l’Afghanistan d’exercer sa responsabilité en matière de sécurité.  Il a également estimé que la prochaine Conférence de Kaboul constituait la première activité de haut niveau organisée par le Gouvernement, ainsi que les élections législatives de 2010.  Le projet de résolution du Conseil de sécurité à l’examen sur le renouvellement de la MANUA accorde une grande attention aux tâches de la communauté internationale en faveur des efforts de réconciliation et de réintégration en Afghanistan, tout en appuyant les processus de règlement politique qui se poursuivent.  Le représentant a insisté sur la nécessité de rompre tout lien ou dialogue avec Al-Qaida et les Taliban.  Ce principe-là doit régir l’approche du Gouvernement afghan, a-t-il notamment dit. 


Le représentant s’est également félicité de la nomination par le Secrétaire général de son nouveau Représentant spécial pour l’Afghanistan, M. Staffan de Mistura.  Il s’est par ailleurs dit préoccupé par le commerce et la production de la drogue.  Il a également regretté à cet égard que le débat d’aujourd’hui ait placé cette question à l’écart.  Il convient, a-t-il ajouté, de rendre plus énergique la cessation du trafic des précurseurs sans lesquels il est impossible de produire de l’héroïne.  Le représentant de la Fédération de Russie a dit partager la préoccupation des Nations Unies devant l’augmentation des pertes civiles au cours de l’année passée.  Il a, à cet égard, mis l’accent sur la nécessité de neutraliser les activités des Talibans et d’Al-Qaida et d’améliorer la sécurité en général pour la tenue des élections parlementaires en Afghanistan.  Le représentant a enfin préconisé le rétablissement de la neutralité de l’Afghanistan.  L’histoire même de ce pays plaide en faveur d’un rétablissement, a-t-il déclaré.   


M. YUKIO TAKASU (Japon) a souligné la nécessité de renforcer la coordination de l’aide au développement, de faciliter la tenue des élections législatives de septembre et de promouvoir le dialogue politique.  La coordination de l’aide, a-t-il fait remarquer, ne sera couronnée de succès qu’en fonction de la bonne volonté des donateurs, qui doivent s’aligner sur les priorités nationales des Afghans.  S’agissant des élections, le représentant a estimé que des réformes devaient être entreprises pour assurer la transparence et l’équité du processus électoral, en s’appuyant sur les enseignements tirés depuis 2009.  En matière de réconciliation et de réinsertion, M. Takasu a estimé qu’il n’existait aucune autre option pouvant se substituer aux opérations militaires indispensables en vue de combattre ceux qui recourent à la violence et font obstacle au processus démocratique.  Toutefois, dans une perspective de long terme, une solution politique doit être recherchée et un dialogue ouvert avec tous ceux qui sont prêts à renoncer à la violence, à respecter les valeurs consacrées par la Constitution afghane et à organiser une Jirga consultative de la paix nationale.  Reconnaissant la nécessité de renforcer la MANUA et de lui donner les moyens de répondre efficacement aux attentes de la population afghane, le représentant du Japon a appuyé la prorogation de son mandat pour une période supplémentaire de 12 mois.


M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) a mis l’accent sur l’évolution enregistrée lors de la Conférence de Londres et le transfert aux autorités afghanes de la responsabilité dans les domaines de la sécurité, de la bonne gouvernance et du développement économique et social.  Le représentant a renouvelé son soutien à la MANUA pour le rôle central qu’elle joue en Afghanistan, notamment dans le processus du développement du pays.  Il a souligné l’importance de renouveler l’engagement en faveur d’un Afghanistan pacifique, stable et prospère et a exprimé l’appui de son pays à la prorogation du mandat de la MANUA pour une nouvelle période de 12 mois.


M. PETER SCHWAIGER, Directeur adjoint de la délégation de l’Union européenne, a déclaré que l’Union européenne était d’accord pour faire de la réconciliation et de la réinsertion les éléments clefs d’un développement politique durable en Afghanistan, qui doivent se faire sur la base de l’appropriation nationale.  Cela ne signifie pas, a-t-il rappelé, que la réconciliation doit conduire à l’impunité.  Après avoir rappelé que le succès de la phase de transition repose aussi en grande partie sur le développement socioéconomique du pays, le représentant a indiqué que l’Union européenne, en tant que donateur majeur, salue l’adoption d’un principe d’une approche multisectorielle destinée à accélérer la mise en œuvre de la Stratégie afghane de développement et espère que des plans concrets seront présentés lors de la Conférence de Kaboul.  Comme elle l’avait annoncé, l’Union européenne, a spécifié M. Schwaiger, augmentera le pourcentage de son aide alignée sur les secteurs désignés comme prioritaires par l’Afghanistan.  Réaffirmant que l’amélioration de la gouvernance, de l’état de droit, du respect des droits humains et du renforcement des capacités étaient au cœur du soutien européen à l’Afghanistan, le Directeur adjoint a également souligné l’importance cruciale de réformes électorales, compte tenu des leçons apprises en 2009.  Il a estimé que le rôle de la MANUA et du Représentant spécial était déterminant, notamment dans la coordination civile et pour assurer le succès de l’appropriation afghane.  Dans ce contexte, M. Schwaiger a soutenu la prorogation du mandat de la Mission pour une nouvelle période de 12 mois, comme le recommande le Secrétaire général dans son rapport.


M. JOHN MCNEE (Canada) s’est félicité des progrès accomplis au cours des trois derniers mois, estimant notamment que la Conférence de Londres avait été « très fructueuse ».  « Il est maintenant important que le Gouvernement afghan et la communauté internationale respectent les engagements pris à Londres », a-t-il ajouté.  Le représentant a engagé le Conseil à renouveler le mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), appelant à ce que celui-ci tienne compte de « l’esprit de transition » qui animait la Conférence de Londres et autorise la MANUA à jouer « pleinement » son rôle politique et de coordination de l’aide humanitaire.  Il a par ailleurs demandé que soit renforcées de « toute urgence » les ressources humaines de la MANUA.


Pour M. McNee, « l’enjeu de l’heure » consiste à donner suite aux engagements énoncés dans le Communiqué de la Conférence de Londres.  L’Afghanistan et ses partenaires de la communauté internationale, a-t-il souligné, devront veiller ensemble à mettre en œuvre une stratégie de transition concertée.  Le représentant a insisté sur la nécessité de donner au Gouvernement afghan la capacité de protéger les civils.  Le Canada, a-t-il poursuivi, se félicite de ce que le Président Karzai insiste sur la réconciliation, ainsi que de la tenue prochaine d’une Jirga consultative pour la paix nationale.  M. McNee a par ailleurs appelé à ce que les femmes occupent une place centrale dans cette Jirga et participent à la Conférence de Kaboul.  Sa délégation souhaite des réformes électorales avant le scrutin de septembre, a-t-il ajouté, notant toutefois avec inquiétude que l’indépendance de la Commission des plaintes électorales pourrait être réduite suite à des modifications apportées à la loi électorale.  Avant de conclure, M. McNee a engagé l’ONU à travailler en étroite collaboration avec le nouveau haut représentant civil de l’OTAN afin d’assurer une « synergie des mandats et des efforts ».


M. PETER WITTIG (Allemagne) a déclaré que son pays était nourri des relations très étroites avec l’Afghanistan et son peuple.  La Conférence de Londres a fermement réaffirmé le partenariat entre la communauté internationale, le Gouvernement et le peuple afghans, a-t-il dit, soulignant l’importance de la prochaine Conférence de Kaboul.  Les concepts d’appropriation et de transfert de responsabilité devraient, a-t-il estimé, être dûment reflétés dans le projet de résolution du Conseil de sécurité et le mandat de la MANUA.  Le représentant a également appuyé l’idée d’établir des mesures de confiance telles qu’énoncées dans le rapport du Secrétaire général et a encouragé le Conseil de sécurité à soutenir de manière constructive ce processus.  Il a par ailleurs énuméré les mesures prises par son pays, sous les auspices de l’ONU, pour continuer à contribuer aux efforts de la communauté internationale en Afghanistan.  Ainsi, l’Allemagne augmentera ses effectifs au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), doublera le nombre de ses formateurs de police sur le terrain et accroîtra son aide bilatérale au développement de l’Afghanistan. 


M. HERMAN SCHAPER (Pays-Bas) a appuyé la déclaration faite par le Secrétaire général selon laquelle l’année 2010 doit être celle de la transition vers une plus grande appropriation des initiatives par les Afghans, en particulier dans le secteur de la sécurité.  Sur le front civil, le représentant a dit attendre des progrès dans le domaine de la gouvernance, soit des fonctionnaires d’une meilleure qualité et des efforts plus soutenus contre la corruption.  Il a aussi dit attendre une réforme électorale, à court et à long termes ainsi qu’une protection renforcée des droits de la femme, conformément aux normes internationales.  Dans ce contexte, le représentant a appuyé le point de vue selon lequel la MANUA devrait se concentrer davantage sur l’émancipation des autorités afghanes, en adoptant une approche différenciée.  Elle doit axer ses efforts là où elle peut faire la différence, que ce soit dans la coordination des donateurs ou celle de l’ONU, au niveau interne. 


M. PAWEL HERCZYNSKI (Pologne) a, lui aussi, plaidé pour une plus grande appropriation nationale en Afghanistan, qu’il s’agisse de la sécurité, du développement économique, de la gouvernance ou de la coopération régionale.  Il a poursuivi en reconnaissant que le processus de réconciliation et de réintégration initié par le Président Karzai nécessitera un large appui, au niveau national.  Dans ce contexte, le représentant a réitéré la disposition de son pays à accueillir une série de réunions pour, a-t-il dit, contribuer à surmonter le manque de confiance entre Afghans.  La Pologne est tout à fait disposée à partager son expérience réussie en matière de transition politique. 


En prévision des élections législatives du 18 septembre, le représentant a voulu que les préparatifs soient lancés le plus vite possible pour éviter les irrégularités et les fraudes du passé.  S’inquiétant de la situation en matière de sécurité, il a annoncé l’intention de son pays d’accroître de 6 à 16 le nombre de ses équipes de formateurs de l’armée et de la police, soit près de 16% de la présence polonaise en Afghanistan. Le représentant a espéré que la décision de son pays de faire passer à 3 000 le nombre de ses troupes contribuera substantiellement à l’édification d’un Afghanistan pacifique et prospère.


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a appuyé les conclusions de la Conférence de Londres qui appellent à un plus grand leadership du côté afghan, avec le soutien de la communauté internationale et sous la direction des Nations Unies.  Lors de la prochaine Conférence de Kaboul, il faudra exprimer clairement la volonté de transférer le pouvoir aux autorités afghanes, a-t-il ajouté. Pour sa part, le Gouvernement afghan devra présenter des programmes nationaux concrets assortis de calendriers.  Le représentant norvégien a aussi invité le Gouvernement à mettre en pratique les engagements de la Conférence de Londres, en assurant une bonne gouvernance, en prenant des mesures de lutte contre la corruption ou encore en améliorant les lois électorales.  Il s’est inquiété en particulier de l’adoption récemment de lois ayant des incidences importantes alors qu’elles ne sont pas l’aboutissement d’un processus de consultation, citant le cas de la loi d’amnistie qui risque de laisser des crimes impunis.  Il faut aussi, a estimé le représentant, que le processus électoral soit amélioré nettement par rapport à celui de 2009 et, à cette fin, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) doit jouer un rôle actif.  En ce qui concerne le processus de réintégration et de réconciliation, il a jugé bon d’organiser une Jirga  consultative de paix et de réconciliation nationale, comme l’avait annoncé le Président Karzai, tout en insistant sur la participation de tous les Afghans dans ce processus, notamment des femmes.  Avant de conclure, le représentant de la Norvège s’est prononcé en faveur de la prorogation du mandat de la MANUA.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a réitéré, à la suite de nombreux autres orateurs, que la Jirga consultative pour la paix nationale, la Conférence de Kaboul et les élections parlementaires prévues en septembre prochain seraient des étapes déterminantes dans le cadre du processus de transition en Afghanistan.  Déplorant ensuite la détérioration de la situation en matière de sécurité en Afghanistan, il a estimé qu’il était essentiel de mettre fin aux sanctuaires où trouvent refuge les organisations terroristes et aux soutiens dont elles bénéficient.  Dans cette perspective, outre le renforcement de la FIAS, il est impératif d’élargir et de professionnaliser rapidement les forces afghanes.  Le processus de réintégration devrait être ouvert à tous les combattants qui décident de renoncer à la violence et à la lutte armée et de respecter les valeurs consacrées par la Constitution afghane, a-t-il ajouté.  Une stratégie durable de stabilisation de l’Afghanistan doit, de l’avis de sa délégation,  mettre l’accent sur le développement et la bonne gouvernance, sur la base de l’appropriation nationale.  Comme le signale le Secrétaire général dans son rapport, 80% de l’assistance de la communauté internationale ne s’appliquent toujours pas aux priorités définies par le Gouvernement afghan.  L’Inde a mis l’accent sur le développement économique et social de l’Afghanistan, a assuré le représentant, annonçant une assistance d’un montant de 1,3 milliard de dollars.  Outre des projets de développement de plus ou moins grande échelle dans différentes provinces afghanes, l’Inde a construit la route qui relie Zaranj à Delaram et doit construire le nouveau bâtiment du Parlement afghan.  Son pays, a-t-il ajouté, a annoncé de nouvelles initiatives dans les domaines de l’agriculture et du renforcement des capacités institutionnelles, lors de la Conférence de Londres.


M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a affirmé que la Conférence de Londres avait initié une nouvelle phase de relations entre l’Afghanistan et la communauté internationale avec l’engagement en faveur d’une responsabilité et d’un leadership afghans plus importants.  Le Pakistan, a-t-il dit, appuie fermement le processus de réconciliation et de réintégration dirigé par les Afghans.  Toutefois, a ajouté le représentant, tout effort de surmilitarisation du processus de paix entraînerait une marche arrière.  Ainsi, a-t-il estimé, la composante civile de la stratégie devrait se situer à l’avant-scène et la composante militaire pourrait appuyer l’ensemble des efforts.  Il s’est dit convaincu que le processus de réconciliation et de réintégration dirigé par les Afghans ouvrira la voie vers un Afghanistan souverain et stable.  Les défis que rencontre le peuple afghan nécessitent une stratégie globale, développée par le Gouvernement afghan et avec l’appui de la MANUA.


Le représentant a indiqué que son pays attachait une grande importance à des relations étroites, fraternelles et de coopération avec l’Afghanistan.  Le Pakistan, a-t-il expliqué, est engagé à soutenir le peuple afghan dans ses efforts en vue d’un Afghanistan sûr et stable.  Il a également souligné que son pays accueillait plus de trois millions de réfugiés afghans, exhortant la communauté internationale à créer les conditions pour le retour en Afghanistan de ces réfugiés, dans l’honneur et la dignité. 


M. DAVID WINDSOR (Australie) a appuyé la prorogation du mandat de la MANUA, en soulignant que le projet de résolution dont est saisi le Conseil de sécurité devrait mettre l’accent sur le rôle central que les Nations Unies doivent jouer en Afghanistan en termes de sécurité, de stabilité et de développement.  Par ce texte, le Conseil devrait également encourager davantage le partenariat entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale et le plan commun pour une transition par phase des questions de sécurité, de gouvernance et de développement au peuple afghan.  À l’instar d’autres pays, l’Australie ne sous-estime pas les défis économiques, politiques et de sécurité significatifs auxquels le peuple afghan et la communauté internationale sont confrontés, a-t-il dit.  C’est la raison pour laquelle, elle s’engage à travailler en étroite collaboration avec la MANUA et ses autres partenaires en vue d’aider le Président Karzai et son Gouvernement à respecter les engagements pris notamment en termes de gouvernance, de réforme électorale, de lutte contre la corruption et contre la drogue.


Prenant note de la décision de la Commission électorale indépendante afghane de repousser les élections parlementaires à septembre 2010, M. Windsor a estimé que cela sera l’occasion de prendre la mesure des progrès réalisés par le Gouvernement afghan dans le domaine du processus électoral et politique.  L’Australie encourage le Gouvernement afghan à faire appel à des commissaires indépendants, hautement qualifiés et intègres pour assurer la supervision du processus électoral, de manière à ce que ce processus soit acceptable pour tous les Afghans, y compris les partis d’opposition.  Le rôle de la MANUA sera notamment de veiller à la bonne marche des préparatifs et de la conduite de ces élections, a précisé M. Windsor.  Rappelant l’engagement de son pays dans la province d’Oruzgan en Afghanistan, il a précisé que sur le plan financier l’Australie est le plus grand contributeur du Fonds ANA (200 millions de dollars australiens sur cinq ans) mais a également contribué au Fonds de reconstruction (50 millions de dollars australiens).  Le représentant a expliqué que le programme de développement de son pays avait pour objectif de renforcer les capacités du Gouvernement afghan à apporter les services de base à son peuple et à appuyer le développement économique et social en Afghanistan.  L’Australie a également annoncé ses intentions de participer à hauteur de 20 millions de dollars australiens au financement des activités de déminage, et de 25 millions de dollars australiens au Fonds pour la réintégration et la paix à condition d’être activement impliqué dans la gestion de ce Fonds.


M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a estimé que la MANUA devrait continuer à diriger et à guider l’assistance civile internationale et a souligné la nécessité de renforcer les ressources et les structures de la mission en vue de lui permettre de mieux s’acquitter de son mandat.  De même, les donateurs internationaux doivent apporter leur part et s’engager dans les efforts de coordination et reconnaître les rôles respectifs de la MANUA et des autorités afghanes.  Le représentant a indiqué que son pays soutenait le renouvellement du mandat de la MANUA pour une période supplémentaire de 12 mois.  Il a jugé que le projet de résolution actuellement élaboré au sein du Conseil de sécurité devrait se concentrer sur la notion de transition telle que définie à Londres, établir des priorités claires pour la mission des Nations Unies et exhorter le Gouvernement afghan à remplir ses engagements.  Il a en outre estimé que l’ONU avait un rôle important à jouer pour assister le Gouvernement afghan dans la préparation d’élections législatives crédibles et sûres.  Il a également considéré que l’action de la MANUA devrait appuyer la coopération régionale, consacrée à Londres comme troisième pilier (après la sécurité et le développement) de la stratégie globale de stabilisation, qui adopte l’approche définie lors de la réunion ministérielle du G-8 qui s’était tenue à Trieste, en Italie, l’an dernier.


M. JIM MCLAY (Nouvelle Zélande) a soutenu les efforts du Président afghan visant l’édification d’un pays pacifique ainsi que les priorités qu’il avait exprimées lors de la Conférence de Londres, notamment la lutte contre la corruption et l’amélioration de la sécurité dans le pays.  « Nous souhaitons que le pays mette en place une gouvernance crédible et efficace et c’est aussi ce qu’espèrent le peuple afghan, les militaires comme les civils », a dit le représentant.  Il a appelé à prendre les mesures nécessaires pour assurer la conduite d’un processus électoral transparent en vue des élections parlementaires de septembre prochain.  Il a aussi appuyé les mesures prises en matière de lutte contre la corruption et espéré que d’autres mesures seront prises avant la Conférence de Kaboul.  La Nouvelle-Zélande se félicite de l’engagement du Président Karzai pour promouvoir la réconciliation, tout en respectant les droits de l’homme, a-t-il ajouté.  En matière de développement économique, le représentant a félicité la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) pour le rôle central qu’elle joue dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement.  Son pays, a-t-il dit, espère pouvoir retirer rapidement ses troupes de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), en s’assurant au préalable que l’Afghanistan est en mesure d’assurer la sécurité de sa population. 


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